No Man's Land - Urbex

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Découverte, en photos et reportages, de dizaines de lieux abandonnés, en France, en Belgique, et ailleurs. Châteaux, hôpitaux, autos, avions... Bienvenue !

Photos from No Man's Land - Urbex's post 28/01/2026

https://nomansland-urbex.com/les-oubliees-de-paris/

L’Avenue Foch, la place de la Bastille, la rue de Rivoli, le boulevard Haussmann. Tant de lieux emblématiques de Paris qui transpirent l’histoire, bouillonnent de culture et vibrent sous l’effervescence des cafés, des restaurants et des bars, pris d’assaut quotidiennement par des vagues de touristes ou de Parisiens amoureux de leur capitale.

Mais “Paname” c’est aussi une ville “qui se met en colère” (Mathieu), “qui chiale sous ses klaxons” (Ferré), pleine de “taxis en maraude qui vous chargent en fraude” (Montand) et de “camions pleins de lait” (Dutronc), qui bourrent les artères déjà pleines de chaque arrondissement.

Et sous ses ruelles bondées et ses théâtres bruyants, se cache à Paris une vie souterraine autrement moins reluisante: des centaines de voitures oubliées six pieds sous terre, entassées dans des parkings souterrains ou des box poussiéreux, et condamnées à l’immobilisme, loin du raffut du monde extérieur.

Pour ça, les parkings Indigo, Q Park and co sont de véritables mines d’or pour les fans de belles bagnoles, anciennes comme de prestige. En déambulant, appareil photo en main, dans plusieurs d’entre eux durant de longs mois, on y a découvert de véritables trésors, parfois méconnus du patrimoine automobile.

De vieilles Citroën, Mercedes et Autobianchi, des Volvo, des Range et des SAAB, de plus prestigieuses Porsche, Jaguar ou Rolls-Royce. Toutes ont en commun des certificats d’assurance périmés, des pneus crevés jusqu’à la moelle, des carrosseries noyées sous la poussière.

On est aussi tombés sur quelques curiosités, comme ces Mercedes américaines immatriculées dans le Maryland, cette Jaguar XJL enregistrée au Cameroun, cette Volvo 740 dont la plaque renvoie vers celle d’une Volkswagen Golf probablement volée, cette Jaguar X-Type à qui l’on a posé un sabot, et quelques modèles de moins en moins trouvables en seconde main sinon à des prix délirants: Mercedes-Benz 600, Citroën SM, Alfa Romeo Alfasud Sprint

Pour avoir discuté avec plusieurs gardiens, il y a pas mal de raisons qui peuvent expliquer leur état, et surtout leur immobilisme. Dans le cas des voitures anciennes n’ayant pas tourné depuis longtemps, la remise en état se retrouve, après des années d’immobilisme, trop coûteuse à assumer pour leur propriétaire (ou leurs descendants !), qui jettent l’éponge et les laissent sur place. Pour d’autres, des litiges liés à l’assurance ou une carte grise non conforme peuvent rendre certaines voitures impossibles à revendre ou à déplacer légalement, conduisant, au bout du compte, à la même fatalité.

Cela dit, toutes les places ne sont plus forcément payées, mais la mise en fourrière n’est pas non plus systématique : en théorie, après constat de l’abandon par la police municipale, la mairie doit envoyer un courrier recommandé au propriétaire et lancer une procédure d’enlèvement. Mais dans la pratique, ces démarches prennent du temps et coûtent cher, et c’est d’autant plus vrai si le propriétaire est introuvable. Le coût de l’enlèvement et du stockage étant en outre rarement récupéré par la mairie, il est fréquent que les voitures restent des mois voire des années sans bouger, le temps que la municipalité décide enfin à s’en débarrasser.

Alors, la prochaine fois que vous passerez par un parking parisien, ouvrez bien les yeux et soyez attentifs aux signes: il y aura forcément une ou deux épaves à aller saluer…

* Toutes les plaques ont été modifiées *

Nightflight to Venus ! 05/07/2025

Après plus d’un siècle, la Seine est aujourd’hui de nouveau ouverte à la baignade ! L’occasion pour moi de revenir sur le phénomène des p*scines fluviales et des plages d’Ile-de-France, avec celle-ci, autrefois située à Nogent-sur-Marne et visitée il y a quelques années.

