Clap j'arrête pour Rooney. Merci pour votre fidélité ! Je prends un court instant pour préparer une autre et je reviens vers vous avec une nouvelle pépite littéraire
L'imagination mon monde
Lire c'est s'évader, lire c'est boire, celui qui n'aime pas lire est comme une plante sans eau, venez vivre des moments palpitantes avec mes écrits.....
21/04/2026
Chapitre 18 : Les conséquences
Scène 1 : Le silence après la tempête
Le bâtiment était redevenu presque silencieux.
Seulement troublé par :
des corps immobiles au sol
l’odeur de poudre
et le bruit lointain d’une sirène qui approchait
Rooney était adossé contre une colonne.
Essoufflé.
Le bras ensanglanté.
Mais toujours debout.
Victor rechargeait calmement.
Jacky surveillait les alentours, le regard tendu.
Malik, lui…
n’avait pas bougé depuis l’entrée.
Ses yeux fixaient le corps d’un homme étendu au sol.
Puis un autre.
Puis un autre.
Ses mains tremblaient.
— C’est… ça… murmura-t-il.
Personne ne répondit.
Parce qu’il n’y avait rien à dire.
C’était ça, oui.
La rue.
La guerre.
La réalité qu’il avait flirtée sans jamais vraiment la voir.
Jusqu’à maintenant.
Rooney se redressa lentement.
Il regarda autour de lui.
Puis demanda :
— Rico ?
Victor secoua la tête.
— Parti.
Rooney serra la mâchoire.
— Évidemment.
Jacky ajouta :
— Il n’était pas là pour mourir.
Elle marqua une pause.
— Il était là pour t’attirer.
Rooney ne répondit pas.
Parce qu’il le savait déjà.
Et cette vérité lui brûlait l’intérieur.
Scène 2 : Le regard de Malik
Malik finit par avancer.
Un pas.
Puis un autre.
Il passa devant Rooney sans le regarder.
Comme s’il n’osait plus.
Puis il murmura :
— J’aurais dû te le dire.
Rooney tourna lentement la tête vers lui.
— Quoi ?
Malik sortit la clé USB de sa poche.
Ses doigts tremblaient.
— Ça…
Victor soupira doucement.
Jacky ferma brièvement les yeux.
Rooney fixa la clé.
Puis releva les yeux vers Malik.
Le silence devint lourd.
Très lourd.
— Depuis quand ? demanda Rooney.
Malik avala difficilement.
— Hier…
Rooney resta immobile.
— Et t’as rien dit ?
Malik baissa les yeux.
— J’avais peur.
Cette réponse…
c’était la pire.
Parce qu’elle était vraie.
Et qu’elle ne changeait rien au résultat.
Rooney fit un pas vers lui.
— Tu savais que c’était un piège.
— Pas exactement—
— MAIS TU SAVAIS !
Sa voix claqua dans tout le bâtiment.
Malik recula légèrement.
— Rooney…
Mais Rooney s’arrêta.
Juste avant de perdre complètement le contrôle.
Ses poings étaient serrés.
Ses yeux pleins de feu.
Mais il ne le frappa pas.
Pas cette fois.
Pas encore.
Il détourna brusquement le regard.
— On rentre.
Son ton était froid.
Glacial.
Et pour Malik…
c’était pire qu’un coup.
Parce qu’il venait de comprendre une chose :
il venait de briser quelque chose entre eux.
Scène 3 : Le retour
Dans la voiture, personne ne parlait.
Le silence était lourd.
Oppressant.
Malik regardait par la fenêtre.
Jacky observait Rooney discrètement.
Victor conduisait sans dire un mot.
Et Rooney…
Rooney regardait droit devant lui.
Mais dans sa tête, tout bouillonnait.
La photo.
Le message.
Le piège.
La fusillade.
La trahison.
Tout se mélangeait.
Tout se transformait.
En une seule chose.
Une décision.
Scène 4 : Don Alvarez explose
À leur arrivée à la villa, Don Alvarez les attendait déjà.
Debout.
Immobile.
Mais son regard…
n’était plus aussi calme qu’avant.
— Vous êtes vivants, dit-il simplement.
Personne ne répondit.
Rooney s’avança.
— C’était un piège.
Don Alvarez hocha lentement la tête.
— Je sais.
Il marqua une pause.
Puis demanda :
— Et tu y es allé quand même ?
Rooney ne répondit pas.
Mais son silence suffisait.
Don Alvarez s’approcha.
— Tu crois que je t’ai interdit d’y aller pour rien ?
Rooney releva les yeux.
— Ils ont menacé ma famille.
— Et maintenant ?
Le ton m***a légèrement.
— Maintenant ils savent que tu es prévisible.
Le silence tomba.
Victor détourna légèrement le regard.
Jacky resta figée.
Parce que Don Alvarez venait de dire une vérité dure.
Mais réelle.
Rooney serra la mâchoire.
— Je ne pouvais pas rester sans rien faire.
Don Alvarez s’arrêta à quelques centimètres de lui.
— Si.
Le mot était simple.
Mais lourd.
— Tu pouvais réfléchir.
Il pointa légèrement le sol du doigt.
— Tu pouvais écouter.
Il le fixa.
— Tu pouvais devenir dangereux intelligemment.
Puis il baissa légèrement la voix :
— Mais aujourd’hui…
il marqua une pause,
— tu as juste été dangereux… bêtement.
Cette phrase fit l’effet d’un coup sec.
Rooney ne répondit pas.
Parce qu’au fond…
il savait.
Mais savoir ne suffisait plus.
Le mal était déjà fait.
Scène 5 : Jacky et Rooney
Plus t**d, Jacky retrouva Rooney seul dans une pièce.
Assis.
Silencieux.
Elle s’approcha.
— Tu saignes encore.
Rooney regarda son bras.
— C’est rien.
Elle prit une trousse et s’assit en face de lui.
— Donne.
Il ne protesta pas.
Elle commença à nettoyer la blessure.
Doucement.
En silence.
Puis elle murmura :
— T’as failli mourir.
Rooney répondit calmement :
— Pas aujourd’hui.
Jacky leva les yeux vers lui.
— Tu crois vraiment que ça va continuer comme ça ?
Rooney ne répondit pas.
Alors elle continua :
— Tu vas gagner tous les combats ?
