L’ivrogne de la Sorbonne
Tranches de vies à l’alcool…
Par Carmen TOUDONOU
Dix nouvelles dont les huit premières sur la "carrière" d’ivrogne de la Sorbonne ! Ce recueil de Yann Collins se présente un peu comme la psychanalyse d’un mal de nos sociétés : l’alcoolisme. Les textes sont poignants, grivois parfois, mais avec ce ton léger qui cache des douleurs et souffrances sans cesse noyées au fond d’un verre, mais qui toujours affleurent. Radioscopie d’une œuvre d’exception.
C’est un recueil de textes sur l’éthylisme, c’est comme "L’assommoir" de Emile Zola, décliné en nouvelles. Collins Yann présente dans ce livre, une sorte de chapelets de récits chronologiques, qui déroulent le comment et surtout le pourquoi de l’alcoolisme de son personnage, L’ivrogne de la Sorbonne, Prince Yane. L’ouvrage se scinde en deux parties, la première présentant des textes sur la vie de l’ivrogne et la seconde recouvrant deux nouvelles. Le premier récit est celui qui plante le décor. C’est l’incipit, la nouvelle fondatrice qui donne au lecteur les clés pour comprendre l’ivrognerie du héros. "L’amour ça tue", véritable ode à l’amour maternel, est aussi une nouvelle sur l’amour éros absolu. L’auteur met en scène les deux parents de Yane, deux personnages aux caractères absolument antithétiques. D’un côté, un père alcoolique et peu sentimental, de l’autre, une mère aimante, autoritaire quand il le faut, surtout éperdument amoureuse du père – et du fils. Au nom de cet amour, elle consent toutes sortes de sacrifices, jusqu’au suprême lorsqu’elle s’aperçoit que son ivrogne d’époux ne l’aimera jamais. Tout ceci explique le dépit de Prince Yane très épris de sa mère – c’est d’ailleurs parce que sa compagne lui rappelle sa génitrice qu’il l’épouse. Après le décès de cette seule femme de sa vie dont la mort l’aura fait souffrir, il décide de se faire l’individu le plus abject du monde, pour que personne ne regrette son décès : "Désormais, je rêve d’être un être détestable, impopulaire, antipathique". P (…)
Succès sexuels
C’est donc après ce tragique événement que le personnage de Prince Yane quitte son pays (le recueil ne nous précise pas lequel) pour se faire alcoolique et tombeur des femmes à Cotonou. Nombre de nouvelles relatent les exploits et déboires éthyliques et sexuels de l’ivrogne qui, entre temps, se trouve une compagne, et s’établit définitivement dans la luxure. Jouant sur les malentendus de la langue et avec une certaine autodérision, "…ce petit soulard ventru, laid et vilain" se pose comme un véritable Casanova, jamais à court d’une aventure galante même s’il rentre toujours retrouver sa petite épouse, "une femme belle, digne, bien éduquée, comme [sa] mère, la graisse en moins". Les succès sexuels sont au rendez-vous, notamment dans la nouvelle "La première fois que ça lui arrivait" et dans "L’ivrogne est amoureux. Lol". Ils tournent carrément à la débâcle et au ridicule dans "La fille Gbaguidi" et surtout dans "Un coup de fou…dre" où l’auteur se fait une catin, pensant avoir accompli l’exploit du siècle. Au fil des nouvelles se dresse le portrait d’un homme désabusé, plus victime que coupable d’alcoolisme et profondément sympathique, malgré des tendances au moins détestables.
Satyre sociale
Dans la 2e partie du recueil, l’auteur se départit de son personnage de "L’ivrogne" pour raconter une société en pleine décadence. Pour y parvenir, Yann Collins campe les deux nouvelles qui composent cette partie dans le milieu éducatif. "Une leçon sans caleçon" par exemple est le récit des frasques d’un professeur pédophile. "Les mangeuses de Profs" par contre, met en avant de la scène, de jeunes apprenantes décidées à séduire tous les enseignants de leur établissement scolaire. Évidemment, ceux-ci, tout aussi dépravés, jouent le jeu, les politiques s’en mêlent et le cours secondaire "L’exemple" devient à contrario l’archétype d’une société en déperdition et dont rien ne semble pouvoir freiner la chute. Cette dernière nouvelle est certainement aussi la plus engagée du recueil. L’auteur prend position contre les concours de beauté dans lesquels d’ailleurs, pour lui, les manipulateurs ne sont pas toujours ceux qu’on croit, c'est-à-dire les organisateurs. En effet, il dépeint de jeunes participantes qui ne sont pas dupes de la foire au sexe que constituent ces concours, et viennent de manière éhontée s’y livrer à la "chasse aux phallocrates".
