11/08/2026
La situation devient de plus en plus difficile sur la Route nationale numéro 5. Entre Bafang et Bandja, dans le département du Haut-Nkam, les usagers sont confrontés à une chaussée fortement dégradée. Après les pluies, certains passages se transforment en véritables bourbiers. Les véhicules peinent à avancer. Les voyageurs doivent parfois descendre et marcher dans la boue pour permettre aux chauffeurs de franchir les zones les plus difficiles.
Cette situation n’est pourtant pas nouvelle. Depuis plusieurs années, la RN5 fait l’objet d’interventions ponctuelles. En mai 2024, le ministère des Travaux publics avait attribué à l’entreprise CABTE un marché de 10,94 milliards de FCFA pour l’entretien confortatif de l’axe Bekoko-Loum-Nkongsamba-Pont du Nkam-Bafang-Bandja-Bandjoun. Le contrat prévoyait un délai de 15 mois. Des travaux ont effectivement été réalisés sur plusieurs sections. Le MINTP faisait notamment état, en février et mars 2025, de la pose de béton bitumineux, du traitement des nids-de-poule et de travaux d’assainissement. Mais ces interventions n’ont pas permis de régler durablement le problème.
Le gouvernement a depuis engagé un projet beaucoup plus ambitieux. La réhabilitation complète de la liaison Douala-Bafoussam, longue de 218,9 km, doit être financée avec l’appui de la Banque islamique de développement. Le coût global du projet est estimé à 179,469 milliards de FCFA. La BID doit apporter une enveloppe d’environ 139,292 milliards de FCFA, soit 212,349 millions d’euros. Mais là encore, les populations doivent encore attendre. La programmation officielle prévoit le démarrage des travaux de réhabilitation en octobre 2026, après l’attribution et la signature des marchés.
C’est précisément ce décalage entre les annonces et la réalité du terrain qui alimente aujourd’hui la colère dans le Haut-Nkam. Des appels à une mobilisation des populations circulent pour dénoncer l’état de la route et demander une intervention urgente des pouvoirs publics. Sur place, les usagers ne demandent plus seulement des annonces. Ils veulent une route praticable. Une route qui permette aux personnes, aux marchandises et aux véhicules de circuler normalement entre le Littoral et l’Ouest.
La question est désormais simple : combien de temps faudra-t-il encore attendre avant que les travaux définitifs annoncés depuis plusieurs années deviennent une réalité sur le terrain ?