01/01/2026
𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞𝐬, 𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐢𝐞𝐧𝐬,
𝐂𝐡𝐞𝐫𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐭𝐫𝐢𝐨𝐭𝐞𝐬,
𝐂𝐡𝐞𝐫𝐬 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐭 𝐬𝐲𝐦𝐩𝐚𝐭𝐡𝐢𝐬𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐒𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬,
L’année qui s’achève aura été, pour notre pays, une année de fractures profondes : fracture politique, fracture sociale, fracture morale. Une année au cours de laquelle le pouvoir en place a, trop souvent, choisi la fuite en avant plutôt que le dialogue, la contrainte plutôt que l’écoute, l’exclusion plutôt que la réconciliation.
Les consultations électorales organisées sans consensus ni équité ont aggravé la crise de confiance entre l’État et le peuple. Les taux massifs d’abstention, les contestations généralisées et la répression qui s’en est suivie parlent d’eux-mêmes. Dans notre pays, les élections ont cessé d’être ce qu’elles devraient toujours être : un moment de choix libre et démocratique. Elles sont devenues, hélas, un facteur d’instabilité durable.
En cette fin d’année, mes pensées vont d’abord vers nos compatriotes injustement emprisonnés, vers celles et ceux contraints à l’exil, vers les familles endeuillées, vers toutes les victimes d’une violence politique qui s’est désormais installée comme un mode de gouvernement. Rien ne justifie que l’on emprisonne ses opposants pour les faire taire, que l’on divise un pays pour se maintenir au pouvoir, que l’on utilise les forces de sécurité pour réprimer son propre peuple.
𝐄𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭, 𝐣𝐞 𝐯𝐞𝐮𝐱 𝐥𝐞 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐜𝐥𝐚𝐫𝐭𝐞́ : 𝐬𝐢 𝐥𝐚 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐠𝐫𝐚𝐯𝐞, 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐢𝐬𝐬𝐮𝐞.
Malgré la cherté de la vie, malgré le chômage qui frappe durement les jeunes, malgré des inégalités sociales devenues criantes, les Ivoiriens continuent de faire preuve d’une dignité et d’un courage remarquables. Chaque jour, dans nos quartiers, dans nos villages, dans la diaspora, je vois cette force silencieuse à l’œuvre. C’est elle qui me donne confiance en l’avenir de notre pays.
L’année 2026 doit être une année de clarté politique et de responsabilité collective. L’opposition ivoirienne n’a plus le droit à la dispersion, aux querelles d’ego ni aux calculs à courte vue. Notre peuple attend mieux. Il attend une alternative crédible, unie, organisée, porteuse d’un projet clair de démocratie réelle, de justice sociale et de souveraineté nationale.
𝐀̀ 𝐆𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐒𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬, je veux m’adresser avec franchise : notre combat est juste. Il est difficile, oui. Il est éprouvant, parfois. Mais il est nécessaire. Les départs, les doutes, les épreuves ne doivent jamais nous faire perdre de vue l’essentiel. Les grandes transformations de l’histoire sont toujours l’œuvre d’hommes et de femmes de conviction, capables de tenir dans la durée, même lorsque le chemin se fait plus étroit.
𝐀𝐮𝐱 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐂𝐨̂𝐭𝐞 𝐝’𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞, je veux dire ceci : votre avenir ne doit pas être confisqué. Vous n’êtes pas nés pour survivre dans la précarité, ni pour risquer votre vie sur les routes de l’exil. Vous êtes nés pour construire, ici même, une nation à la hauteur de vos talents et de vos rêves.
𝐀𝐮𝐱 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐂𝐨̂𝐭𝐞 𝐝’𝐈𝐯𝐨𝐢𝐫𝐞, je veux rendre hommage. Votre courage quotidien, souvent invisible, est l’un des piliers silencieux de notre société. Aucun projet sérieux de transformation nationale ne pourra réussir sans vous.
𝐂𝐡𝐞𝐫𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐭𝐫𝐢𝐨𝐭𝐞𝐬,
L’espérance que je vous propose n’est ni naïve ni utopique. Elle repose sur une conviction profonde, forgée par l’expérience : aucun régime fondé sur l’injustice, la peur et la division ne peut durablement triompher d’un peuple conscient, debout et uni. La Côte d’Ivoire mérite mieux. Et ce mieux est à notre portée, si nous avons le courage de le construire ensemble.
À chacune et à chacun d’entre vous, je présente mes vœux de courage, de dignité et de confiance en l’avenir.
𝐁𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐞𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟔.
𝐆𝐮𝐢𝐥𝐥𝐚𝐮𝐦𝐞 𝐊𝐢𝐠𝐛𝐚𝐟𝐨𝐫𝐢 𝐒𝐨𝐫𝐨
Ancien Premier ministre
Ancien Président de l’Assemblée nationale
Président de Générations et Peuples Solidaires (GPS)

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