31/08/2024
31 août.... cette date nous mène en Amérique latine.
Cour interaméricaine des droits de l'homme, Arrêt du 31 août 2001, Affaire Communauté Mayagna (Sumo) Awas Tingni c. Nicaragua.
Dans cet arrêt, la Cour interaméricaine des droits de l'homme
admet que le droit de propriété tel que protégé par la Convention américaine des droits de l’Homme peut être invoqué pour protéger la propriété collective autochtone.
Cet arrêt est ainsi devenue le point de départ d’une jurisprudence novatrice qui s’est imposée.
La Cour a déclaré que l’État du Nicaragua avait violé le droit de propriété de la communauté Awas Tingni en accordant à une entreprise une concession de trente ans pour l’exploitation forestière de terres occupées par la Communauté. Ces terres étaient jusque-là occupées sans aucun document officiel ni titre foncier par la Communauté Awas Tingni, une communauté composée de 600 individus basés sur la côte atlantique du pays.
Pourtant, la Cour a ordonné au Nicaragua de délimiter les terres, d’octroyer des titres de propriété à cette communauté, et de s’abstenir de toute action susceptible de porter atteinte aux intérêts de la Communauté sur ces terres. Elle a également, dans sa décision, demandé à l’État de mettre en place un mécanisme adéquat pour garantir ses droits fonciers.
Paragraphe 151 de cet arrêt :
"La Cour considère que les peuples autochtones, en vertu de leur existence prolongée sur les terres qu’ils occupent traditionnellement, ont un droit de propriété collectif sur ces terres, même en l'absence d'un titre juridique. Cette possession mérite la reconnaissance et l'équivalent de l'effet juridique d'un titre de propriété qui garantit la pleine jouissance de leur territoire..."
Ce paragraphe est célèbre parce qu'il établit un fondement juridique pour la reconnaissance des droits territoriaux des peuples autochtones, indépendamment de la reconnaissance formelle par l'État. Il a été crucial dans l'évolution du droit international concernant les droits des peuples autochtones.
Le paragraphe 149 de l'arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l'homme dans l'affaire Mayagna (Sumo) Awas Tingni est également significatif. Dans ce paragraphe, la Cour souligne l'importance des terres pour l'identité culturelle des peuples autochtones et leur survie en tant que communauté. Voici un extrait traduit du paragraphe 149 :
Paragraphe 149 de cet arrêt :
"Pour les peuples autochtones, la relation avec la terre n'est pas simplement une question de possession et de production, mais un élément matériel et spirituel dont ils doivent pleinement j***r, même pour préserver leur héritage culturel et transmettre leurs traditions. En conséquence, les droits territoriaux des peuples autochtones doivent être garantis, indépendamment de l'existence de titres formels de propriété émis par l'État."
Ce paragraphe est particulièrement célèbre car il reconnaît que pour les peuples autochtones, les terres qu'ils occupent sont intrinsèquement liées à leur culture, leur spiritualité, et leur existence même. Cette reconnaissance a été cruciale pour le développement du droit international relatif aux droits des peuples autochtones, en soulignant l'importance de protéger non seulement les aspects économiques, mais aussi culturels et spirituels de la relation des peuples autochtones avec leurs terres.

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