Les amis de l'Exploité

Itinéraire

Les amis de l'Exploité Association culturelle, politique et d'éducation populaire.

Kurt Peiser et les marolles. L'exposition ne paie pas de mines (pourtant beaucoup en ont été usées) au dernier étage du ...
25/10/2026

Kurt Peiser et les marolles. L'exposition ne paie pas de mines (pourtant beaucoup en ont été usées) au dernier étage du Musée de la ville de Bruxelles sur la Grand'place : au fond de la salle une série de portraits des gens du peuple, celui du vieux Bruxelles, très peu d'explications mais en faut-il, tellement ils parlent, ils sont expressifs. Ces portraits ont été réalisés dans les années 20 et une série a été acquise par la ville de Bruxelles.

L'artiste, Kurt Peiser, a précisément vécu au milieu de ce petit peuple à cette époque, dans un univers qui n'est pas sans rappeler celui de Neel Doff qui raconte la vie dure au début du siècle, les estaminets, la prostitution pour quelques pièces.
Cet univers est aussi marqué par une langue populaire, le marollien, le brusseleer et nous avons essayé d'associer sous plusieurs portraits des types décrits, avec un ton humoristique, par l'écrivain Georges Garnir sous le pseudo de Curtio dans "Zievereer, Krott & Cie, Architek!

Kurt Peiser est né en 1887 à Anvers, il y a peint la marine mais aussi cette même vie portuaire. Ses thèmes ne changent pas comme le rappelait un petit encart à l'exposition "Regards pluriels" autour des artistes communistes car il était engagé. D'abord pour la république espagnole et après la guerre il rejoint même le PCB pour lequel il réalise "montée vers le socialisme" à l'occasion du 30e anniversaire du parti en 1951 (2e photo).

Si l'exposition reste modeste (comprise dans le prix d'une entrée pour le musée), la visite en vaut la peine. Et si vous n'avez pas l'occasion, nous avons le catalogue qui est très riche en illustrations et iconographies. Tous les ouvrages mentionnés sont disponibles dans notre bibliothèque.

21/10/2026

Ce samedi 24 octobre à 14h, Jules Pirlot, historien et président du CArCoB, tiendra une conférence au Cercle Julien Lahaut pour rendre hommage à Joseph Jacquemotte, mort il y a 90 ans.

Joseph Jacquemotte est issu d’une famille modeste d’origine liégeoise dont le père militaire de carrière s’était établi à Bruxelles pour devenir policier. C’est à Bruxelles où il voit le jour en 1883, que Jacquemotte entame sa vie de militant en tant que membre du Parti Ouvrier Belge POB. Syndicaliste de combat dans le secteur de la grande distribution, sa participation aux grandes grèves pour le suffrage universel lui vaut trois mois de prison. Devenu permanent syndical, en 1914, il mène la première grève des employés au Grand Bazar de Bruxelles. Durant la première guerre mondiale Jacquemotte s'écarte du réformisme et adhère au courant « socialiste-révolu-tionnaire » qui s’exprimait au sein du Parti Ouvrier Belge dans le journal L’Exploité. En 1918, il décide de structurer ce courant dans le groupe « les amis de l'exploité » qui est exclu du POB. Cette exclusion convaincra Jacquemotte de fonder un "Parti Communiste de Belgique" à côté de celui qui lui préexiste et dont la figure principale est War Van Overstraeten. Sous la pression de la IIIe Internationale, les deux groupes fusionnent en septembre 1921 dans un "Parti communiste unifié" dont l'organe de presse s'intitule « Le Drapeau Rouge » .

Élu député de Bruxelles en 1925, son importante implication dans les luttes sociales de l'époque et son attachement à l’unité et au rejet du sectarisme assure une percée électorale du PCB aux élections de 1932, où Julien Lahaut et Henri Glineur le rejoignent à la Chambre.

Il y a 90 ans, le 11 octobre 1936, épuisé par le travail militant, Joseph Jacquemotte s’est éteint au champ d’honneur de la lutte des classes dans le train qui le ramenait à Bruxelles en provenance de Seraing où était imprimé « La Voix du Peuple », le nouveau quotidien qu'il venait de lancer.