Silence.
— Tu vas protéger tout le monde à chaque fois ?
Toujours silence.
Elle s’arrêta.
Le regarda droit dans les yeux.
— Ou tu vas juste ret**der le moment où tout va s’effondrer ?
Cette fois, Rooney la regarda.
Longtemps.
Puis il murmura :
— Je préfère ret**der… que regarder.
Jacky sentit son cœur se serrer.
Parce que cette phrase…
c’était exactement ce qui le condamnait.
À suivre......
Coucou tout le monde ! Je voulais m'excuser pour mon silence ces derniers temps... Je suis vraiment très occupée en ce moment, mais je ne vous oublie pas. Merci de votre patience et de votre soutien ! ❤️"
16/04/2026
Scène 5 : Le repaire de Rico
Rooney avançait seul dans une zone abandonnée de la ville.
Un ancien bâtiment industriel.
Délabré.
Silencieux.
Mais pas vide.
Il le sentait.
Chaque pas résonnait légèrement sur le béton.
L’air était lourd.
Presque étouffant.
Mais Rooney ne ralentissait pas.
Son regard était froid.
Son esprit focalisé sur une seule chose :
Rico.
Il entra.
Lentement.
L’arme déjà en main.
Le bâtiment était immense.
Des colonnes.
Des ombres.
Des coins où quelqu’un pouvait apparaître à tout moment.
Puis une voix s’éleva dans le silence.
— Tu es venu.
Rooney s’arrêta.
Son regard se posa devant lui.
Rico sortit lentement de l’ombre.
Calme.
Impeccable.
Comme toujours.
— Je savais que tu viendrais, dit-il tranquillement.
Rooney ne répondit pas.
Il leva simplement son arme.
— Tu aurais dû rester loin de ma famille.
Rico sourit légèrement.
— Et toi, tu aurais dû écouter.
Un bruit derrière.
Puis un autre.
Rooney ne se retourna pas.
Mais il comprit immédiatement.
Ils étaient plusieurs.
Rico s’approcha légèrement.
— Tu vois… tout ce que j’ai fait, c’était pour t’amener ici.
Rooney serra son arme.
— Alors je suis là.
Rico hocha la tête.
— Oui.
Il marqua une pause.
Puis son regard changea légèrement.
— Et maintenant… tu es seul.
Scène 6 : L’encerclement
Des silhouettes sortirent de l’ombre.
Une.
Deux.
Trois.
Quatre.
Armées.
Positionnées.
Prêtes.
Rooney resta immobile.
Son regard passait de l’un à l’autre.
Il analysait.
Cherchait une ouverture.
Un angle.
Une erreur.
Mais au fond de lui…
il savait déjà.
C’était trop propre.
Trop organisé.
Trop calculé.
Rico s’arrêta à quelques mètres de lui.
— Tu sais ce que j’aime chez toi, Rooney ?
Silence.
— Tu es courageux.
Il inclina légèrement la tête.
— Mais tu es encore jeune.
Il sourit.
— Et les jeunes confondent souvent courage… et précipitation.
Rooney répondit froidement :
— Et les vieux parlent trop.
Et sans prévenir—
PAN !
Le coup partit.
Un des hommes de Rico s’effondra.
Le chaos explosa immédiatement.
Scène 7 : Le piège se referme
Les tirs éclatèrent dans tous les sens.
Rooney plongea derrière une colonne.
Les b***es frappaient le béton.
Des éclats volaient.
Le bruit résonnait violemment dans tout le bâtiment.
Rooney tira à nouveau.
Toucha un autre homme.
Mais ils étaient trop nombreux.
Et eux…
ils connaissaient le terrain.
— Tu vois ? cria Rico à distance.
C’est pour ça que je t’ai laissé venir !
Rooney se déplaça rapidement.
Respiration rapide.
Cœur en feu.
Il tira encore.
Mais les angles se refermaient.
Petit à petit.
Comme une cage.
Une b***e frôla son épaule.
Il grimaça.
Mais continua.
Il n’avait pas le choix.
Pas maintenant.
Pas ici.
Scène 8 : L’arrivée
À l’extérieur, une voiture freina brutalement.
Victor, Jacky et Malik en sortirent en courant.
— Il est dedans ! cria Malik.
Jacky arma son arme.
— On entre.
Victor hocha la tête.
— Reste derrière nous, dit-il à Malik.
Mais Malik ne répondit pas.
Parce qu’au fond…
il savait déjà qu’il était allé trop loin pour rester en arrière.
Scène 9 : Le moment critique
À l’intérieur, Rooney commençait à manquer de munitions.
Son souffle était irrégulier.
Son bras tremblait légèrement.
Le sang coulait lentement sur son épaule.
Rico s’approcha encore.
Toujours calme.
Toujours en contrôle.
— Regarde-toi…
Rooney leva son arme.
— Ferme-la.
Rico sourit.
— Tu voulais la guerre.
Il ouvrit légèrement les bras.
— La voilà.
Rooney tira.
Plus de b***es.
Clic.
Le silence dura une fraction de seconde.
Mais dans une guerre…
une fraction de seconde suffit.
Un des hommes leva son arme vers lui.
Rooney n’eut pas le temps de recharger.
Tout s’arrêta.
Le temps.
Le bruit.
Le souffle.
Et pour la première fois depuis longtemps…
Rooney sentit une pensée claire traverser son esprit :
“C’est comme ça que ça finit.”
Scène 10 : Le coup qui change tout
PAN !
Le tir partit.
Mais Rooney ne tomba pas.
L’homme derrière lui, lui, s’effondra.
Rooney tourna la tête.
Victor.
Derrière.
Arme levée.
— T’as vraiment cru qu’on allait te laisser mourir seul ? cria-t-il.
Jacky entra à son tour, tirant avec précision.
Malik resta figé à l’entrée.
Le regard choqué.
La réalité le frappait enfin de plein fouet.
La guerre.
La vraie.
Pas les paroles.
Pas les menaces.
La mort.
Rooney rechargea rapidement.
Puis regarda Victor.
Un instant.
Juste un instant.
Et dans ce regard…
il y avait tout.
La reconnaissance.
La fatigue.
La rage.
Et une vérité silencieuse :
il venait de franchir un point de non-retour.
La fusillade continua.