Étrange que la localisation de cette ancienne boîte de nuit, excentrée en périphérie d’une grande ville francilienne, et bordée par la Marne.

Pour comprendre la raison de ce curieux positionnement il faut remonter plus de cent ans en arrière, au début du XXe siècle...
À cette époque à Paris, un arrêté préfectoral est pris pour chasser et démolir toutes les p*scines construites sur les bords de Seine, afin de réaménager les berges et faciliter la navigation fluviale.
Plus que de simples écoles de natation, ces p*scines sont de véritables lieux de rencontres et de vie, prisés des parisiennes et des parisiens, qui s'en retrouvent dès lors orphelins.

C’est donc naturellement en dehors de Paris, sur les bords de la Marne, de la Seine et de l'Oise que ce concept de p*scines fluviales déménage, et l'on assiste alors à l'arrivée des premières "plages".
Véritables espaces en plein air, avec bassins, toboggans, et bancs de sables, les plages fluviales concilient comme leur nom l'indique l'agrément du bord de mer au charme des rives de fleuves.

Les premières à être construites dans la région sont celles de l'Isle Adam (95), et de Boran-sur-Oise (60), qui sortent de terre dans les années 20-30, suivies de près par celle qui figure en photo dans cet album.

« Le Deauville parisien », voilà le prestigieux surnom qui lui était donné à l’époque ! Une plage de 300 mètres de long,des bassins et toboggans intérieurs et extérieurs, des péniches aménagées en restaurants et bars, plusieurs dancefloors: il faut dire que l’endroit avait de quoi séduire, et présentait les attributs idéaux pour des parisiens en quête d’évasion !

Johnny Halliday, Eddy Mitchell, Dick Rivers : plusieurs personnalités, du showbiz fréquentent l’établissement au fil des années, qui connaît son pic de fréquentation dans les années 60. A cette époque, c’est la mode du yéyé et des pattes d’éléphants, une période f***e où les tenues se font légères et où les français s'enivrent aux ballons de rouge, aux rythmes des musiques de Polnareff et aux pas endiablés du twist.

De biens belles années qui assoient définitivement la réputation de l'établissement, et le font entrer dans l'histoire de la nuit francilienne.
Il survivra aux années 1970, 1980, 1990 et même 2000 avant de voir sa population décliner dangereusement au début des années 2010, le centre-ville de Paris l'emportant sur la banlieue pavillonnaire.

Fragilisé par plusieurs crues de la Marne (il avait été construit en zone inondable) et par de nombreux glissements de terrain, il a tiré sa révérence définitivement en 2012.

Plongé depuis lors dans un sordide abandon, ce lieu mythique n'est désormais plus qu'un fantôme sans os, prisonnier de la boue, de la menace d'un fleuve instable, et du temps qui s'écoule désormais rapidement..

Photos from No Man's Land - Urbex's post 12/04/2025

https://nomansland-urbex.com/chateau-colombo/

Versailles, Édinbourg, Neuschwanstein : les plus beaux châteaux du monde ont eu beaucoup de chance.

Déjà parce qu’au-delà de leurs sublimes façades et des hôtes prestigieux qu’ils ont accueillis, ils figurent au patrimoine des châteaux les plus visités au monde, leur mobilier savamment épargné, leur jardin soigneusement entretenu, restés dans un état quasi concours que le passage des siècles ne semble jamais avoir perturbé.

Et puis, il y a les autres : inconnus, délaissés, abandonnés sans lendemain, que ni les livres d’histoire ni les nouvelles locales ne daignent aujourd’hui mentionner. Tant p*s pour les touristes ! Celui que vous avez sous les yeux en fait partie : triste, solitaire, mal-en-point, oublié ou méconnu de tous, il meurt aujourd’hui en silence dans un bois tout aussi anonyme.