Un style plaisant
Après avoir dégusté le cocktail enivrant de ce recueil dont le sujet principal est certes l’alcoolisme, le lecteur reste avec une question non éludée : l’ivrogne de la Sorbonne est-il un récit autobiographique, Prince Yane est-il Yann Collins, ou cette histoire n’est-elle que pure fiction ? La réponse devrait se situer quelque part entre ces deux alternatives. Si Yann Collins ne se raconte pas intégralement dans cet ouvrage, il doit avoir légué une grande part de sa personnalité au personnage amoureux des deux béninoises – la bière et la femme. Aussi, fait-il visiblement endosser ses fantasmes à l’ivrogne, lui concédant volontiers un ton décalé et impertinent. L’écriture est résolument moderne et axée 2.0 avec des références aux réseaux sociaux les plus populaires du moment. La langue est d’un niveau plutôt accessible et les jeux de mots semblent en être le moteur ; le trait est tour à tour teinté d’émotion, d’humour et de grivoiserie. De longueurs variables, les nouvelles sont chacune d’une beauté propre, mais aucune n’atteint en intensité dramatique la toute première. Ce qui donne à penser que c’est cette nouvelle, la plus autobiographique du recueil, celle qui concerne le plus l’auteur. L’ivrogne de la Sorbonne est vaniteux, souvent ivre d’alcool et de sexe mais toujours lucide sur sa condition d’homme que l’amour peut tuer, comme sa mère… Il aimerait se faire détester mais on se surprend à se prendre d’affection pour lui, pour enfin avoir envie de s’écrier à la fin de la lecture, "déjà !". Exercice réussit donc pour Yann Collins. On en arriverait presque à lui souhaiter de continuer à hanter la Sorbonne avec ce sombre hère de Prince Yane, au milieu des nuits chaudes cotonoises, pour nous ramener encore d’autres histoires d’éthyle, d’amour, de sexe… des tranches de vies tout simplement.
Carmen Toudonou
L'Ivrogne de la Sorbonne
Disponible : Librairies BUFFALO, "Le bon berger'' derrière notre dame à Ganhi, à la librairie ''
12/11/2016
Merci à Grand Public pour l'accompagnement. Maintenant AGISSONS !
Littérature : ''L'ivrogne de la Sorbonne'' de Colince Yan objet de causerie-débat le lundi prochain
L'ivrogne de La Sorbonne, c'est quoi déjà ?
Un roman ? Un recueil de nouvelles ? Simple recueil de textes multiformes ? Ce livre relève assurément du n’importe quoi. Au cœur de tout ceci, Prince YANE, qui se fait appeler L’ivrogne de la Sorbonne.
L’ivrogne de la Sorbonne est un personnage comme un autre, avec ses extravagances et ses impertinences. Il pense avoir des choses à dire. Alors, il tient une sorte de journal à la gloire de ses déboires. Il y consigne ce qu’on met dans un journal intime : ses fantasmes, ses actes manqués, quelques faits d’arme sans moralité, ses souvenirs refoulés sans succès, des choses de ce genre…
L’ivrogne de la Sorbonne, pas choyé par le destin, raconte sa vie, ‘‘pour narguer ceux qui n’ont rien à faire de leur propre vie’’. Il écrit donc. Dans un style qui brouille parfois les limites entre décence et vulgarité. A ce qu’il paraît, ça ne plait pas. Lui, il s’y plait. D’ailleurs, il se met en tête d’écrire un recueil de nouvelles…
Et voilà comment ce qui aurait dû épouser les formes d’un journal intime pour rester conforme aux usages devient un authentique foutoir ou, disons plutôt un bloc-notes, dans lequel L’ivrogne de la Sorbonne se raconte et exerce aussi ses talents de tresseur de nouvelles.
