SpiritualLibrary

Itinéraire

SpiritualLibrary La lecture nourrit l’esprit et le préserve de la dégénérescence et de la dégradation à la fois physique et psychologique.

Lire est un moyen d’ouverture et d’apprentissage de soi et de la compréhension humaine. Un livre est un monde en construction ouverte

29/08/2026

Extrait
« Le Chemin vers la Sérénité
"La paix vient de l'intérieur. Ne la cherchez pas à l'extérieur:"
- Dhammapada, verset 90

Par un matin paisible, Siddhartha Gautama, le prince de Kapilavastu observait les jardins florissants de son palais. La beauté qui l'entourait semblait pourtant incapable de combler un vide intérieur qu'il ne pouvait expliquer.

Chaque jour, il voyait les courtisans courir après des plaisirs matériels, mais cela ne les rendait pas heureux.

Siddhartha se demandait alors : pourquoi, malgré tous ces privilèges, lui-même ne ressentait-il pas la paix?

Un jour, il quitta les murs du palais avec son fidèle cocher. Pour la première fois, il fut confronté aux dures réalités de la vie : il vit un vieillard épuisé par l'âge, un malade souffrant, et enfin, un cortège funéraire.

Ces visions l'ébranlèrent profondément. Il réalisa que la vie, si fragile, était inévitablement marquée par la souffrance, la maladie et la mort. Le jeune prince comprit alors que la paix ne pouvait être trouvée en fuyant ces réalités.

Siddhartha décida de tout quitter pour trouver la vérité.
Après des années à chercher l'illumination en pratiquant l'ascétisme, il comprit que ni l'abandon des plaisirs mondains, ni les privations extrêmes ne le menaient à la sérénité. Il finit par s'asseoir sous l'arbre de la Bodhi, résolu à méditer jusqu'à ce qu'il atteigne l'éveil.
Alors que son esprit était assailli de visions et de désirs, Siddhartha demeura immobile, observant chaque pensée, chaque émotion, comme un témoin silencieux.
Peu à peu, les agitations intérieures se calmèrent.

C'est dans ce silence profond qu'il réalisa que la paix véritable ne dépendait pas des conditions extérieures.
Elle résidait dans la capacité à observer le flux des pensées et des émotions sans s'y attacher, sans vouloir les contrôler.

À ce moment, Siddhartha atteignit l'éveil.
Il devint Bouddha, celui qui avait trouvé la paix en lui-même, prêt à partager cette sagesse avec le monde.

Enseignement 1 : La paix intérieure ne dépend pas de ce que vous possédez ou des situations dans lesquelles vous vous trouvez. Elle est déjà présente en vous, comme une source cachée, attendant d'être découverte.
Prenez quelques minutes chaque jour pour pratiquer une méditation simple. Trouvez un endroit calme, asseyez-vous confortablement et concentrez-vous sur votre respiration.
Lorsque des pensées surgissent, ne les suivez pas.
Observez-les passer, comme les nuages dans le ciel, et revenez doucement à votre souffle.
Avec le temps, vous commencerez à sentir cette paix profonde, cachée en vous, émerger de manière naturelle. »

Mon livre en version brochée paru le 18/08/2026 sur KDP Amazon. Disponible sur tous les sites en français. Book overview...
18/08/2026

Mon livre en version brochée paru le 18/08/2026 sur KDP Amazon. Disponible sur tous les sites en français.