Date et heure : Samedi 24 octobre à 14h00
Lieu : Cercle Julien Lahaut (Rue Saint-Léonard, 312 — 4000 Liège)

17/10/2026
Le 11 octobre 1936, décédait Joseph Jacquemotte, fondateur du Parti Communiste de Belgique.Militant syndical de classe, ...
11/10/2026

Le 11 octobre 1936, décédait Joseph Jacquemotte, fondateur du Parti Communiste de Belgique.

Militant syndical de classe, organisateur de nombreuses grèves, Joseph Jacquemotte dirigeait l'opposition de gauche au sein du POB mais il comprit qu'on ne pouvait pas transformer un parti social-démocrate en un parti révolutionnaire. Lui et son groupe des "Amis de l'exploité" furent poussés par l'Internationale Communiste à fusionner avec le Parti Communiste de War van Overstraeten. Le 4 septembre 1921 fut ainsi fondé le Parti Communiste de Belgique. Jacquemotte fonda aussi l'organe du PCB, le Drapeau Rouge.

C'est en hommage à Joseph Jacquemotte que notre association s'appelle "Les amis de l'exploité"

Plus d'infos sur sa vie sur le site du Carcob : http://www.carcob.eu/JACQUEMOTTE-Joseph

Les deux ouvrages en illustration sont également disponibles dans notre bibliothèque.

Consigner et dénoncer les violences policières, apprendre des luttes du passé, s'organiser, documenter les mobilisations...
07/10/2026

Consigner et dénoncer les violences policières, apprendre des luttes du passé, s'organiser, documenter les mobilisations, converger avec les organisations syndicales qui doivent aussi appeler à rejoindre le mouvement, définir les revendications, définir son camp social, ce sont les enjeux des mobilisations actuelles des élèves et lycéens en France et en Belgique.

Dans ce cadre, cette petite brochure sortie en décembre 1995 peut se révéler utile, être l'objet d'une actualisation. Elle est disponible dans notre bibliothèque.

Nous vous invitons par ailleurs à revoir le reportage de cette journée de lutte estudiantine du 28 novembre 1995 à Liège et la fameuse trémie sur la page de la sonuma

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Pièce des plus intéressantes que ce vase aux basketteurs, montrant l'intérêt pour un sport très populaire, exposé dans l...
29/09/2026

Pièce des plus intéressantes que ce vase aux basketteurs, montrant l'intérêt pour un sport très populaire, exposé dans le cadre de "Modernisme et art déco" pour le bicentenaire des Cristalleries du Val Saint Lambert.

Le livret du musée de beaux-arts de Charleroi consacré au sport dans la région de Charleroi nous apprend par exemple que le basket était perçu comme un complément à l'athlétisme et s'est beaucoup développé dans les associations ouvrières, notamment avec le soutien de maisons du peuple. Pas étonnant dès lors de retrouver la figure du basketteur sur ces collections de cristaux fantaisie Luxval du Val saint-lambert à une époque où l'entreprise cherche à élargir son public après la crise de 29.

Bicentenaire des cristalleries du Val-Saint-Lambert : et si on parlait des ouvriers qui en ont fait la renommée ?À côté ...
24/09/2026

Bicentenaire des cristalleries du Val-Saint-Lambert : et si on parlait des ouvriers qui en ont fait la renommée ?

À côté des magnifiques pièces et oeuvres d'art issues de la production exposées, c'est ce que l'on peut entrevoir, si on prête bien attention, à l'exposition « Japonisme et Art nouveau », à découvrir au Musée Curtius jusqu'au dimanche 27 septembre à travers les peintures d'Édouard Masson. Né dans une famille liée au Val-Saint-Lambert — son père Dieudonné Masson était maître-verrier — le peintre s'intéresse directement au monde industriel et à ceux qui y travaillent. Son "Atelier des souffleurs de verre aux cristalleries du Val-Saint-Lambert", réalisé en 1905, montre les verriers au travail. D'autres œuvres représentent les sections des fours. On y voit la pénibilité du travail et surtout cette fournaise rougeoyante sortie de ces fours coniques caractéristiques qu'on peut également observer au Creusot. Au-delà de divers outils exposés, les objets les plus insolites restent cette série de vases représentant les activités des usines sur le cristal lui-même dans une mise en abyme, méta artistique. Les commandes particulières peuvent être également des témoins des plus intéressants comme celui portant la mention « À bas la calotte ».