Avouons-le sans ambages : le présent livre est un ramassis de textes quelconques, sans chronologie ; tout, sauf un tout cohérent. Un fourre-tout où s’imbriquent toutes sortes d’approximations. Et ce n’est pas tout...
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Bientôt un an que '' L'Ivrogne de la Sorbonne '' a été lancé et est disponible en libraibrie : Bufalo, Sonaec, Bon Berger, Cash and Carry d'Abomey-Calavi, etc. (au même coût qu'un casier de béninoises.) ça aussi, ça se fête...
Happy Bière Day... La bière va couler...Bientôt !!!
Bientôt un an ! Ah que le temps passe !
Le show aura lieu...
L'ivrogne de la Sorbonne...
Vous êtes plusieurs à avoir parcouru les lignes et je vous en suis reconnaissant.
Vous n'êtes pas encore assez à être aller au-delà des lignes pour lire entre les lignes.
Je vous lance un défi à dix casiers de béninoises : Quel est le thème principal traité dans L'ivrogne de la Sorbonne ?
Un indice :
''L'ivrogne de la Sorbonne'' est un livre singulier...en ceci qu'il est l'unique (à ma connaissance) qui traite d'un thème principal sans jamais le citer...
À suivre...
28/03/2016
Un kilomètre à pied, ça use…ça use…
(Je suis de retour avec mes conneries, en direct de la porte du Non-retour, pour vous raconter l’histoire d’un retour pas comme les autres)
Tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute. Donc… Tout flatté meurt au départ de celui qu’il écoute.
Jésus Christ est de retour, à ce qu’il paraît. Chez moi, la naïveté a franchi la porte du non-retour. C’est le retour à la réalité qui va user mes souliers. Voici mon histoire…
J’étais de l’espèce des RATS d’égouts…Je le suis toujours. Sauf que depuis peu je m’autorise des goûts de STAR. Et même, parfois, un train de vie de TSAR.
Il y a une semaine exactement, sans vraiment savoir pourquoi, j’ai décidé de passer de l’autre côté des barrières entre les classes sociales. Je voulais juste faire un tour dans le monde des gens biens, ceux-là que l’on rencontre au Livingstone à la Haie-Vive, à la Terrasse Erevan, à Azalaï, Karim24, Festival de Glaces et consorts.
Je me rends donc dans l’un de ces lieux, je m’assieds et commande la première pizza de ma vie. La commande arrive. Dans mon assiette, il y a de quoi donner des envies de carnivore à un végétalien. Yes, l’assiette devant moi respire la vie ! Mais moi je ne suis pas dans mon assiette. Très mal à l’aise tant l’atmosphère autour de moi respire l’aisance. Simple question d’habitude, sans doute. Il doit aussi y avoir le sentiment que, avec l’argent que je dois devoir débourser, j’aurais pu me taper 24 petites béninoises à La Sorbonne.
Oh, ce n’est pas que je me culpabilise pour ces instants de bonheur hein ! Il y a que j’ai porté mon regard à une table de la mienne, et j’ai tout de suite été saisi du même ressenti qui a envahi Christophe Colomb le jour où le mec a découvert l’Amérique. Oui, là, juste à quelques centimètres, je viens de faire la découverte de la huitième merveille du monde. Et la beauté me sourit. Vous imaginez !!!
Ceci n’étant pas un exposé sur mes TAp (Techniques d’Approche), nul besoin d’expliquer comment mon phone’s number a trouvé place dans son répertoire. Ceci dit, je reconnais que j’arbore en guise de bracelet une swatch à 200 euros qui, aux yeux des connaisseurs, me fait passer pour ce que je ne suis pas. Le reste relève de la facilité…non, non, non ! C’est plutôt un don.
Finalement, je veux bien lever un pan de voile sur mes techniques de dr**ue. Voyez-vous, « Un homme intelligent peut faire semblant d’être un idiot ; par contre il est impossible à l’idiot de se faire passer pour quelqu’un d’intelligent. » Or toutes les règles ont une exception, et il se fait que je suis l’exception qui confirme la présente maxime ; ce qui revient à dire (jusqu’à preuve qu’il en existerait d’autres), que ‘‘je suis le seul idiot capable de se faire passer pour un homme intelligent’’. Et c’est sur cette qualité innée que repose toute ma technique de dr**ue.
