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Alice Cherki : une vie donnée à l'AlgérieNée en 1936 à Alger — 1935 selon certaines sources — dans une famille juive ins...
08/10/2026

Alice Cherki : une vie donnée à l'Algérie

Née en 1936 à Alger — 1935 selon certaines sources — dans une famille juive installée dans le pays depuis des siècles et originaire de Boghari, dans la région de Médéa, Alice Cherki n'a jamais connu, dit-elle elle-même, le sentiment d'être autre chose qu'algérienne. « Je me suis sentie très jeune plus algérienne que française », confiera-t-elle bien plus t**d, ajoutant qu'elle avait « toujours considéré que l'Algérie française était une chimère ».

Psychiatre, psychanalyste, interne puis proche collaboratrice de Frantz Fanon, elle est aujourd'hui l'une des grandes gardiennes de sa mémoire intellectuelle. Mais réduire son parcours à celui d'une « élève de Fanon » serait injuste : Alice Cherki fut elle-même actrice de la lutte pour l'indépendance, au péril de sa sécurité et au prix d'une rupture avec son propre camp d'origine.

Une enfance rattrapée par Vichy

L'éveil politique d'Alice Cherki prend sa source dans l'humiliation. Au début des années 1940, sous le régime de Vichy qui prive les juifs d'Algérie de la citoyenneté française et les enfants juifs de l'école publique, son institutrice lui annonce qu'elle ne pourra pas revenir à la rentrée.

Interrogée sur la raison, la fillette s'entend répondre qu'elle est juive, puis, quand elle demande ce que cela signifie, qu'elle a « un grand nez, de grands yeux et de grandes oreilles ». Pour la petite fille, c'est un choc : sa mère lui cache les oreilles dans sa coiffure, elle se demande alors comment son institutrice a bien pu les voir ! Cette expérience, vécue comme un racisme biologique dont elle ne comprenait pas le sens, a été le premier traumatisme qui a ouvert ses yeux sur le monde et sur l'injustice coloniale.

Un autre souvenir marquant de cette période concerne son petit frère. Alice se souvient avoir demandé à sa mère pourquoi il n'y avait pas eu de fête pour célébrer sa naissance. Sa mère lui a alors expliqué qu'ils avaient été « rayés » des registres municipaux en tant que Français et qu'ils étaient devenus de simples « indigènes ». Ce qu'elle retient surtout, c'est que ses parents, même s'ils étaient de gauche, n'ont pas su trouver les mots pour lui expliquer ce qui leur arrivait. Le silence imposé par ce traumatisme a profondément marqué Alice Cherki et a nourri toute sa vie son intérêt pour les effets psychiques du silence dans l'Histoire.

La famille quitte Alger pour Oued Fodda, puis Orléansville — aujourd'hui Chlef —, où des instituteurs juifs organisent une classe clandestine accueillant des élèves de tous âges. Elle ne retrouve l'école publique qu'après le débarquement allié de novembre 1942.

Les injustices du quotidien

Grandie dans le quartier populaire de la Marine, à la basse Casbah, entourée d'amies majoritairement musulmanes, la jeune Alice relie très tôt sa propre blessure à l'injustice plus large du système colonial. Elle raconte avoir vu ses camarades d'école primaire, notamment sa meilleure amie Rachida, orientées vers des filières manuelles sans considération pour leurs résultats scolaires, simplement parce qu'elles étaient « indigènes ».

Le souvenir des femmes de ménage musulmanes traversant en files silencieuses les quartiers européens achève de forger, chez l'adolescente, une conscience à la fois anticoloniale et féministe.

Une grève de la faim pour aller à l'université

Voici une anecdote qui parlera aux plus jeunes : sa propre mère avait dû quitter le lycée à dix-sept ans pour se marier. Alice, elle, ne l'entend pas de cette oreille. Pour convaincre son père de la laisser entrer à l'université, elle fit une grève de la faim de deux jours. Elle a gagné. Cela montre déjà son caractère bien trempé et sa détermination à ne pas se laisser enfermer dans le rôle qu'on voulait lui assigner en tant que femme.

La rencontre avec Fanon et l'entrée en clandestinité

C'est à la faculté de médecine d'Alger, au moment même où éclate l'insurrection de novembre 1954, qu'Alice Cherki achève sa formation militante. Elle y fréquente l'AJAAS, l'Association de la jeunesse algérienne pour l'action sociale, creuset mêlant scouts musulmans, nationalistes, communistes et chrétiens progressistes.

C'est par l'intermédiaire de Pierre Chaulet qu'elle rencontre, début 1955, Frantz Fanon, médecin-chef à l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, lors d'une conférence sur la peur et l'angoisse. Fanon lui propose de faire son internat à ses côtés. Elle y retrouve aussi Charles Géronimi, futur neurologue, qu'elle épouse en 1956.

Dès 1955, alors que des étudiants puis des amis de faculté disparaissent l'un après l'autre pour rejoindre le maquis, Alice Cherki commence à distribuer des tracts du FLN — en particulier ceux destinés à rallier la communauté juive algérienne à la cause de l'indépendance.

La rupture avec sa famille

Autre anecdote forte : découvrant ce matériel dans la chambre de sa fille, son père la met devant un choix : cesser toute activité militante ou quitter la maison familiale. Elle part. L'événement n'est pas anodin : en 1961, sa famille restée à Alger sera menacée par l'OAS en raison de son propre engagement. Elle a donc choisi très jeune de sacrifier son confort familial pour ses convictions.

