Mieux connaître l'histoire et culture du Bénin

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05/11/2024

Pas une seule journée sans arrestations arbitraires et esclavages en Martinique....

13/05/2023

J'ai bloqué une sœur Antillaise parce qu'à chaque fois que je regarde sa photo, une flamme d'affection s'attaque à mon esprit et dévore ma concentration spirituelle.

26/02/2023

Nombreuses personnes ont échouent dans la vie parce qu'ils ont voulu toujours plaire aux autres. Avant d'aller loin dans l'exposition de ce sujet, j'inviterais les amis de cette page à retenir qu'aucun succès ne peut être collectif et mais que tout succès classique peut-être la sommes des efforts conjugués de plusieurs personnes.

Bon grand nombres des humains échouent dans la recherche du bonheur parce qu'ils choisissent pour modèle des mauvaises personnalités de la société ou parce qu'ils copient très mal des personnalités qu'ils recherchent à imiter dans le monde des affaires.

À vrai dire, la majorité d'entre des personnes qui ont bien démarré le métier de l'entrepreneuriat ont loupé malheureusement le train du succès à mi parcours, jadis parce qu'ils ont eu foi aux autres bêtement ou parce qu'ils ont cru naïvement aux idées des autres c'est à dire sans rechercher à faire au préalable l'étude de personnages de leurs conseillers ou celle du modèle qu'ils ont choisi de copier en tant que jeunes entrepreneurs.

Oui, l'échec des jeunes entrepreneurs en Afrique et bien dans le monde a un grand rapport avec le distinction précipitée de guides, de coachs, de conseillers ou de mentors qu'ils choisissent de suivre et de copier en tant néophyte ou parfois en tant que prosélytes de l'entrepreneuriat dans le système capitaliste mondial. C'est d'ailleurs la base fondamentale du succès durable ou celle de toute réussite classique dans une société moderne et tout entrepreneurs qui la ratent s'assigne automatiquement à l'échec quel qu'en soit la croyance, la capacité et la détermination qu'il éprouve pour le bonheur de ses activités.

Pour être très terre à terre, le succès quoi qu'on dise est la sommes de plusieurs énergies conjuguées soit par le dévouement d'un seul homme pour un métier où pour une travail sur une longue durée d'affrontements des épreuves, soit par un public œuvrant par la main d'œuvre pour l'atteinte des objectifs fixés par un leader...

Ici le mot leader désigne bien sûr un entrepreneur dynamique doté des capacités intellectuelles capables de convertir de plusieurs énergies faibles pour l'obtention d'un produit de haute qualité en quantité suffisante pour ses attentes personnelles.

Il s'agit ici des maîtres d'idée du système capitaliste mondiale, ceux là qui ont dépassé et même surpassé l'échelle de l'entrepreneuriat ou de sociétés et qui survivent par esclavages c'est à dire par pillages des jeunes entrepreneurs assoiffés de modèles de leadership sans étude de personnages au préalable.

C'est à dire majoritairement, des jeunes entrepreneurs se font dépouiller par des faux personnages, ils se font piller par des gens qui excellent dans la forme mais vivant au fond avec de sérieux problèmes..

Dans le domaine de l'entrepreneuriat, le choix de modèle et surtout l'établissement des relations intimes, doit absolument intervenir après une longue étude de personnages, vu que entreprendre dans le système capitaliste est égale à conquérir le maximum des clients vers soi c'est-à-dire tout faire pour détenir le monopole de clients sur une longue durée de concurrence.

Aujourd'hui beaucoup se posent la question à savoir:

•Où sont partis mes fonds de commerce
•Pourquoi mes clients ont-ils changé de boutiques ?
•Que font les autres pour accroître leurs chiffres d'affaires alors que nous vendons les mêmes produits et d'ailleurs au mêmes prix?
•Est-ce une affaire de chance ou de malchance?
•A quand la fin de la mévente?
•Pourquoi suis-je incapable de réfectionner le bâtiment et les machines de l'entreprise ?
•Ma banque pourrait-elle accepter d'ajourner ou d'allonger l'échéance de remboursements de prêts que j'ai contracté auprès de lui?
•Le propriétaire pourrait m'accorder un mois de plus pour le paiement des locaux de la société ?
• etc.

