17/04/2026
đšđ§đŻPRESENTATION DU DISCOURS DâINVESTITURE DU PRĂSIDENT DE LâASSEMBLEE NATIONALE, PROFESSEUR JOSEPH FIFAMIN DJOGBĂNOU
- Madame la Vice-Présidente de la République, Grande ChanceliÚre des Ordres nationaux ;
- Mesdames et Messieurs les Présidents des institutions de la République ;
- Messieurs les anciens PrĂ©sidents de lâAssemblĂ©e nationale ;
- Monsieur Abdoulaye BIO TCHANE, Ministre dâEtat, ChargĂ© du DĂ©veloppement et de la coordination de lâAction Gouvernementale,
- â Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, ;
- Monsieur le Vice-PrĂ©sident de lâAssemblĂ©e nationale, Mesdames et Messieurs les membres du bureau de lâAssemblĂ©e nationale ;
- Mesdames et Messieurs les membres de la Conférence des présidents ;
- Mesdames et messieurs les dĂ©putĂ©s Ă lâAssemblĂ©e nationale, bien chers collĂšgues ;
- Excellences, Monsieur le Doyen du corps diplomatique, Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique et consulaire accrédité au Bénin ;
- Mesdames et Messieurs les représentants des Organisations internationales, régionales et sous régionales ;
- Madame le PrĂ©fet du DĂ©partement de lâOuĂ©mĂ© ;
- Monsieur le Maire de Porto-Novo ;
- Mesdames et Messieurs les membres du Haut commandement militaire en vos rangs et grades respectifs ;
- Vénérables sages et notables de la ville de Porto-Novo ;
- Mesdames et Messieurs les hauts responsables de lâadministration parlementaire et bien chers collaborateurs ;
- Distingués invités en vos qualités et rangs respectifs, tout protocole dûment respecté ;
- BĂ©ninoises et BĂ©ninois, de lâintĂ©rieur comme de la diaspora ;
- Mes chers compatriotes ;
« On nâinvente pas un arbre, on le plante. On ne lui extrait pas les fruits, on le laisse porter. Une Nation nâest pas une crĂ©ation, mais un murissement. AnnĂ©e par annĂ©e. Anneau par anneau ».
Aimé Césaire, dans la Tragédie du Roi Christophe, ne se fut guÚre trompé : la Nation béninoise murit, « année par année, anneau par
anneau ».
Et câest bien de ces « annĂ©es » et de ces « anneaux » de murissement de notre Nation dont, tous ici rassemblĂ©s, et notre peuple avec vous en union dans la foi dont Dieu est la providence, que nous devons rendre tĂ©moignage et faire mĂ©moire.
Et câest bien de ces « anneaux » et de ces « annĂ©es », promesse et espĂ©rance de notre commune patrie, dont chaque dĂ©putĂ© est porteur, moi-mĂȘme en premier, que nous devons Ă notre tour, poser et marquer ou pour lâinstant, et pour emprunter au RĂšglement intĂ©rieur son exacte expression, « prĂ©senter » dans la forme dâun « discours dâinvestiture » les sĂ©quences principales.
Nous devons donc en premier lieu faire mémoire et rendre témoignage.
Il me faut, en effet, dâabord faire mĂ©moire, de celles et ceux qui, de leur position de membres de lâAssemblĂ©e nationale, ont contribuĂ© Ă fonder lâEtat et la dĂ©mocratie bĂ©ninoise, structurer leur fonctionnement et, au-delĂ , façonnĂ© progressivement le destin de notre peuple.
Des prĂ©sidences respectives de Justin Tomintin AHOMADEGBE Ă Louis Gbehounou VLAVONOU, de TaĂŻrou CONGAKOU Ă Adrien HOUNGBEDJI, de Ignace ADJO BOCCO Ă Bruno AMOUSSOU, de Monseigneur Isidore de SOUZA Ă Mathurin Coffi NAGO et Antoine KolawolĂ© IDJI, sans oublier ni omettre celles de Romain VILON GUEZO et de Valentin DJIBODE APLOGAN, lâAssemblĂ©e nationale nâa de cesse de sâaffirmer comme le sanctuaire du dĂ©bat politique et du combat dĂ©mocratique.
De ces figures impressionnantes de la vie de la Nation, il en est une quâil faut particuliĂšrement distinguer et, Ă sa mĂ©moire rendre lâhommage mĂ©ritĂ©. Elle nâa pas pu ĂȘtre prĂ©sidente de notre assemblĂ©e. Elle a prĂ©fĂ©rĂ©, au fil des lĂ©gislatures, prĂ©sider notre conscience politique. Chaleureuse autant que rigoureuse, elle fut notre premiĂšre dame et restera, pour longtemps encore, notre dame premiĂšre.