Book overview
Je nageais dans la piscine par une belle journée ensoleillée. C'était un moment de sérénité absolue, un lâcher-prise total, une guérison intérieure dans l’eau et une connexion intense avec l’univers. Je me sentais entière, paisible, flottant dans le calme de la piscine. Je contemplais le ciel bleu au-dessus de ma tête et le champ qui s'étendait entre les deux espaces, tandis que des milliards de minuscules particules lumineuses argentées et cristallines scintillaient, se déplaçant rapidement, tantôt en cercles, tantôt en de multiples formes géométriques éclatées, selon un ordre étrange que je ne parvenais pas à déchiffrer, ni donc à expliquer. Aujourd'hui encore, il m'est difficile de parler de ce phénomène dont j'ai été témoin. Tout cela évoquait des formes de géométrie sacrée universelle se déplaçant silencieusement dans le champ où je me trouvais, créées par une multitude de petites particules argentées scintillantes volant dans le ciel..."
"Les Âmes Lumière sont authentiques et ont une manière naturelle d'être avec autrui. Elles ne trompent pas, ne mentent pas et attendent la même authenticité de la part des autres. Elles se cachent lorsque leur énergie cristalline est intensifiée, pour éviter que les autres ne les affaiblissent, en les vampirisant. La Lumière Cristalline a vraiment un but planétaire d’évolution des énergies très basses en plus hautement vibratoires. Elle donne à ces âmes une image presque infantile, innocente, ce qui pousse certains à vouloir les dominer pour les asservir. Mais étant faites d’un feu pur, elles sont incorruptibles et ne se laissent jamais manipuler. Elles aident souvent tout en sachant que les personnes aidées sont inconstantes en vérité. L’aide est prodiguée de manière très subtile et la personne aidée ne s’en rend même pas compte. Il est impossible de les changer, et de les manipuler, comme je venais de le dire. C’est pourquoi elles ne cèdent jamais aux ténèbres, et expriment ouvertement leurs sentiments, leurs idées les plus profondes, même si cela peut blesser". Extraits du prologue et épilogue de ce livre saisissant sur le parcours d'une Âme Lumière, porteuse de l'énergie du monde cristallin et de la Nouvelle Terre, une Walk-In, qui mettra du temps avant de se connaître elle-même au fil de son expérience terrienne en ces temps troubles.

https://amzn.eu/d/0gaH35EC

Extraits d’un livre sur l’horloge biologique des organes humains selon la médecine chinoise depuis l’Antiquité… L’auteur...
02/08/2026

Extraits d’un livre sur l’horloge biologique des organes humains selon la médecine chinoise depuis l’Antiquité…
L’auteur y fait référence aux 5 éléments présents dans la nature et dans le corps humain :
« Le concept taoïste des Cinq Phases, connu également sous le nom de Théorie des Cinq Éléments, traite des lois que les processus cycliques de la nature observent. Le chiffre cinq (Wu) symbolise ici « la juste mesure », « le milieu ». Xing signifie entre autres « le voyage » et, par extension, « le mouvement ».

« Selon les connaissances
ancestrales de la médecine traditionnelle chinoise, la nature, comme l'infini cosmos, est soumise à un changement constant, à une succession de phases de calme et d'activité, à une alternance du Yin et du Yang, à une interdépendance dynamique des contraires. Si cet équilibre fragile vient à se rompre, c'est tout le système qui se détraque.
Ce qui est écrit dans le Classique interne de l'Empereur jaune, l'ancien ouvrage de référence de médecine traditionnelle chinoise, est plus que jamais d'actualité :
« Les hommes de la haute
Antiquité,
Passaient cent printemps et automnes,
Sans déclin de leur activité.
I...] Ils buvaient et mangeaient avec mesure,
Ils travaillaient et se reposaient avec régularité, Ils ne s'exténuaient pas en activités inconsidérées.
[...] Les souffles suivant le cours naturel,
Chacun pouvait suivre son désir, Dans un consentement général.
Alors on trouvait bonne sa nourriture,
On se satisfaisait de son habit, On se contentait de ce qu'on avait.
Nulle jalousie en haut ou en bas.
Un tel peuple était vraiment «simple ».
[...] Voilà comment ils atteignaient cent ans, sans que leur activité ne décline, Grâce à une Vertu intacte, à l'abri de tout danger. Mais les hommes aujourd'hui, à
mi-chemin des cent années, ont tous un déclin de leur activité, Les circonstances auraient-elles changé? Ou ne serait-ce pas la faute des hommes?

L'homme aussi est intégré dans ce processus rythmique de la nature, dans le passage de l'été à l'automne, du soleil à la lune, du jour à la nuit.
L'homme est subordonné à un ythme circadien, à un cycle d'énergie qui jour après jour repart. De la même façon, chacun de nos organes connaît des phases d'activité et des phases de repos. Une douleur qui apparaît à un moment précis de la journée renvoie à un organe précis.
L'efficacité maximale d'un traitement peut être atteinte s'il est dispensé au bon moment. L'on devrait même ajuster nos horaires de travail selon ce stimulateur intérieur, l'horloge des organes.

Nous sommes en grande partie nous-mêmes responsables de notre santé et de notre bonheur.