Le chaos envahit tout le bâtiment.
Et au milieu de ça…
une chose était désormais certaine :
Rooney ne pourrait plus jamais revenir en arrière.
13/04/2026
Chapitre 17 : Le point de non-retour
Scène 1 : Une décision silencieuse
La maison était plongée dans le silence.
Tout le monde dormait.
Sauf Rooney.
Assis sur son lit, le regard fixé sur son arme.
Depuis des heures.
Sans bouger.
Sans parler.
Sans même vraiment penser.
Parce que parfois…
quand la colère devient trop grande,
elle ne fait plus de bruit.
Elle devient calme.
Et c’est ce calme-là qui est le plus dangereux.
Il prit l’arme.
La vérifia.
Lentement.
Précisément.
Comme quelqu’un qui savait exactement ce qu’il allait faire.
Puis il se leva.
Enfila une veste sombre.
Et s’arrêta devant la porte.
Sa main resta quelques secondes sur la poignée.
Parce qu’au fond…
il savait.
S’il sortait maintenant, rien ne serait plus jamais pareil.
Il jeta un dernier regard vers le couloir.
Vers la chambre de sa sœur.
Puis il murmura presque inaudiblement :
— Pardon.
Et il sortit.
Scène 2 : Malik sent le danger
Dans sa chambre, Malik ne dormait pas non plus.
Il avait entendu le bruit de la porte.
Les pas.
Le silence qui suivait.
Il se redressa brusquement.
Le cœur accéléré.
Puis il regarda la clé USB posée sur la table.
Ses mains commencèrent à trembler légèrement.
Il comprenait.
Trop bien.
Rooney était parti.
Et cette fois…
ce n’était pas une sortie normale.
C’était autre chose.
Quelque chose de définitif.
Il attrapa la clé.
Hésita.
Encore.
Toujours.
Puis il se leva d’un coup.
— Merde…
Il sortit de la chambre.
Courut vers la porte.
Mais Rooney était déjà loin.
Malik resta immobile quelques secondes.
Puis serra la clé dans sa main.
Le souffle court.
Parce qu’au fond…
il venait de comprendre une chose terrible :
s’il ne parlait pas maintenant… il serait responsable de ce qui allait arriver.
Scène 3 : Chez Don Alvarez
À la villa, Victor fumait tranquillement dehors quand il vit une voiture arriver à toute vitesse.
Il reconnut immédiatement Malik.
Le jeune sortit précipitamment.
— Rooney est là ?
Victor fronça les sourcils.
— Non.
— Il est venu ?
— Non.
Malik passa une main nerveuse sur son visage.
— Il va faire une connerie…
Victor se redressa légèrement.
— Quelle connerie ?
Malik hésita.
Puis il sortit la clé USB.
— Ça… c’est pour lui.
Victor la regarda.
— C’est quoi ?
— Un message de Rico.
Le silence tomba.
Victor prit la clé.
— Pourquoi tu ne lui as pas donné ?
Malik baissa les yeux.
— Parce que je suis con.
Victor serra la mâchoire.
Puis il appela immédiatement à l’intérieur :
— JACKY !
Elle arriva rapidement.
— Quoi ?
Victor lui tendit la clé.
— Ça vient de Rico. Et Rooney est déjà parti.
Le visage de Jacky changea instantanément.
— Pu**in.
Victor ajouta :
— Il veut aller chez Rico.
Jacky jura à voix basse.
— C’est un piège.
Victor hocha la tête.
— Évidemment.
Malik murmura :
— Il ne le sait pas…
Jacky le fixa.
— Non.
Elle inspira profondément.
Puis dit :
— On le rattrape.
Scène 4 : La vidéo
Pendant que Victor préparait la voiture, Jacky inséra rapidement la clé dans un ordinateur.
La vidéo se lança.
La voix déformée résonna dans la pièce :
— Dis à ton frère qu’il a quarante-huit heures pour disparaître…
ou on commencera à lui rendre la douleur en morceaux.
Puis l’écran devint noir.
Jacky resta figée.
Victor entra.
— Alors ?
Elle tourna lentement la tête vers lui.
— Il n’allait pas tuer Rooney.
Victor fronça les sourcils.
— Quoi ?
Jacky répondit d’une voix basse :
— Il voulait le pousser à venir.
Le silence tomba.
Victor comprit immédiatement.
— Donc Rooney fonce droit dans…
— Un piège, termina Jacky.
Malik recula légèrement.
Le visage vidé.
— C’est de ma faute…
Jacky le regarda.
— Pas maintenant.
Puis elle se tourna vers Victor.
— On y va. Tout de suite.
Scène 5 : Le repaire de Rico
Rooney avançait seul dans une zone abandonnée de la ville.
Un ancien bâtiment industriel.
Délabré.
Silencieux.
Mais pas vide.
Il le sentait.
Chaque pas résonnait légèrement sur le béton.
L’air était lourd.
Presque étouffant.
Mais Rooney ne ralentissait pas.
Son regard était froid.
Son esprit focalisé sur une seule chose :
Rico.
Il entra.
Lentement.
L’arme déjà en main.
Le bâtiment était immense.
Des colonnes.
Des ombres.
Des coins où quelqu’un pouvait apparaître à tout moment.
Puis une voix s’éleva dans le silence.
— Tu es venu.
Rooney s’arrêta.
Son regard se posa devant lui.
Rico sortit lentement de l’ombre.
Calme.
Impeccable.
Comme toujours.
— Je savais que tu viendrais, dit-il tranquillement.
Rooney ne répondit pas.
Il leva simplement son arme.
— Tu aurais dû rester loin de ma famille.
Rico sourit légèrement.
— Et toi, tu aurais dû écouter.
Un bruit derrière.
Puis un autre.
Rooney ne se retourna pas.
Mais il comprit immédiatement.
Ils étaient plusieurs.
Rico s’approcha légèrement.
— Tu vois… tout ce que j’ai fait, c’était pour t’amener ici.
Rooney serra son arme.
— Alors je suis là.
Rico hocha la tête.
— Oui.
Il marqua une pause.
Puis son regard changea légèrement.
— Et maintenant… tu es seul.
À suivre ✅
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10/04/2026
Scène 5 : Rooney et Jacky, seuls
Après la réunion tendue, Jacky retrouva Rooney seul près de la piscine, à l’arrière de la villa.