Avocate remarquable et politique remarquĂ©e, sa cĂ©citĂ© lumineuse Ă©clairait les dĂ©bats parlementaires dâune rare perspicacitĂ© et dâune fĂ©conde luciditĂ©.
Brave et stratĂšge, cheffe de parti et directrice de pensĂ©e de son groupe politique, de ses partisans voire de ses dĂ©tracteurs, Rose-Marie Honorine VIEYRA SOGLO, connue de renommĂ©e et de rĂ©putation glorieuse comme Maman Rosine, ne fut pas seulement une Grande Femme. Elle fut un Grand Homme dâEtat (Homme avec « H » avec tout ce quâil y a dâhumanitĂ© qui transcende lâespace et le temps). Elle fut surtout un lĂ©gislateur hors pair dont la figure, la posture et la prĂ©sence ne laissaient personne indiffĂ©rente, arrachĂ©e Ă notre commune affection le 25 juillet 2021.
Je rends grĂące Ă Dieu, dâavoir Ă©tĂ© doublement honorĂ© de sa prĂ©sence Ă©nergique et affectueuse quand je prĂ©sidais, Ă la septiĂšme lĂ©gislature, la commission des lois dont elle fut membre et quand jâoccupais, au Gouvernement, le dĂ©partement de la justice et de la lĂ©gislation, Ă lâoccasion des discussions autour des projets ou propositions de lois de transformation Ă©conomique et politique.
Ses interventions furent toujours passionnées, éclairantes et décisives.
En faut-il davantage, mesdames et messieurs, pour que la présente législature soit irriguée de son esprit ?
En faut-il davantage pour que la prĂ©sidence que mes collĂšgues mâont confiĂ©e honore particuliĂšrement sa mĂ©moire ?
Quoiquâil en soit, il ne sera que bon augure de placer cette lĂ©gislature sous son Ă©gide spirituelle.
Mes chers compatriotes,
Il faut ensuite rendre tĂ©moignage du passionnant et tout aussi exigeant processus de dĂ©volution du pouvoir dâEtat, dans les conditions dĂ©finies par la loi n°2025-20 du 17 dĂ©cembre 2025, succĂ©dant Ă celle n°2019-40 du 7 dĂ©cembre 2019, toutes modifiant la loi n°90-32 du 11 dĂ©cembre 1990 portant Constitution de la RĂ©publique du BĂ©nin.
Ce processus qui a consacrĂ©, le 12 avril 2026, lâĂ©lection de monsieur Romuald WADAGNI, prĂ©sident et de RĂ©publique et de madame Mariam CHABI TALATA, Ă©pouse ZIMĂ, vice-prĂ©sidente de la RĂ©publique, est lâexpression la plus parfaite du peuple BĂ©ninois en faveur de la politique de reconstruction nationale et de dĂ©veloppement profond et durable engagĂ©e depuis 2016 par le Gouvernement de monsieur Patrice TALON.
Elle est aussi symbole de lâadhĂ©sion du peuple BĂ©ninois Ă un projet de sociĂ©tĂ© porteur de solutions Ă la demande sociale, garantissant avec plus dâassurance le droit au mieux-ĂȘtre de chaque BĂ©ninoise et de chaque BĂ©ninois.
Je veux ici, rĂ©itĂ©rer les fĂ©licitations enthousiastes de lâensemble des membres de la ReprĂ©sentation nationale auxquels je mâassocie, Ă monsieur Romuald WADAGNI, prĂ©sident Ă©lu, tout en lâencourageant et en lâassurant de notre soutien tout aussi rĂ©publicain que fraternel.
Les fonctions auxquelles la Nation vient de lâappeler sont exigeantes et difficiles. Elles appellent audace et hauteur. Dans lâintĂ©rĂȘt de notre pays, notre Ă©lu ne souffrira guĂšre de lâencouragement de chacun ni de la disponibilitĂ© de tous.
Je veux surtout, mes chers collĂšgues, saluer la personnalitĂ© du PrĂ©sident de la RĂ©publique, monsieur Patrice TALON, non seulement pour ce quâelle est, politiquement forte et humainement gĂ©nĂ©reuse, dont lâaudace pour la Nation est sans condition, et la solidaritĂ© en faveur des plus vulnĂ©rables sans discussion ;
Je veux particuliĂšrement saluer sa personnalitĂ© Ă©minente pour ce quâelle fait : engager sans dĂ©tour ni retour notre pays sur le chemin de la modernitĂ©.
Comme Victor Hugo, il nâa de cesse de nous assener, depuis 2016 et Ă chaque instant de son double mandat : « DĂ©truire la misĂšre ! Oui, cela est possible ! » (Victor Hugo, « Discours sur la misĂšre » prononcĂ© devant lâAssemblĂ©e constituante française le 9 juillet 1849).