Son histoire n’avait pourtant pas mal commencé : tantôt notable, tantôt officier, ses propriétaires passés étaient parvenus à le faire rayonner pendant des siècles, avant que des entreprises privées, puis, plus t**d, publiques, ne viennent définitivement le passer à la trappe de l’Histoire.

Un quart de siècle plus t**d, tout a été vidé, brisé, cassé, ne laissant aux pauvres visiteurs que nous sommes que des pièces délabrées et ordinaires, inintéressantes au commun des mortels. Voilà maintenant 20 ans qu’il est dans cet état, victime du temps, indifférent aux gens, et ce n’est pas la vieille 403 parquée devant l’entrée qui l’aidera à retrouver sa jeunesse.

Contrairement à Chambord, Vaux-le-Vicomte, Ferrières-en-Brie, ce ne sont pas les cars de touristes qui risquent de venir perturber son repos, mais bien les pelleteuses des promoteurs, ravis de rayer de la carte un bâtiment comme celui-ci pour mieux y ériger des résidences insipides où les stores électriques et les fenêtres en PVC l’emporteront bientôt sur les moulures et les miroirs.

“Patrimoine”, qu’ils disent !

Photos from No Man's Land - Urbex's post 23/01/2025

https://nomansland-urbex.com/manoir-faufau/

Dans la famille, « entrez sans frapper », je voudrais le manoir Faufau ! C’était pourtant mal parti, car il cochait toutes les cases d’une Urbex difficile d’accès. Terré en plein village, quadrillé par des rues, surveillé par les voisins, noyé dans des aboiements de chiens : dans le genre facile à visiter, on a vu mieux. Pourtant toutes ces contraintes de forme ne nous auront finalement pas rebuté…

C’était peut-être même l’un des spots les plus faciles d’accès qui m’ait été donné de faire en dix ans ! Un mur éventré, un chemin gentiment tracé dans la végétation par d’anciens visiteurs, et quelques arbres penchés plus t**d, et voilà : sa façade nous est enfin apparue après quelques minutes de marche. Autrefois ouverte sur une clairière et aérée par des plantes et des fleurs, elle s’est laissée emmurer vivante, plongée dans l’obscurité des chênes. Pour unique sentinelle, le vieux pigeonnier en pierre adossé aux dépendance ne l’avertit guère plus que du passage des oiseaux et du gibier.

Vivante ? Oui et non, sauf si l’on considère que des pans de mur effondrés et des fientes de moineaux figurent au patrimoine mondial de l’Humanité. Mais ne vous fiez pas à sa couverture, car une fois pénétré à l’intérieur (aussi facilement que par son enceinte), la belle bâtisse est en fait étonnamment bien préservée. À part quelques faiblesses de charpente et des planchers suicidaires, on évolue facilement entre ses étages, où s’alignent pièces à vivre et chambres à coucher encore meublées dans un décor de silence et de poussière

Au rez-de-chaussée, des alambics, des tubes à essai et des erlenmeyers sont disposés sur un établi, face à la porte d’entrée. Un ancien chimiste peut-être ? Le temps de les prendre en photo, et voilà qu’une partie de roi du silence a débuté avec les voisins, dont le jardin donne directement sur la façade. Facile d’accès, oui, mais encore faut-il pouvoir y rester !

Photos from No Man's Land - Urbex's post 29/09/2024

https://nomansland-urbex.com/jaguar-factory/

Jaguar (n.m) : félin d’Amérique du Sud, proche de la panthère, au pelage tacheté de noir.

Des jaguars, des bêtes sauvages, nées pour l’espace, l’air pur, la course ! Des animaux légendaires animées par la vitesse et la performance pure. Le meilleur nom que l’on aurait pu donner à une marque automobile ? Pour sûr !