Il regardait l’eau sans vraiment la voir.
Ses poings étaient serrés.
Sa respiration trop calme.
Et Jacky savait maintenant reconnaître ce genre de silence.
C’était le silence de ceux qui pensent à des choses irréparables.
Elle s’approcha lentement.
— Tu vas désobéir, c’est ça ?
Rooney ne la regarda pas.
— Peut-être.
Jacky s’arrêta à côté de lui.
— Rooney…
Il tourna enfin la tête vers elle.
Ses yeux étaient fatigués.
Mais il y avait dedans quelque chose qui la fit mal au cœur.
Une sorte de tristesse violente.
Le genre de tristesse qui finit par tuer la douceur chez quelqu’un.
— Je peux pas rester là à attendre qu’ils touchent à ma famille, murmura-t-il.
Jacky baissa un instant les yeux.
Puis elle répondit doucement :
— Je sais.
Rooney serra la mâchoire.
— Non. Tu sais pas.
Il détourna le regard vers l’eau.
— Tu sais pas ce que ça fait de regarder sa petite sœur dormir…
et de se demander si un jour, quelqu’un va entrer pendant la nuit pour la punir à ta place.
Jacky resta silencieuse.
Parce que cette phrase venait de très loin.
Très profond.
Très sale.
Rooney continua, la voix plus basse :
— Tu sais pas ce que ça fait d’avoir passé toute sa vie à perdre des choses…
et de sentir que ça recommence encore.
Il rit doucement.
Un rire sans lumière.
— Toute ma vie, j’ai juste essayé d’empêcher le pire.
Il avala difficilement sa salive.
— Et à chaque fois, le pire trouve quand même un chemin.
Jacky sentit sa gorge se serrer.
Puis elle fit quelque chose qu’elle ne faisait pas souvent.
Elle s’approcha encore.
Et elle le prit doucement dans ses bras.
Rooney resta immobile au début.
Comme s’il ne savait plus quoi faire d’un geste tendre.
Puis, très lentement…
ses épaules se relâchèrent un peu.
Juste un peu.
Pas assez pour le sauver.
Mais assez pour rappeler qu’il n’était pas encore complètement mort à l’intérieur.
Jacky murmura près de lui :
— Ne laisse pas Rico décider de l’homme que tu deviens.
Rooney ferma les yeux une seconde.
Puis il répondit presque en soufflant :
— Il est peut-être déjà trop t**d.
Scène 6 : Daniel fait un pas interdit
Dans son bureau, Daniel Carter était debout devant la fenêtre, le téléphone à la main.
Il fixait la ville.
Le front tendu.
Le regard ailleurs.
Puis, après plusieurs secondes d’hésitation…
il composa un numéro privé.
La ligne sonna.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Puis une voix grave répondit :
— Oui ?
Daniel inspira lentement.
— C’est Daniel Carter.
Un silence.
Puis un léger rire sans joie à l’autre bout.
— Le procureur en personne.
Daniel serra légèrement la mâchoire.
— Je veux parler à Don Alvarez.
Le silence retomba.
Plus lourd cette fois.
Puis la voix répondit :
— Pourquoi le chef parlerait à un homme qui essaie de le faire tomber depuis des années ?
Daniel baissa un instant les yeux.
Puis répondit d’un ton sec :
— Parce que cette fois, ce n’est pas pour la ville.
Il marqua une pause.
— C’est pour mon fils.
Le silence au bout du fil changea immédiatement de nature.
Et Daniel comprit que même dans ce monde-là…
ce mot gardait encore un certain poids.
— Attendez.
Quelques secondes passèrent.
Puis une autre voix entra dans la ligne.
Calme.
Lente.
Dangereuse.
— Procureur.
Daniel reconnut immédiatement Don Alvarez.
Il serra légèrement le téléphone.
— Laissez Rooney loin de ce qui arrive.
Un petit silence.
Puis Don Alvarez répondit calmement :
— Vous arrivez plusieurs années trop t**d pour ça.
Cette phrase traversa Daniel comme une lame.
Mais il encaissa.
— Je vous parle sérieusement.
— Moi aussi.
Le baron marqua une pause.
Puis ajouta :
— Votre fils n’est plus un enfant qu’on peut éloigner d’une pièce en fermant une porte.
Daniel ferma brièvement les yeux.
— Alors protégez au moins sa sœur.
Un silence.
Puis Don Alvarez murmura :
— Intéressant.
Daniel fronça les sourcils.
— Quoi ?
— C’est la première fois que j’entends un père supplier pour les enfants qu’il a laissés.
Le souffle de Daniel se coupa légèrement.
Parce que c’était mérité.
Et c’était précisément pour ça que ça faisait aussi mal.
Il ne répondit pas tout de suite.
Puis il murmura :
— Dites ce que vous voulez de moi.
Mais si cette guerre touche cette petite…
Sa voix se brisa presque.
Il se reprit immédiatement.
— Je vous jure que je ferai tomber tout le monde.
Don Alvarez resta silencieux quelques secondes.
Puis il répondit simplement :
— Elle ne mourra pas si Rooney écoute.
Et la ligne coupa.
Daniel resta figé.
Le téléphone encore contre son oreille.
Et à cet instant précis…
il comprit qu’il venait de faire quelque chose qu’un homme comme lui ne s’autorisait jamais :
il venait de supplier un criminel pour sauver son propre sang.
Scène 7 : La décision
La nuit tomba à nouveau.
Rooney rentra chez lui plus t**d que prévu.
La maison était calme.
Sa petite sœur dormait déjà.
Malik, lui, était assis dans le salon.
Les yeux fatigués.
Le visage fermé.
Et dans sa poche…
la clé USB semblait brûler contre sa cuisse.
Rooney le regarda à peine.
Puis il prit une bouteille d’eau dans la cuisine.
Malik le suivit du regard.
Hésita.
Encore.
Puis finit par dire :
— Rooney…
Rooney ne répondit pas tout de suite.
— Quoi ?
Malik serra les poings.
— Si… si quelqu’un te donnait un message important…
Tu l’écouterais ?
Rooney se figea légèrement.
Puis il tourna lentement la tête vers lui.
— Quel genre de message ?
Le cœur de Malik cogna violemment.
Trop fort.