Le livre d'honneur consacré au centenaire du Val-Saint-Lambert, que l'on peut découvrir à travers le dispositif vidéo de l'exposition, permet de mieux comprendre les relations sociales et la situation ouvrière ; plusieurs milliers d'ouvriers y travaillent depuis sa création dans le deuxième quart du XIXe siècle et puis son agrandissement à Jambes et Herbatte après 1850 . Les cristalleries forment une véritable « ville dans la ville » avec des logements ouvriers dont on peut observer l'évolution architecturale mais aussi toute une série d'institutions et infrastructures relevant d'une conception paternaliste : école pour les enfants d'ouvriers, écoles ménagères pour les femmes, un hôpital, une cantine collective, les caisses de secours ou encore les magasins alimentaires. infrastructures médicales, équipements collectifs et différentes institutions destinées aux travailleurs et à leurs familles. Les photographies de visites royales dans les cités ouvrières illustrent parfaitement cette mise en scène d'une entreprise se présentant comme une communauté où le patronat, les ouvriers et leurs familles occuperaient chacun une place définie.

Par ailleurs, les différents feuillets qui défilent présentent aussi les cristalleries comme une véritable vitrine industrielle et artistique pour le patronat, la Société Générale de Belgique et par conséquent l'impérialisme belge avec les nombreuses réceptions de souverains du Maroc au Japon en passant par l'Egypte. Cette dimension contraste évidemment avec la réalité quotidienne des ateliers : d'un côté, les souverains, les expositions universelles et les objets de luxe ; de l'autre, les ouvriers devant les fours, la chaleur, les cadences et les luttes pour les salaires et les conditions de travail.

Il est évident que l'exposition qui s'intitule Japonisme et Art Nouveau n'est pas consacrée aux luttes ouvrières. Pour cela, il nous paraît intéressant d'ajouter qu'avant de devenir l'une des grandes figures du mouvement communiste belge, Julien Lahaut travaille au Val-Saint-Lambert, précisément dans cette période de production Art Nouveau Modern Style. En 1905, il contribue avec Joseph Bondas à la fondation du syndicat de métallurgistes « Relève-toi ». Son activité syndicale lui vaut d'être licencié en 1908 après une grève particulièrement dure au Val-Saint-Lambert, notamment pour le suffrage universel C'est au Val-Saint-Lambert qu'il rencontre Gérardine Noël, elle-même ouvrière, sa future épouse.

Enfin, il est intéressant qu'une des plus dures grèves aux cristalleries eut lieu au début 1921, dans cette période encore marquée par l'effervescence révolutionnaire d’après-guerre, quelques mois avant la grande grève d'Ougrée-Marihaye et ls fondation du Parti Communiste de Belgique.

Ni oubli ni pardonLe 22 septembre 1998, il y a 28 ans, Sémira Adamu, âgée de 20 ans, était tuée par étouffement par des ...
24/09/2026

Ni oubli ni pardon

Le 22 septembre 1998, il y a 28 ans, Sémira Adamu, âgée de 20 ans, était tuée par étouffement par des gendarmes belges alors qu'elle résistait à une 6e tentative d'expulsion vers le Togo. Elle avait fui son pays à cause d'un mariage forcé avec un homme de 40 ans son aîné, mariage dont elle ne voulait pas.

[«SIGAN USTEDES SABIENDO QUE, MUCHO MÁS TEMPRANO QUE TARDE, SE ABRIRÁN LAS GRANDES ALAMEDAS POR DONDE PASE EL HOMBRE LIB...
15/09/2026

[«SIGAN USTEDES SABIENDO QUE, MUCHO MÁS TEMPRANO QUE TARDE, SE ABRIRÁN LAS GRANDES ALAMEDAS POR DONDE PASE EL HOMBRE LIBRE PARA CONSTRUIR UNA SOCIEDAD MEJOR ». 53 ans après le coup d'État au Chili, une commémoration tournée vers l'avenir]

Le 11 septembre reste une date particulière pour tous les Chiliens exilés en Belgique. Il y a 53 ans, Pinochet, avec l'aide des États-Unis, renversait le gouvernement d'unité populaire mené par Salvador Allende. La dictature militaire installée pendant près de 17 ans allait servir à réprimer, assassiner, faire disparaître les opposants politiques et à développer une nouvelle politique économique ; le Chili allait servir de laboratoire au néolibéralisme et aux idées des Chicago Boys. Si le pouvoir fut rendu aux civils en 1990, la structure mise en place allait subsister. Le retour à la démocratie parlementaire bourgeoise allait se faire dans le cadre de la Constitution de Pinochet. De nombreuses luttes ont émaillé le dernier quart de siècle et l'espoir d'une nouvelle constitution après des mois de manifestations presque insurrectionnelles a été battu en brèche lors du référendum de septembre 2022 ouvrant la voie à une désillusion et au retour des nostalgiques du régime de Pinochet. La parenthèse social-démocrate de Gabriel Boric n'y a rien changé. En mars dernier, José Antonio Kast, fils d'un ancien de la Wehrmacht et dont le frère a été dans le gouvernement de Pinochet était élu Président de la République.