Mais, pour la bête comme pour la voiture, rester parqué entre quatre murs de pierre n’est pas l’habitat rêvé. C’est pourtant là que nous les avons découvertes, entassées les unes près des autres, dans les dépendances d’une vieille usine désaffectée. Cinq belles anglaises, des Mark II et des XJ, condamnées à l’immobilisme et à la poussière, loin des charmants bocages britanniques ou des p*stes de Goodwood.

À quelques vols de pièces près, elles sont restées dans un état remarquable. On les imaginerait même facilement redémarrer, malgré leurs multiples années passées sans bouger.
Cette belle conservation est d’autant plus surprenante qu’elles sont en plein centre-bourg, visibles depuis une fenêtre, et qu’un chemin de randonnée bien fréquenté longe le mur d’enceinte qui les retient prisonnières.

Dans la jungle comme dans la ville, les jaguars savent se cacher…

Photos from No Man's Land - Urbex's post 08/08/2024

https://nomansland-urbex.com/olympic-athens-2004/

Deuxième, et dernière semaine pour les Jeux olympiques de Paris, 2024 !

Pour ces quelques jours restant de compétition avant le début des jeux paralympiques, et à l’heure où nous écrivons ces lignes, la Chine domine le classement avec 28 médailles d’or, suivie par les États-Unis entre (27) et l’Australie (18). La France suit en quatrième position avec 13 médailles d’or à son actif.

Mais, intéressons-nous à une édition passée, celle des Jeux olympiques d’Athènes 2004, il y a tout juste 20 ans. Les États-Unis étaient les grands gagnants cette année-là, avec 36 médailles d’or, devant la Chine (32 médailles) et la Russie (28 médailles).

Quand il est question des J.O., on parle souvent de l’avant, beaucoup du pendant, mais très peu, si ce n’est jamais, de l’après. Dans le cadres de ces jeux grecs, ce qui s’est passé après la cérémonie de clôture du 28 août 2004, est peu reluisant, et pour cause : de nombreuses installations olympiques ont été abandonnées, livrées à elles-mêmes dès la fin de la compétition, et jamais réhabilitées

C’est le cas du stade que vous avez, sous les yeux, inauguré en grande pompe le 2 août 2004, soit quelques semaines avant le début des jeux, pour accueillir la compétition de Beach Volley. Construit uniquement pour les besoins de la compétition, à Kallithea près du port de Piraeus (Lire aussi : Mediteranean Sky), il pouvait accueillir officiellement 9600 visiteurs, bien que sa capacité était été réduite à 7300 pour l’occasion.

C’est ici, dans ce complexe gigantesque de béton et de plastique, que, face a la mer Égée, le Brésil a remporté l’or en finale contre l’Italie, le 29 août 2004 ! Seulement, une fois l’effervescence des jeux passée, le stade a été désaffecté et n’a plus jamais accueilli de compétition sportive, ni quelconque manifestation publique d’ailleurs.

Aujourd’hui, ouvert aux quatre vents, détérioré, tagué, il offre un contraste, saisissant de vide et de silence face aux installations parisiennes pleines à craquer, qui vibrent sous les cris, les huées et les chants. Une visite insolite, et d’un autre, genre, qui nous rappelle qu’une fois les jeux finis et les caméras éteintes, plus personne ne s’intéresse vraiment à ces lieux iconiques.

Photos from No Man's Land - Urbex's post 14/03/2024

https://nomansland-urbex.com/villa-atlante/

Vexin. Entre Giverny et La Roche Guyon, plantée au bord d’une route empruntée chaque weekend par des motos, des voitures anciennes et des vélos venus profiter du charme des boucles de la Seine, meurt en silence cette vieille maison abandonnée.

Parmi toutes les villas environnantes qui servent de résidence secondaire aux Parisiens occasionnellement de passage, elle demeure bien silencieuse. Anodine quand on passe devant, elle l’est beaucoup moins quand on pénètre dans son jardin : des herbes f***es se battent en duel avec une forêt de bambous, des sculptures effondrées jouent au mort avec des fontaines désespérément vides.