Organisons notre quotidien selon nos besoins essentiels, soyons à l'écoute de notre horloge interne et en accord avec elle, et nous retrouverons notre biorythme naturel, une des conditions les plus importantes pour se sentir bien, en bonne santé et, surtout, satisfaits. »

« I- Les origines ancestrales de la médecine traditionnelle chinoise

C'est dans la doctrine philosophique et religieuse qu'est le taoïsme que l'on trouve déjà, dans ses grandes lignes, la conception du monde sur laquelle se fonde la médecine traditionnelle chinoise.

1- L'ouvrage majeur est le Tao Tö King (Dao De Jing), écrit par le mythique Lao Tseu qui aurait vécu au VIe siècle av. J.-C. Le recueil d'aphorismes aurait cependant vu le jour seulement vers 400 av. J.-C.
Le taoïsme postule que l'homme, s'il poursuit la quête du bonheur et de l'immortalité, doit vivre en phase avec le cours du monde, avec le Tao (qui signifie en chinois la « Voie », la « Loi »).
Car tout au sein du cosmos est changement, tout est soumis à l'éternelle mutation, l'homme n'y échappe pas.

Le taoïsme ne préconise pas l’action aveugle et l’égocentrisme, son principe d'action est plutôt de ne pas intervenir dans la nature ni de la contraindre (ce qui correspond au « Wu Wei »).
L'homme trouvera sa place dans le monde seulement s'il s'exerce à la sérénité et s'adapte au cours continuel des choses.
De nombreux éléments relatifs au taoïsme se retrouvent dans la médecine traditionnelle chinoise : la représentation cosmologique du Ciel et de la Terre, la théorie des Cinq Phases, le concept d'énergie vitale universelle : le Qi, ainsi que le couple des contraires
Yin et Yang, selon lequel toute chose est déterminée par son
contraire. Le taoïsme avait déjà fait naître des techniques thérapeutiques reconnues aujourd'hui, comme le gi gong et le tai-chi, qui proposent des exercices axés sur le mouvement et la respiration.

2- Les manuscrits mythiques de « l'Empereur jaune »

La médecine traditionnelle chinoise se réfère également en première ligne à plusieurs ouvrages fondamentaux de médecine, traditionnellement attribués à de mythiques empereurs chinois appartenant aux temps les plus reculés.

La légende rapporte qu'ils vécurent il y a plusieurs millénaires, mais leurs premières transmissions écrites ne remontent pas au-delà du dernier millénaire avant J.-C.
Le Classique de la médecine interne de l'Empereur jaune (le Huangdi Nei Jing) figure parmi les ouvrages les plus importants.
Il recueille 81 études, certainement rassemblées sur une période de 400 ans à partir de différents écrits d'auteurs inconnus qui ont montré la voie à suivre aux générations de médecins chinois d'hier et d'aujourd'hui.

C'est sous la forme d'un dialogue fait de questions et de réponses entre Huangdi, le légendaire Empereur jaune et ses érudits, en particulier le sage médecin et le ministre Qi Bo, que sont abordées pour la première fois et de façon systématique toutes les procédures de diagnostics et de soins holistiques incontournables de la médecine traditionnelle chinoise.

Le Classique de l'Empereur jaune traite en parallèle des lois naturelles entre l'homme, la nature et le ciel.

La conception globaliste de l'être umain se dessine déjà ici. Il se doit d'adapter pleinement sa présence au monde, et ses actes au rythme et aux lois de la nature s'il désire préserver leur cours harmonieux, mais aussi son propre bien-être.
Des facteurs externes, à savoir climatiques, géographiques et météorologiques sont pris en compte, ainsi que des facteurs internes, émotionnels dont l'inquiétude, la peur, la tristesse, l'agitation et la colère, qui en excès, peuvent tout autant conduire à de graves perturbations. »

La théorie des Sphères cristallines date de Pytagore, pour expliquer les origines du cosmos. Aujourd’hui je vous propose...
14/06/2026

La théorie des Sphères cristallines date de Pytagore, pour expliquer les origines du cosmos.
Aujourd’hui je vous propose un extrait du fameux livre de Trinh Xuan Thuan « Origines » paru dàbord chez Fayard en 2003, puis Gallimard en 2006 et 2012. Il est originaire de Hanoï. Astrophysicien, il est professeur à l’université de Virginie, après avoir fait ses études à Calthech et à Princeton, aux Etats-Unis. Il dédie cet ouvrage à sa mère et à ses sœurs, « à tous les chercheurs qui ont œuvré à reconstituer la grande et merveilleuse épopée cosmique racontée ici, et à tous ceux que laissent éblouis la splendeur et la créativité de l’univers. »
J’en ai par hasard rendu compte dans un des mes dessins Art Abstrait Symbolique.
Leur secret est toujours enfoui quelque part dans la conscience humaine.

