Bibliothèque de l'Hôtel de Ville

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sciences sociales et politiques, droit, histoire contemporaine, Paris...

Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 03/06/2026

Sur le site de la Ville de Paris, il est indiqué –et c’est vrai!– que la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville conserve précieusement une lettre de Louis XIII https://www.paris.fr/pages/9-choses-a-savoir-sur-la-bibliotheque-de-l-hotel-de-ville-20241). Cette lettre est signée de la main de Louis XIII (1601-1643) et s’adresse à Christophe Sanguin, prévôt des marchands de Paris de 1628 à 1632. Le roi enjoint au prévôt, équivalent du maire de la ville, de se rendre à Saint-Germain-en-Laye avec deux échevins pour y rencontrer des marchands de blé flamands. La lettre est datée du 26 novembre 1630.
(Cote Ms1107)

Ce n’est pas la seule lettre royale que la bibliothèque conserve. La BHdV possède également une lettre encore plus ancienne signée de la main du roi Louis XI (1423-1483) et datée du 20 juin 1466. Cette lettre patente, signée par Louis XI mais certainement écrite par quelqu’un d’autre, ordonne aux généraux des finances de payer Jean de Harlay, chevalier du guet de Paris pour son office. L’écriture est difficile à déchiffrer pour le lecteur, mais il est émouvant de déchiffrer la signature royale qui date de 560 ans!
(Cote : Ms2301)

Les collections de la bibliothèque comptent également plusieurs lettres signées de la main de Louis XIV et notamment une lettre datée du 13 juin 1689 dans laquelle le roi remercie les prévôts des marchands pour avoir installé sa statue dans l’Hôtel de Ville (qui, déjà à l’époque, était situé sur l’emplacement de l’actuel Hôtel de Ville).
(Cote: Ms 1236)

Avançons dans le temps avec, cette fois, une lettre signée par l’Empereur Napoléon Ier. Il y est question de 500 hommes "offerts" par la Ville de Paris pour servir dans le deuxième régiment des lanciers de la Garde impériale. La signature est brève et énergique: «NP»…
(Cote: Ms 1792)

Enfin, la bibliothèque possède une lettre écrite et signée de la main du dernier empereur des Français, Napoléon III. C’est une lettre de remontrance au Baron Haussmann, datée du 3 février 1869. L’Empereur lui reproche d’avoir soupçonné un certain Rouhet de manigances à son égard.

L’écriture est vive et difficilement lisible au premier coup d’œil, la signature est à peine perceptible tant elle est raccourcie par l’écriture vivace et emportée. La lettre comporte les insignes impériales en gaufrage en haut à gauche de la lettre.
(Cote: Ms 1865)

Ces lettres ne sont consultables que sur autorisation et justification du sujet de recherche, et sont spécialement conditionnées pour éviter tout ce qui pourrait les altérer (lumière, pollution, manipulation,…)

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Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 27/05/2026

La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville compte parmi ses richesses un ouvrage intitulé L'Alsace ancienne et moderne ou Dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut et du Bas-Rhin.

Il s’agit de la troisième édition d’un livre initialement écrit par Jacques Baquol (1813-1856), historien de l’Alsace, et paru en 1849 et 1851. Cette dernière version date, elle, de 1865, soit peu avant la perte de la province à l’issue de la guerre de 1870. Elle est, comme le précise son titre, «entièrement refondue» par un autre auteur, Paul Ristelhuber (1834-1899), Strasbourgeois érudit et collectionneur de livres, de surcroît «membre de la Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace», fondée en 1855.

Ristelhuber reprend le travail de Baquol avec un souci de rigueur accru, en effectuant des rectifications, des ajouts et des suppressions. Il enrichit les notices (dont les entrées sont topographiques), notamment les éléments qui relèvent de la toponymie: les noms anciens des localités, leur origine et leur étymologie sont donnés et accompagnés des sources consultées. Pour les aspects historiques, il s’appuie sur les progrès et les découvertes récentes de l’archéologie locale. Les statistiques, sous forme de tableaux insérés dans les notices, sont jugées fiables car elles émanent des services publics locaux.

Les armoiries des villes et localités ont été restituées sur planches illustrées d’après un «manuscrit original conservé à la Bibliothèque impériale de Paris» mais parfois rectifiées «d’après des indications locales dignes d’être prise en sérieuse considération». Parmi les annexes utiles, on trouve aussi un état de l’Alsace féodale en 1789, une liste d’hommes célèbres nés en Alsace, des planches de numismatique alsacienne.

