29/09/2026
Lors du Conseil Municipal du 23 septembre dernier, la majorité RN a fait voter l’annulation d’environ 9000 euros correspondant à des impayés s’étalant sur la période 2017-2025 (dont une partie relève de non recouvrements de frais de cantine et de périscolaire).
Pas de quoi déstabiliser le budget communal puisqu’un rapide calcul suffit à comprendre que nous ne parlons là que de moins de 3 euros par jour.
Peu importe, le premier édile s’est empressé de déclarer que désormais les enfants dont les parents seront en « défaut de paiement » ne pourraient plus accéder à la cantine et au périscolaire.
Comme toujours avec l’extrême droite : les solutions proposées pour lutter contre la pauvreté sont l’exclusion et la stigmatisation. Après un bref échange avec l’opposition informant la majorité RN que certaines familles avaient des difficultés financières, le 1er adjoint a évoqué l’idée de mettre à contribution le Rotary ou le Lions Club.
Toute louable que soit cette proposition, ce n’est pas de la charité dont ces familles ont besoin mais d’une véritable politique sociale et redistributive, menée par la puissance publique.
Rappelons que Salernes a un taux de pauvreté de 20% (a minima 1 enfant sur 5 vit une situation de pauvreté), ce qui nous classe au 9ème rang départemental des communes les plus pauvres.
De nombreuses villes (Saint Denis, Drancy, Le Bourget…) parviennent à fournir une restauration scolaire totalement gratuite. Pourquoi pas nous ?
Sans y parvenir d’un seul coup, nous pourrions travailler à rendre libre l’accès à la restauration scolaire et aux activités périscolaires pour les deux premiers déciles du quotient familial (donc les 20% de familles les plus modestes), et réfléchir à des taux sociaux pour les déciles légèrement supérieurs voire des taux majorés pour les déciles les plus élevés si la situation financière le nécessite.
Ainsi, tous les enfants de Salernes pourraient avoir accès à la cantine et au périscolaire, il n’y aurait plus de stigmatisation de la pauvreté dans notre village et plus d’exclusion comme le prévoit la majorité RN.
De plus, les familles les plus précaires n’ont pas les moyens financiers de fournir des repas équilibrés à leurs enfants le soir quand certaines s’en privent totalement (les chiffres nationaux sont éloquents) : les priver des 4 repas hebdomadaires de la cantine scolaire est doublement injuste et immoral.
Sur un autre registre lié à l’enfance, comment justifier l’intérêt de demander tous les 3 mois les justificatifs de la CAF autrement que par un climat de suspicion qui n’est plus acceptable ? En cas de non-présentation, le taux maximal devient applicable ce qui aboutit à une double peine.
Une mairie devrait aider et faciliter la vie des familles : une seule présentation CAF en début d’année doit suffire.
De la même façon, exiger les carnets de vaccination tous les ans est un non-sens (et obliger les parents à se rendre physiquement sur place à des horaires limités l’est encore plus) : il n’y aucun vaccin obligatoire après 18 mois à part celui des 6 ans.
Ainsi, un enfant à jour de ses vaccinations à l’entrée en petite section le sera pour toute sa scolarité de maternelle et un enfant à jour à l’entrée de CP le sera jusqu’à la fin de sa scolarité élémentaire.
Un seul certificat en Petite Section et au CP suffit donc : des contraintes en moins pour les parents et pour l’équipe Enfance et Jeunesse qui a bien mieux à faire.
Continuons.
Autoriser les absences à la restauration scolaire et au périscolaire pour les enfants malades, sans retenue financière, doit devenir la norme : il n’est pas raisonnable d’exiger un certificat médical pour justifier d’une absence à la cantine. Les parents, qui perdent une journée de travail pour garder leur enfant malade, ont autre chose à faire que de trouver un rdv en urgence chez un médecin.
Il est temps de faciliter la vie des familles, de soutenir activement et politiquement les plus précaires et les plus vulnérables, d’instaurer un climat de confiance et d’entraide entre la municipalité et les parents et de mener enfin une politique ambitieuse et émancipatrice pour les enfants de Salernes.