Autour de Fanon, avec Pierre Chaulet et Daniel Timsit, se constitue ce qu'elle appellera plus t**d le « bras médical » du FLN : organisation de soins clandestins pour les combattants, détournement de médicaments puisés dans les stocks hospitaliers au profit de l'Armée de libération nationale. Ce n'est donc pas en simple témoin, mais en actrice à part entière du réseau médical de la Révolution, qu'Alice Cherki traverse la bataille d'Alger.

L'exil : Paris, Tunis, Berlin-Est

En janvier 1957, alors que Fanon vient d'être expulsé d'Algérie et que l'étau se resserre sur l'organisation, Alice Cherki et Charles Géronimi s'exilent à leur tour, d'abord à Paris. Elle s'y rapproche des réseaux de soutien au FLN — le réseau Jeanson et la section parisienne de l'UGEMA — avant que le couple ne doive rejoindre Tunis dès 1958. Là, ils retrouvent Fanon, qui tente de « révolutionner » la clinique psychiatrique de la Manouba, et Alice Cherki y reprend son internat à ses côtés.

Une bourse du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) lui permet ensuite d'achever ses études en Allemagne de l'Est — les femmes, rappelle-t-elle, n'étant pas autorisées à exercer sur les zones frontalières où se pratiquaient les soins aux combattants. La mort de Fanon en décembre 1961, puis les luttes internes qui déchirent le FLN et l'UGEMA, la privent de sa bourse : elle doit regagner la Tunisie sans avoir achevé son diplôme. Elle n'abandonne pourtant aucun front et crée, à La Marsa, un centre de psychiatrie destiné aux soldats de l'ALN.

Le retour et les désillusions de l'indépendance

Après la signature des accords d'Évian, Alice Cherki rentre à Alger en pleine terreur exercée par l'OAS pour tenter de saborder la paix naissante — « la peur au ventre », dira-t-elle. À la clinique de l'Ermitage, à Kouba, elle découvre des malades algériens livrés à eux-mêmes, abandonnés par le personnel soignant français, sans médicaments ni suivi. En lien avec la deuxième Zone autonome d'Alger, elle relance ses réseaux de détournement de médicaments au profit des infirmeries de fortune de la wilaya IV.

Mais l'indépendance apporte aussi sa part d'amertume. Le programme de Tripoli de mai 1962 lui semble déjà trahir les principes de pluralité ethnique et religieuse qu'elle avait défendus ; ni les Algériens juifs ni ceux d'origine européenne, estime-t-elle, n'ont voix au chapitre dans l'Algérie qui se construit.

Une nationalité qu'on lui fait demander

Dernière anecdote, peut-être la plus injuste : le nouveau code de la nationalité l'oblige à déposer une demande de nationalité algérienne « pour services rendus à la Révolution ». La formalité la révolte — sa famille vit en Algérie depuis des siècles, elle y est née : comment pourrait-elle avoir à demander ce qu'elle a toujours été ? Traitée en étrangère par ses propres « frères d'a***s », elle refuse d'accepter ce statut, sans pouvoir rien y changer sur le moment. Il lui faudra attendre 2015 et un décret du président Abdelaziz Bouteflika pour obtenir enfin son passeport algérien.

Sources :
• Rosa Moussaoui, « Alice Cherki, une vie donnée à l’Algérie » in L’Humanité,
• Entretiens autobiographiques d’Alice Cherki avec El Watan
• Témoignages de Pierre Chaulet et Daniel Timsit sur le réseau médical FLN
• Benjamin Stora, Les Juifs d’Algérie.

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Alice Cherki: حياة وهبتها لـ Algérie

وُلدت Alice Cherki عام 1936 في Alger — و1935 وفق بعض المصادر — في عائلة يهودية مستقرة في البلاد منذ قرون، وأصلها من Boghari في منطقة Médéa. تقول عن نفسها إنها لم تعرف قط الشعور بأنها شيء آخر غير جزائرية. «شعرت منذ سن مبكرة جدًا بأنني أكثر جزائرية من فرنسية»، هكذا ستقول لاحقًا، مضيفة أنها «اعتبرت دائمًا أن Algérie française كانت وهمًا».

طبيبة نفسية، ومحللة نفسية، ومتدربة ثم مقربة ومتعاونة مع Frantz Fanon، وهي اليوم من الحراس الكبار لذاكرته الفكرية. لكن اختزال مسارها في كونها «تلميذة Fanon» سيكون ظلمًا: فقد كانت Alice Cherki نفسها فاعلة في النضال من أجل الاستقلال، مخاطرة بأمنها، وبثمن قطيعة مع وسطها الأصلي.

طفولة أدركها Vichy

يأخذ الاستيقاظ السياسي لـ Alice Cherki مصدره من الإذلال. في بداية أربعينيات القرن العشرين، تحت نظام Vichy الذي حرم يهود Algérie من الجنسية الفرنسية ومنع الأطفال اليهود من المدارس العامة، أعلنت لها معلمتها أنها لن تستطيع العودة في بداية العام الدراسي.

وحين سألت الطفلة عن السبب، سمعت الجواب أنها يهودية، ثم عندما سألت عما يعنيه ذلك، قيل لها إن لها «أنفًا كبيرًا وعينين كبيرتين وأذنين كبيرتين». كان ذلك صدمة للصغيرة: فوالدتها كانت تخفي أذنيها في تسريحة شعرها، فبدأت تتساءل كيف استطاعت معلمتها رؤيتهما أصلًا! هذه التجربة، التي عاشتها كعنصرية بيولوجية لم تفهم معناها، كانت أول صدمة فتحت عينيها على العالم وعلى الظلم الاستعماري.