Le «précis historique d’Alsace» qui précède les notices conclut par ces mots: «bien des pages glorieuses témoignent du patriotisme des Alsaciens et de leur inviolable attachement à la famille française, dans laquelle ils se sont pour toujours confondus.»

L'Alsace ancienne et moderne ou Dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut et du Bas-Rhin, 1865 (cote: 18285) : https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000085448

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Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 22/05/2026

📚 Il y a 80 ans, une ambition forte prenait forme : généraliser la Sécurité sociale à toute la population, pas seulement aux salariés. Une vision universaliste… restée inachevée faute de consensus social.

Derrière ce projet, un homme : Ambroise Croizat. 👷‍♂️ Ouvrier devenu ministre communiste du Travail en novembre 1945, il a joué un rôle actif dans la réalisation de la Sécurité sociale aux côtés du haut fonctionnaire Pierre Laroque.

Ensemble, ils ont posé les bases d’un système inédit pour l’époque : ✨ renforcer la protection des travailleurs face aux risques de la vie pour «supprimer ou réduire considérablement l’inégalité existant entre catégories sociales au regard de la sécurité du lendemain» 🏛️ mettre en place les caisses uniques du régime général le 1er juillet 1946, en mobilisant les travailleurs notamment via la CGT.

Le choix d’un financement par cotisations assises sur les salaires n’était pas anodin : il visait à rompre totalement avec l’assistance, à garantir une Sécurité sociale indépendante des «considérations purement financières» de l’État et une «gestion démocratique» non bureaucratique par les représentants des travailleurs.

👉 Comme le rappelait Pierre Laroque, la Sécurité sociale ne devait pas contribuer «uniquement à l’amélioration de la situation matérielle des travailleurs, mais surtout à la création d’un ordre social nouveau dans lequel les travailleurs aient leurs pleines responsabilités».

✨ Des principes fondateurs qui éclairent les débats actuels.

Pour en savoir plus :

Ambroise Croizat : justice sociale et humanisme en héritage, Emmanuel Defouloy, 2025 (Cote : 327112) https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0002519315.locale=fr

La Sécurité sociale de Pierre Laroque : sélection d'articles, conférences et écrits (1932-1996) de Pierre Laroque, cofondateur de la Sécurité sociale française, [Pierre Laroque] ; préface de Michel Laroque, 2020 (Cote : 318232)

Histoire politique de la Sécurité sociale française. 1945-1952, Henry C. Galant avec la Préface de Pierre Laroque, 1955 (Cote : 24983)

La Sécurité sociale : son histoire à travers les textes. Tome III : 1945-1981, Comité d'histoire de la Sécurité sociale ; Dirigé par A. Barjot, 1988 (Cote : 62368)

Bulletin d’histoire de la Sécurité sociale, N° spécial 60e anniversaire de la Sécurité sociale, Comité d’histoire de la Sécurité sociale, Association pour l’histoire de la Sécurité sociale, 2006 (Cote P 942, 2005-2006)

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Bibliothèques de Paris

21/05/2026

Exceptionnellement, la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville fermera à 13h vendredi 29 mai 2026.

Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée.

Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 15/05/2026

Louis Huart (1813-1865) a été journaliste – notamment au quotidien satirique d’opposition politique Le Charivari -, écrivain et directeur des théâtres de l’Odéon, puis des Folies-Nouvelles (l’actuel théâtre Dejazet). En 1841 et 1842, il fait paraître une série d’ouvrages amusants intitulés "Physiologie…" dans lesquels il décrit sous un jour ridicule et comique certaines catégories de personnes ou de professions: le médecin, le tailleur, l’étudiant, le flâneur, la grisette…

Le volume présenté ici tourne en dérision le soldat de la garde nationale, son uniforme, que l’auteur estime peu seyant, voire grotesque, et l’air important qu’il peut se donner lors des défilés militaires.

L’avant-propos est explicite sur l’intention de divertir le lecteur en soulignant à gros traits certaines caractéristiques du garde national: «Nous voulons entreprendre la réhabilitation de la garde nationale; une foule de gens, mal intentionnés, prétendent qu’elle ne sert à rien; - en tenant ce propos léger, ils oublient qu’elle aura au moins servi quelquefois à les faire rire; - or, n’eût-elle servi qu’à cela, ce n’est pas déjà peu de chose, le rire est une chose excellente pour la santé; ainsi, vous voyez bien que, prise seulement au point de vue hygiénique, l’institution de la garde nationale serait encore une œuvre de philanthropie.»

