04/06/2026
𝐂𝐄𝐃𝐄𝐀𝐎/𝐓𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐫𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐫𝐢𝐳: 𝐥𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐁𝐞𝐫𝐧𝐚𝐫𝐝 𝐂𝐎𝐌𝐎𝐄́ 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐨𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭𝐮𝐧𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐝’𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐢𝐥𝐢𝐞̀𝐫𝐞
Accra, 2 juin 2026 — La capitale ghanéenne accueille depuis ce mardi la table ronde sur le financement du riz en Afrique de l’Ouest, organisée sous l’égide de la CEDEAO. En présence de la Vice-Présidente du Ghana Jane Naana Opoku-Agyemang, du Président de la Commission de la CEDEAO Omar Alieu TOURAY, de plusieurs ministres de la sous-région et des principaux partenaires techniques et financiers, la Côte d’Ivoire participe à cette rencontre de haut niveau avec une délégation conduite par le Ministre Délégué auprès du Ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières chargé des Productions Vivrières, Bernard Kini Comoé.
Ouverte par la Vice-présidente du Ghana Jane Naana Opoku-Agyemang, cette table ronde de deux jours s’inscrit dans une dynamique régionale de transformation de la chaîne de valeur riz, denrée de grande consommation dans l’espace ouest-africain.
Face aux partenaires techniques et financiers et aux acteurs des chaines de valeur riz présents à Accra, Bernard Kini Comoé a dressé l’état des lieux de la filière rizicole ivoirienne. Avec une consommation nationale estimée à 2,4 millions de tonnes par an pour une production locale d’environ 1,7 million de tonnes, la Côte d’Ivoire couvre encore partiellement ses besoins et demeure dépendante des importations, estimée à 600 milliards de FCFA en 2025.
Un niveau de dépenses que les autorités entendent réduire de manière significative à travers la Stratégie Nationale de Développement de la filière Riz (SNDR2) visant l’autosuffisance en riz à l’horizon 2029.
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise sur une grande implication du secteur privé, notamment dans les domaines de la production semencière, des prestations de services agricoles et de la transformation du riz. Tout ceci autour d’une feuille de route structurée en six axes :
Premièrement, réduire les coûts de production par le développement de l’irrigation, la mécanisation et l’accès aux semences améliorées, aux intrants et au financement agricole. Deuxièmement, améliorer la qualité commerciale du riz local en modernisant les unités de transformation, de triage, de séchage et d’emballage. Troisièmement, développer les infrastructures logistiques et les corridors commerciaux pour réduire les coûts de transport au sein de l’espace CEDEAO. Quatrièmement, lever les barrières au commerce intra-communautaire en harmonisant les normes et en simplifiant les procédures douanières. Cinquièmement, soutenir la consommation du riz local par les achats institutionnels — écoles, hôpitaux, forces de défense — et des campagnes de promotion du « consommer local ». Sixièmement, mobiliser davantage le secteur privé autour des opportunités que représente la filière : transformation, logistique, AgriTech, prestation de services agricoles, assurance agricole et valorisation des sous-produits du riz dans le cadre d’une économie circulaire.
Le ministre délégué a également lancé un appel aux investisseurs et partenaires financiers présents à Accra, mettant en avant les opportunités offertes par le potentiel agricole ivoirien: les terres, l’eau, les producteurs, la volonté politique et l’ambition industrielle. « Ce qu’il nous faut désormais, c’est une mobilisation collective à la hauteur de l’enjeu », a-t-il lancé, invitant l’ensemble des partenaires déjà engagés ou désireux de rejoindre le pays à bâtir ensemble une filière riz « moderne, compétitive et durable ».
Au-delà du cas ivoirien, les échanges ont mis en lumière les défis communs auxquels font face les États de la sous-région. A l’ouverture des travaux, le président de la Commission de la CEDEAO a exprimé sa confiance dans la capacité de l’espace communautaire à renforcer sa production agricole et à réduire sa dépendance aux importations alimentaires.
Dans la même dynamique, la Vice-présidente du Ghana a exhorté les partenaires au développement à intensifier leur soutien aux États membres afin d’accélérer la transformation des systèmes agricoles.
Les interventions ivoiriennes à cette table ronde s’inscrivent dans la dynamique des engagements des récentes rencontres avec la Banque mondiale, la BOAD, la JICA et d’autres partenaires au développement. Elles confirment la posture offensive de la Côte d’Ivoire : celle d’un pays qui vient proposer un cadre d’investissement structuré, chiffré et politiquement assumé.
La Banque mondiale et la Banque africaine de développement figurent parmi les principaux partenaires soutenant cette rencontre. Les travaux, organisés autour de panels thématiques et de rencontres bilatérales entre investisseurs et délégations nationales, doivent permettre d’identifier de nouvelles opportunités de financement et de renforcer les partenariats en faveur du développement de la filière rizicole en Afrique de l’Ouest.
Les conclusions de cette table ronde d’Accra devront alimenter le Pacte régional d’investissement pour le riz, dont l’élaboration est en cours sous l’impulsion de la CEDEAO.

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