هناك ذكرى مؤثرة أخرى من تلك الفترة تتعلق بأخيها الصغير. تتذكر Alice أنها سألت والدتها لماذا لم تكن هناك حفلة للاحتفال بمولده. فأوضحت لها والدتها أنهم «شُطبوا» من السجلات البلدية بصفتهم فرنسيين، وأنهم أصبحوا مجرد «أهالي». وما تسترجعه خصوصًا هو أن والديها، رغم كونهما من اليسار، لم يعرفا كيف يجدان الكلمات لشرح ما كان يحدث لهما. الصمت الذي فرضته هذه الصدمة ترك أثرًا عميقًا في Alice Cherki، وغذّى طوال حياتها اهتمامها بالآثار النفسية للصمت في التاريخ.

غادرت العائلة Alger إلى Oued Fodda، ثم إلى Orléansville — المعروفة اليوم بـ Chlef — حيث نظّم معلمون يهود صفًا سريًا يستقبل تلاميذ من كل الأعمار. ولم تعد إلى المدرسة العامة إلا بعد إنزال الحلفاء في نوفمبر 1942.

ظلم الحياة اليومية

نشأت في حي Marine الشعبي، في Casbah السفلى، محاطة بصديقات مسلمات في الغالب. وربطت Alice الصغيرة مبكرًا جدًا بين جرحها الخاص والظلم الأوسع للنظام الاستعماري. وتروي أنها رأت زميلاتها في المدرسة الابتدائية، ولا سيما أعز صديقاتها Rachida، يُوجَّهن إلى مسارات يدوية دون اعتبار لنتائجهن الدراسية، فقط لأنهّن «أهالي».

أما ذكرى عاملات النظافة المسلمات وهن يعبرن في صفوف صامتة الأحياء الأوروبية، فقد أكملت تشكيل وعي المراهقة، وعي مناهض للاستعمار ونسوي في الوقت نفسه.

إضراب عن الطعام لدخول الجامعة

إليكم حكاية ستعني الأجيال الأصغر: والدتها نفسها اضطرت إلى مغادرة الثانوية في السابعة عشرة للزواج. أما Alice فلم تتقبل ذلك. ولإقناع والدها بالسماح لها بدخول الجامعة، أضربت عن الطعام يومين. وقد انتصرت. وهذا يُظهر أصلًا شخصيتها الصلبة وعزمها على ألا تُحبَس في الدور الذي أرادوا فرضه عليها كامرأة.

اللقاء بـ Fanon ودخول السرية

في كلية الطب في Alger، وفي اللحظة التي اندلعت فيها انتفاضة نوفمبر 1954، أكملت Alice Cherki تكوينها النضالي. كانت ترتاد هناك AJAAS، جمعية الشباب الجزائري للعمل الاجتماعي، وهي بوتقة تجمع كشافة مسلمين وقوميين وشيوعيين ومسيحيين تقدميين.

وبواسطة Pierre Chaulet التقت، في بداية 1955، بـ Frantz Fanon، رئيس الأطباء في المستشفى النفسي في Blida-Joinville، خلال محاضرة عن الخوف والقلق. وعرض عليها Fanon أن تقضي فترة تدريبها إلى جانبه. وهناك التقت أيضًا Charles Géronimi، طبيب الأعصاب المستقبلي، الذي تزوجته عام 1956.

منذ 1955، بينما كان طلاب ثم أصدقاء من الكلية يختفون واحدًا بعد الآخر للالتحاق بالمقاومة المسلحة، بدأت Alice Cherki توزع منشورات FLN — خصوصًا تلك الموجهة لكسب الجالية اليهودية الجزائرية إلى قضية الاستقلال.

القطيعة مع عائلتها

حكاية قوية أخرى: عندما اكتشف والدها هذه المواد في غرفة ابنته، وضعها أمام خيار: إما التوقف عن كل نشاط نضالي أو مغادرة البيت العائلي. فرحلت. الحدث ليس هينًا: في 1961، تعرضت عائلتها الباقية في Alger للتهديد من طرف OAS بسبب التزامها هي. وهكذا اختارت، في سن مبكرة جدًا، التضحية براحتها العائلية من أجل قناعاتها.

حول Fanon، ومع Pierre Chaulet وDaniel Timsit، تشكّل ما ستسميه لاحقًا «الذراع الطبية» لـ FLN: تنظيم رعاية سرية للمقاتلين، وتحويل الأدوية المأخوذة من مخزونات المستشفيات لفائدة جيش التحرير الوطني. لذا لم تعبر Alice Cherki معركة Alger كشاهدة بسيطة، بل كفاعلة كاملة في الشبكة الطبية للثورة.

المنفى: Paris، Tunis، Berlin-Est

في يناير 1957، بينما كان Fanon قد طُرد من Algérie للتو، وكان الخناق يضيق على التنظيم، نفت Alice Cherki وCharles Géronimi نفسيهما بدورهما، أولًا إلى Paris. وهناك اقتربت من شبكات دعم FLN — شبكة Jeanson والقسم الباريسي لـ UGEMA — قبل أن يضطر الزوجان إلى اللحاق بـ Tunis منذ 1958. وهناك وجدا Fanon من جديد، وهو يحاول «تثوير» مصحة Manouba النفسية، واستأنفت Alice Cherki تدريبها إلى جانبه.