Trop vite.
Mais au dernier moment…
il recula encore.
Comme un lâche.
Comme quelqu’un qui sent le drame venir mais qui n’a pas encore le courage de l’arrêter.
— Rien, murmura-t-il. Laisse tomber.
Rooney le fixa quelques secondes.
Puis détourna les yeux.
— Si t’as quelque chose à dire, dis-le avant qu’il soit trop t**d.
Cette phrase glaça Malik de l’intérieur.
Parce qu’il savait déjà, au fond…
qu’il jouait avec quelque chose de beaucoup plus grand que lui.
Rooney m***a ensuite dans sa chambre.
Ferma la porte.
S’assit sur le bord du lit.
Et ouvrit lentement le tiroir de sa table de nuit.
À l’intérieur, son arme.
Il la regarda longtemps.
Très longtemps.
Puis il murmura dans le noir :
— Demain… ça s’arrête.
Mais il ne savait pas encore une chose.
Parfois, quand un homme dit :
“Demain, ça s’arrête”
… c’est exactement là que l’enfer commence vraiment.
À suivre ✅🤍
08/04/2026
Chapitre 16 : Quand le sang appelle le sang
Scène 1 : Plus question d’attendre
Le soleil n’était même pas encore levé que Rooney était déjà dehors.
Debout devant la maison.
Silencieux.
Le petit papier froissé entre ses doigts.
“On est déjà proches.”
Il l’avait relu toute la nuit.
Encore.
Encore.
Encore.
Jusqu’à ce que les mots cessent d’être une menace…
et deviennent une insulte.
Ses yeux étaient rouges de fatigue.
Mais dans son regard, il n’y avait plus seulement de l’inquiétude.
Il y avait autre chose.
Quelque chose de plus froid.
Plus dur.
Plus irréversible.
Sa petite sœur ouvrit doucement la porte derrière lui.
— Rooney…
Il ne se retourna pas tout de suite.
— Quoi ?
Elle resta sur le seuil, les bras croisés contre elle.
— Tu n’as pas dormi ?
Rooney répondit d’une voix basse :
— Si.
Elle fronça légèrement les sourcils.
— Tu mens encore mal.
Cette phrase lui arracha un petit souffle par le nez.
Pas vraiment un rire.
Pas vraiment un sourire.
Juste une réaction fatiguée.
Elle s’approcha de lui.
Puis elle murmura :
— Tu fais peur quand tu deviens silencieux comme ça.
Cette fois, Rooney tourna enfin la tête vers elle.
Et pendant une seconde…
tout son visage changea.
Parce qu’en la regardant, il se souvenait encore pourquoi il se battait.
Pourquoi il saignait.
Pourquoi il se salissait.
Il posa doucement sa main sur sa tête.
— Reste à la maison aujourd’hui.
Elle leva les yeux vers lui.
— Pourquoi ?
— Parce que je te le demande.
Elle comprit tout de suite.
Et ça le détruisit un peu plus.
Parce qu’aucun enfant ne devrait comprendre ce genre de ton trop vite.
Elle demanda plus bas :
— C’est à cause des méchants ?
Rooney sentit sa gorge se serrer.
Il força un petit sourire.
— Oui.
Elle resta silencieuse.
Puis elle murmura :
— Tu vas encore te battre ?
Rooney baissa légèrement les yeux.
Et cette fois…
il ne trouva pas de mensonge.
— Oui.
Le silence s’installa entre eux.
Puis elle baissa la tête et demanda d’une toute petite voix :
— Tu peux revenir entier cette fois ?
Cette phrase le frappa de plein fouet.
Plus fort qu’un coup.
Plus fort qu’une b***e.
Rooney sentit quelque chose se briser légèrement à l’intérieur de lui.
Mais il se contrôla.
Comme toujours.
Il posa doucement son front contre le sien.
Puis il murmura :
— Je vais revenir.
Mais au fond de lui…
il savait très bien que ce matin-là, il n’allait pas seulement sortir pour se défendre.
Il allait sortir pour faire couler du sang.
Scène 2 : Jacky comprend tout de suite
Rooney arriva à la villa de Don Alvarez avant même que la plupart des hommes soient complètement réveillés.
Victor était déjà là, une tasse de café à la main.
Jacky descendait les escaliers quand elle le vit entrer.
Et immédiatement, elle sentit que quelque chose avait changé.
Pas un détail.
Pas une humeur.
Non.
Quelque chose de plus profond.
Comme si Rooney avait laissé une partie de lui derrière lui pendant la nuit.
— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Victor.
Rooney sortit le papier de sa poche et le posa sur la table.
Victor le lut.
Puis releva les yeux.
Jacky s’approcha, prit le papier, le regarda à son tour.
Son visage se ferma immédiatement.
— Ils jouent avec toi.
Rooney répondit sans émotion :
— Non.
Il leva les yeux vers elle.
— Ils jouent avec ma famille.
Le ton de sa voix fit naître un silence immédiat.
Victor posa lentement sa tasse.
— Tu veux faire quoi ?
Rooney répondit sans hésiter :
— Je vais chez Rico.
Jacky fronça les sourcils.
— Non.
Rooney tourna la tête vers elle.
— Si.
— C’est exactement ce qu’il veut.
— Je m’en fous de ce qu’il veut.
Victor intervint aussitôt.
— Tu devrais pas.
Rooney s’approcha de la table, les deux mains posées dessus.
— Ils ont suivi ma sœur.
Sa voix se durcit encore.
— Ils ont laissé des messages devant ma maison.
Ils tournent autour comme des charognards.
Et vous voulez que je fasse quoi ? Que j’attende encore ?
Jacky secoua la tête.
— Tu ne réfléchis plus.
Rooney la fixa.
— Si. Je réfléchis très bien.
Il marqua une pause.
Puis il dit quelque chose qui glaça légèrement la pièce :
— Et plus je réfléchis… plus je me dis qu’il faut le tuer maintenant.
Le silence devint brutal.
Victor baissa les yeux une seconde.
Jacky, elle, resta figée.
Parce que cette fois…
Rooney ne parlait plus sous le coup de la colère.
Il parlait avec conviction.
Et ça, c’était beaucoup plus dangereux.
Scène 3 : Don Alvarez entre dans la pièce
Quelques secondes plus t**d, Don Alvarez entra lentement dans le salon.
