24/10/2026
CLAUDE COHEN-TANNOUDJI, 1933 - 2026
Claude Cohen-Tannoudji, prix Nobel de physique en 1997 pour ses travaux sur le refroidissement et le piégeage des atomes, est décédé le 22 octobre 2026, à l’âge de 93 ans. Les hommages qui lui ont été rendus mettent en avant à juste titre, sa carrière scientifique exceptionnelle.
https://www.ens.psl.eu/actualites/hommage-claude-cohen-tannoudji-1933-2026
Nous à La Paix Maintenant ainsi qu'à JCall, nous voudrions très simplement faire part de notre tristesse d'avoir perdu un soutien et un compagnon de route.
Juif né à Constantine, humaniste convaincu (il a reçu le prix Andreï Sakharov récompensant les scientifiques pour leur engagement en faveur des droits de l’Homme), il ne pouvait rester indifférent au conflit israélo-palestinien dans le cadre d'une approche de coexistence pacifique et de reconnaissance des droits des deux peuples.
C'est sans doute pour cela entre autres qu'il a adhéré à La Paix Maintenant, qu'il a soutenu l'initiative de Genève, et qu'il a en 2010 co-signé l'appel initié par JCall dans lequel on pouvait lire :
"Or, nous voyons que l’existence d’Israël est à nouveau en danger. Loin de sous-estimer la menace de ses ennemis extérieurs, nous savons que ce danger se trouve aussi dans l’occupation et la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est, qui sont une erreur politique et une faute morale. Et qui alimentent, en outre, un processus de délégitimation inacceptable d’Israël en tant qu’État."
https://fr.jcall.eu/qui-sommes-nous/texte-de-lappel
Partisan de la coopération scientifique, il a notamment « beaucoup œuvré au rapprochement des scientifiques palestiniens et israéliens. Il pensait, aux dires de sa fille Joëlle, que la science serait un moyen de rapprocher et, en tout cas, d’apaiser ce conflit »
Claude Cohen -Tannoudji s'était fermement opposé au boycott des scientifiques israéliens. notamment en décembre 2002, lorsque le conseil d’administration de l’université Paris-VI – Pierre-et-Marie-Curie (qui lui était particulièrement chère)
après le vote d'une motion visant à suspendre son accord d'association avec les universités israéliennes.
Avec de nombreux universitaires, avec nous, avec d'autres, dont Bernard et Isabelle Maro,il a été partie prenante de la protestation indignée qui s' en est suivie.
Sa tribune dans Le Monde du 4 janvier 2003 " « J’ai honte ! »
n'a rien perdu, aujourd'hui encore, de sa pertinence :
"...J'ai honte pour ces collègues qui osent jeter un anathème sur d'autres collègues à cause de leur nationalité.
J'ai honte pour ces collègues qui, devant un conflit douloureux où deux peuples souffrent cruellement et quotidiennement, choisissent de diaboliser l'une des deux parties plutôt que d'essayer de les rapprocher.
J'ai honte pour ces collègues qui font semblant d'ignorer que les universités israéliennes sont des lieux de débat démocratique, où des voix fortes et nombreuses n'hésitent pas à s'élever pour s'opposer à la politique de leur gouvernement, où les contacts sont maintenus envers et contre tout avec les homologues palestiniens pour qu'une véritable collaboration puisse s'instaurer le jour où un accord de paix sera enfin réalisé.
J'ai honte pour ces collègues qui font semblant d'ignorer qu'en pénalisant et en isolant ainsi les universitaires israéliens, ils donnent en réalité un coup de poignard dans le dos à la paix..."
À sa famille, à ses proches, nos plus sincères condoléances