ثم أتاحت لها منحة من الحكومة المؤقتة للجمهورية الجزائرية (GPRA) إكمال دراستها في ألمانيا الشرقية — وتذكّر أن النساء لم يكن مسموحًا لهن بالعمل في المناطق الحدودية حيث كانت تُقدَّم العلاجات للمقاتلين. وبوفاة Fanon في ديسمبر 1961، ثم الصراعات الداخلية التي مزقت FLN وUGEMA، فقدت منحتها: فاضطرت إلى العودة إلى Tunis دون أن تكمل شهادتها. ومع ذلك لم تتخلَّ عن أي جبهة، وأنشأت في La Marsa مركزًا للطب النفسي مخصصًا لجنود ALN.

العودة وخيبات الاستقلال

بعد توقيع اتفاقات Évian، عادت Alice Cherki إلى Alger في خضم الإرهاب الذي مارسته OAS في محاولة لتقويض السلام الناشئ — «والخوف في القلب»، كما ستقول. في مصحة Ermitage في Kouba، وجدت مرضى جزائريين متروكين لأنفسهم، تخلى عنهم الطاقم الطبي الفرنسي، بلا أدوية ولا متابعة. وبالتنسيق مع المنطقة المستقلة الثانية في Alger، أعادت تشغيل شبكاتها لتحويل الأدوية لفائدة المستوصفات المؤقتة في wilaya IV.

لكن الاستقلال حمل أيضًا نصيبه من المرارة. فقد بدا لها برنامج Tripoli في مايو 1962 خائنًا أصلًا لمبادئ التعددية العرقية والدينية التي دافعت عنها؛ وتعتبر أنه لا الجزائريون اليهود ولا الجزائريون من أصل أوروبي كان لهم صوت في Algérie التي كانت تُبنى.

جنسية يُطلب منها أن تطلبها

حكاية أخيرة، وربما أكثرها ظلمًا: قانون الجنسية الجديد ألزمها بتقديم طلب للحصول على الجنسية الجزائرية «مقابل خدمات قدمتها للثورة». أثارت هذه الإجراءات غضبها — فعائلتها تعيش في Algérie منذ قرون، وهي وُلدت هناك: كيف يمكن أن تُطلب منها جنسية كانت دائمًا هي؟ وقد عوملت كأجنبية من «رفاق سلاحها» أنفسهم، فرفضت قبول هذا الوضع، دون أن تستطيع تغيير شيء في حينه. واضطرت إلى الانتظار حتى 2015 ومرسوم من الرئيس Abdelaziz Bouteflika لتحصل أخيرًا على جواز سفرها الجزائري.

07/10/2026

L'Émir Abdelkader : quinze ans de résistance, une œuvre pour l’histoire

Certaines figures historiques échappent à leur époque pour devenir des légendes universelles. L’émir Abdelkader (1808-1883) est de celles-là. En une seule destinée, il incarne à la fois le combattant et le bâtisseur, le mystique soufi et le poète, le résistant et l’humaniste — une alliance rare de qualités que tout semblait opposer.

Dès 1832, à seulement 24 ans, il est proclamé émir et parvient à unir les tribus de l’Ouest algérien. Il met alors en place une véritable organisation étatique : armée, impôts, monnaie, écoles, ateliers d’armement. Face à la conquête française, il résiste pendant près de quinze années. Fin stratège et diplomate, il signe le traité de Tafna en 1837, joue des rivalités entre puissances et impose le respect à ses adversaires.

Mais sa grandeur ne tient pas qu’aux a***s. Il traite ses prisonniers avec humanité, respecte les civils et tient toujours parole. Même ses ennemis reconnaissent sa grandeur d’âme. Soufi de la confrérie Qadiriyya, théologien, poète et auteur, il refuse le fanatisme et cherche à concilier foi, raison et dignité.

En 1860, à Damas, lors des massacres entre druzes et maronites, il intervient personnellement pour sauver des milliers de chrétiens, au péril de sa vie. Cet acte lui vaut une reconnaissance internationale, dont la grand-croix de la Légion d’honneur.

Son rayonnement a même traversé l’Atlantique. Aux États-Unis, dans l’Iowa, une ville porte son nom : Elkader. Fondée en 1846 par John Thompson et Timothy Davis, elle fut baptisée en hommage à sa résistance à l’occupation coloniale française. Le nom fut américanisé en « Elkader ». Aujourd’hui, une aile du Carter House Museum, le musée de la ville, est consacrée à l’Algérie et à Abdelkader.

Symbole universel, l’émir Abdelkader est honoré en Algérie comme héros national, mais aussi dans le monde comme figure de résistance juste, de dialogue interreligieux et de conscience morale. Il avait l’épée du guerrier, le compas du bâtisseur, le chapelet du mystique et la plume du poète. C’est cette alliance rare — courage, intelligence, foi et humanité — qui rend l’émir Abdelkader exceptionnel.

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الأمير عبد القادر: خمس عشرة سنة من المقاومة، وإنجاز يخلده التاريخ

بعض الشخصيات التاريخية تتجاوز عصرها لتصبح أساطير عالمية. والأمير عبد القادر (1808-1883) واحد من هؤلاء. في مصير واحد، يجسّد في آن واحد المقاتل والبنّاء، والصوفي الشاعر، والمقاوم والإنساني — مزيجًا نادرًا من صفات بدا أن كل شيء يفرّق بينها.

