23/10/2026
Avant une nouvelle journée de mobilisation demain, samedi 24 octobre, et par crainte de nouveaux débordements, le gouvernement s’est empressé de restreindre la liberté de manifester.
Les préfectures ont imposé des restrictions majeures : rassemblements interdits, centres-villes bouclés, couvre-feux pour les mineurs, parcours des cortèges contraints. La Savoie ne fait pas exception avec des mesures touchant Chambéry et Albertville.
Sans nier la gravité des violences du week-end du 17 et 18 octobre, toutes ces décisions d’interdiction portent atteinte aux libertés individuelles et traduisent l’échec du gouvernement qui est dans l’incapacité de garantir le droit de manifester.
Plutôt que d’adapter le dispositif policier pour cibler l'action des casseurs, c'est tout un mouvement social qu'on empêche de s’exprimer. Et c’est d’autant plus inquiétant que ce « précédent » risque de banaliser la pratique de restreindre la liberté de manifester avant toute autre mesure de conciliation et de dialogue. Un jour, puis toujours ?
La demande d’ordre et de tranquillité nous devons l’entendre, elle est légitime. Celle des commerçants qui silencieusement ont compté leurs pertes, des agents publics qui inlassablement ont nettoyé et réparé nos centres-villes attaqués, des citoyens d’une « majorité silencieuse » qui ne manifeste pas mais qui pour autant comprend et sympathise avec les revendications des jeunes et des précaires.
Il faut entendre aussi tous les lycéens et les adultes, les jeunes et moins jeunes qui depuis des semaines veulent faire entendre leur voix sans céder à la violence et sans aucune intention de casser ou de piller.
Nous avons tous besoin d’un retour au calme, pour qu’on puisse commencer à s’écouter, le fracas doit cesser. Et le retour à la paix civile impose que l’on réponde à ce mouvement social d’ampleur. C'est ce que Raphaël Glucksmann et la gauche sociale-démocrate ont fait en présentant un plan de sortie de crise au gouvernement.
Mais aujourd’hui, empêchés de nous rassembler et de défiler ensemble, nous sommes tous perdants. On ne peut suspendre l’expression démocratique pour maintenir l’ordre républicain, les deux ne s’opposent pas.
Une autre voie doit être poursuivie.