22/10/2026
Thélysson Orélien est enfin sorti de son silence. L’auteur de C’était ça ou mourir dit commencer à écrire ce roman depuis 2017.
« Un roman écrit avec mes tripes », écrit-il.
Voici la lettre au complet de Thélyson Orélien :
Ce roman que j’ai écrit
Depuis le 21 septembre, beaucoup de choses se disent à mon sujet. Des « experts » s’en prennent à mon roman en l’attribuant à une intelligence non-humaine et d’autres, sous ce prétexte ou en revenant sur d’anciens textes, s’en prennent tout simplement à moi.
Un écrivain parle par ses écrits et ses écrits parlent pour lui. Mais le silence a son prix : à force de me taire, je laissais les autres raconter mon histoire à ma place.
J’ai commencé à écrire C’était ça ou mourir à l’automne 2017, sur un coin de table à Laval. J’ai terminé un premier jet de ce texte en 2019, plus de 300 pages, au moment où j’apprenais la mort de ma mère, un mercredi de Pâques.
Puis j’ai supprimé des scènes, retravaillé des passages, déplacé des éléments, changé des personnages. Jonas Dorléon existait dans ma tête bien avant que des lecteurs ne connaissent son nom. Haïti, la mère biologique, habite ce roman depuis le premier jour, tout comme le Québec adoptif, la migration, l’exil : des histoires que j’ai moi-même vécues et d’autres que j’ai entendues au fil des années. Et puis la fiction s’est déployée, un univers que j’ai inventé pour qu’un homme, Jonas Dorléon, existe sur la page avec ses mots à lui – quand il pense, quand il parle.
On dit que C’était ça ou mourir a été rédigé par une intelligence artificielle. C’est une calomnie et une hérésie. J’ai eu recours çà et là à des outils pour des recherches, s’agissant notamment des idiomes étrangers. Mais aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine, pas plus que le sens ou l’ordonnance d’un récit qui vient de mes tripes.
L’expérience que je vis est cruelle. En attribuant à une machine un texte qui est mien, qui est celui de tous les miens, on n’est pas seulement venu contester