De fait, je ne m’en prends qu’aux dames dotées d’une certaine intelligence…d’une intelligence certaine. Ce sont mes cibles préférées. J’ai la chance d’avoir compris très vite que les proies les plus faciles sont les filles pas faciles du tout ! Eh oui, c’est comme ça ! (La preuve ? Certaines d’entre elles lisent ces lignes et se disent déjà, ‘‘ô, le sa**ud !’’. Lol ! )
Comme je le disais, je préfère m’attaquer aux dames d’une certaine classe, d’une certaine culture générale, d’une intelligence certaine. L’astuce ? Exciter leurs neurones…
Bref, revenons à nos moutons. La belle de l’autre jour était surtout une fille très structurée. Elle avait le contact aisé, une joie de vivre communicative. Et l’émerveillement facile qui va avec ! Le reste a été un jeu d’enfant pour le type intelligent qu’en réalité je ne suis pas…
Deux jours plus t**d, c’est-à-dire mercredi dernier, je décide d’entrainer la belle sur mon territoire à moi : La Sorbonne. Mes intentions sont claires : récupérer la petite, angoisser la petite, embrouiller la petite, et, etc…
Elle et moi avons discuté, de tout et de rien. Nous avons même fait un petit débat politique. Nous avons aussi parlé de la vie, des envies, de l’amour aussi. Pour l’essentiel, nos échanges ont consisté à nous renvoyer des politesses.
J’ai passé une partie de la soirée à me demander comment une fille si accomplie, si mûre, si avisée pouvait voir en moi un type bien, plaisant, charmant (si, si, si ! Elle a dit que j’étais charmant et même que sous ma bedaine couvait un trait de beauté dont j’étais loin de soupçonner les ravages sur la gent féminine).
Mais je ne pouvais pas passer toute la nuit à m’apitoyer sur tant de naïveté. La soirée tirait à sa fin. Il fallait conclure…en beauté. J’ai dit à Kendra (ah, j’avais oublié de le dire : elle s’appelle Kendra) qu’il était temps de partir. Partir où ? Là n’est pas le plus important.
Quand nous sommes arrivés à destination, et UNIQUEMENT pour offrir encore plus de charme à l’enchainement des événements qui allaient suivre, j’ai dit ceci à Kendra : ‘‘ On ne peut pas CONCLURE dès le premier soir. Ça te ferait passer à mes yeux pour une fille facile, or je n’aime pas les filles faciles…’’
La répartie de Kendra a été soft et plus encore. Elle m’a répondu ceci : ‘‘ Il n’y a pas de règle sans exception ; si tu penses après coup que je suis une fille facile, alors je serai la seule fille facile que tu aimeras toute ta vie…’’
Je ne pouvais pas la laisser finir… Ainsi finit le début d’une fracassante histoire !
Le lendemain était jeudi saint (ça se dit ?). Certains attendent ici que je fasse des jeux de mots autour des seins sains etc., avec l’air sincère du malsain qui parle de saints comme le crétin, pardon, chrétien que je ne suis pas. Non, je n’ai aucune envie de jouer avec les MAUX. Il y a Kendra et c’est tout !
Ainsi donc, il y a eu le jeudi : sain ! Sains et saufs, kendra et moi. Il y a eu le vendredi : saint. Peut-être pour mendier la bienveillance du saint esprit, Kendra et moi avons décidé de passer le week-end de la résurrection du Christ à Ouidah.
Samedi dernier donc, j’ai pris Kendra sur la Djenana. Elle, cheveux au vent. Moi, bonheur plein la tête. Stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou, échangeur de Godomey, Cococodji, Gbojè, Pahou…
Arrêtons-nous ici un instant !
Comment peut-on pratiquer certaines voies dans le Bénin d’aujourd’hui, comment peut-on vivre ce plaisir de rouler qui m’a habité sur tout le trajet Cotonou-Ouidah, et parler des dix ans de Boni Yayi comme si son bilan se résumait à ‘‘Il n’a rien fait !’’ Nous autres africains, façon nous aimons la critique facile…je souhaite seulement bon courage à tous nos dirigeants, passés et à venir.