Chacun en prend pour son grade. Les sapeurs sont moqués pour leur barbe et leur tour de taille imposant: «Il en est des sapeurs comme des melons, les plus gros sont les meilleurs.» Les voltigeurs sont jugés trop laids à cause de la prédominance du jaune dans leur tenue qui -selon lui - «contribue à rehausser leur mauvaise mine», les tambours sont décrits comme des coureurs de jupon «courtisant les belles comme un Français» et les grenadiers s’illustrent par leur imposant couvre-chef dit «bonnet à poils» ou «bonnet d’ourson».

Cet ouvrage comporte même un chapitre consacré aux réfractaires, ces hommes qui refusaient l’enrôlement alors que le service dans la garde nationale était obligatoire pour les individus âgés entre 20 et 60 ans. Et Louis Huart de s’étonner, d’un air faussement naïf: «On ne croirait jamais qu’il existe à Paris cinq à six mille individus qui ont le goût assez dépravé pour ne pas apprécier tous les plaisirs du corps de garde, tous les charmes de la faction, toutes les voluptés de la patrouille!»

Physiologie du garde national, Louis Huart. Aubert et Cie : Lavigne, 1841 - Cote 101247 : https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000116360?posInSet=1&queryId=e2ece2c9-9ca3-4970-8651-87f661bd35c1

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Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 08/05/2026

Trouvez-vous qu’il y a trop de statues dans notre belle capitale? Gustave Pessard, membre de la Société historique du IVe arrondissement de Paris, en est convaincu et nous fait part de son constat dans une petite publication intitulée Statuomanie parisienne: étude critique sur l’abus des statues, parue en 1911.

Soutenu dans ses arguments par le conseiller municipal Maurice Le Corbeiller, il estime que l’espace parisien a été surinvesti par les représentations en pierre de personnalités qui ne méritent pas forcément la postérité. Désignées comme des «fantaisies injustifiables» et des «champignons vénéneux de la flore ou de la faune parisienne» qui «semblent être le produit de sculpteurs en déliquescence», les statues déjà existantes ont – selon lui - un effet esthétique très discutable.

Non seulement elles échouent à embellir Paris et encombrent la voie publique, mais en plus elles «en interceptent l’air respirable». Gustave Pessard, exaspéré par les nombreuses sollicitations des comités de soutien militant pour l’érection d’une nouvelle œuvre en marbre ou en bronze en hommage à une personne qu’ils admirent, propose d’attendre au moins dix ans entre le décès d’une personnalité et la réalisation de sa statue.

L’auteur poursuit sa démonstration en s’appuyant sur des données chiffrées: il aurait décompté environ 900 statues parisiennes (dont 72 «actuellement à l’état de 'projet', mais qui ne peuvent manquer d’éclore au premier rayon de soleil» précise-t-il malicieusement), parmi lesquelles une bonne centaine d’hommes de lettres. Alors que certaines professions telles qu’aviateur, céramiste, préfet de Seine ou même conseiller municipal sont exagérément sous-représentées, avec une seule occurrence. Sa réflexion le mène à des interrogations auxquelles il ne trouve pas de réponse satisfaisante: pourquoi y-a-t-il trois statues d’Alfred de Musset? Combien de statues Victor Hugo mériterait-il d’avoir? Sur quel(s) critère(s) a-t-il été décidé de placer une statue de William Shakespeare sur le boulevard Haussmann?

Afin de lutter contre ce supposé fléau qui gangrène Paris, Gustave Pessard suggère au final de reléguer dans les cimetières une bonne partie du patrimoine statuaire, là où cela ne gênera plus personne…

Statuomanie parisienne : étude critique sur l’abus des statues, Gustave Pessard, 1911 (cote 11287) : https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000225529?posInSet=1&queryId=e0bea241-670a-4f92-a684-4cdb4c394fcc

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Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 06/05/2026

Les tables de la bibliothèque de l’Hôtel de Ville ne sont pas assez longues, ou quand la taille d’un livre impose de privatiser la bibliothèque pour pouvoir le lire!