Il s'agit-là tout simplement des catégories de personnes n'ayant mal choisi des partenaires d'affaires qui se posent ces gens de questions. Seul l'étude de personnages est capable d'aimer un entrepreneur à choisir ses partenaires puis le modèle de conseillers, de coachs, de leaders, de maîtres, de pédagogues ou encore le modèle de guides convenable pour le succès de ses affaires. C'est une étape précieuse car dans l'entrepreneuriat tout part d'un individu vers de la collaboration, évidemment tout excelle dans la collaboration comme tout échoue par la collaboration.

La bonne raison pour laquelle il faut effectuer une étude des personnages avant de définir votre réseau d'affaire quand vous optez d'exceller dans l'entrepreneuriat. Vous devez identifier votre fournisseur, l'étudier sur plusieurs mois avec l'esprit distinguer dans un bref délai la qualité ou type de société avec laquelle vous avez à faire. Il ne sert à rien de choisir un fournisseur avec la précipitation parce que votre partenaire peut être le promoteur d'une agence de marketing, il peut-être agent auxiliaire recruté pour la propagande d'une société fictive, ou encore il peut être le moniteur d'un réseau d'arnaque en réseau où il peut être aussi un missionnaire de secte...(?).

Oui, il existe bien des missionnaires de secte, et ceux-là font les mêmes travaillent que les attachées de presse d'un homme politique. Autrement dit ils sont embauchés et bien équipés pour prouver à la face du monde que la société pour laquelle ils travaillent sont au service du peuple et n'a de mission particulière l'entraide des jeunes ou des veuves. Parmi les missionnaires de sectes en Afrique, on pourrait d'indexer par exemple les promoteurs d'église et ceux des orphelinats... C'est à dire des personnes qui pêchent et domptent des enfants soit pour l'église soit pour des besoins des sociétés secrètes.

L'essentiel à retenir ici c'est qu'il des flatteurs que de conception d'un véritable plan de société dans le système capitaliste mondiale et il faudrait éviter de se laisser emporter par la propagande des appâts ou celle des offres financièrement empoisonnées.

Agbannon Dossou Dossa

30/12/2022

Le vagin a un pouvoir invincible suprême au-dessus de toutes les forces du monde visible. C'est bien la base de l'humanité et selon la croyance ancêtre le système génital féminin est une divinité supérieure et la première sur la terre.

Plus loin, des savants africains notamment des traditions Dogons, Éwé, wémè, Mahi etc soutiennent le caractère sacré du vagin en s'appuyant sur la menstruation chez la femme qu'elles considèrent comme une échéance de don ou de présentation d'offrande du sang à Sakpata soit à la terre, elle autre divinité de l'abondance, de la croissance et de la production. Plusieurs croyances africaines estiment en effet que le vagin est un vodoun c'est à dire une divinité qui offre une série de satisfactions à l'humanité lorsqu'il est bien vénéré.

Dans le jargon Hun ou gun qui est une langue la plus parlée dans les couvents Vodoun, la femme est plus désignée par les expressions "Yonnoussin" et "Yonoussi" qui signifient respectueusement "l'eau qu'il faudrait boire avec méfiance" et "les adeptes du vagin".

En un terme claire, l'expression ou le mot "Yonoussi" confirment littéralement l'hypothèse endogène selon laquelle le Vagin pourrait être une divinité au-dessus des milliers d'esprits et d'ailleurs ce que traduit ce dernier mot à travers sa composition syllabique. Traduit littéralement "Yonou" ou "Yô" signifie vagin tandis que "SSi" ou "Assi" désigne l'adepte ou ou la femme.