« L'univers géocentrique

Les mathématiques firent leur entrée dans la pensée cosmologique avec Pythagore (v. 570-v. 480 av.
J.-C.).
Celui-ci pensait que les nombres, principe et source de toute chose, étaient le reflet de la perfection divine.
Avec lui, la Terre acquit la forme mathématique la plus parfaite, celle d'une sphère.
Au centre de l'univers pythagoricien se trouvait un grand feu invisible autour duquel tournaient dix objets: en s'éloignant du feu central, il y avait l'anti-Terre, la Terre, la lune — Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne (des trois autres planètes du système solaire, Uranus ne sera découverte qu'au XVIIIe siècle, Neptune au XIXe siècle et Pluton au XXe) et, enfin, la sphère des étoiles. Pour porter le nombre d'objets à dix, nombre parfait, Pythagore dut introduire une anti-Terre, dont la fonction était de protéger la Terre de la chaleur brûlante du feu central. Ces objets décrivaient des cercles parfaits, suivant chacun un mouvement rigoureusement uniforme.
Leurs mouvements étaient en totale harmonie et engendraient la « musique des sphères».

Platon (v. 427-v. 348 av. J.-C.) reprit certaines idées de l'univers pythagoricien pour construire un univers à deux sphères: la première était celle de la Terre, qui redevenait immobile et reprenait sa place centrale; elle était au centre d'une immense deuxième sphère extérieure, contenant les planètes et les étoiles et dotée d'un mouvement de rotation quotidien uniforme qui permettait de rendre compte des mouvements propres des objets célestes, eux-mêmes parfaitement circulaires et uniformes.
Les cieux associés aux dieux devaient être parfaits, et la pertec-ton des cieux impliquait celle des formes et des mouvements.
(…)
Ciel parfait, Terre imparfaite :

Aristote (384-322 av. J.-C.) reprit l'univers multisphérique d'Eudoxe et augmenta le nombre de sphères de 27 à 55 pour rendre compte des observations plus précises des mouvements planétaires.
Mais, surtout, il lui conféra une dimension plus métaphysique: le ciel fut séparé de la Terre, la sphère de la Lune tenant lieu de zone de démarcation entre les deux.
La Terre et la Lune, composées de terre, d'eau, d'air et de feu, appartenaient au monde imparfait où regnaient la vie, l'usure et la mort. Le mouvement naturel y était vertical. L'air et le feu s'élançaient vers le ciel tandis que la terre et l'eau tombaient vers le sol.
Les autres planètes, le Soleil et les étoiles appartenaient en revanche au monde parfait, invariant et éternel. Le mouvement naturel y était circulaire et uniforme, ce qui expliquait le mouvement de rotation éternel des sphères planétaires. Celles-ci étaient de cristal, ce qui permettait de voir les planètes.
L'univers multisphérique et géocentrique d'Aristote atteignit son apogée environ quatre siècles plus t**d avec l'astronome Ptolémée (v. 100 - v. 170 apr.J.-C.), qui opéra la synthèse des connaissances acquises pendant les quatre siècles précédents.
Son modèle d'univers avec une Terre sphérique occupant le centre du monde et des mouvements planétaires « naturels» circulaires et uniformes allait être accepté sans réserve pendant près de quinze siècles.
Pour expliquer les mouvements «anormaux» des planètes — le fait qu'elles montraient des variations de vitesse sur leurs orbites et que leurs distances à la Terre n'étaient pas constantes (ce qui serait le cas si elles avaient été fixées sur des sphères centrées sur la Terre) —, Ptolémée eut l'ingénieuse idée de détacher les planètes des sphères célestes et de les disposer sur de petits cercles appelés «épicycles», dont les centres seraient situés sur les sphères célestes.
Ainsi, le mouvement d'une planète dans le ciel serait la superposition de deux mouvements: le mouvement uniforme de la planète sur un épicycle dont le centre se déplacerait lui-même de manière uniforme sur un cercle de la sphère céleste.
L'effet serait assez semblable à ce que verrait un spectateur placé au centre d'une piste circulaire et admirant un coureur faisant tournoyer au-dessus de sa tête une fronde avec une pierre lumineuse à son extrémité. »
Trinh Xuan Thuan, Origines. La nostalgie des commencements.
Edition Folio essais, Gallimard, 2006.

