21/10/2026
[Dans les coulisses du musée Lansyer]
📍 Kakemono Hone Onna
Artiste : Sangaku
Japon, dernier quart du 18e siècle -- premier quart du 19e siècle, période d’Edo (1603-1868)
Kakémono, Encre et couleurs sur papier japonais
Musée Lansyer, Ville de Loches
Oeuvre restaurée par Olivier Fleygnac en 2025
☠️ Ce kakemono représente une Hone Onna (qui signifie femme d’os), un yokaï, c'est-à-dire une créature surnaturelle. qui prend l’apparence d’une belle femme. Dans la tradition japonaise, ce yokaï revient après la mort et prend l'apparence d'une très belle femme pour séduire les vivants et aspirer leur force vitale.
✨ Un peu d’histoire
Cette représentation anatomique du squelette est très précise. Si les squelettes sont présents dans la peinture japonaise avant la fin du 18e siècle, ils revêtent un aspect grotesque, voire caricatural. Les dissections font l’objet de tabous religieux : les études du corps et de l’anatomie sont donc particulièrement rares jusqu’au 18e siècle. La première dissection humaine au Japon a lieu en 1754 par le médecin Yamawaki Tōyō (1705-1762), sur le cadavre d’une criminelle. Cet évènement constitue la pierre angulaire des études anatomiques japonaises. Le Kaitai Shinsho, publié en 1774, est le premier traité d’anatomie occidental accompagné de nombreuses gravures, traduit en japonais. Maruyama Ōkyo (1703-1795), artiste emblématique de l’école réaliste qui se développe à la fin du 18e siècle, réalise en 1787 la première peinture de squelette connue à ce jour, à partir de ces observations.
✨ En quoi ce kakemono est-il si particulier ?
Au Japon, au tournant du 19e siècle, les peintures représentant des monstres ou des fantômes se développent pour répondre à une mode urbaine autour des histoires horrifiques. Ce rouleau en est un témoignage, mais la majorité de ces peintures sont conservées dans des collections privées japonaises ou des temples, comme au Zenshō-an de Tokyo, qui possède un ensemble de cinquante peintures de fantômes (yūrei-ga) offerte par Sanyutei Encho (1839-1900). Ces sujets sont donc relativement rares dans les collections occidentales de la fin du 19e siècle et témoignent de la spécificité de la collection d’Emmanuel Lansyer.
Découvrez cette œuvre présentée actuellement au musée Lansyer, dans le cadre de l'exposition "Emmanuel Lansyer et le Japon : un artiste collectionneur"
📍Musée Lansyer
En accès libre du mercredi au dimanche : 10h30-12h30 / 14h-17h45
Gratuit