Continuons notre chemin.
Moi, je n’aime pas la facilité, je n’aime pas les filles faciles. Je suis donc allé à Ouidah avec kendra. Nous y avons passé la nuit. Ça vous ennuie si je garde les détails pour moi ?
Le lendemain, dimanche de Pâques, c’est-à-dire hier, j’avais un programme chargé. A 14heures, je devais me rendre à la plage avlêkété, par la route des pêches, pour Nonvitcha.
Avec kendra, nous avons fait des emplettes au marché de Kpassè, nous sommes allés au Fort Français, avons visité des temples de Pitons, etc., puis, nous sommes allés à la Porte du Non-Retour… Là-bas, il faisant un soleil ardent, mais l’air était frais. Le bruit des vagues, les vestiges de l’histoire, le décor pittoresque…en plus, on était un dimanche de Pâques ! Pas de doute : Jésus était de retour !
Kendra a voulu faire un tour. L’idée m’a enchanté. J’allais en profiter pour mater quelques blanches qui faisaient elles aussi la promenade solitaire et, qui sait, prendre quelques vues avec les plus consentantes.
Il est 10 heures. Kendra a pris la moto et est partie à l’assaut du beau paysage. J’ai pris mon appareil photo et suis parti à l’assaut du beau c***o !
Il s’en va être 19 heures au moment où je rédige ces lignes. Je suis toujours à la porte de non-retour. Kendra, elle, n’est toujours pas de retour…
Entretemps, je suis passé à l’hôtel où elle et moi avons passé la nuit. J’ai pu constater l’étendue des dégâts. Elle ne s’est pas seulement fait ma ‘‘porsche’’. Elle m’a aussi fait les poches.
Jésus Christ est de retour, à ce qu’il paraît. Chez moi, la naïveté a franchi la porte du non-retour. C’est le retour à la réalité qui va user mes souliers.
Voilà l’histoire de mon week-end de Pâques !
Ps : Je vous parlerai plus t**d de l’histoire Ouidah-Cotonou à pied. Pour l’instant, je chante : « Un kilomètre à pied, ça use…ça use ! Un kilomètre à pied, ça use les souliers ! Deux… »
Colince Yann, un délinquant (mal)heureux
L'ivrogne de la Sorbonne de Colince Yann : du rire et du délire
D’après ce que j’avais entendu dire de l’Ivrogne de la Sorbonne, ce devrait être un roman hautement immoral dont je devrais aller me confesser après lecture. ( L.ol)
J’ai lu et j’ai été positivement déçu.
Dans le fond…
En fait, l’ivrogne de la Sorbonne de Colince Yann est un recueil de douze nouvelles – ou plutôt ‘’ tranches d’histoires’’ regroupées en deux parties.
Première partie : L’ivrogne de la Sorbonne se raconte.
Dans cette partie qui donne son nom au livre, Prince Yane est un personnage peu ordinaire qui suit à sa manière le conseil de sa défunte mère bien aimée : ‘’ Vis ta vie comme bon te semble et tache d’être heureux’’. Ah !
N’ayant pu intégrer la prestigieuse université de la Sorbonne (Paris-France) dont sa mère rêvait pour lui, il découvre près du Stade de l’amitié (Cotonou -Bénin) un Bar dénommé comme par hasard La Sorbonne…
Le personnage de Verre cassé d’Alain Mabanckou s’installe au bar Le crédit a voyagé pour écrire les histoires héroï-comiques des habitués, Prince Yan élit domicile au Bar La Sorbonne pour s’adonner à ses deux occupations favorites : déguster la Béninoise, bière béninoise et dr**uer les femmes.
Le Sorbonnard comme l’appellent ses amis est donc spécialiste de la Béninoise en bouteille et de la Béninoise en pagne.
L’ivrogne de la Sorbonne est donc le journal intime d’un homme qui n’a pas réussi sa vie mais qui essaie de la remplir à force de bière et de sexe… Ses historiettes sont racontées à la première personne et il s’adresse directement au lecteur.