Les mesures sont rapides, brutales, sans aucun complexe : il s'agit d'accélérer et d'intensifier l'exploitation des terres et du peuple dans un projet cohérent au profit du capital. Le 1er juin 2026, Kast annonce réformer la loi sur les peuples autochtones supprimant les restrictions relatives à l'utilisation du territoire Mapuche. Les Mapuches ont perdu 95% de leurs terres ancestrales. Sur ces terres volées et de manière générale au Chili se développent des monocultures servant les intérêts des complexes agro-alimentaires. Ces terres deviennent ainsi plus sensibles au risque de feux. Parallèlement le gouvernement a supprimé toute une série de mesures environnementales adoptées sous le gouvernement Boric. Il a également déposé en juillet une résolution pour limiter l'échange de semences traditionnelles et indigènes. C'est un patrimoine génétique mis en danger par un contrôle étatique qui cache une privatisation et l'ouverture aux semences uniques des monopoles de l'agro.

L'enjeu des terres ne s'arrête pas à l'agriculture puisque l'extraction minière se développe, en particulier des terres rares, au profit des monopoles des États-Unis. 36 ans après la fin de la dictature militaire, nous assistons à une nouvelle mise sous tutelle du Chili par une puissance étrangère avec la complicité de la grande bourgeoisie locale. Pour assurer ses desseins, le gouvernement s'appuie sur les outils répressifs mis en place sous Pinochet mais aussi sur l'état d'urgence décrété en 2021 par Sebastián Piñera (et jamais remis en cause par Gabriel Boric) pour museler et réprimer les Mapuches. Comme si c'était insuffisant, Kast veut renforcer cet État policier : il a entre autres la volonté d'instaurer un état d'exception quasi permanent en prétextant une soi-disant menace terroriste. Pour cela, il peut compter sur l'appui des différents gouvernements réactionnaires d'Amérique latine qu'il a accueilli au Chili pour le Forum de Madrid, véritable internationale d'extrême-droite. Avançant avec une infamante impunité dans ses projets, Kast libère des anciens tortionnaires pinochettistes condamnés pour crimes contre l'humanité.

De nombreuses manifestations populaires s'organisent à nouveau au Chili pour s'opposer à la politique antisociale et antipopulaire et au régime autoritaire de Kast.

C'est dans ce contexte que s'est tenue la commémoration annuelle des Chiliens de la région liégeoise qui a pris un nouvel accent cette année. Le temps passe, il y a de nouvelles générations depuis 1973. La mémoire, notamment des camarades disparus de force, des camarades torturés, de l'exil, si elle ne reste que mémoire, risque de s'estomper. C'était l'enjeu de la commémoration de cette année et de toutes les prises de parole : que la mémoire soit tournée vers l'avenir, que la mémoire serve les luttes actuelles. Ainsi depuis quelques années, la cause palestinienne est mise en avant parce que des liens forts unissent les deux peuples : le Chili a connu à la fin du XIXe siècle une des plus grandes immigrations palestiniennes en dehors des pays arabes, mais ils partagent aussi cette souffrance, cette répression, cette négation de leurs droits fondamentaux voire de leur existence.

« Sachez que, bien plus tôt que t**d, s'ouvriront les grandes avenues par lesquelles passera l'homme libre pour bâtir une société meilleure. »

Ces derniers mots d'Allende porteurs d'espoir ont ponctué tout le rassemblement ce 11 septembre 2026 à Romsée. Après le récit des dernières années et les illusions social-démocrates désormais perdues de l'aménagement du système, c'est peut-être là la leçon de cette commémoration : redonner espoir qu'un monde nouveau débarrassé de l'exploitation est non seulement nécessaire mais aussi possible. Et face à l'internationale d'extrême-droite, au révisionnisme, cela passe par l'unité des travailleurs et travailleuses qui doivent s'organiser internationalement.

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