Nous avons en effet dans nos collections un des documents les plus longs que vous puissiez trouver. Jugez plutôt: pour pouvoir déplier et poser à plat l’intégralité de ce livre, vous aurez besoin de pas moins de… 12 mètres de long!

Il s’agit d’un joli livre accordéon – ou livre leporello – publié en 1980 à l’occasion du 150e anniversaire des Trois Glorieuses (Paris – 27, 28 et 29 juillet 1830). A travers les textes de l’historien Georges Poisson ou d’Honoré de Balzac, revivez la belle époque des Grands Boulevards avec leurs théâtres, leurs restaurants, cafés, glaciers, leurs magasins et leurs meublés. Mêlez-vous à la foule des Parisiens qui se pressent et déambulent sur les trottoirs, le spectacle est garanti à la fois sur les planches et dans la rue! La très longue fresque fourmille de petits détails qui nous montrent une époque, la fin du XIXe siècle.

Panorama des grands boulevards, Paris romantique. Précédé par Petite histoire des grands boulevards et suivi de Histoire et physiologie des boulevards de Paris
(cote 44489 / tr 41) : https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000227597?posInSet=1&queryId=6d695c63-0a52-4855-881e-970f8730ffd6
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Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 30/04/2026

En lien avec le 155e anniversaire des événements de la Commune de Paris, (18 mars au 28 mai 1871), la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville propose une série de témoignages éclairants.

Parmi ceux-ci, un manuscrit rédigé de la main d’un habitant anonyme de la porte Saint-Denis. Sur une quarantaine de folios, l’auteur détaille le déroulement des journées de la fin de la Commune à partir de son vécu propre, à proximité de la barricade de la porte Saint-Denis. Son récit est également empreint d’une certaine hostilité envers les communards: il dépeint les insurgés comme des ivrognes et contribue à la création du mythe de la pétroleuse, cette figure de la communarde débraillée et pyromane, désormais reconnue comme un mensonge historique fondé en grande partie sur la misogynie ambiante.

Ce manuscrit est précieux parce qu’il nous fournit un rare aperçu de la vie des Parisiens non engagés dans la Commune et nous montre ce qu’était la Semaine sanglante loin de l’Hôtel de Ville en flammes et des violents combats au Père-Lachaise.

Pour clore ce panorama de témoignages, une nouvelle parution a rejoint le fonds des monographies de la bibliothèque: Les Souvenirs de Léontine Oudot, publié en 2025 aux éditions Plein chant dans la collection Voix d’en bas. Sous-titré "La Commune, une affaire de famille", il s’agit du récit de l’enfance de Léontine Oudot, dix ans au moment de la Commune, ouvrière et fille d’un communard. Elle livre ce témoignage de son enfance dans un Paris insurgé presque soixante-dix ans après, un an avant son décès.

Contrairement aux autres témoins, Léontine Oudot garde un regard positif sur les insurgés, elle qui deviendra par la suite une communiste convaincue, et son texte nous offre une réflexion toute simple sur la vie privée des insurgés. Elle raconte, par exemple, qu’elle accompagnait son père chercher ses ordres à l’Hôtel de Ville. Si son témoignage n’est pas contemporain des faits, il offre tout de même le regard rétrospectif que pouvait poser une enfant sur cette période intense de l’histoire de la capitale.

Selon les points de vue, la Commune a été une série de crimes à expier, une guerre civile dans les rues de la capitale, une révolution évitable ou encore une juste insurrection réprimée dans le sang. Les témoignages sélectionnés ici montrent tous à leur manière l’importance de la Commune dans l’histoire de la capitale, une période charnière pour le peuple parisien, peu importe son positionnement vis-à-vis des événements.

Souvenirs de Léontine Oudot (cote 115509)
Souvenirs d'un habitant de la porte Saint-Denis (cote Ms 1031)

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Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 29/04/2026

Le printemps 2026 marque le 155e anniversaire des événements de la Commune de Paris, qui anima la capitale du 18 mars 1871 au 28 mai de la même année. Ce court passage insurrectionnel au début de la IIIe République a marqué durablement les mémoires des Parisiens après l’effroyable siège de la ville par les armées prussiennes. Pour preuve, ces témoignages conservés à la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville sous des formes très diversifiées, venant de milieux très éloignés.

La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville conserve notamment un exemplaire de l’ouvrage Histoire intime de la Révolution du 18 Mars, de l’auteur et journaliste Philibert Audebrand, publié en 1871, très rapidement après les événements de la Commune. Comme le titre l’indique, Audebrand rend compte de la Commune en l’ayant vécu de très près.