Elle cache d’autant bien son jeu qu’une fois à l’intérieur on la découvre sous son vrai visage. Des pièces plongées dans l’obscurité, des étais pour soutenir les murs ici et là, du mobilier plus tout jeune. Malgré ça, elle arrache encore à la nature le peu de dignité qui lui reste : salon, chambres à coucher et salle à manger tiennent encore fièrement tête au temps qui passe, leurs meubles d’époque toujours disposés dans leur position initiale.

Malgré son ancienneté évidente, elle n’est en fait pas abandonnée depuis si longtemps : des tracts politiques de l’élection présidentielle de 2012 sont éparpillés sur la table de la cuisine. Cinq ans donc, notre visite datant de l’été 2017. En repassant devant en 2021 en revanche, les ouvriers étaient déjà à pied d’œuvre…

Photos from No Man's Land - Urbex's post 18/01/2024

C’est un géant des mers, un monstre d’acier de 165 m de long, échoué et abandonné dans une baie grecque depuis plus de vingt ans.

Mis à l’eau pour la première fois en 1953, le City of York était à l’époque un cargo britannique qui effectuait des liaisons régulières entre Londres et l’Afrique du Sud : Cape Town, Durban, Port Elizabeth. Après 18 ans de carrière, il fut revendu en 1971 à une compagnie grecque de croisières maritimes, qui le rebaptisa Mediterranean Sky. Sa nouvelle fonction exigeait de profondes modifications de sa structure, qui fut renforcée (et alourdie) pour supporter son nouveau poids, mais aussi de ses espaces intérieurs, aménagés pour les croisiéristes. Pour parfaire sa transformation, 3 p*scines furent creusées au sommet, sur le pont supérieur. Sa deuxième vie commençait…

Il servit de liaison régulière entre Padras et Brindisi, en Italie, mais aussi de charter affrété occasionnellement par l’armée américaine qui l’envoya en Haïti, en Somalie et à Cuba. Une histoire qui dura jusqu’en 1996, date de son dernier voyage entre Brindisi et Padras, après quoi il fut mis en cale provisoirement, puis remorqué à l’automne 2002 jusqu’à son emplacement actuel, dans le Golfe d’Elefsina, à 20 km d'Athènes. Il aurait dû être démantelé mais chavira l’année suivante en se couchant sur le côté, son flanc tribord immergé dans 10 m d’eau. Conséquence malheureuse de la fragilité de sa coque et de l’instabilité de sa structure depuis les grands travaux de 1971.

20 ans après, il n’a pas bougé. Il gît toujours, immobile, dans les eaux bleutées de la mer Égée, insensible au va-et-vient permanent de paquebots qui regagnent Piraeus, le premier port du pays, à quelques encablures de là. C’est une vision irréelle quand on arrive sur la côte : sa carcasse menaçante apparaît soudain dans une petite crique, perturbant la beauté et la quiétude du paysage. Ses bateaux de sauvetage, encore solidement attachés, pendouillent dans le vide, sa cheminée sert de cachette aux poissons, et ce décor de cimetière de zone de baignade pour les touristes de passage. C’est certainement le spot de baignade et de bivouac le plus insolite où j’ai pu aller, mais aussi le plus perturbant quand, en pleine nuit, sa silhouette m’est apparue sous les lueurs de la Lune...

Photos from No Man's Land - Urbex's post 28/11/2023

https://nomansland-urbex.com/chateau-cadillac/

Des mariages fastueux, des banquets, des réceptions hors-normes. Qui pourrait vraiment imaginer ce qui se tramait autrefois entre ces murs ?

Ce château a dû en voir du monde, et du beau. Avant qu’une départementale ne vienne couper son parc en deux, juste sous ses fenêtres, il devait offrir un cadre idéal : celui d’une noble bâtisse noyée dans la verdure, bercée par le bruit des rivières qui l’entourent, dans un calme et une intimité dont la Normandie a le secret.

Seulement, d’aventures en aventures, de résidents en résidents, sa superbe en a pris un coup ces dernières années : laissé à l’état d’abandon, il s’est fait bouffer par la mérule, ses pierres effondrées sous le poids du temps.