Toujours calme.
Toujours impeccable.
Comme si même la guerre n’avait jamais le droit de froisser ses vêtements.
Il regarda les visages tendus.
Puis le papier sur la table.
Il le prit.
Le lut.
Et sans surprise, son visage ne changea presque pas.
— Donc, il pousse, dit-il simplement.
Rooney le regarda.
— Je vais le régler.
Don Alvarez releva les yeux vers lui.
— Non.
Rooney serra la mâchoire.
— Vous ne comprenez pas.
Le baron s’approcha doucement.
— Au contraire.
Sa voix était calme.
Mais lourde.
— Je comprends parfaitement.
Il posa le papier sur la table.
— Et c’est précisément pour ça que je t’interdis d’y aller.
Rooney fit un pas en avant.
— Vous m’interdisez rien.
Victor leva légèrement les yeux.
Jacky retint son souffle.
Parce qu’il venait de parler à Don Alvarez d’une manière que très peu d’hommes se permettaient.
Mais le baron, lui, resta calme.
Il regarda Rooney longuement.
Puis demanda :
— Tu crois que c’est de la force, ce que tu ressens là ?
Rooney répondit sèchement :
— Oui.
Don Alvarez secoua lentement la tête.
— Non.
Il s’approcha encore un peu.
— Ce que tu ressens, ce n’est pas de la force.
Il posa un doigt sur la table.
— C’est de la douleur qui cherche un corps où entrer.
Le silence tomba.
Rooney détourna légèrement le regard.
Mais Don Alvarez continua :
— Et si tu vas chez Rico aujourd’hui, tu n’iras pas comme un soldat.
Tu iras comme un homme blessé.
Puis il baissa légèrement la voix.
— Et les hommes blessés font les plus belles erreurs.
Rooney resta silencieux.
Parce qu’au fond…
il savait que Don Alvarez disait vrai.
Mais cette vérité le mettait encore plus en colère.
Parce qu’elle ne changeait rien à ce qu’il ressentait.
Il voulait le sang.
Et parfois, même la sagesse arrive trop t**d quand la peur a déjà transformé la douleur en rage.
Scène 4 : Malik cache quelque chose
Pendant ce temps, chez eux, Malik était seul dans sa chambre.
Assis sur son lit.
La petite clé USB encore dans sa main.
Il la regardait depuis plusieurs minutes sans bouger.
Comme si ce simple objet pesait plusieurs kilos.
Comme si en l’ouvrant, il allait peut-être franchir une ligne qu’il ne pourrait plus jamais reculer.
Il finit par se lever.
Sortit un vieux petit ordinateur de sous son lit.
Respira profondément.
Puis brancha la clé.
L’écran resta noir une seconde.
Puis une vidéo apparut.
Malik hésita.
Très fort.
Mais il lança quand même la lecture.
L’image montra un homme masqué, assis dans l’ombre.
La voix était déformée.
— Si tu regardes ça, c’est que ton frère a choisi de rester stupide.
Malik sentit immédiatement son ventre se nouer.
La voix continua :
— Dis-lui qu’il a quarante-huit heures pour disparaître avec ce qu’il aime…
ou on commencera à lui rendre la douleur en morceaux.
Puis la vidéo coupa.
Juste comme ça.
Courte.
Froide.
Calculée.
Malik resta figé devant l’écran.
Ses mains étaient devenues moites.
Son souffle plus court.
Parce qu’à cet instant…
il comprit enfin quelque chose de terrible :
les gars de Rico ne jouaient plus.
Et lui…
lui était déjà allé trop loin pour faire semblant de ne pas être impliqué.
Il débrancha brusquement la clé.
Puis la serra dans sa paume.
Le cœur cognant plus fort.
Et pour la première fois depuis longtemps…
Malik eut peur.
Une vraie peur.
Pas pour Rooney.
Pas pour la rue.
Pas pour les histoires de gangs.
Non.
Une peur plus intime.
Plus honteuse.
La peur d’avoir déjà participé au début d’un drame........
À suivre ✅
06/04/2026
Chapitre 15 : Les yeux sur la maison
Scène 1 : Plus de paix
À partir de ce jour-là, Rooney ne retrouva plus jamais le sommeil comme avant.
Même quand il fermait les yeux, son corps restait éveillé.
Le moindre bruit dans la rue lui donnait l’impression qu’un drame allait éclater.
Le moindre moteur qui ralentissait devant la maison faisait battre son cœur plus fort.
Et plus les heures passaient…
plus il avait la sensation d’être observé.
Ce n’était pas une peur imaginaire.
C’était pire que ça.
C’était cette certitude froide que quelque part, dans une voiture, derrière un mur ou au coin d’une ruelle…
quelqu’un regardait déjà sa vie comme une cible.
Ce soir-là, Rooney était assis dans l’obscurité du salon, sans allumer la lumière.
Il écoutait.
Seulement ça.
Écouter.
Le ventilateur.
Les pas lointains.
Les chiens qui aboyaient.
Le silence entre deux voitures.
Sa petite sœur dormait dans la pièce voisine.
Malik était encore sorti.
Et cette absence commençait elle aussi à lui ronger les nerfs.
Vers minuit, il entendit enfin la porte grinçer.
Malik entra.
Rooney parla sans bouger :
— T’étais où ?
Malik sursauta presque.
— T’es dans le noir maintenant ?
Rooney répéta, plus froidement :
— T’étais où ?
Malik jeta ses clés sur la table.
— Dehors.
— Avec qui ?
— Ça te regarde toujours autant ?
Rooney leva lentement les yeux.
Même dans l’obscurité, son regard semblait lourd.
— Réponds.
Malik serra les dents.
— Avec des amis.
— Lesquels ?
Malik eut un rire nerveux.
— C’est quoi, ça ? Un interrogatoire ?
Rooney se leva enfin.
Lentement.
Calmement.
Mais cette fois, quelque chose en lui était différent.
Il n’était pas juste agacé.
Il était à bout.
— Je vais te poser la question une dernière fois, dit-il d’une voix basse.
Avec qui t’étais ?
Malik le regarda dans les yeux.
Et pour la première fois, il sentit réellement la colère de son frère.
Pas la colère habituelle.
Pas celle des disputes.
Non.
Une colère plus sombre.
