04/10/2026
Les lycéens manifestent. Écoutons ce qu’ils ont à dire.
Depuis plusieurs jours, des lycéennes et des lycéens se mobilisent partout en France pour dénoncer leurs conditions d’études : manque de professeurs et de personnels, classes surchargées, établissements parfois dégradés, emplois du temps difficiles, pression de l’orientation et de Parcoursup… Ce sont des revendications concrètes, qui concernent directement leur quotidien et leur avenir.
Ces revendications méritent d’être entendues.
Mais entendre la jeunesse ne signifie pas tout accepter.
Les violences commises lors de certaines mobilisations sont condamnables. Dégradations, incendies, jets de projectiles ou agressions n’ont pas leur place dans un mouvement qui prétend défendre l’école et l’avenir de celles et ceux qui la fréquentent.
Il faut toutefois se garder d’un amalgame : la violence de quelques-uns ne peut pas servir à disqualifier les revendications de tous. Les organisations lycéennes elles-mêmes ont dénoncé les violences urbaines et affirmé qu’elles ne représentaient pas leur mouvement. Des observateurs ont par ailleurs relevé la présence, dans certaines actions, de personnes extérieures aux établissements.
Et il faut avoir le courage de poser l’autre question : quelle réponse apporte-t-on à des adolescents qui manifestent ?
Gaz lacrymogènes, grenades, interpellations massives, recours à des a***s de force intermédiaire, techniques de maintien de l’ordre conçues pour des situations de confrontation… Peut-on réellement considérer que cette réponse est proportionnée lorsqu'une grande partie des personnes présentes sont des mineurs ?
La question n’est évidemment pas de nier les violences commises par certains manifestants, ni le besoin de protéger les élèves, les personnels et les forces de l’ordre.
La question est celle de la proportionnalité.
Quand des jeunes commettent des violences, la justice doit faire son travail. Mais lorsque des milliers d’autres manifestent pacifiquement, ils doivent pouvoir le faire sans être traités comme une menace à neutraliser.
Une société démocratique doit savoir condamner la violence sans devenir elle-même violente dans sa réponse.
Ces jeunes ne sont pas un problème à faire taire. Ils sont une génération qui demande à être entendue.
Alors oui, condamnons les violences.
Mais refusons également la banalisation de la répression.
Et surtout, écoutons enfin ce que ces lycéens sont en train de nous dire sur l’état de notre école et sur le monde que nous leur préparons.
https://www.ldh-france.org/halte-a-la-brutalisation-de-la-jeunesse/?utm_source=chatgpt.com
https://www.syndicat-magistrature.fr/notre-action/defense-des-libertes/atteintes-a-l-action-syndicale-et-au-mouvement-social/cessons-de-r%C3%A9primer-la-jeunesse-pour-la-faire-taire/
https://www.fcpe.asso.fr/sites/default/files/2026-09/violencespolicieres290926.pdf