Ce n’est pas du Socialisme en tant que doctrine politique, mais en tant que concept humain en dehors de toute forme poli...
17/03/2026

Ce n’est pas du Socialisme en tant que doctrine politique, mais en tant que concept humain en dehors de toute forme politique qui est traité dans cet essai. Écrit par l’un des plus éminents philosophes modernes.
La réforme de la pensée reste un projet d’envergure en ce monde… Les formes politiques que nous voyons ne répondent pas à ce que l’humanité actuelle cherche à accomplir pour améliorer la vie sur un plan planétaire. Le philosophe se soucie peu de la politique, il se soucie de la pensée humaine qui doit être humanisante.
Voici l’extrait

« « Introduction
Les sociétés dans lesquelles nous vivons sont marquées par une contradiction étonnante et difficile à expliquer.
D'une part, le malaise dû à la situation socio-économique, aux conditions de vie et de travail, s'est considérablement accru dans les dernières décennies.

On peut sans doute dire que jamais, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, autant de gens ne se sont accordés pour dénoncer les conséquences sociales et politiques générées par la mondialisation effrénée de l'économie capitaliste de marché. Mais d'autre part, cette indignation massive semble dépourvue de toute orientation normative, de toute sensibilité historique pour le but auquel tendrait la critique formulée, de sorte que celle-ci reste étrangement muette et repliée sur elle-même.
C'est comme si ce malaise envahissant était incapable de dépasser l'état de choses existant, et d'imaginer un état social au-delà du capitalisme.
Cette dissociation de l'indignation d'avec tout objectif d'avenir, de la protestation d'avec toute vision d'un monde meilleur, est en effet quelque chose de nouveau dans l'histoire des sociétés modernes.

Depuis la Révolution française, les grands mouvements d'insurrection contre l'ordre capitaliste avaient toujours été inspirés par des utopies qui dépeignaient la société du futur et montraient comment celle-ci devrait être organisée - il n'est que de penser au luddisme, aux coopératives de Robert Owen, au mouvement des Conseils ou aux idéaux communistes d'une société sans classes.
Le flux de ces courants de la pensée utopique, aurait dit Ernst Bloch, semble aujourd'hui tari : on sait assez précisément ce dont on ne veut pas et ce qui est inacceptable dans les conditions sociales présentes, mais on n'a plus la moindre idée de ce à quoi devrait aboutir une transformation ciblée de l'état de choses existant.
Trouver une explication à ce soudain tarissement des énergies utopiques : la tâche est plus difficile qu'il n'y paraît au premier regard.
L'effondrement du régime communiste en 1989, auquel renvoient volontiers les analystes pour diagnostiquer un assèchement de tout espoir de parvenir à un état au-delà du capitalisme, ne peut guère être invoqué comme la cause de ce phénomène : car les masses indignées qui dénoncent aujourd'hui à juste titre le fossé grandissant entre la pauvreté publique et la richesse privée, n'avaient certes pas besoin de voir tomber le Mur pour savoir que le socialisme d'État de type soviétique ne dispensait certains avantages sociaux qu'au prix de la privation de liberté. Par ailleurs, le fait qu'il n'eût existé jusqu'à la Révolution russe aucune véritable alternative au capitalisme n'a nullement empêché les hommes du XIXe siècle de se représenter une vie collective sans violence, fondée sur la solidarité et la justice.

Pourquoi donc la banqueroute du bloc communiste aurait-elle brusquement paralysé cette capacité, apparemment ancrée dans la nature hu-maine, à la transgression utopique de la réalité donnée ?

Une autre cause souvent invoquée pour expliquer la singulière absence d'avenir et de vision de l'insatisfaction actuelle est la modification brutale de notre conscience collective du temps : avec l'entrée dans la « postmodernité », telle qu'elle s'est produite d'abord dans l'art et dans l'architecture, puis dans la culture en général, l'idée typiquement moderne d'un progrès orienté s'est trouvée si durablement dévalorisée qu'elle est désormais remplacée par la conscience collective d'un retour historique du même.

Selon cette deuxième explication, les visions d'une vie meilleure ne pourraient plus fleurir sur le terreau de la conception postmoderne de l'Histoire, parce qu'on ne croit plus que le présent recèle des potentialités qui pointeraient au-delà de lui et annonceraient un avenir ouvert de continuel perfectionnement.