Plus tendue.
Presque animale.
Alors Malik détourna légèrement le regard.
Et ce simple geste suffit à Rooney.
Il comprit immédiatement.
— T’étais avec eux.
Malik releva brusquement la tête.
— Quoi ?
— Arrête de mentir.
Rooney s’approcha encore.
— T’étais avec les gars de Rico.
Le silence tomba comme une gifle.
Le cœur de Malik se mit à cogner plus fort.
Parce qu’au fond…
Rooney venait de toucher la vérité.
Pas toute la vérité.
Mais assez pour faire peur.
— Tu racontes n’importe quoi, murmura Malik.
Rooney le fixa encore quelques secondes.
Puis il souffla :
— Si j’apprends que tu traînes près d’eux encore une seule fois…
Il s’interrompit.
Malik fronça les sourcils.
— Quoi ?
Rooney baissa légèrement la voix.
— Je ne pourrai peut-être plus te protéger.
Cette phrase resta suspendue entre eux.
Et elle faisait mal d’une manière étrange.
Parce qu’elle n’était pas seulement menaçante.
Elle était triste.
Comme si Rooney reconnaissait enfin une vérité qu’il refusait depuis longtemps :
même lui ne pouvait pas sauver tout le monde.
Malik détourna le regard.
Puis il murmura :
— T’as déjà du mal à te sauver toi-même.
Et il partit dans sa chambre.
Rooney resta seul dans le noir.
Immobile.
Avec ce goût amer dans la bouche qu’ont les gens qui sentent qu’un lien important est en train de se casser.
Scène 2 : Le regard du policier
À quelques rues de là, la voiture sombre envoyée par Daniel Carter était toujours garée discrètement dans l’ombre.
À l’intérieur, les deux policiers en civil observaient la maison depuis des heures.
L’un d’eux mâchait un chewing-gum avec ennui.
L’autre, plus âgé, gardait les yeux fixés sur les alentours.
— T’y crois vraiment ? demanda le plus jeune.
Que le procureur nous fait surveiller la maison d’un gosse de gang ?
L’autre répondit sans quitter la rue des yeux :
— Ce n’est pas juste un gosse de gang.
— Ah bon ?
— C’est son fils.
Le plus jeune resta silencieux quelques secondes.
Puis il souffla :
— Bo**el.
L’aîné haussa légèrement les épaules.
— Ouais.
Le plus jeune regarda à nouveau la maison.
— Donc en gros… on protège le fils du procureur qui bosse peut-être pour un baron de la drogue.
— En gros.
— C’est tordu.
L’autre répondit calmement :
— La ville entière est tordue.
Ils se turent.
Puis, au bout de quelques secondes, le plus âgé fronça légèrement les sourcils.
— Attends.
— Quoi ?
— La voiture blanche là-bas… elle est déjà passée deux fois.
Le plus jeune se redressa aussitôt.
Au bout de la rue, une vieille voiture blanche ralentissait à nouveau.
Elle n’allumait pas les phares.
Elle glissait presque dans l’obscurité.
Le plus jeune murmura :
— On les suit ?
L’autre secoua lentement la tête.
— Non.
— Pourquoi ?
— Parce qu’on est là pour observer.
Il marqua une pause.
Puis ajouta :
— Mais maintenant, on sait qu’ils ne bluffaient pas.
Scène 3 : Rico appuie là où ça fait mal
Le lendemain matin, Rooney accompagna sa petite sœur jusqu’au bout de la rue.
Il n’aimait plus la laisser seule.
Avant, il se contentait de la regarder partir avec son sac.
Maintenant…
il attendait toujours qu’elle tourne au coin et disparaisse sans incident.
Elle leva les yeux vers lui.
— Tu fais peur aux gens quand tu restes comme ça à regarder.
Rooney força un petit sourire.
— Tant mieux.
Elle fit une petite moue.
— Tu souris bizarrement quand tu mens.
Rooney baissa les yeux.
— Va à l’école.
Elle lui tira légèrement la langue.
Puis s’éloigna.
Rooney la suivit du regard.
Longtemps.
Trop longtemps.
Et quand enfin il tourna la tête pour rentrer…
il aperçut une petite enveloppe glissée sous la porte de la maison.
Son cœur se serra immédiatement.
Il s’approcha lentement.
Ramassa l’enveloppe.
Aucune adresse.
Aucun nom.
Seulement son instinct qui lui hurlait déjà de ne pas l’ouvrir.
Mais il l’ouvrit quand même.
À l’intérieur…
une photo.
Sa petite sœur.
Prise quelques minutes plus tôt.
Juste au coin de la rue.
Et derrière, écrit au stylo noir :
“Tu peux brûler des entrepôts.
Nous, on peut brûler ton cœur.”
Rooney resta figé.
Complètement.
Son souffle se coupa.
Ses doigts se refermèrent si fort sur la photo qu’ils tremblaient légèrement.
Et cette fois…
ce n’était plus de la peur.
C’était pire.
C’était une rage froide, pure, absolue.
Le genre de rage qui ne fait pas crier.
Le genre qui fait taire tout le reste.
Il regarda la rue vide.
Les fenêtres.
Les toits.
Les coins.
Comme s’il voulait tuer le monde entier du regard.
Puis il rentra dans la maison, referma la porte derrière lui et posa la photo sur la table.
Ses yeux restèrent dessus longtemps.
Très longtemps.
Et au fond de lui, une pensée naquit lentement.
Une pensée noire.
Si Rico voulait la guerre, il allait découvrir ce qu’était vraiment un homme qui n’a plus rien à perdre.
Scène 4 : Jacky voit le basculement
Rooney arriva à la villa plus vite que d’habitude.
Il entra sans parler.
Jacky le vit tout de suite.
Et quelque chose dans son visage la glaça.
— Rooney ?
Il posa la photo sur la table devant elle.
Jacky la prit.
La regarda.
Puis retourna la photo.
Et son visage se ferma immédiatement.
— Pu**in.
Rooney ne disait rien.
Mais son silence était plus violent que n’importe quel cri.
Jacky releva lentement les yeux vers lui.
— Ils l’ont suivie ?
Rooney répondit d’une voix basse :
— Ce matin.
— Tu l’as laissée sortir seule ?
Cette phrase le frappa instantanément.