Doit-on admettre que l'hypothèse selon laquelle le vagin est un vodoun serait-elle à l'origine du respect absolu que les traditions vodouns exigent pour la femme? Qu'elle est la catégorie d'éducation professée dans les sociétés africaines sur le vagin en particulier et sur la nudité de la femme en général ? Quel effet le vagin a sur la vie des humains lorsqu'il est mal considéré ou mal exploité ? Le vagin peut-il en effet nuire à l'émancipation d'une vie? Est-ce superstitieux de croire que le vagin est-il sacré ? Pourquoi doit-on considérer le vagin comme une divinité et plus loin un vodoun? L'humanité vénère-t-elle le vagin? Et comment ? À quel âge de la femme, le vagin atteint la sommité de tous les mystère divin? Le vagin peut accomplir une mission extraordinaire en bien ou mal pour l'homme ? Considérant que le vagin est un vodoun, a-t-il des principes à respecter pour être en harmonie avec le vagin en tant que femme? En tant que époux d'une femme? En tant que descendants ou enfants d'une femme? Qu'elles sont les transgressions possible que l'on tutoie en cas du non respect des principes de la divinité Vagin? Par quelle nom initiatique designe le vagin mis à part Ayô, Yo, ou Yonou? Quel est le rapport entre le vagin de la femme et les vodoun Kininssi? Un vagin a-t-il le pouvoir de tuer un homme? Comment des femmes exploitant mal le pouvoir de leurs vagins tuent-elles leurs époux ou enfants ? Quels sont les symptômes des maladies provoquées par la colère d'un vagin? Ces maladies sont forcément mortelle pour l'homme et pour les enfants ? Les menstrues étant une sécrétion de sang période par le vagin, que deviennent une fois éjectées au sol ou dans une fausse? D'aucuns considère les menstrues comme une période de purification des femmes, est-ce un mythe ou une réalité ? Recueilli, le sang issue de la menstruation d'une femme peut servir à quoi de bon ou de mauvais dans la vie d'un époux ou d'un enfant ? Quelle gestion ou traitement doit-on fait normalement des couches ou des caillots du sang issue de la menstruation chez la femme? Peut-on calciner les couches ayant servie comme matériels d'entretien pour une femme pendant une menstruation ? Comment peut-on prolonger la ménopause chez une femme d'après les traditions vodouns ? Comment peut on provoquer la ménopause précoce chez une femme? Pourquoi l'envie cette particularité dans l'une des deux dernières questions

Si vous avez la capacité de répondre à une question dans cette série d'interrogations n'hésitez pas à vous s'afficher en commentaire.

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08/05/2022
09/08/2021

🇨🇵️🇨🇵️ Il y a 151 ans 🇨🇵️🇨🇵️

« Vengez-nous ! Vive la France ! »

Voici le récit héroïque des cuirassiers de Reichshoffen, le récit de l'ultime sacrifice dans l'honneur, de ces hommes graves.

6 aout 1870
« L’escadron de tête du 9e cuirassiers fonce sur Morsbronn, les chevaux se cabrent, se renversent, glissent ; l’on entend un grand cri, puis l’escadron disparaît comme si le sol s’était ouvert devant lui. Les malheureux cavaliers, entraînés par la force acquise, viennent de tomber sur une route placée en contre-bas et formant ravin, et s’y écrasent dans un pêle-mêle affreux.
A la voix du colonel Guiot de la Rochère et du lieutenant-colonel Lardeur, les autres escadrons exécutent un à droite et contournent le village par le nord.

Le village de Morsbronn se compose d‘une longue rue étroite et légèrement tortueuse, qui est un morceau de route, et de ruelles qui sont des morceaux de sentiers. A droite et à gauche de la route, plantées un peu au hasard, des maisons profilent leurs sombres silhouettes, des maisons très basses, crevassées et rapiécées, vieilles et proprettes, aux escaliers boiteux, aux fenêtres toutes petites pareilles à des yeux sans vie, aux toits débordants ; on dirait de très vieilles personnes, des aïeules ridées, voûtées, cassées, que la mort aurait oubliés ou dédaignées.

Vers l’ouest, à travers le rayon lumineux qui glisse entre les toits, l’on aperçoit, comme par le petit bout d’une lorgnette, les vergers et les vignes de Gunstett.
En somme, Morsbronn est un boyau.
Dans ce boyau s’engouffre un escadron du 8e cuirassiers. On dirait une trombe roulant dans une gorge profonde, – mais la gorge a des murailles de feu ; la trombe balaye tout, elle assomme, elle broie, mais les vieilles maisons basses expectorent des balles par toutes leurs ouvertures.
Farouches, les dents serrées, les yeux agrandis, les cuirassiers excitent sans cesse leurs montures. Encore un instant, et l’escadron pourra sortir du boyau ; encore quelques bonds des grands chevaux, et les sabres s’offriront de nouveau au poème du soleil.

Mais la gorge tient en réserve une trahison.
Au moment où l’escadron, sans ralentir son allure de cyclone, fourbe sa ligne dans le dernier coude de la route étroite ses premières files se heurtent à une barricade faite de charrettes pesantes ; un arrêt brusque se produit en tête, et les files qui suivent s’abattent les unes sur les autres, se pressent, se renversent, pendant que les Prussiens, embusqués derrière les murailles grises, tirent de si près sur ce chaos sans nom, que les tuniques des hommes atteints brûlent comme de l’amadou autour des blessures.