Il faut une sacrée imagination pour deviner à quoi il ressemblait autrefois. Hier, un temple du luxe, le repère d’une bourgeoisie du XIXe séduite par sa belle façade et sa proximité avec Paris. Aujourd’hui, une coquille vide, éventrée et battue par les vents. Avec pour seuls témoins une Cadillac et une vieille Ford qui bouffent la terre au fond du parc, sous la bonne garde d’un pigeonnier.

Il fallait un miracle pour le remettre sur pied et lui éviter les pelleteuses ! Ou une sacrée motivation, des fonds, et surtout un vrai coup de cœur pour arriver à voir derrière ses plaies et réaliser ce qu’il avait encore à offrir. Comme « un invincible été au milieu de l’hiver », une famille passée par là est tombée sous son charme. Elle s’est depuis lancée dans l’aventure d’une vie : celle de retaper entièrement un édifice quasiment condamné, d’accepter ses défauts pour mieux faire ressortir ses trésors, bref lui redonner sa poésie d’autrefois. Il en faut, des visionnaires !

Photos from No Man's Land - Urbex's post 30/10/2023

https://nomansland-urbex.com/air-crash/

Où nous trouvons vous ? Dans un restaurant, un musée de l’Air, une discothèque ? Un peu des trois en fait !

Cet ancien restaurant, perdu dans les plateaux italiens, voulait faire vivre à l’époque l’expérience d’une vie : celle d’un séjour dans les nuages ! Le temps d’un repas, il offrait comme décor deux beaux avions de ligne, avec la promesse d’un moment en altitude, la tête en l’air et les pied décrochés de la terre ferme.

Pour que ça fonctionne, il fallait dénicher des zincs plus vrais que nature : un Douglas DC-6 et un Tupolev TU-134A, le premier aux couleurs de la LAI, une ancienne compagnie aérienne italienne, l’autre à celles de la TSA, une ex-compagnie tchécoslovaque et actuelle compagnie nationale tchèque. Et voilà, le projet sortait de terre en 2000 !

Une bonne manière de réconcilier le bloc de l’Ouest au bloc de l’Est, tout en créant un lieu décalé, propice à attirer une clientèle en quête d’insolite. Le concept parfait ? Ça aurait pu si on n’avait pas décidé de lui adosser un autre restaurant, un bar et une discothèque – à terre eux – sur le thème de Michel-Ange ! Avec les sculptures et décos kitsch qu’on imagine: statue de Moïse, buste de David, fresque de La Cène et de La création d’Adam, et même des répliques de confessionnal et d’orgue dans la partie boîte de nuit ! Plein de fioritures qui en ont fait au bout du compte un endroit fourre-tout, temple du bon goût…

Ce mélange des genres, qui s’ajoute à sa localisation totalement paumée, entre quatre champs longeant une départementale, a précipité sa chute. Fermé en 2014 et abandonné depuis, il gardé un certain intérêt quand on s’y balade aujourd’hui, plusieurs années après: on a presque la sensation de se balader dans un parc à thème désaffecté ! Un exemple d’échec commercial quasi mort-né, qui aura eu au moins le mérite de se bouger les miches pour proposer un endroit intéressant à découvrir, quoiqu’un peu grotesque, en fin de compte.

Photos from No Man's Land - Urbex's post 25/09/2023

https://nomansland-urbex.com/the-final-cut/

Imaginez. Vous êtes en Belgique, vous partez pour une petite balade dans les bois. Le temps est bon, le ciel est clair, vous vous enfoncez dans la broussaille. Un vent frais vous fouette le visage, l’odeur du bois vous caresse le nez, les branches mortes craquent sous vos pieds.

Vous marchez, comme ça, dix ou quinze minutes, sans vous retourner. Le terrain évolue, les déclivités se font plus nettes, vous vous échappez des sentiers entretenus. Quelques minutes plus t**d, une couleur, peu commune dans un tel environnement, attire votre regard. Un bleu pastel se détache du vert de la végétation, de l’harmonie naturelle qui se détache des lieux. Vous vous approchez, un pas après l’autre. Une cabane de tôle ? Une épave de voiture ?