On ne conçoit pas que la suite du temps ait autre chose à proposer que la reprise de formes de vie ou de modèles sociaux auxquels le passé nous a déjà familiarisés.
Pourtant, le simple fait que nous comptons encore dans d'autres contextes fonctionnels sur de nouveaux progrès bienvenus, par exemple dans le domaine de la médecine ou dans le respect des droits humains, nous conduit à nous demander si une telle explication est véritablement convaincante : pourquoi la faculté de transcender le présent dans une vision d'avenir ne se serait-elle perdue que dans un seul do-maine, celui de la réforme de la société, quand elle semble être restée largement intacte par ailleurs ? La thèse d'une transformation fondamentale de la conscience historique postule notre incapacité à anticiper un nouvel état social, sans tenir compte des espérances puissantes - et certes excessives, qui s'attachent actuellement à la généralisation plus planétaire des droits humains .
Une troisième explication pourrait donc invoquer la différence qui existe entre les deux perspectives mentionnées - c'est-à-dire entre l'adjonction d'une strate de droits garantis sur le plan in-ternational, mais sans implication structurelle, et une transformation des institutions de base de la société pour conclure que c'est seulement sur ce deuxième plan que les forces utopiques se sont épuisées.

Il me semble que cette thèse est la plus proche de la vérité, bien qu'elle demande naturellement à être complétée : car il reste à expliquer pourquoi ce devrait être le matériau socio-politique qui ne peut plus être aujourd'hui chargé d'attentes utopiques. On pourrait trouver une indication utile dans le fait que les processus socio-économiques apparaissent aujourd'hui bien trop complexes et donc totalement opaques à la conscience publique pour pouvoir être considérés comme accessibles à des interventions ciblées.

Ce sont surtout les processus liés à la mondialisation économique, avec leurs transactions instantanées, qui semblent avoir provoqué une sorte de pathologie du deuxième degré, consistant en ce que la population ne considère plus les conditions institutionnelles de la vie collective que comme des rapports « de choses », des données de fait soustraites à toute intervention humaine .

Autrement dit, la célèbre analyse du fétichisme développée par Marx dans le premier tome du Capital ne prendrait qu'aujourd'hui tout son sens historique : ce ne serait pas dans le passé du capita-lisme, lorsque le mouvement ouvrier dans ses rêves et ses visions imaginait encore pouvoir transformer la situation donnée , mais seulement dans le présent, que se serait répandue la conviction générale selon laquelle les relations sociales constituent, d'une manière singulière, « des rapports sociaux entre les choses ».

S'il en était ainsi, comme le suggèrent tant l'observation quotidienne que les analyses empiriques, la raison pour laquelle nous sommes devenus incapables d'imaginer une amélioration de la structure fondamentale des sociétés actuelles serait que nous les considérons désormais comme aussi peu transformables dans leur substance que le sont les choses exté-rieures.
Ce ne serait donc plus la disparition d'une alternative réellement existante au capitalisme, ni une transformation radicale dans notre compréhension de l'Histoire, mais la prédominance d'une conception fétichiste des rapports sociaux, qui devrait être rendue responsable du fait que l'indignation générale quant à la répartition scandaleuse de la richesse et du pouvoir ne nous rend manifestement plus capables d'identifier un objectif accessible. »
Axel Honneth, L'idée du socialisme. Un essai d'actualisation
Traduit de l'allemand par Pierre Rusch. NRF Essais Gallimard.

Le convivialisme  Un chemin vers la convivialité, Un livre nouveau sur la convivialité comme une philosophie de la nouve...
07/03/2026

Le convivialisme
Un chemin vers la convivialité,
Un livre nouveau sur la convivialité comme une philosophie de la nouvelle humanité dans laquelle à laquelle nous devons nous identifier, à la suite d’une humanité dégradée par tous les préjugés, injustices historiques, systèmes sociaux et économiques inégaux, mondes séparés… mondes en pleine crise, mondes en guerre

Extraits
1- « Avant-propos
Par Francis Danvers et Marie-Lise Lorthiois

Les convivialistes sont des femmes et des hommes qui ont de la suite dans les idées. Héritiers de la pensée d'Ivan Illich (1926-2002) pour qui chaque moment de l'existence est une occasion de s'instruire, de partager et de s'entraider, les convivialistes du XX* siècle ont pour horizon d'action de préserver les « communs planétaires ».
D'une certaine manière, le convivialisme est à la convivialité ce que le libéralisme est à la liberté. A. Caillé (2009) a structuré de manière décisive, le mouvement anti-utilitariste de l'action humaine dans les sciences sociales en référence à Marcel Mauss (1872- 1950) et en contextualisant ce courant de pensée dans le cadre d'une sociologie générale.
La « génération d'après » relève le triple défi de porter le message de manière synchrone en France, en Europe et dans le Monde, dans la perspective d'une démocratie renouvelée et apaisée.

