21/01/2020
RÉACS HORS DE NOS VIES !
Ce mardi 21 janvier, le texte de modification de la loi bioéthique commence à être discuté par les sénateurs en séance publique. Avant ça, le texte voté les députés le 15 octobre 2019 avait été amendé en commission spéciale du Sénat.
On n'attendait pas grand chose d'une assemblée majoritairement à droite, mais il faut dire qu'on n'a pas été déçues. Comme leurs collègues de l'assemblée, ils ont refusé d'ouvrir l'accès à la PMA ou à l'auto-conservation de leurs gamètes aux personnes trans, et d'ajouter à la loi des mesures contre les violences médicales subies par les personnes intersexes. Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Les députés avaient proposé la reconnaissance des parents des enfants nés d'une GPA à l'étranger ? Le sénateur LR Bruno Retailleau a déposé un amendement pour faire sauter cette décision en commission - sans se soucier, visiblement, des lourdes difficultés quotidiennes de ces enfants dont les parents ne sont pas reconnu à l'état civil. Les députés avaient ouvert la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires, sous les mêmes conditions de remboursement que les couples hétéros ? Grâce à l'amendement de la sénatrice LR Muriel Jourda, elle sera payante pour toute femme - capricieuse - qui désirerait fonder une famille sans homme dans les parages !
Que dire par ailleurs des experts auditionnés par le Sénat ? Il y a eu évidemment le défilé habituel des représentants d'organisations réactionnaires, sortant pour l'occasion les épouvantails familiers du placard : la bonne morale catholique et l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans la rue ou au hasard des couloirs du palais Bourbon, c'est toujours les mêmes conneries homophobes. Une nouveauté cette fois-ci : lors de son audition, la présidente de la Fédération des CECOS, Nathalie Rives, explique aux sénateurs que les soignants de son réseau souhaiteraient recontacter les donneurs pour s'assurer qu'ils veulent bien que leur sperme servent à des couples lesbiens. Même dans une famille de femmes, on nous impose les choix d'un homme. Les médecins entendent ainsi obtenir des garanties qu'ils pourront toujours refuser l'accès à une PMA sans se faire accuser par la suite de discrimination. La médecine et ses pratiquants comptent bien continuer à exercer un contrôle des femmes et de leurs corps. Puisque que Nathalie Rives n'est pas revenue à ce jour sur ces déclarations, nous considérons qu'il ne s'agit pas juste d'un "dérapage" mais bien la position officielle des professionnels à qui nous seront obligées de demander l'autorisation de fonder nos familles. Qu'ils nous imposent un don sous condition est inacceptable.
Ce qui s'est dit au Sénat est grave. Nous ne leur pardonnerons pas. L'ajout de ces amendements réacs, transphobes, lesbophobes rallonge la durée des débats, alors qu'on nous promet ce droit depuis 2012. Nous refusons d'entendre les députés débattre extensivement d'horreurs homophobes sur notre dos. Sous couvert de discussions d'experts sur des dilemmes éthiques et les dernières avancées de la science, les parlementaires entérinent leur vision misogyne de la famille et nous refusent le droit de choisir de conserver nos gamètes ou de faire des enfants de la manière et au moment où nous le souhaiterons. Nous ne voulons plus attendre et laisser les médecins, L’État ou les services sociaux décider à notre place. Nous exigeons un accès libre et gratuit à la PMA. ✊✊✊
- Gouines contre Nature

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