06/10/2026
🔌 Bornes de recharge à Estillac : le problème n’est pas la mobilité électrique. C’est le choix qui est fait pour notre commune.
Lors du dernier conseil municipal, nous nous sommes abstenus sur le projet d’installation de bornes de recharge de 22 kW à proximité du nouveau centre médical.
Soyons très clairs : nous sommes favorables à la mobilité électrique. Estillac doit anticiper l’évolution du parc automobile et préparer les équipements de demain.
Mais encore faut-il choisir la bonne infrastructure.
Une borne de 22 kW correspond à une recharge en courant alternatif (AC) et se situe dans la catégorie de la recharge normale selon la classification réglementaire. Elle peut être parfaitement adaptée à certains usages, notamment lorsque le véhicule reste stationné suffisamment longtemps.
Mais ce n’est pas une borne de recharge rapide.
Au-dessus de 22 kW, notamment avec des bornes en courant continu (DC) de 50, 100, 150 kW ou davantage, les usages sont différents : recharge beaucoup plus rapide, automobilistes de passage, professionnels, usagers ayant un temps de stationnement limité.
Et c’est précisément la question que nous posons :
Pourquoi avoir arrêté le choix sur du 22 kW sans présenter au conseil municipal une comparaison objective avec d’autres solutions ?
À proximité d’un centre médical, les durées de stationnement seront très variables : patients, accompagnants, professionnels de santé, salariés, habitants et visiteurs.
Il fallait donc se demander quel service nous voulons réellement proposer aux Estillacais et aux automobilistes de passage.
💶 Deuxième question : qui va payer ?
Installation, raccordement, entretien, maintenance et exploitation ont un coût.
Pourquoi la commune devrait-elle nécessairement porter seule ces investissements et ces charges ?
Des opérateurs spécialisés peuvent intervenir dans le financement et l’exploitation des infrastructures de recharge. Plusieurs modèles existent : investissement privé, gestion déléguée, occupation du domaine public, redevance ou partage des recettes.
Ces scénarios méritaient d’être étudiés et comparés avant de décider.
⚠️ Et il y a enfin une question de méthode démocratique.
Le projet avait été décidé par le maire avant même d’être présenté au conseil municipal.
Nous considérons que ce n’est pas la bonne manière de travailler.
Un conseil municipal ne doit pas être une chambre d’enregistrement.
Le rôle des élus est précisément de pouvoir questionner les choix, examiner les coûts, proposer des alternatives et rechercher collectivement la meilleure solution pour la commune.
Notre abstention ne signifie donc pas « non » à la mobilité électrique.
Elle signifie :
➡️ oui à la mobilité électrique, mais avec un choix technique réellement étudié ;
➡️ oui aux investissements, mais avec une analyse sérieuse de leur coût pour la commune ;
➡️ oui aux infrastructures, mais après comparaison des différents modèles d’exploitation ;
➡️ oui à l’action municipale, mais dans le respect du débat démocratique.
Nous ne contestons pas le principe. Nous contestons l’absence de comparaison et de débat.
Moderniser Estillac, oui.
Anticiper, oui.
Investir, oui.
Mais pas les yeux fermés.
L’argent public mérite d’être engagé avec méthode.
Les choix d’aujourd’hui doivent rester pertinents demain.
Et les décisions municipales doivent être discutées avant, pas après avoir été arrêtées.
Observer. Comprendre. Proposer.