28/05/2026
PALMERAIE : UNE NATION FORTE NE LAISSE PAS SES ENFANTS MOURIR CHAQUE ANNÉE DES MÊMES CAUSES.
Chaque année, en saison des pluies, la Côte d’Ivoire vit les mêmes scènes de douleur et de désolation. Des familles endeuillées, des maisons détruites, des enfants emportés par les eaux, des parents qui cherchent désespérément leurs proches. Et pendant que les larmes coulent, les mêmes questions reviennent : pourquoi ces drames continuent-ils de se répéter ? Pourquoi attendons-nous toujours que des vies soient perdues avant d’agir ?
Le quartier de la Palmeraie est aujourd’hui devenu le symbole de cette tragédie silencieuse.
Pourtant, cette situation n’est pas le fruit du hasard. À l’origine, cette zone constituait un bas-fond naturel, une réserve forestière et un espace stratégique destiné à l’évacuation et au drainage des eaux pluviales d’Abidjan. Cet endroit devait jouer un rôle essentiel dans la protection de la ville contre les inondations. Il aurait pu devenir un grand parc urbain, un poumon vert utile à l’environnement et à la sécurité des populations, à l’image de certaines grandes villes modernes qui ont compris l’importance de préserver leurs espaces naturels.
Mais au fil des années, cette vocation naturelle a été sacrifiée. La zone a été viabilisée, des parcelles ont été attribuées, des constructions ont vu le jour, parfois sans réelle prise en compte des conséquences futures. Aujourd’hui, ce sont des milliers de familles qui vivent dans une zone exposée en permanence au danger.
À chaque forte pluie, la peur s’installe. À chaque saison pluvieuse, les populations retiennent leur souffle. À chaque inondation, des vies innocentes disparaissent.
Et après chaque drame, les mêmes constats sont faits, les mêmes promesses sont prononcées, les mêmes douleurs sont oubliées… jusqu’à la prochaine catastrophe.
Nous ne pouvons plus accepter cette fatalité.
Un État responsable ne peut pas rester spectateur pendant que ses filles et ses fils meurent chaque année dans les mêmes circonstances. La protection des populations doit être une priorité absolue. Le temps des simples discours est dépassé. Il faut désormais des décisions courageuses, humaines et durables.
Il devient urgent de :
- délimiter clairement les zones à haut risque
- interdire définitivement toute nouvelle construction dans ces espaces sensibles
- mettre en place un véritable programme de déguerpissement encadré avec humanité
- recaser dignement les populations concernées dans des zones sécurisées
- et restaurer cette zone dans sa fonction naturelle de bassin de drainage pour la ville d’Abidjan.
Car la nature finit toujours par reprendre ses droits.
Lorsqu’on construit sur les couloirs d’eau, lorsqu’on détruit les réserves naturelles, lorsqu’on bétonne les bas-fonds, les conséquences deviennent inévitables. Et malheureusement, ce sont toujours les populations les plus vulnérables qui paient le prix de l’inaction.
Cette question dépasse désormais le simple cadre urbanistique. Il s’agit d’une urgence humaine, sociale et environnementale. Chaque vie perdue est une blessure pour toute la nation ivoirienne.
Nous devons avoir le courage de regarder la réalité en face et d’agir avant qu’il ne soit trop t**d. Sauver des vies aujourd’hui vaut mieux que pleurer des morts demain.
La Palmeraie ne doit plus être connue comme un quartier de catastrophes et d’inondations. Elle doit devenir le symbole d’une prise de conscience nationale, d’une gouvernance responsable et d’un nouveau rapport entre l’homme, la ville et la nature.
Le peuple ivoirien mérite de vivre en sécurité. Nos enfants méritent un avenir sans peur à chaque pluie. Et nos autorités ont aujourd’hui l’occasion d’écrire une nouvelle page de responsabilité et de protection des populations.
Agissons maintenant. Parce qu’aucun développement ne vaut la vie d’un être humain.
Guillaume GUEÏ
Président-Fondateur LRN