Il est plutôt fier de ses aventures qu’il raconte sans gêne, avec humour et sincérité. Mais que le lecteur ne s’avise surtout pas à le critiquer : « Ne perdez pas votre temps à juger ma vie ; prenez plutôt du bon temps à vivre la votre comme bon vous semble ».
Nom d’un ivrogne !
Deuxième partie : L’ivrogne de la Sorbonne fait de la littérature.
Les deux nouvelles qui figurent dans cette partie ‘’ Une leçon sans caleçon ‘’ et ‘’ Les mangeuses de profs’’ abordent le thème des relations sexuelles extraprofessionnelles entre les élèves et leurs enseignants.
Les professeurs sont irresponsables mais les filles ne sont pas forcément les victimes. Ce sont elles qui au contraire prennent l’initiative. Comme dans Les mangeuses de profs où deux belles élèves Malvina et Conchita paradoxalement inscrites au Cours Secondaire l’Exemple se lancent un pari insensé : qui des deux allait charmer et conquérir le plus de profs.
Elles s’amusent à prendre des photos et vidéos de leurs ébats respectifs avec les professeurs de l’établissement. Pas vraiment exemplaire, les filles !
Mais l’histoire ne se termine pas vraiment comme elles l’auraient souhaité…
Dans la forme
Mon seul reproche à ce livre est qu’il n’est pas aussi volumineux que je le voudrais. Certes Une leçon sans caleçon et Les mangeuses de profs sont des nouvelles très bien écrites mais je ne m’attendais pas à les lire dans L’ivrogne de la Sorbonne. Je ne voulais que Prince Yann !
J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre de Colince Yann. L’humour y est présent à chaque ligne. On le lit en riant, on le referme avec le sourire et un sentiment d’insatiabilité.
Le style est très bien travaillé avec des jeux de mots et des exercices sur la langue qui font plaisir à l’amoureux des belles lettres que je suis. Sur ce point, l’ivrogne de la Sorbonne fait bien honneur à la Sorbonne. (La véritable).
Quoique les thèmes du livre soient dérangeants, alcoolisme, sexe, l’auteur réussit à garder une certaine pudeur en instaurant une complicité avec le lecteur à travers des sous-entendus…
Malgré ses travers, le personnage de Prince Yann est humain et on s’y attache très vite.
Comique, enivrant, excitant, délirant … Vous devez lire ce livre.Voilà, je n’ai rien à ajouter.
Ah si encore une chose : très belle photo de couverture !
Désiré E. GODONOU
En attendant de vous livrer sous peu l'intégralité du REGARD de l'ami Constantin Amoussou sur mon dernier livre, L'ivrogne de La Sorbonne, j'ai le plaisir d'en partager quelques extraits ici :
(...)Comme si la brasserie nationale avait élu domicile en son ventre, le mal-nommé Prince YANE fait plutôt figure de roi des ivrognes, et la quantité de Béninoises en bouteilles qu’il brasse dans le sac proéminent qui lui sert de ventre n’a d’égale que le nombre de Béninoises en pagne qu’il embrasse.
La toile, témoin presque oculaire, malgré elle, des aventures de ce sale garçon incurablement mal élevé, drôlement impertinent, délibérément ignorant des convenances sociales, a bien fini par se résoudre à l’aimer, pour avoir la paix, un peu comme le « Lépreux de Gbodjè », qui ne vaut même pas la peine d’être détesté, tant il est conscient de sa lèpre et l’assume; et comme les cons ont paradoxalement beaucoup de succès, le bien mal-nommé Prince YANE descendu de lointaines contrées Bamiléké, raffole des Béninoises_en bouteilles_et a même le bonheur de rendre folles des Béninoises en pagne.
(...)
les folles internautes, et les clientes de la Sorbonne tombées, les unes sous le charme de l’ivrogne, et les autres dans son escarcelle ; et ici, l’affaire est dévoilée dans les moindres méandres, parce qu’à la vérité, sous l’effet de son inspiration alcoolisée, l’on perd le sens de la réserve et la pudeur.
(...)
Au fond, ce garçon sympathique est plein de talent ; et même si le livre qu’il prétend avoir ici écrit ne vaut vraiment pas la peine, il est un gisement de bonne humeur, et j’aimerais tant me mettre à son école.