Alors, fous de rage, – Dons Quichottes sublimes de l’héroïsme et de la gloire, – les cuirassiers chargent contre les maisons basses, brisent leurs lattes sur ces murs qui sont comme les boucliers de la mort, et tombent l’un après l’autre en criant : « Vive la France ! » Mais aux rugissements de ces lions furieux de grands cris ont répondu, d’autres escadrons accourent, éventrent la barricade, massacrent ses défenseurs, chargent partout, fouillent de leurs longues lattes l’ombre des vieilles maisons et chassent les Prussiens de Morsbronn.
Ayant accompli cette rude besogne, les escadrons-squelettes se réunissent au sud du village, sous le déluge de fer des batteries, ou les attend un fourmillement noir.
« Chargez ! –chargez ! »

L’ héroïque folie de ces géants dépasse la limite des choses humaines, il semble que pas un ne veuille survivre à ceux qui dorment sur le flanc de la colline dans un linceul de soleil.
On voit la colonne creuser des sillons dans les champs de lin, ouvrir des tranchées dans les houblonnières. Ce n’est plus une trombe, c’est un bolide effrayant devant lequel tout fuit et qui passe, en hurlant, sous un nuage de mitraille.

Enfin les cuirassiers s’arrêtent, ayant rempli jusqu’au bout leur fabuleuse mission ; pour la première fois ils regardent en arrière, et leurs yeux brillants de fièvre semblent chercher quelque chose.
Ces héros cherchent leur régiment.
Hélas ! ils sont là cinquante, qui restent pour porter le deuil du 8e cuirassiers.

Mais si ces hommes admirables ont rempli la mission qui avait été confiée au régiment, ils n’ont pas atteint encore le terme du calvaire de souffrance.
Guidés par leur colonel, qui fut toujours en avant, ils cherchent des chemins détournés pour rejoindre les troupes françaises et s’engagent bientôt dans un vallon minuscule dont nul massacre ne troubla la paix, où frissonne sous l‘herbe et la mousse un ruisselet tranquille vers lequel les grands chevaux tendent leurs langues altérées.

Tout à coup ils perçoivent un bruit sourd, un grondement pareil à la rumeur lointaine d’une mer roulant sur les galets d’une plage ; puis derrière eux, à quelques centaines de mètres, ils voient apparaître un régiment de cavalerie prussienne, des hussards dont les uniformes bleu sombre zébrés de tresse et de fourragères blanches s’enlèvent sur la verdure avec une netteté singulière.
De leur côté, les Prussiens ont aperçu cette poignée de cavaliers déguenillés, et, bénissant le destin qui paraît leur offrir un triomphe facile, ils pointent vers les cinquante français cinq cents sabres étincelants qui forment au –dessus du sol un voile de clair métal, où les temps d’un galop furieux mettent des ondes lumineuses.

Les cuirassiers ne peuvent demander un nouvel effort à leurs montures épuisées. Officiers et soldats, pistolet ou revolver dans la main droite, sabre dans la main gauche, se sont rangés sur une seule ligne, coude à coude, – cœur à cœur, – et attendent de pied ferme le choc de tout un régiment ; c’est comme une mince barrière qui serait dressée devant un train lancé à toute vapeur.
Les Prussiens arrivent à quinze mètres de la ligne.
« Feu ! »
La fière attitude des soldats de Morsbronn, bien plus que le bruit des inoffensifs pistolets d’arçon, surprend les houzards bleus, les trouble, les arrête.
« En avant !»

Le colonel » de la Rochère s’élance, entraînant non ses cuirassiers, on n’entraîne pas de tels hommes, mais les chevaux épuisés. L’escadron de tête de la colonne ennemie recule, mais est ramenée aussitôt par la poussée des autres escadrons, et trois fois le régiment tout entier vient briser son élan contre la mince barrière des poitrines françaises. Alors découragés, meurtris, les houzards bleus font demi-tour et disparaissent, se fondent dans les teintes dégradées de la symphonie des verts.
Cette fois, la route était libre devant les cinquante héros du 8e cuirassiers. A la nuit, ils arrivèrent à Saverne, où la renommée, déjà, avait chanté leur gloire.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le 8e cuirassiers, après s’être séparé du, 9e – son frère en héroïsme, – devant le centre de Morsbronn, exécuta vers l’ouest une marche dangereuse pendant laquelle le régiment s’offrit tout entier, cible étincelante, aux terribles batteries de Gundstett, dont la fumée promenait des ombres sur la verdure frissonnante.
Au moment où, à l’est, le 8e s’engouffrait dans le village, le 9e, a l’ouest, tombait sur la route qui traverse Morsbronn, et, décrivant un arc de cercle, se trouvait face à l’extrémité du boyau formé par les vieilles maisons grises, dont cinq cent mètres de route blanche le séparait.
« Chargez ! »