منذ عام 1832، وفي الرابعة والعشرين فقط، بُويع أميرًا، وتمكّن من توحيد قبائل غرب الجزائر. فأنشأ تنظيمًا دولة حقيقيًا: جيشًا، وضرائب، وعملة، ومدارس، وورشات تسليح. وفي مواجهة الغزو الفرنسي، قاوم نحو خمس عشرة سنة. وبصفته استراتيجيًا ودبلوماسيًا بارعًا، وقّع معاهدة تافنة عام 1837، ولعب على التنافس بين القوى، وفرض الاحترام على خصومه.

لكن عظمته لا تكمن في السلاح وحده. فقد عامل أسراه بإنسانية، واحترم المدنيين، ووفي دائمًا بعهده. حتى أعداؤه اعترفوا بسمو نفسه. وبوصفه صوفيًا من الطريقة القادرية، ولاهوتيًا، وشاعرًا، ومؤلفًا، رفض التعصب، وسعى إلى التوفيق بين الإيمان والعقل والكرامة.

وفي عام 1860، في دمشق، خلال المجازر بين الدروز والموارنة، تدخّل شخصيًا لإنقاذ آلاف المسيحيين، مخاطرًا بحياته. وقد أكسبه هذا الفعل اعترافًا دوليًا، من بين مظاهره الصليب الأكبر لوسام جوقة الشرف.

بل إن إشعاعه عبر الأطلسي أيضًا. ففي الولايات المتحدة، في ولاية آيوا، توجد مدينة تحمل اسمه: إلكيدر. أسّسها عام 1846 جون طومسون وتيموثي ديفيس، وسُمّيت تكريمًا لمقاومته للاحتلال الاستعماري الفرنسي. وقد حُوّل الاسم إلى صيغة أمريكية: «إلكيدر» Elkader. واليوم، خُصّص جناح في متحف منزل كارتر، متحف المدينة، للجزائر ولعبد القادر.

ورمزًا عالميًا، يُكرَّم الأمير عبد القادر في الجزائر كبطل وطني، كما يُكرَّم في العالم كرمز لمقاومة عادلة، وحوار بين الأديان، وضمير أخلاقي. كان له سيف المحارب، وف*جار الباني، ومسبحة المتصوف، وقلم الشاعر. وهذا الجمع النادر — الشجاعة والذكاء والإيمان والإنسانية — هو ما يجعل الأمير عبد القادر استثنائيًا.

🔹️Voici un pan de l’histoire de mon arrière-grand-père, El Hadj M’barekYahiaoui M’barek, caïd résistant des Beni-bou-Yag...
03/10/2026

🔹️Voici un pan de l’histoire de mon arrière-grand-père, El Hadj M’barek

Yahiaoui M’barek, caïd résistant des Beni-bou-Yagoub : un document inédit de 1851 révèle l’engagement d’un grand-père et la mémoire transmise à son petit-fils, le chahid, l'officier de l'ALN, Yahiaoui Ahmed ben Saâd

Un contexte de résistance généralisée (1851)

En 1851, l’Algérie est en pleine période de conquête coloniale française. Vingt et un ans après le débarquement de Sidi-Fredj (1830), la résistance algérienne, loin d’être éteinte, se recompose autour de figures charismatiques et de réseaux tribaux. Dans le Djurdjura, un homme incarne cette flamme : le chérif Mohamed ben Abdallah, dit Boubaghla (« l’homme à la mule »), qui mène de 1851 à 1854 une révolte redoutable contre l’armée française. Sa renommée traverse les montagnes et les plaines, jusqu’aux confins du Titteri et de la Mitidja.

C’est dans ce contexte qu’un document d’archive — dont la transcription et la traduction sont ici livrées — jette une lumière inédite sur l’engagement d’un chef tribal de la région de Médéah : Yahiaoui M’barek, caïd de la tribu des Beni-bou-Yagoub, établie à environ vingt kilomètres au nord-est de Berrouaghia.

Boubaghla, l’étincelle du Djurdjura

Avant d’examiner les faits relatifs à Yahiaoui M’barek, un bref rappel s’impose sur Boubaghla. Chérif Boubaghla, de son vrai nom Mohamed ben Abdallah, apparaît comme l’un des derniers grands chefs de la résistance kabyle face à la pénétration française. Sa stratégie repose sur la mobilité, la connaissance du terrain montagneux et la capacité à fédérer les tribus au-delà des clivages locaux. Il est tué au combat le 26 décembre 1854 à Tachkirt, mais son action a profondément marqué les esprits et suscité des complicités bien au-delà de la Kabylie.

Longtemps conservé au Musée de l’Homme et au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, le crâne de Boubaghla a été restitué par la France à l’Algérie le 5 juillet 2020.

L’affaire de 1851 : le caïd El-Hadj-Embarak face à l’accusation de trahison

Le texte que nous reproduisons émane des autorités militaires françaises de la subdivision de Médéa. Il rapporte l’arrestation du caïd des Beni-bou-Yagoub, désigné sous le nom de El-Hadj-Embarak — que l’on identifie comme Yahiaoui M’barek. Les faits sont datés de 1851.

Les charges retenues

Selon le rapport, des « intelligences secrètes » existaient entre la tribu des Beni-bou-Yagoub et la Kabylie. Deux hommes de la tribu, arrêtés dans la Mitidja, transportaient des lettres de Boubaghla. Interrogés, ils déclarent avoir été envoyés par leur caïd, El-Hadj-Embarak, qui aurait lui-même reçu ces missives du Djurdjura.

L’enquête révèle ensuite une correspondance compromettante : une lettre revêtue du cachet du caïd, adressée à Boubaghla, par laquelle il envoyait l’argent de la poudre qu’il s’était chargé de vendre dans sa tribu, ainsi qu’un cadeau au chérif, accompagné de « sentimens inconciliables avec la position » que lui avait confiée l’autorité française.