Eh. ! Oui ! Ce livre ne vaut pas la peine d’être lu ! il doit être vécu.
Constantin AMOUSSOU
PS : le livre est disponible à la librairie BUFFALO, à la librairie LE BON BERGER à Ganhi, à la librairie CASH and CARRY qui jouxte les murs de la mairie d'Abomey Calavi, au Kiosque de vente des journaux derrière la FSS et bientôt dans toutes les librairies au prix de cinq mille francs.
25/11/2015
Prix ? Un casier de béninoise (5.000 f)
Disponible actuellement à la librairie "Le bon berger'' derrière l'immeuble de la librairie notre dame à Ganhi. Disponible aussi à la librairie ''Cash and carry'', qui jouxte les murs de la mairie D'Abomey-Calavi. Disponible au kiosque à journaux sis derrière ex-FSS. Et bientôt dans toutes les librairies....
En contant « L’ivrogne de La Sorbonne », l’idée était de faire poindre des sourires, susciter quelques soupçons de larmes, partager des états d’âmes et d’autres émotions, avec des personnes que je ne connais pas pour la plupart, mais que j’espère rencontrer un de ces jours...
Pour moi, écrire c’est faire rire, faire sourire, parfois aux larmes. Pour moi, écrire c’est donner à réfléchir, une fois ne passant. Mais plus que tout, pour moi écrire c’est donner à ceux qui se donnent la peine de nous lire des raisons de penser qu’ils ont eu raison de s’imbiber l’esprit avec l’esprit de nos écrits. Pour moi, écrire c’est donner à ceux qui me lisent des raisons d’avoir envie de me relire…
J’ai écrit l’ivrogne de La Sorbonne parce que, par-dessus tout, je voulais partager avec vous quelques moments d’intenses émotions.
Maintenant que le livre est disponible, vous savez ce qu’il vous reste à…ne pas faire !
23/11/2015
L’IVROGNE DE LA SORBONNE DE COLINCE YANN
Comme un air de Jazz impertinent
Je suis honoré d’avoir été associé à la sortie de ce livre. Je ne le dis pas seulement parce que Colince Yann est un ami personnel. Je le dis parce que j’ai découvert sa plume à travers ses interventions et les petits exercices que nous faisons sur le forum littéraire de Thanguy Agoï, sur lequel nous évoluons tous. Plume enjouée, blagueuse, flegmatique, toujours une petite vanne, un petit jeu de mots au bout de la phrase la plus grave, un peu comme la personnalité même de l’homme, qui ne perd jamais son sourire et qui ne hausse jamais le ton, quelle que soit la situation.
Mais les bonnes intentions, encore moins les belles phrases ne faisant pas toujours de la bonne littérature, disons que j’ai accepté de présenter ce livre un peu par empirisme, me basant simplement sur ce que j’ai comme perception de la plume de l’auteur.
J’ai donc pris ce livre, et j’avoue que j’y suis entré un peu sur la pointe des pieds. Et comme je le pressentais, je n’ai pas été surpris, j’ai été émerveillé par cette écriture épurée, légère, belle, jonchée de pièges syntaxiques, de sonorités internes, traversée par une rythmique tantôt posée, tantôt essoufflée, comme un air de jazz impertinent.
Qu’est-ce que l’ivrogne de la Sorbonne ?
C’est une curiosité littéraire. C’est un recueil de textes courts, à mi-chemin entre la saynète, le sketch et la nouvelle classique. Scindé en deux parties à savoir : L’ivrogne de la Sorbonne se raconte, et L’ivrogne de la Sorbonne fait de la littérature. La première partie est une suite de huit (08) historiettes à la tonalité badine, autour du thème de l’alcoolisme. La deuxième est un ensemble de deux (02) nouvelles engagées contre l’incurie des enseignants aux appétits sexuels incontrôlés.
Qui est l’ivrogne de la Sorbonne ?