Si son témoignage est critique à l’égard des communards, il est pourtant bien moins à charge que d’autres écrits de la même époque: «L’horreur du despotisme communaliste a dépassé toute mesure, mais la frénésie de la répression est plus forte qu’au 9 thermidor.» Il écrit également dans sa préface: «Juger, comment le pourrais-je, puisque j’ai eu le malheur de compter de amis des deux côtés du sinistre?»

Représentant une posture patriotique, Philibert Audebrand voit d’un mauvais œil l’approbation de Marx vis-à-vis de l’insurrection, y voyant le signe que la Commune sert avant tout les intérêts prussiens et continue d’enfoncer la France dans la défaite. La conclusion qu’il tire à la fin de son récit est pour le moins étonnante aux yeux des lecteurs d’aujourd’hui, car il préconise l’enrichissement des classes populaires françaises grâce à la colonisation en préconisant «une grande émigration du paupérisme français vers les pays du soleil»...

L’abbé Lamazou livre de son côté dans La Place Vendôme et la Roquette: documents historiques sur le commencement et la fin de la Commune, un témoignage à charge extrêmement virulent à l’égard des insurgés. Et pour cause: il a été fait prisonnier à la Place Vendôme et a été témoin des exécutions d’autres membres du clergé à la prison de la Roquette lors de la Semaine sanglante.

Témoignage de sa popularité, l’édition conservée à l’Hôtel de Ville est une sixième réédition, parue en novembre 1871, moins de six mois après la fin de l’insurrection. Dans la préface à la réédition, Lamazou évoque également des demandes de traduire son récit dans plusieurs langues. Son témoignage semble avoir été capital dans les condamnations des communards par le conseil de guerre: «[…] les dépositions et les débats du troisième conseil de guerre, chargé de juger les hommes de la Commune, ont confirmé jusque dans les moindres détails les faits incroyables que j’avais exposés plusieurs semaines auparavant.»

Son récit semble se donner deux objectifs: témoigner vigoureusement de la brutalité des insurgés à l’égard du clergé et rappeler le peuple, devenu selon lui trop peu croyant, à la foi.

La place Vendôme et la Roquette (cote: 102047), Histoire intime de la Révolution du 18 mars (cote: 5861).

A suivre : d'autres témoignages de la Commune issus des fonds de la BHdV.

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Bibliothèques de Paris

Photos from Bibliothèque de l'Hôtel de Ville's post 22/04/2026

Une vraie curiosité que cet ouvrage abondamment illustré, intitulé Livre d’or de la conquête de l’air. Publié en 1909, l’année où Blériot traverse la Manche en aéroplane, il compte parmi ses auteurs des pères fondateurs de l’aéronautique: Clément Ader, Henri Farman, Louis Blériot, Henri Latham, Santos-Dumont, les frères Wright, etc.

Parfaitement informé et documenté sur les progrès récents de l’aéronautique, l’ouvrage, après avoir rappelé les rêves et les fictions initiales (pensons à Cyrano de Bergerac ou Jules Verne), explore le développement réel des trois vecteurs de la conquête de l’air: les "sphériques" (montgolfières et ballons), les dirigeables et les aéroplanes.

Pour chacune de ces catégories de machines volantes, tous les aspects sont explorés: les pionniers, les raids effectués, les prouesses sportives, les apports scientifiques, les modèles de machines, les manœuvres, le rôle militaire, mais aussi les catastrophes aériennes… On voit par exemple, en photographie, Clemenceau, alors président du Conseil, monter dans un dirigeable militaire, la "Patrie", lors de manœuvres en 1907. Ou encore les engins volants anciens et modernes présentés lors du premier Salon de l’aéronautique, en 1909, au Grand Palais.

La "guerre future" est même envisagée, le ballon dirigeable, "croiseur aérien", ayant encore la part du lion devant l’avion.

En fin de volume, un "tableau d’honneur de l’aéronautique" recense les records (distance, durée, altitude) établis jusqu’en 1909, en ballons sphériques, ballons dirigeables et aéroplanes.

Livre d'or de la conquête de l'air, Clément Ader, Ernest Archdeacon, Georges Besançon, Louis Blériot [et al.], 1090 (cote 11148) : https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000217518.locale=fr

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