Dans une rĂ©gion Ă©clatĂ©e voire Ă©cartelĂ©e, en convulsion permanente, dans un monde en mutation singuliĂšre oĂč la force et la violence Ă©loignent du bien-ĂȘtre et de la solidaritĂ©, Patrice Talon nous a plutĂŽt prĂ©cipitĂ©s dans le progrĂšs, avec des rĂ©formes qui assurent la soliditĂ© et la stabilitĂ© de notre rĂ©gime politique, Ă©lĂšvent la qualitĂ© en exigence essentielle.
Restons-y mes chers compatriotes, demeurons dans la dynamique du progrĂšs et gardons-nous de ne plus en sortir !
Mesdames et messieurs les députés,
Mes chers collĂšgues,
Ă lâĂ©vidence, la 10Ăšme lĂ©gislature ouvre une pĂ©riode et une expĂ©rience nouvelle de lĂ©gislation et de contrĂŽle de lâaction du Gouvernement.
Dâun premier regard, si lâAssemblĂ©e nationale garde le monopole du contrĂŽle de lâaction du gouvernement, elle ne conduira plus seule, le processus de lĂ©gislation. La nouvelle rĂ©daction de lâarticle 79 de la Constitution dispose en effet que « Le parlement exerce le pouvoir lĂ©gislatif et contrĂŽle lâaction du gouvernement. Il est composĂ© de deux assemblĂ©es : lâassemblĂ©e nationale et le SĂ©nat ».
Certes, lâAssemblĂ©e nationale demeure le siĂšge de la fabrique de la loi puisquâelle garde, le pouvoir de dĂ©libĂ©rer. Au demeurant les termes de lâarticle 98 de la Constitution, fixant le pĂ©rimĂštre de son intervention demeurent inchangĂ©s.
Toutefois, elle ne détermine plus le sort politique de la loi.
Gardons Ă lâesprit que lâattelage constitutionnel entre le SĂ©nat et lâAssemblĂ©e nationale nâinstitue pas les deux organes dans un duel institutionnel. Les deux organes constituent plutĂŽt en duo, dans une complĂ©mentaritĂ© utile. Ils nâexerceront pas leur mission en concurrence mais de concert.
à ce sujet, la mise en conformité du rÚglement intérieur à la Constitution est un premier défi qui attend la Représentation nationale.
Dâun second regard, sur le fond, nous devons rester attachĂ©s aux objectifs politiques fondamentaux de notre Nation et pourvoir de ressources lĂ©gislatives pertinentes la politique de la Nation que « dĂ©termine et conduit » le prĂ©sident de la RĂ©publique selon les termes de lâarticle 54 al. 1er de la Constitution.
Ă ce sujet, lâoption de rĂ©gionalisation du dĂ©veloppement quâa dĂ©fendue le prĂ©sident Ă©lu devant le peuple, doit avoir un prolongement lĂ©gislatif.
Au surplus, la prĂ©sente lĂ©gislature doit ĂȘtre celle des rĂ©ponses lĂ©gislatives pertinentes aux rapports sociaux et Ă©conomiques, individuels ou de groupes.
Le droit des obligations civiles, celui des personnes et de la famille, du patrimoine et de la protection sociale, recevront, au cours de cette législature, les réponses appropriées.
Le septennat lĂ©gislatif doit garantir Ă nos concitoyens des solutions nouvelles et celles renouvelĂ©es, qui protĂšgent la vie, la sociĂ©tĂ© et lâEtat.
Il doit assurer la simplification des normes, leur accessibilité, ainsi que la stabilité et la sécurité juridique.
Mesdames et messieurs les députés,
Mes chers collĂšgues,
En nous Ă©lisant Ă lâAssemblĂ©e nationale, par lâexpression souveraine de sa volontĂ© le 11 janvier 2026, le peuple nous renvoie en reprĂ©sentation, Ă lâexercice dâun pouvoir qui fĂ©conde les solutions lĂ©gislatives Ă ses attentes lĂ©gitimes et celles qui le prĂ©serve des atteintes Ă son essence et Ă son existence.
Je nâai pas de doute, que chacune et chacun sây engagera avec disponibilitĂ© et dĂ©termination.
Et quand mĂȘme nous traverserions quelques moments de difficultĂ©s et de fragilitĂ©, nous saurons recourir Ă cette exhortation que nous devons au deuxiĂšme couplet de lâAube nouvelle :
« Quand partout, souffle un vent de colÚre et de haine,
BĂ©ninois, sois fier et dâune Ăąme sereine,
Confiant dans lâavenir, regarde ton drapeau » !
Je vous remercie.
Porto-Novo, le 15 avril 2026
Prof. Joseph Fifamin DJOGBENOU
PrĂ©sident de lâAssemblĂ©e nationale