21/07/2021
[ASSIPO Désiré : Ma contribution pour lutter contre la vie chère en Côte d’Ivoire] 1/2
Je me propose d’ouvrir le débat et de participer à la suite de plusieurs de mes compatriotes à la lutte contre la vie chère en Côte d’Ivoire.
Ma démarche se fait en quatre temps : (1) l’analyse et la remise en cause du système politique, sociale et économique qui gouverne le pays, (2) l’identification des causes profondes, (3) l’identification des acteurs et leurs responsabilités respectives, (4) l’identification des solutions de court terme et des solutions durables pour le progrès de la Côte d’Ivoire.
Mon approche se veut véridique et technique dans la recherche des causes des problèmes posés à la nation ainsi que réelle et critique pour tous les acteurs. Mon unique but est de susciter plus de responsabilité de la part de chacun et d’obtenir un mouvement d’ensemble dans la résolution définitive des problèmes. Je considère ces problèmes comme étant juste des défis du moment posés à la conscience collective des hommes et des femmes vivant sur ce territoire, conscients qu’ils sont condamnés à vivre ensemble et étant à la recherche de bien-être durable et du bonheur.
Dans cette première partie (1/2), nous traiterons dans un style direct les points (1, 2 et 3) relatifs à l’analyse du système, à l’identification et la responsabilité des acteurs et à l’identification des causes profondes de la vie chère en Côte d’ Ivoire.
Dans une seconde partie, nous donneront nos propositions à l’ensemble des acteurs.
Dans notre analyse, nous avons identifié sept (7) causes immédiates et lointaines de la vie chère en Côte d’Ivoire.
La vie chère en Côte d’ivoire c’est :
1. La vie chère en Côte d’Ivoire, c’est la COVID, pour le pays importateur, de biens de grande consommation et de produits de première nécessité qu’est la Côte d’Ivoire. Plusieurs produits consommés directement ou utilisés dans la production de biens fabriqués localement manquent sur le marché mondial, par conséquent leurs prix augmenteront, bien sûr lorsque nous arrivons à en trouver. Tous des pays sont emmenés à se réinventer humblement à tous les niveaux sociaux et économiques en mettant en priorité l’essentiel vital et en comptant sur leurs atouts intérieurs et sur leurs forces vives.
2. La vie chère en Côte d’Ivoire, c’est le train de vie du gouvernement et des institutions de la Côte d’Ivoire dans toute leur composition, impliquant le nombre des ministres, des députés, des sénateurs, des haut-fonctionnaires (corps préfectorales, juges, …) et leur traitement sous toutes ses formes (budget de souveraineté, salaires, véhicules, frais de voyage, salaire après l’exercice de la fonction, salaire des épouses, …etc)
3. La vie chère en Côte d’Ivoire, c’est la nouvelle politique fiscale adoptée par le gouvernement. En effet l’annexe fiscale 2021, impose à l’impôt minimum forfaitaire (IMF) toutes les PME qui devront désormais payer pour certaines jusqu’à 3.000.000 fcfa quel que soit le résultat et elle introduit la taxe TVA réduite de 9% sur certains produits anciennement exonérés tels que le riz, la viande, l’huile, le sucre, le lait, les pâtes alimentaires, le matériel informatique et bien d’autres. Cette politique fiscale alimente le budget de l’Etat c’est-à-dire le train de vie des gouvernants dont on a parlé plus haut, le financement des projets très souvent surévalués et opaque et le traitement de la dette avec son lot de commissions et de pots-de-vin.
4. La vie chère en Côte d’Ivoire, c’est la politique générale de la Côte d’Ivoire avec comme problèmes principaux la politique agricole orientée vers l’exportation, le faible niveau de décentralisation effective, l’exode rurale, la concentration de la ville d’Abidjan, la faiblesse de la formation technique et qualifiante, la gestion de la jeunesse plutôt instrumentalisée par les politiques qu’utilisée pour l’implémentation d’une réelle politique d’autosuffisance et de croissance.
5. La vie chère en Côte d’Ivoire, c’est La chaîne de valeur du commerce depuis les fabricants, en passant par les importateurs jusqu’aux détaillants, c’est le comportement de chaque acteur à chaque niveau dans la fixation des prix, dans la gestion des stocks et dans la relation avec les clients. Ce comportement des acteurs est lié à celui des dirigeants ayant comme frein essentiel à l’action de régulation et de surveillance : la corruption et les rackets des opérateurs économiques. C’est aussi les problèmes techniques liés à l’acheminement (Route, véhicules, …) à la bonne répartition et la conservation des produits locaux alimentaires dans tout le pays, mais en particulier allant des villages et villes de l’intérieur vers la métropole Abidjan.
6. La vie chère en Côte d’Ivoire c’est le comportement des populations, leurs activités prioritaires et leur faible implication dans la production des biens de première nécessité et de grande consommation en commençant par les produits alimentaires. C’est ce à quoi nos populations consacrent leur force de travail ; C’est l’écart entre ce que nous produisons, et ce que nous consommons (l’offre et la demande). Dans le cas présent, cet écart joue visiblement en notre défaveur.
7. La vie chère en Côte d’Ivoire c’est la CORRUPTION (en majuscule); la corruption dans l’octroi des marchés, la corruption dans les nominations des cadres censés anticiper et solutionner les problèmes, la course au gain facile, la corruption et la tricherie devenue systémique dans le système éducatif et pour l’obtention des diplômes dans notre pays.
Ceci n’est que notre modeste contribution sur la question, elle sera publiée sur les réseaux sociaux afin de susciter les échanges et de recueillir d’autres causes et d’autres pistes de solutions.
Comme indiqué plus haut, dans une seconde parution, nous donnerons nos propositions à l’ensemble des acteurs pour une prise en main du problème, et pour le progrès du pays.
Ces propositions seront divisées en :
- Actions populaires faisables avec impact de court terme ;
- Décisions responsables immédiates, recommandées aux dirigeants ;
- Actions organisées de reprise de contrôle, proposées aux dirigeants ;
- Valeurs à cultiver par la nation tout entière ;
- Solutions structurées de long terme pour la nation.
Merci de votre attention
ASSIPO Désiré
Président de REV-AFRIQUE
Réseau pour l’Emergence et la Valorisation de l’Afrique