Derrière les Cuirassiers, les canons prussiens vomissent du fer avec des hoquets effrayants ; devant eux crépitent les fusils d’une nuée de tirailleurs ; sur leur gauche, une compagnie de pionniers des rangs entiers.
Ne pouvant rien contre les canons, dédaignant les tirailleurs, le régiment fonce sur les pionniers comme un sanglier blessé, sanglier aux trois cents boutoirs d’acier, digne des légendes merveilleuses de la vieille Ardenne.
Devant cette masse, les pionniers ont formé bloc, sans cesser de tirer, et courageusement ils attendent le choc des escadrons.
« Chargez ! chargez ! »

Les balles font tinter les cuirasses, les fourreaux martèlent les étriers, les trompettes piquent leurs notes grêles et rageuses sur le fracas des canons, des hommes et des chevaux s’abattent avec le bruit sinistre de murailles qui s’effondrent ; bientôt l’on entend des cris, des hurlements de fauves en fureur, on voit les cuirassiers tourbillonner autour du bloc, les sabres se lèvent et s’abaissent, les chevaux se cabrent, ruent et mordent ; enfin, sous les coups des boutoirs d’acier, le bloc finit par se briser, par s’émietter, et la charge se termine par une chasse infernale dans les houblonnières, où se sont réfugiés les pionniers.

Ayant ainsi débarrassé son flanc gauche, le régiment se reforme et se rue, à travers vignes et vergers, vers le village sombre que le 8e cuirassiers vient de quitter pour descendre dans la vallée.
Soudain des voix étranges palpitent dans le grondement de l’avalanche, des voix blanches de rêve qui paraissent sortir du sol :
« Vengez-nous ! Vive la France ! » disent les voix.
Les cuirassiers se penchent, regardent, et, chose affreuse, ils aperçoivent sous les sabots de leurs chevaux des blessés du 8e étendus dans l’herbe sanglante.
Le destin, qui menait à l’abîme les soldats du 9e cuirassiers, les condamnait en outre à écraser leurs frères.
La guerre, c’est la guerre !
Les cuirassiers passent, emportant la vision terrible de ces martyrs, et criant :
« Vengeons-les ! vengeons nos frères !»

Devant eux, les rayons du soleil se jouent sur des toits moussus, et la voix du vieux clocher de Morsbronn ouvre ses bras sous l’azur comme pour bénir ; c’est une vision de paix succédant à la vision de sang. Mais la mort veille derrière les murailles grises ; goule insatiable, elle attend les escadrons superbes que va lui livrer le destin.
Dans le village en effet des ombres glissent, elles emplissent les maisons basses, elles débordent dans les ruelles, comblent tous les vides, s’allongent derrière des barricades élevées à la hâte et sans bruit, grouillent partout ; on dirait une mer reprenant possession de son lit à l’heure du flux.

« Chargez ! chargez ! »
Soudés à leurs chevaux, sabres en avant, casqués de soleil, les cuirassiers visent l’entrée du boyau, fondent sur Morsbronn en criant toujours :
« Vengeons nos frères ! »
Et plus loin, là-bas, des blessés tournent vers le village maudit leurs regards de fièvre, et répètent dans leur agonie :
« Vengez-nous ! Vive la France ! »

Soudain il semble que la masse des escadrons s’effondre, qu’une folie subite jette tous ces hommes, tous ces chevaux l’un sur l’autre : cette force en mouvement vient de se heurter à de l’inerte ; quelques charrettes renversées, quelques planches ont suffi pour briser l’élan du torrent d’héroïsme.
Alors les ombres se montrent, des canons de fusil trouent les yeux mornes des vieilles maisons, hérissent la barricade, et les balles, par essaims, pleuvent sur les cuirassiers, qui s’entassent devant l’entrée du boyau.