Les 74 témoignages rassemblés par
M. Humbert, économiste, professeur des universités à Rennes et cofondateur du mouvement convivialiste, soulignent à des degrés divers, l'urgence écologique, la nécessité de réduire la conflictualité entre les êtres humains et le respect du triptyque « Avoir-Pouvoir-Savoir » dans la dimension existentielle de la reconnaissance d'autrui (P.
Ricœur).
L'humanisme et le progressisme vont-ils résister aux « vents mauvais » des extrêmes droites dans le monde ?
Certain.e.s en appellent à des « mesures de basculement » pour lutter contre l'hubris, au nom d'une résistance spirituelle et culturelle :
universalisme pluriversalisme.
On le voit, au fondement de l'humanisme convivialiste, il y a cet impératif moral de type kantien que la vie, humaine en particulier, doit être considérée de manière inconditionnelle comme une valeur suprême. Homo sapiens trop souvent demens (E. Morin) peut être aussi Homo pontifex (M. Serres), celui ou celle qui établit des ponts, du dialogue et de la réconciliation.

Bon nombre de témoignages mettent l'accent sur les dégâts occasionnés par les « néolibéraux capitalistes et spéculatifs » indifférents à la Misère du monde (P. Bourdieu).
Face à ce capitalisme néolibéral et financier surgit la nécessité d'une transition qui doit être accompagnée par les acteurs sociaux, et pas seulement par les politiques, trop souvent habités par un regard surplombant ressenti comme méprisant par les « gens d'en bas ».

Mais cette mutation sociétale n'est pas suffisante, elle concerne tout à la fois l'éducation et la méritocratie élitaire qui doivent céder la place au développement culturel et humain de tous et à tous les âges de la vie.

Cette nouvelle orientation existentielle, pour la décennie à venir, suppose un changement d'horizon pour répondre au défi d'un monde déboussolé : le passage d'une société d'individus à la co-construction d'une société basée sur les communs. »

« 2- Le convivialisme pour un humanisme régénéré
Préface d'Edgar Morin

Ce recueil montre la richesse et la diversité de la compréhension et des mises en pratique, par chacune des personnes qui y font référence, de la boussole du convivialisme. Et j'ai moi aussi joint mon témoignage au leur.

Dans nos actions personnelles ou collectives, dans l'intime ou dans l'espace public nous avons toutes et tous en commun de percevoir que ce convivialisme est un humanisme.
Mais il ne s'agit pas de n'importe quel humanisme, il faut le caractériser, ce qui peut se faire en trois points :
1- l'humanisme que nous proposons est un humanisme régénéré par la conscience de l'origine commune et de la communauté de destin de l'humanité,
2- l'universalisme véritable (non occidentalo-centrique)
est inséparable de l'humanisme régénéré,
3- le convivialisme est inséparable de l'humanisme régénéré il en fait partie concrète.
Aujourd'hui je ne rédige plus de longues préfaces et pourtant il est nécessaire d'en dire un peu plus que ces quelques lignes, pour mettre en perspective cet attachant et pertinent recueil.
Mon Cher Marc, tu peux reproduire à suivre le texte que j'avais écrit en 2015 sur les deux humanismes qui explicite bien ce qu'est le convivialisme et ce qui rassemble tous ceux qui s'en réclament.

Les deux humanismes

Dans la civilisation occidentale, l'humanisme a pris deux visages antinomiques. Le premier est celui de la quasi-divinisation de l'humain, voué à la maîtrise de la nature.
C'est en fait une religion de l'homme se substituant au dieu déchu. Il est l'expression des vertus d'Homo sapiens/faber/oconomicus.
L'homme, dans ce sens, est mesure de toute chose, source de toute valeur, but de l’évolution. Il se pose comme sujet du monde et, comme celui-ci est pour lui un monde-objet constitué d'objets, il se veut souverain de l'univers, doté d'un droit illimité sur toute chose, dont le droit illimité à la manipulation.

