18/10/2026
RÉPONSE au citoyen Kokora Nzi: LA LÉGITIMITÉ POLITIQUE NE SE DÉCRÈTE PAS !
Monsieur Kokora Nzi,
Votre sortie appelle quelques observations, notamment parce que vous êtes militant du RHDP et que vous semblez considérer les résultats électoraux comme un instrument permettant de déterminer qui a le droit de s'exprimer sur les questions nationales.
Permettez-moi de vous rappeler une évidence : la démocratie ne consiste pas à demander aux autres de prouver leur représentativité tout en s'abstenant d'interroger celle de son propre camp.
Vous reprochez à ADCI de ne pas avoir obtenu d'élus aux dernières élections législatives. Très bien ! Mais dites-nous, en quoi cette absence d'élus enlève-t-elle à un mouvement politique le droit de formuler des propositions sur l'avenir de nos institutions ? Depuis quand faut-il obligatoirement disposer de députés pour avoir une réflexion sur le fonctionnement de notre démocratie ?
Vous défendez le RHDP, c'est votre droit. Mais cette appartenance ne vous confère ni le monopole de la vérité politique ni le pouvoir de distribuer des certificats de légitimité aux autres formations politiques.
Parlons maintenant de votre conception de la compétition électorale. Vous semblez tirer une grande fierté des résultats électoraux de votre camp. Pourtant, la véritable question est de savoir si vous êtes prêt à défendre vos convictions dans une compétition où chaque voix compte, où chaque électeur s'exprime librement et où les règles du jeu sont transparentes pour tous.
Car, soyons sérieux, Monsieur Kokora Nzi : avant de vous ériger en juge des ambitions politiques des autres, encore faudrait-il démontrer votre propre capacité à convaincre les électeurs. À vous entendre, on pourrait croire que vous êtes capable de gagner une élection dans un campement de dix personnes ! Or, la représentativité politique ne se proclame pas sur les réseaux sociaux : elle se mesure dans les urnes.
Quant à ADCI, il faut rappeler qu'un mouvement politique relativement nouveau a besoin de temps pour construire son implantation, convaincre les populations et transformer ses idées en résultats électoraux. Ses résultats passés peuvent être analysés et critiqués, mais ils ne suffisent pas à déterminer son potentiel futur.
La vraie question est donc celle-ci : sommes-nous prêts à garantir à tous les acteurs politiques les conditions d'une compétition électorale transparente, équitable et crédible ?
Si nous voulons consolider notre démocratie, nous devons pouvoir discuter sereinement de l'organisation des élections, de la confiance des citoyens dans le processus électoral et des garanties d'impartialité. Ce débat ne devrait pas être écarté simplement parce qu'il est porté par un mouvement qui ne dispose pas encore d'élus.
Vous affirmez que ces questions doivent être débattues au Parlement. Le Parlement a effectivement un rôle essentiel, mais cela n'interdit pas aux partis politiques et aux organisations citoyennes de contribuer à la réflexion nationale.
Monsieur Kokora Nzi, ne confondez pas la force institutionnelle d'un parti au pouvoir avec un droit exclusif sur le débat démocratique. La démocratie ne se résume pas à la victoire d'un camp ; elle se mesure également à la capacité de nos institutions à garantir une compétition dans laquelle chaque formation politique peut défendre ses idées et solliciter librement la confiance des citoyens.
Si les règles électorales sont transparentes, si les suffrages sont exprimés librement et si les résultats reflètent fidèlement la volonté populaire, alors chaque formation politique devra assumer ses résultats, qu'elle soit du RHDP, de ADCI ou d'un autre parti.
Et c'est précisément dans cette perspective que ADCI entend construire sa place dans le paysage politique ivoirien : par son implantation, son travail de terrain et sa capacité à proposer une alternative crédible aux populations.
En définitive, Monsieur Kokora Nzi, le plus important n'est pas de savoir qui parle aujourd'hui avec le plus d'assurance, mais de savoir qui est capable de convaincre durablement les citoyens dans le respect des règles démocratiques.
Le débat politique mérite mieux que des procès en illégitimité. Il exige des arguments, de la cohérence et une véritable exigence de transparence.
La légitimité politique ne se décrète pas. Elle se construit, se confronte aux urnes et se renouvelle par la confiance des citoyens.
À bon entendeur, salut !