23/10/2026
✒️💥 Face à la crise sociale et démocratique, répondons aux revendications plutôt que de chercher des boucs émissaires !
Depuis plusieurs semaines, notre pays connaît une mobilisation sociale d’une ampleur exceptionnelle. Partie des lycées, elle s’est étendue aux étudiant·es, aux salarié·es, aux agriculteur·ices, aux retraité·es, et à toutes celles et ceux qui ne parviennent plus à vivre dignement de leurs revenus. Samedi dernier, plus de 10 000 personnes ont manifesté à Lorient, dans un cortège massif, familial et pacifique.
Cette mobilisation porte des revendications légitimes auxquelles le gouvernement doit enfin répondre. Les lycéennes et lycéens dénoncent des emplois du temps désorganisés, le manque d’enseignant·es et des conditions matérielles d’apprentissage dégradées, et demandent l’abrogation de Parcoursup. Les étudiant·es réclament notamment la suppression de Mon Master, davantage de places dans l’enseignement supérieur, des moyens pour les universités et de meilleures conditions de vie et d’études.Ils expriment un besoin de soutien, de reconnaissance, avec une angoisse largement partagée sur leur avenir. Les salarié·es et les familles expriment une colère profonde face à la vie chère, au coût du logement, de l’alimentation, de l’essence et de l’énergie, à la faiblesse des salaires et à la dégradation des services publics.
Voilà les véritables sujets. Voilà ce qui devrait être au cœur du débat public.
Nous regrettons les pillages et les dégradations survenus samedi à Lorient comme ailleurs, et exprimons notre solidarité avec les commerçant·es, les agent·es et les collectivités qui en subissent les conséquences. Ces actes ne doivent pas servir à discréditer l’ensemble de la mobilisation ni à faire taire ses revendications. La doctrine actuelle de maintien de l’ordre ayant mené à de tels débordements, ici comme partout en France, pose question.
Nous dénonçons les violences commises dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre, particulièrement la répression brutale des mobilisations lycéennes, les conditions de détentions des mineur·es contraire aux droits humains, et des peines particulièrement lourdes pour les jeunes interpellé·es. Le droit de manifester est une liberté fondamentale, et la protection de la jeunesse doit être une priorité absolue. La doctrine de confrontation mise en œuvre par le gouvernement, en lieu et place de réponses aux revendications légitimes des lycéens, a échoué. Il est urgent de privilégier le dialogue et la désescalade.
Nous appelons à l’apaisement mais aussi à la vigilance dans un contexte d’appels à se défendre par ses propres moyens ou à « intimider les casseurs ». L’enjeu est de préserver un climat serein pour que la mobilisation puisse se poursuivre sans tensions ni violences.
Au lieu de répondre à la crise, une partie du pouvoir et de la droite multiplie les accusations et désigne des boucs émissaires. Hier, «l’ultragauche» ; aujourd’hui, La France insoumise. Dans le Morbihan, David Lappartient et Ronan Loas participent à cette surenchère dangereuse À Lorient, Fabrice Loher a successivement accusé le député de la circonscription d’instrumentaliser la jeunesse, mis en cause les organisations syndicales dans les dégradations, puis affirmé que LFI ne faisait plus partie du champ républicain. Mais quel est donc ce maire qui, face à une crise sociale majeure, choisit de discréditer les organisations syndicales, les représentants élus et ses opposants politiques plutôt que d’écouter les revendications, les comprendre et rechercher le dialogue ? Les interlocuteurs sociaux sont pourtant indispensables à la démocratie. Faudra-t-il demain chercher à les interdire lorsqu’ils dérangent, comme certains à droite l’envisagent ?
Nous, forces politiques de gauche et écologistes et organisations syndicales du Pays de Lorient, sommes profondément inquiètes de l’évolution de la situation. Avec nos sensibilités et nos différences, nous partageons une conviction : la colère sociale ne doit être ni étouffée par la répression, ni instrumentalisée à des fins politiciennes.
C’est pourquoi nous appelons à participer massivement et pacifiquement aux mobilisations du samedi 24 octobre, du jeudi 5 novembre et aux prochaines mobilisations sociales, syndicales et de la jeunesse, partout où cela est possible. Nous serons aux côtés des jeunes et des manifestant·es, avec notre brassard blanc, pour les accompagner et s’assurer que les revendications puissent se faire entendre dans le calme.
Notre pays a besoin d’apaisement, mais l’apaisement ne se décrète pas. Il se construit par la justice sociale, le respect des libertés démocratiques et des réponses concrètes aux revendications.
Écoutons la jeunesse. Répondons à la vie chère. Défendons le droit de manifester. Refusons les boucs émissaires.
Signataires :
UD CGT Morbihan
FSU 56
Confédération paysanne du Morbihan
Asso Solidaires 56
Sud Éducation 56
Union Pirate UBS
FO 56
Damien Girard, député du Morbihan
L'Après Morbihan
Les Écologistes Pays de Lorient
Morbihan debout !
Fédération PCF Morbihan
Collectif Pays de Lorient en Transition
NPA-l'Anticapitaliste Pays de Lorient
La France insoumise
L'Assemblée des quartiers 56