C’est un jeune homme inscrit à la Sorbonne parce que sa mère a toujours rêvé qu’il fasse de hautes études en France. Et comme il adorait cette mère mal aimée par un père alcoolique plus présent dans les bars qu’à la maison, il s’est promis de faire les dernières volontés de sa génitrice. Il s’est alors inscrit à la Sorbonne, qu’il fréquente assidûment, de préférence en cours du soir. Sa mère a normalement de quoi être fière de lui… Sauf qu’il y a une petite nuance… La Sorbonne que fréquente ce garçon, est un bar.
En clair donc, ce Prince Yane, s’expatrie de son pays pour oublier sa peine, et prend racine dans un bar appelé « La Sorbonne ».
Les deux Béninoises
C’est dans cette ambiance délétère et un peu trop joyeuse qu’il fait la connaissance de deux Béninoises, l’une en bouteille dont l’amour lui donne des ailes et des audaces dont certaines sont parfois sévèrement réprimées, et la Béninoise en pagne, dont l’approche lui crée souvent quelques problèmes.
Une rhétorique brillante et plaisante
Ce sont les tares et avatars de cette vie de poivrot invétéré qu’il relate à travers huit courtes histoires. Au fil de ces huit histoires, allant de l’attachement béat au drame amoureux, l’auteur fait une démonstration de style, par l’usage de la paronymie, la prédilection pour l’homonymie, le sens de l’assonance, le goût de la rime, tout ceci dans un humour candide, joli bouclier pour affronter des fléaux comme l’alcoolisme, la prostitution, l’obsession sexuelle, l’irresponsabilité parentale.
Un nouvelliste alerte
Dans la deuxième partie, l’ivrogne de la Sorbonne, comble de l’ironie, annonce de la littérature et livre deux nouvelles dans les règles de l’art, montées sur le thème de l’inconscience professionnelle d’enseignants pédophiles ou sexuellement malades.
A la fin du livre, le lecteur, en fermant les yeux, renifle un relent d’alcool et un parfum de femme, et revoit l’image en couverture de ce clochard cravaté traînant ses deux Béninoises identiques à une nature près, vers quelle destination ? L’abîme ou l’écriture ?
Qu’à cela ne tienne, L’ivrogne de la Sorbonne est une littérature plaisante, décomplexée, châtiée autant que fleurie dans la forme, et dans le fond faussement badine et habilement moraliste. Le lecteur demande-t-il mieux ?
Habib Dakpogan ( Prix du président de la République 2015)
22/11/2015
Waouh ! Pour une surprise, c'en est une !
Grâce aux bons soins de l'ami, compagnon, complice, et frère Joel Joël Dimitri Vihoundjè, '' L'ivrogne de La Sorbonne'' est disponible à Dakar.
Merci à mes frangins Adam et Marcellin pour le soutien renouvelé.
Bonne lecture !
Ce qui nous rassemble doit être toujours plus fort que tout le reste.
14/11/2015
C’est dans un instant, à 15 heures au CCF, mais au fait, pourquoi j’ai fait ça…comme ça !
Certains ont cru avoir à faire à des gags. D’autres y ont vu de la blague. Voire de la dr**ue… Vous n’avez pas eu tort. C’était un peu de tout cela. Et plus encore…
En contant « L’ivrogne de La Sorbonne », l’idée était de faire poindre des sourires, susciter quelques soupçons de larmes, partager des états d’âmes et d’autres émotions, avec des personnes que je ne connais pas pour la plupart, mais que j’espère rencontrer un de ces jours...
Pour moi, écrire c’est faire rire, faire sourire, parfois aux larmes. Pour moi, écrire c’est donner à réfléchir, une fois ne passant. Mais plus que tout, pour moi écrire c’est donner à ceux qui se donnent la peine de nous lire des raisons de penser qu’ils ont eu raison de s’imbiber l’esprit avec l’esprit de nos écrits. Pour moi, écrire c’est donner à ceux qui me lisent des raisons d’avoir envie de me relire…
J’ai écrit l’ivrogne de La Sorbonne parce que, par-dessus tout, je voulais partager avec vous quelques moments d’intenses émotions.
J’ai écrit « L’ivrogne de La Sorbonne » pour la luxure de ceux qui adorent la lecture ; pour faire plaisir à ceux qui adorent lire comme certains aiment jouir…oups !
Maintenant que le livre est disponible, vous savez ce qu’il vous reste à…ne pas faire !
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Cotonou
04BP528