Il releva brutalement les yeux.
— Fais attention à ce que tu dis.
Jacky comprit tout de suite qu’elle venait de toucher une plaie vive.
— Ce n’est pas ce que je voulais dire.
Rooney serra la mâchoire.
— Alors choisis mieux tes mots.
Jacky s’approcha lentement.
— Rooney…
Mais il recula légèrement.
Et ce simple mouvement fit mal à Jacky.
Parce qu’elle comprit à cet instant précis quelque chose de grave :
Rooney commençait à se couper de tout le monde.
Même d’elle.
Même de ceux qui voulaient l’aider.
Parce que quand la peur devient trop grande…
certaines personnes n’ouvrent plus leur cœur.
Elles le ferment à double tour.
Et elles deviennent de plus en plus dangereuses.
Jacky murmura :
— Tu ne peux pas répondre avec la tête brûlée.
Rooney ricana sans joie.
— Tu veux que je fasse quoi ?
Que j’attende qu’ils la touchent vraiment ?
Jacky ne répondit pas tout de suite.
Parce qu’au fond…
elle savait qu’il n’y avait plus de “bonne solution”.
Seulement des solutions moins tragiques que les autres.
Scène 5 : Malik fait l’erreur de trop
Dans l’après-midi, Malik retrouva encore les gars du gang de Rico derrière un vieux terrain.
Il savait qu’il ne devait pas venir.
Il le savait très bien.
Mais il était en colère.
Contre Rooney.
Contre lui-même.
Contre cette impression permanente de vivre dans l’ombre de quelqu’un qui décidait de tout.
Le type à la bière, celui qui l’approchait depuis plusieurs jours, lui tendit une cigarette.
— T’as l’air mal.
Malik prit la cigarette sans répondre.
Le gars sourit.
— Ton frère te traite encore comme un enfant ?
Malik souffla nerveusement.
— Ferme-la.
Le gars haussa les épaules.
— Je dis juste la vérité.
Un autre s’approcha.
— Rooney croit qu’il peut tout contrôler.
Puis il baissa légèrement la voix.
— Même toi.
Malik resta silencieux.
Le premier gars en profita.
— Tu sais ce qu’il faut pour que les gens comme lui redescendent un peu ?
Malik leva les yeux.
— Quoi ?
Le type sourit légèrement.
— Qu’ils comprennent qu’ils ne peuvent pas tout garder.
Malik fronça les sourcils.
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
Le gars sortit une petite clé USB de sa poche.
Puis il la posa dans la main de Malik.
— Donne juste ça à ton frère.
Malik baissa les yeux vers la clé.
— C’est quoi ?
— Un message.
Malik releva immédiatement la tête.
— Je ne suis pas votre messager.
Le type s’approcha encore.
Son sourire avait disparu.
— Écoute bien.
Sa voix devint plus dure.
— Soit tu nous aides un peu…
soit un jour, t’auras à vivre avec l’idée que tu pouvais empêcher certaines choses.
Le cœur de Malik se serra.
Il serra la clé dans sa paume.
Et à cet instant…
il fit sa première vraie erreur.
Pas parce qu’il avait accepté.
Mais parce qu’il n’avait pas eu le courage de refuser clairement.
Et dans la rue…
l’hésitation coûte parfois autant que la trahison.
Scène 6 : Le père regarde enfin son fils
Dans son bureau, Daniel Carter regardait un écran de vidéosurveillance relié à une caméra de rue temporairement installée près du quartier.
L’image était mauvaise.
Floue.
Instable.
Mais on voyait quand même assez.
Rooney, debout devant sa maison.
Sa manière de regarder partout.
Sa posture tendue.
Son corps qui ne connaissait plus le repos.
Daniel resta silencieux très longtemps devant cette image.
Puis il murmura presque malgré lui :
— Tu ressembles à ta mère quand tu t’inquiètes.
Cette phrase lui arracha quelque chose dans la poitrine.
Parce qu’il venait de se surprendre à parler comme un père…
après avoir passé des années à ne pas l’être.
Un des policiers frappa à sa porte.
— Monsieur ?
Daniel redressa légèrement la tête.
— Oui ?
— Nous avons intercepté un renseignement.
Le gang de Rico semble vouloir pousser Rooney à faire une erreur émotionnelle.
Daniel se leva lentement.
— Ils ont déjà commencé.
Le policier fronça les sourcils.
— Pardon ?
Daniel regardait encore l’écran.
Le visage de son fils.
Sa manière d’être toujours en alerte.
Toujours prêt à frapper avant d’être frappé.
Puis il murmura :
— Quand un homme commence à surveiller sa propre maison comme un ennemi…
c’est qu’il est déjà à deux doigts de perdre le contrôle.
Scène 7 : Une nuit de bascule
La nuit suivante, Rooney ne dormit pas du tout.
Il avait déplacé une chaise juste derrière la porte.
Arme posée sur la table.
Téléphone à côté.
Oreille tendue au moindre son.
Il avait même demandé à sa petite sœur de ne pas sortir le lendemain sans lui.
Elle n’avait pas protesté.
Et ça, ça lui faisait encore plus mal.
Parce que même elle commençait à comprendre que leur vie n’était plus normale.
Vers trois heures du matin, alors que tout semblait calme…
TOC.
Un coup sec contre la fenêtre.
Rooney se leva d’un bond.
Arme en main.
Respiration coupée.
Il s’approcha lentement.
Encore un bruit.
TOC.
Puis plus rien.
Il écarta légèrement le rideau.
Dehors, personne.
Seulement la rue vide.
Et un petit caillou posé juste sous la fenêtre.
Rooney sortit immédiatement.
Pieds rapides.
Regard tranchant.
Main prête à tirer.
Mais la rue était déserte.
Complètement déserte.
Il baissa les yeux vers le caillou.
Un papier y était attaché.
Il le prit.
L’ouvrit.
Et lut seulement quatre mots :
“On est déjà proches.”
Rooney releva lentement les yeux vers l’obscurité.
Et cette fois…
il ne ressentit plus seulement de la peur.
Ni seulement de la colère.
Non.
Cette fois, quelque chose de beaucoup plus dangereux venait de naître en lui.
Une décision.
Et parfois…
une seule décision prise dans la douleur peut faire basculer toute une vie.
À suivre...... ✅
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