C’est un carnage, une boucherie. La mort taille sans relâche dans le troupeau mugissant, troupeau de lions, qui s’obstine contre l’impossible ; les hommes et les chevaux tombent comme des épis mûrs sous une averse de grêle, et pourtant pas un cuirassier du 9e ne songe à tourner bride, les balles ne frappent que des poitrines ; dans l’épouvantable tourmente pas une conscience ne faiblit.
Enfin la barrière s’entrouvre, des hommes démontés ont réussi à faire une brèche dans la barricade, et, spectacle sublime, l’ont voit ceux des géants qui sont encore en selle s’engager l’un après l’autre dans cette brèche ouverte sur un enfer, sur une tombe.
Aveuglés par les éclairs des fusils, par la fumée, par les balles ils chargent aussitôt dans toutes les directions, tombent, se relèvent tombent encore. Bientôt le 9e cuirassier aura vécu.
Le colonel Waternaud a le premier utilisé la brèche, et dans le boyau sillonné par les balles, sa haute silhouette se dresse, immobile, telle la statue d’un dieu dans le clair-obscur d’un temple.
Tout à coup la statue s’anime.

Voyant tomber sans profit ses cuirassiers, estimant que le régiment a noblement rempli son devoir envers l’armée, envers la France, le colonel réunit autour de lui tout ce qu’il peut trouver d’officiers et de soldats et se met à leur tête ; puis la petite troupe charge plusieurs fois aux cris de « Vive le colonel ! » essayant de sortir du village, de gagner la route libre sous un ciel libre.
Mais les chevaux n’ont plus la vigueur nécessaire pour culbuter les lignes prussiennes ; les pauvres bêtes vacillent, de longs frissons les secouent, leurs bouches mâchonnent une bave sanglante.

C’est fini.Il n’y a plus rien à espérer, pas même à mourir, car les fusils sont devenus muets ; il n’y a plus rien à tenter, car des milliers de Prussiens entourent la poignée de héros, contemplant avec un étonnement mêlé d’admiration ces soldats magnifiques que leur livre une trahison du sort, ces prisonniers qui portent la gloire immortelle de tout un régiment.
Vers le soir, une troupe française rencontra quelques cavaliers, qui erraient sous les étoiles naissantes et paraissaient brisés de fatigue.
Un officier cria :
« Qui vive ? »
Une voix faible répondit :
« 9e cuirassiers. »
Puis les cavaliers approchèrent, ils étaient dix-sept, dont deux officiers.
L’un des officiers étendit le bras dans l’ombre et dit tristement :
« Les autres sont là-bas, morts, … blessés, … prisonniers…»
Alors le commandant de la troupe fit présenter les armes.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les deux escadrons du 6e lanciers, commandés par les capitaines Lefèvre et Pouet, ont suivi jusqu’au bout le 9e cuirassiers dans la marche à l’abîme ; ils ont chargé avec lui sur Morsbronn, et leurs morts dorment avec les siens dans les sillons de la terre d’Alsace.
Ils furent associés aux cuirassiers dans le danger, ils doivent donc l’être aussi dans la gloire.

En jetant les mille sabres de la brigade Michel dans la balance de la fortune, le général de Lartigue avait sauvé sa division et, avec elle, l’armée française tout entière.
Les escadrons superbes lancés soudain sur les pentes fleuries dans la coulée d’or du soleil arrêtèrent pendant un instant la marche méthodique de l’écrasement, immobilisèrent la branche la plus menaçante de la tenaille, et permirent ainsi à notre aile droite, trop engagée, d’échapper à une étreinte qui eût été mortelle.

Avant la charge, l’armée de Mac-Mahon pouvait craindre un désastre ; après la charge, elle put envisager la possibilité d’une retraite honorable.
Cette retraite commença bientôt ; elle fut protégée au début par les quatre régiments de cuirassiers de la division de Bonnemains, qui se sacrifièrent comme s’étaient sacrifié les régiments de la brigade Michel, qui couronnèrent l’œuvre admirable des cuirassiers de Morsbronn.

A tous ces fiers cavaliers, à ceux de la division de Bonnemains comme à ceux de la brigade Michel, l’histoire assure l’immortalité.
Mais la légende, qui émane de l’âme des peuples, a réservé ses faveurs pour les héros de Morsbronn, – dont elle a fait les cuirassiers de Reichshoffen, – et a semé autour de leur immortalité ses fleurs d’idéal et de poésie.

Le récit épique de cet épisode, tiré du livre de Jules Mazé, L’Année terrible. Les étapes héroïques.

Bonne soirée à vous.

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