La sanction et la déportation

Le rapport conclut sans ambiguïté : « Pour le punir de sa conduite coupable, El-Hadj-Embarak sera traité selon toute la rigueur des lois. » Le caïd est arrêté par ordre du général commandant la subdivision et envoyé à Blida, à la disposition du général commandant la division.

Après son procès, Yahiaoui M’barek fut déporté en Guyane. Cette déportation confirme la lourdeur de la répression coloniale et le prix payé par ce chef tribal pour son soutien à Boubaghla. Les conditions exactes de sa détention, la date de sa mort et son destin ultérieur en Guyane restent à documenter.

Ce document est exceptionnel à plus d’un titre. Il établit non seulement l’existence de réseaux de solidarité et de connivence entre les tribus du Titteri et la Kabylie de Boubaghla, mais il désigne nommément un chef tribal — Yahiaoui M’barek — comme acteur de cette résistance, au prix de sa position officielle, de sa sécurité et, finalement, de sa liberté.

De Yahiaoui M’barek à Yahiaoui Ahmed ben Saâd : une mémoire de résistance transmise sur trois générations

L’importance de cette découverte ne réside pas seulement dans l’éclairage qu’elle apporte sur l’histoire locale de la résistance à la colonisation. Elle prend une dimension supplémentaire lorsqu’on établit le lien familial : Yahiaoui M’barek est le grand-père de Yahiaoui Ahmed ben Saâd, futur chahid de la guerre d’indépendance.

Yahiaoui Ahmed ben Saâd, six années au maquis

Yahiaoui Ahmed ben Saâd incarne la continuité de cet engagement. Il passe six années dans le maquis, de 1955 à 1961, au sein de l'ALN. Il tombe au combat le 7 novembre 1961, quelques mois seulement avant le cessez-le-feu du 19 mars 1962.

Une filiation symbolique

Ainsi, à près d’un siècle de distance, deux hommes d’une même famille — le grand-père et le petit-fils — ont porté les a***s, chacun à leur manière, contre la domination française. Le premier, en 1851, au sein d’une résistance tribale encore marquée par les structures précoloniales, avant d’être déporté en Guyane ; le second, entre 1955 et 1961, dans le cadre d’un mouvement national organisé, l’ALN.

Le document de 1851, en révélant l’action de Yahiaoui M’barek, permet de reconstituer une généalogie de la résistance qui dépasse la simple anecdote familiale. Il montre que l’engagement pour la liberté ne date pas de la guerre d’indépendance, mais s’enracine dans une mémoire longue, transmise de génération en génération, au sein de la tribu des Beni-bou-Yagoub et au-delà.

Conclusion

Ce document d’archive, extrait de la presse coloniale de 1851, constitue une pièce précieuse pour l’histoire de la résistance algérienne. Il met en lumière le rôle méconnu du caïd Yahiaoui M’barek, chef de la tribu des Beni-bou-Yagoub, qui paya de sa liberté — puis fut déporté en Guyane — et probablement de sa vie, son soutien à Boubaghla. Plus encore, il éclaire le parcours de son petit-fils, Yahiaoui Ahmed ben Saâd, chahid mort au combat en 1961, à l’âge de soixante ans, après six années de maquis. D’un siècle à l’autre, d’une résistance à l’autre, c’est une même flamme qui traverse cette lignée : celle du refus de la servitude et de la lutte pour la dignité.

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هذا فصل من تاريخ جدي الأكبر، الحاج مبارك

يحياوي مبارك، قائد مقاوم من بني بو يعقوب: وثيقة غير منشورة من 1851 تكشف التزام جدّ وذاكرة متوارثة إلى حفيده، الشهيد ضابط جيش التحرير، يحياوي أحمد بن سعد

سياق مقاومة معمّمة (1851)

في عام 1851، كانت الجزائر تعيش ذروة فترة الغزو الاستعماري الفرنسي. وبعد واحد وعشرين عامًا من إنزال سيدي ف*ج (1830)، لم تكن المقاومة الجزائرية قد انطفأت، بل أعادت تشكيل نفسها حول شخصيات كاريزمية وشبكات قبلية. وفي جرجرة، جسّد رجل هذه الشعلة: الشريف محمد بن عبد الله، الملقّب بوبغلة («صاحب البغلة»)، الذي قاد من 1851 إلى 1854 ثورة هائلة ضد الجيش الفرنسي. وقد عبرت شهرته الجبال والسهول، حتى تخوم تيطري ومتيجة.

وفي هذا السياق، تلقي وثيقة أرشيفية — تُقدَّم هنا نسختها المنقولة وترجمتها — ضوءًا جديدًا على التزام زعيم قبلي من منطقة المدية: يحياوي مبارك، قائد قبيلة بني بو يعقوب، التي تقع على نحو عشرين كيلومترًا شمال شرق البرواقية.

بوبغلة، شرارة جرجرة

قبل فحص الوقائع المتعلقة بيحياوي مبارك، لا بد من تذكير موجز ببوبغلة. يظهر الشريف بوبغلة، واسمه الحقيقي محمد بن عبد الله، بوصفه أحد آخر القادة الكبار للمقاومة القبائلية في وجه التغلغل الفرنسي. استندت استراتيجيته إلى التنقل، ومعرفة التضاريس الجبلية، والقدرة على توحيد القبائل خارج الانقسامات المحلية. قُتل في المعركة في 26 ديسمبر 1854 بتاشكيرت، لكن فعله ترك أثرًا عميقًا في الأذهان وأثار تواطؤات أبعد بكثير من منطقة القبائل.