La forme est encore dure à discerner. Vous poursuivez votre route, happé par cette silhouette irréelle dans pareil endroit, isolé, silencieux, cerné par les hautes herbes. Elle est de plus en plus proche désormais, plus que quelques pas encore pour parvenir à l’identifier. Alors, verdict ? C’est un foutu avion !

Pas un gros hein, un petit zinc de tourisme, le genre que vous louez pour un baptême de l’air le temps d’un week-end, ou pour enfin vous débarrasser de la Smartbox qui traîne sur votre commode depuis des mois. Un Ryan Navion plus exactement, un petit mono moteur construit après la guerre par un constructeur américain confidentiel. Il est là, échoué au sol, dans une fosse presque cachée, invisible des rares chemins de randonnée qui sillonnent le bois. Il bouffe la terre, les vitres explosées, la peinture effritée.

Ses ailes trainent de part et d’autre de la carlingue, et privées à jamais d’altitude. Le choc a dû être violent, le vacarme de l’impact insoutenable. La tôle s’est pliée sous la coque, les trains ont disparu dans la terre. À bord, plus de sièges ni de plancher, seulement les restes d’un cockpit aux commandes à peine visible. C’est un spectacle désolant, inquiétant ? Et le pilote ? Et les passagers ?

Après quelques instants à vous improviser commentateur de fait divers, vous respirez un grand coup, la raison revient à vous. Cet avion, vous saviez qu’il était là, c’est même pour ça que vous êtes venu dans cette forêt. Vous saviez ce que vous cherchiez, certes, mais la rencontre fait quand même plaisir : trouvé ! Quant à la raison pour laquelle il s’est retrouvé ici, vous la connaissiez déjà bien avant de mettre les pieds ici : il a été amené là volontairement, en 2017, pour les besoins d’un court-métrage flamand. Pas une scène capitale, 30 secondes à peine d’un faux crash, en pleine nuit, pour un film de 20 minutes. Tout est faux, ou presque.

Il est bien abandonné lui, délaissé et abandonné là depuis la seconde où le réalisateur a prononcé le « Cut » marquant la fin de la scène. Quand on vous dit qu’il ne faut pas croire tout ce que vous lisez sur Internet…

Photos from No Man's Land - Urbex's post 31/05/2023

https://nomansland-urbex.com/ferme-du-minotaure/

Cette petite ferme abandonnée est sans doute l’une des plus représentatives de la campagne française telle que connue par nos grands-parents.

Elle est certes plus huppée que la plupart de celles que l’on peut trouver sur le bord de nos routes. Son élégante façade en brique et ses deux niveaux lui donnent des allures de petit manoir, plus cossue que la moyenne.

Pour le reste, elle est fidèle au mode de vie rural normand du XXe siècle. Une pièce chauffée au rez-de-chaussée, quelques chambres dans les étages, et surtout plusieurs bâtiments à vocation technique. Une grange, une étable, un atelier. Mais aussi un cellier pour stocker le vin et les eaux de vie, à l’époque faites maison (les premières “clauses du grand-père” qui encadrent la possession d’un alambic et la production d’alcool chez soi datent de 1960).

Même la voiture familiale, toujours sagement rangée dans le garage, témoigne de cette vie plutôt modeste. Il s’agit d’une Simca Ariane (1957-1963), un modèle sorti après la crise du Canal de Suez pour lutter contre l’explosion des prix du carburant. La marque française déclinait alors sa Vedette et son gourmand moteur V8 en une moins énergivore Ariane, une Vedette à laquelle on avait greffé l’anémique moteur quatre cylindres de l’Aronde.

Elle est restée bien meublée, malgré son abandon qui semble remonter à plusieurs décennies maintenant. Comme Ariane qui dans la mythologie grecque aida le Minotaure à sortir du labyrinthe, à vous de vous perdre, en photos, dans ses dédales de pièces qui respirent encore la vie et la quiétude.

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