C'est dans le mythe de sa raison (Homo sapiens), dans les pouvoirs de sa technique et dans le monopole de la subjectivité qu'il fonde la légitimité absolue de son anthropocentrisme.
C'est cette face de l'humanisme qui doit disparaître. Il faut cesser d'exalter l'image barbare, mutilante, imbécile, de l'homme autarcique surnaturel, centre du monde, but de l'évolution, maître de la Nature.

Une sève de fraternité

L'autre humanisme a été formulé par Montaigne en deux phrases : « Je reconnais en tout homme mon compatriote » ;
« On appelle barbares les peuples d'autres civilisations ».
Montaigne a pratiqué son humanisme dans la reconnaissance de la pleine humanité des indigènes d'Amérique cruellement conquis et asservis et dans la critique de leurs asservisseurs.
Cet humanisme s'est enrichi chez Montesquieu d'une composante éthique, dans le principe que, s'il faut décider entre sa patrie et l'humanité, il faut choisir l'humanité.

Enfin, cet humanisme devient militant chez les philosophes du XVIII° siècle et il trouve son expression universaliste dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
Cet humanisme reconnaît dans son principe la pleine qualité humaine à chaque être de notre espèce ; il reconnaît dans tout être humain une identité commune au-delà des différences ; il sous-entend le principe défini par Emmanuel Kant : appliquer à autrui ce que nous souhaitons pour nous-mêmes.
Il sous-entend le principe posé par Friedrich Hegel : tout être humain a besoin d'être reconnu dans sa pleine humanité par autrui.
Il demande le respect pour ce qu'on appelle la « dignité » de chaque humain, c'est-à-dire de ne pas lui faire subir de traitement indigne.
Cet humanisme sera plus t**d nourri par une sève de fraternité et d'amour, vertu évangélique laïcisée.

Bien que concernant en principe tous les êtres humains, cet humanisme a été monopolisé par l'homme blanc, adulte, occidental.
Ont été exclus primitifs, arriérés, infantiles, qui n'ont pas accédé à la dignité d'Homo sapiens.
Ceux-là furent traités en objets et asservis, jusqu'à l'époque récente des décolonisations.
Des impératifs anthropo-éthiques
Nous n'avons pas besoin d'un nouvel humanisme, nous avons besoin d'un humanisme ressourcé et régénéré.
L'humanisme portait en lui l'idée de progrès et était porté par elle.
Le progrès, depuis Condorcet, était considéré comme une Loi à laquelle obéirait l'histoire humaine. Il semblait que raison, démocratie, progrès scientifique, progrès technique, progrès économique, progrès moral étaient inséparables.
Cette croyance, née en Occident, s'y était maintenue et s'était même propagée dans le monde en dépit des terribles démentis apportés par les totalitarismes et les guerres mondiales du XX* siècle.
En 1960, l'Ouest promettait un futur harmonieux, l'Est un futur radieux. Ces deux futurs se sont effondrés peu avant la fin du XX° siècle, remplacés par incertitudes et angoisses, et la foi dans le progrès doit être non plus dans un futur de promesses, mais dans un futur de possibilités.
Dans ce sens, l'humanisme régénéré se propose la poursuite de l'hominisation en humanisation en y introduisant les impératifs anthropo-éthiques.

Let us make man (« Faisons l'homme »).

L'humanisme régénéré est essentiellement un
humanisme planétaire. L'humanisme antérieur portait en lui un universalisme potentiel. Mais il n'y avait pas cette interdépendance concrète entre tous les humains, devenue communauté de destin, qu'a créée et qu'accroît sans cesse la mondialisation.
Comme l'humanité est désormais menacée de périls mortels (multiplication des a***s nucléaires et des guerres civiles internationalisées, déchaînement de fanatismes, dégradation accélérée de la biosphère, crises et
dérèglements d'une économie dominée par une spéculation financière incontrôlée), la vie de l'espèce humaine et, inséparablement, celle de la biosphère deviennent une valeur primaire, un impératif prioritaire.
Nous devons comprendre alors que si nous voulons que l'humanité puisse survive, elle doit se métamorphoser.
Karl Jaspers l'avait dit peu après la seconde guerre mondiale :
« Si l'humanité veut continuer à vivre, elle doit changer. »
Or, aujourd'hui, le problème primaire de la vie est devenu la priorité d'une nouvelle conscience, qui appelle une métamorphose. »

Adresse

Mont-Saint-Aignan

Site Web

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque SpiritualLibrary publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Raccourcis

Partager

Catégorie