وبعد أن ظلّت جمجمته محفوظة طويلًا في متحف الإنسان والمتحف الوطني للتاريخ الطبيعي في باريس، أعادت فرنسا جمجمة بوبغلة إلى الجزائر في 5 يوليو 2020.

قضية 1851: القائد الحاج مبارك في مواجهة تهمة الخيانة

النص الذي نعيد نشره صادر عن السلطات العسكرية الفرنسية في القسم الفرعي بالمدية. وهو يروي اعتقال قائد بني بو يعقوب، المذكور باسم الحاج مبارك — الذي نعرّفه بأنه يحياوي مبارك. وتعود الوقائع إلى عام 1851.

التهم الموجّهة

بحسب التقرير، كانت هناك «اتصالات سرية» بين قبيلة بني بو يعقوب ومنطقة القبائل. وقد أوقف رجلان من القبيلة في متيجة، وكانا يحملان رسائل من بوبغلة. وبعد استجوابهما، صرّحا بأن قائدهما الحاج مبارك أرسلهما، وأنه هو نفسه كان يتلقى تلك الرسائل من جرجرة.

ثم كشف التحقيق عن مراسلات مضرّة: رسالة تحمل خاتم القائد، موجّهة إلى بوبغلة، كان يرسل فيها مال البارود الذي تولّى بيعه في قبيلته، بالإضافة إلى هدية إلى الشريف، مصحوبة بـ«مشاعر لا تتوافق مع المنصب» الذي أوكلته إليه السلطة الفرنسية.

العقوبة والنفي

يخلص التقرير دون لبس: «لمعاقبته على سلوكه المذنب، سيُعامل الحاج مبارك بكل صرامة القوانين.» وقد اعتُقل القائد بأمر من الجنرال قائد القسم الفرعي وأُرسل إلى البليدة، تحت تصرف الجنرال قائد الفرقة.

وبعد محاكمته، نُفي يحياوي مبارك إلى غويانا. ويؤكد هذا النفي قسوة القمع الاستعماري والثمن الذي دفعه هذا الزعيم القبلي مقابل دعمه لبوبغلة. ولا تزال الظروف الدقيقة لاحتجازه، وتاريخ وفاته، ومصيره اللاحق في غويانا بحاجة إلى التوثيق.

هذه الوثيقة استثنائية لأكثر من سبب. فهي لا تثبت فقط وجود شبكات تضامن وتواطؤ بين قبائل تيطري وقبائل بوبغلة في جرجرة، بل تسمّي صراحة زعيمًا قبليًا — يحياوي مبارك — فاعلًا في هذه المقاومة، وذلك على حساب منصبه الرسمي وأمنه، ثم حريته في النهاية.

من يحياوي مبارك إلى يحياوي أحمد بن سعد: ذاكرة مقاومة متوارثة عبر ثلاثة أجيال

لا تكمن أهمية هذا الاكتشاف فقط في الضوء الذي يلقيه على التاريخ المحلي للمقاومة ضد الاستعمار. بل يكتسب بُعدًا إضافيًا عندما نُثبت الصلة العائلية: ف يحياوي مبارك هو جدّ يحياوي أحمد بن سعد، شهيد حرب الاستقلال لاحقًا.

يحياوي أحمد بن سعد، ست سنوات في الماكي

يجسّد يحياوي أحمد بن سعد استمرارية هذا الالتزام. فقد أمضى ست سنوات في الماكي، من 1955 إلى 1961، ضمن صفوف جيش التحرير الوطني (ALN). وسقط في المعركة في 7 نوفمبر 1961، بعد أشهر قليلة فقط من وقف إطلاق النار في 19 مارس 1962.

رابطة نسب رمزية

وهكذا، على مسافة قرن تقريبًا، حمل رجلان من العائلة نفسها — الجد والحفيد — السلاح، كل بطريقته، ضد الهيمنة الفرنسية. الأول، في 1851، ضمن مقاومة قبلية لا تزال متأثرة بالبنى ما قبل الاستعمارية، قبل أن يُنفى إلى غويانا؛ والثاني، بين 1955 و1961، في إطار حركة وطنية منظمة، هي جيش التحرير الوطني.

وإن وثيقة 1851، بالكشف عن فعل يحياوي مبارك، تتيح إعادة تركيب نسب للمقاومة يتجاوز الحكاية العائلية البسيطة. فهي تُظهر أن الالتزام بالحرية لا يعود إلى حرب الاستقلال، بل يضرب بجذوره في ذاكرة طويلة، تُنقل من جيل إلى جيل، داخل قبيلة بني بو يعقوب وخارجها.

خاتمة

تشكّل هذه الوثيقة الأرشيفية، المستخرجة من الصحافة الاستعمارية عام 1851، قطعة ثمينة لتاريخ المقاومة الجزائرية. فهي تسلّط الضوء على الدور شبه المجهول للقائد يحياوي مبارك، زعيم قبيلة بني بو يعقوب، الذي دفع حريته — ثم نُفي إلى غويانا — وربما حياته أيضًا، ثمنًا لدعمه بوبغلة. بل أكثر من ذلك، تضيء مسار حفيده، يحياوي أحمد بن سعد، الشهيد الذي مات في المعركة عام 1961، في سن الستين، بعد ست سنوات في الكفاح المسلح. ومن قرن إلى آخر، ومن مقاومة إلى أخرى، تظل الشعلة نفسها تعبر هذا النسب: شعلة رفض الاستعباد والنضال من أجل الكرامة.

🔸️️Here is a part of the history of my great-grandfather, El Hadj M’barek.

Yahiaoui M’barek, resistance caid of the Beni-bou-Yagoub: an unpublished 1851 document reveals the commitment of a grandfather and the memory transmitted to his grandson, the chahid, the ALN officer Yahiaoui Ahmed ben Saâd

A context of generalized resistance (1851)

In 1851, Algeria was in the midst of the French colonial conquest. Twenty-one years after the landing at Sidi-Fredj (1830), Algerian resistance, far from being extinguished, was re-forming around charismatic figures and tribal networks. In the Djurdjura, one man embodied this flame: the sharif Mohamed ben Abdallah, known as Boubaghla (“the man with the mule”), who from 1851 to 1854 led a formidable revolt against the French army. His fame spread through the mountains and plains, to the confines of the Titteri and the Mitidja.

It was in this context that an archival document—whose transcription and translation are provided here—sheds new light on the commitment of a tribal chief from the Médéa region: Yahiaoui M’barek, caid of the Beni-bou-Yagoub tribe, established about twenty kilometers northeast of Berrouaghia.

Boubaghla, the spark of the Djurdjura

Before examining the facts concerning Yahiaoui M’barek, a brief reminder about Boubaghla is necessary. Sharif Boubaghla, whose real name was Mohamed ben Abdallah, appears as one of the last great leaders of Kabyle resistance to French pe*******on. His strategy rested on mobility, knowledge of the mountainous terrain, and the ability to unite tribes beyond local divisions. He was killed in combat on December 26, 1854, at Tachkirt, but his action deeply marked minds and aroused sympathies far beyond Kabylie.

Long kept at the Musée de l’Homme and the Muséum national d’histoire naturelle in Paris, Boubaghla’s skull was returned by France to Algeria on July 5, 2020.

The affair of 1851: Caid El-Hadj-Embarak facing the accusation of treason

The text we reproduce comes from the French military authorities of the subdivision of Médéa. It reports the arrest of the caid of the Beni-bou-Yagoub, designated under the name El-Hadj-Embarak—identified as Yahiaoui M’barek. The events are dated 1851.

The charges retained

According to the report, “secret communications” existed between the Beni-bou-Yagoub tribe and Kabylie. Two men of the tribe, arrested in the Mitidja, were carrying letters from Boubaghla. Interrogated, they stated that they had been sent by their caid, El-Hadj-Embarak, who had himself received these missives from the Djurdjura.

The investigation then revealed compromising correspondence: a letter bearing the caid’s seal, addressed to Boubaghla, by which he sent the money from the powder he had undertaken to sell in his tribe, as well as a gift to the sharif, accompanied by “sentiments irreconcilable with the position” entrusted to him by the French authority.

The punishment and deportation

The report concludes unambiguously: “To punish him for his guilty conduct, El-Hadj-Embarak will be treated with all the rigor of the law.” The caid was arrested by order of the general commanding the subdivision and sent to Blida, at the disposal of the general commanding the division.

After his trial, Yahiaoui M’barek was deported to French Guiana. This deportation confirms the severity of colonial repression and the price paid by this tribal chief for his support of Boubaghla. The exact conditions of his detention, the date of his death, and his subsequent fate in French Guiana remain to be documented.

This document is exceptional in more than one respect. It not only establishes the existence of networks of solidarity and collusion between the tribes of the Titteri and Boubaghla’s Kabylie, but also names a tribal chief—Yahiaoui M’barek—as an actor in this resistance, at the cost of his official position, his safety, and ultimately his freedom.

From Yahiaoui M’barek to Yahiaoui Ahmed ben Saâd: a memory of resistance transmitted over three generations

The importance of this discovery lies not only in the light it sheds on the local history of resistance to colonization. It takes on an additional dimension when the family link is established: Yahiaoui M’barek is the grandfather of Yahiaoui Ahmed ben Saâd, future chahid of the War of Independence.

Yahiaoui Ahmed ben Saâd, six years in the maquis

Yahiaoui Ahmed ben Saâd embodies the continuity of this commitment. He spent six years in the maquis, from 1955 to 1961, within the ALN. He fell in combat on November 7, 1961, only a few months before the ceasefire of March 19, 1962.

A symbolic lineage

Thus, nearly a century apart, two men of the same family—the grandfather and the grandson—took up arms, each in their own way, against French domination. The first, in 1851, within a tribal resistance still marked by precolonial structures, before being deported to French Guiana; the second, between 1955 and 1961, within the framework of an organized national movement, the ALN.

The 1851 document, by revealing Yahiaoui M’barek’s action, makes it possible to reconstruct a genealogy of resistance that goes beyond a simple family anecdote. It shows that the commitment to freedom does not date from the War of Independence, but is rooted in a long memory, transmitted from generation to generation, within the Beni-bou-Yagoub tribe and beyond.

Conclusion

This archival document, extracted from the colonial press of 1851, constitutes a precious piece for the history of Algerian resistance. It highlights the little-known role of Caid Yahiaoui M’barek, chief of the Beni-bou-Yagoub tribe, who paid with his freedom—and was then deported to French Guiana—and probably with his life, for his support of Boubaghla. Even more, it illuminates the path of his grandson, Yahiaoui Ahmed ben Saâd, a chahid who died in combat in 1961, at the age of sixty, after six years in the maquis. From one century to another, from one resistance to another, it is the same flame that runs through this lineage: the refusal of servitude and the struggle for dignity.

Adresse

Berrouaghia
26002

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