07/02/2023
- Non à la fermeture de classes et la Baisse des Moyens.
Le Conseil d'administration du Collège Charlemagne a largement rejeté la dotation horaire imposée par le rectorat pour l'année 2023 et qui fermera 2 classes sur notre établissement.
La motion de rejet (texte ci-dessous) a été soutenue par l'ensemble des professeurs, Parents d'élèves, Représentants des élèves et de la Mairie.
Nous dénonçons cette baisse massive de moyens s et appelons chaque parent à se mobiliser afin de défendre le service public de l'éducation nationale.
*** Motion du CA du 6 février 2023 du Collège Charlemagne ***
Nous, professeurs et parents élus au conseil d’administration du collège Charlemagne, dénonçons les conditions prévues pour la rentrée scolaire 2023 au vu de la DHG présentée ce jour au conseil d’administration, et nous nous opposons fermement à l’annonce de fermeture de deux classes et à la baisse de dotation qui en découle.
Nous affirmons également que cette motion n’est en aucun cas une défiance vis-à-vis de la direction du collège dont nous tenons à saluer les efforts afin de garantir chaque année la meilleure répartition possible malgré les baisses constantes constatées ces dernières années.
Depuis plusieurs années la communauté éducative du collège Charlemagne fait face à de réelles difficultés liées à un manque de moyen, mais également à une situation exceptionnelle en termes de cours non assurés, rendant cette baisse de dotation encore plus injuste et contestable.
• Le collège a en effet été confronté à un volume d’heures non assurées en mathématiques et français, situation qui perdure depuis de nombreuses années et pour laquelle rien n’a été fait à ce jour pour retrouver un fonctionnement normal.
• En 2022, ce sont par exemple près de 155 heures de mathématiques qui n’ont pas été dispensées aux élèves de 5ème et 4ème, un volume équivalent en Français, impactant plus de 150 élèves et nuisant gravement à l’obligation de service public qui est d’assurer a minima le volume d’horaire légal pour chaque élève.
• Malgré nos alertes auprès du Rectorat, trop peu de réponses ou de solutions nous ont été proposées, ou trop t**d, désorganisant totalement le collège, minant le travail et le moral des professeurs, compliquant la tâche des équipes de la vie scolaire, brisant la confiance des parents dans le service public de l’Éducation, et enfin, fragilisant les apprentissages des élèves, et particulièrement des plus vulnérables d’entre eux.
• La crise sanitaire, la réforme Affelnet, auront fini de briser la confiance de toutes et de tous dans notre système éducatif, précipitant chaque année de plus en plus de familles de notre quartier vers l’enseignement privé.
La diminution supposée des effectifs pour l’année 2023 ne saurait justifier à elle seule cette baisse qui semble n’être fondée que sur une vision comptable, que nous dénonçons.
Si la démographie parisienne tend vers une diminution du nombre d’élèves scolarisés, celle-ci ne doit pas être perçue comme une sanction pour le collège avec la baisse de ses moyens alloués, mais au contraire, comme une chance, pour que les établissements publics puissent assurer dans de meilleures conditions leurs missions éducatives auprès de tous les élèves, en maintenant un même niveau de ressources.
La baisse de dotation présentée au conseil d’administration entraînera des conséquences immédiates et néfastes pour la rentrée 2023 au collège :
• Elle augmentera mécaniquement le nombre d’élèves par classe pour atteindre des effectifs de 30 élèves voire plus, alors que chacun sait que la France se situe déjà au plus haut niveau européen, et posera également des problématiques sanitaires dans notre établissement dont la plupart des salles de classes ne sont plus adaptées à ce nombre d’élèves,
• Elle mettra à mal le travail des professeurs dans leur approche d’une pédagogie différenciée alors que le ministre de l’Éducation engage une réforme des collèges nécessitant un effort accru dans l’accompagnement des élèves de sixièmes notamment,
• Elle fragilisera grandement l’offre d’enseignement des langues comme l’allemand ou le russe au moment même où le collège s’engage dans un programme ambitieux de renforcement de ce pôle de compétence, elle marquera également la disparition des options comme le grec que le collège n’est plus en mesure de proposer, faute de moyens,
• Elle mettra en danger des postes de professeurs qui, avec deux classes en moins, n’auront plus assez d’heures dans l’établissement pour atteindre leurs obligations de service,
• Elle menacera le fonctionnement de notre classe ULIS et l’inclusion nécessaire des élèves en situation de handicap, et plus généralement l’accompagnement des élèves, nombreux dans notre collège, disposant d’un Plan d’Aide Personnalisé,
• Enfin, elle fragilisera, pour ne pas dire détruira, les efforts consentis ces dernières années par l’ensemble de professeurs pour assurer un enseignement de qualité, ainsi que les dispositifs mis en place pour y contribuer et pallier aux manquements de service public : soutiens personnalisés, demi-groupes, dispositif devoirs faits …
Notre collège, comme la plupart des établissements publics, a depuis deux ans été confronté à une situation exceptionnelle liée à la crise sanitaire du COVID 19. Par les efforts conjugués des personnels, enseignants, parents et élèves, les établissements ont tenu bon, participant grandement à l’effort national, en continuant à accueillir les élèves, dans des conditions extrêmement difficiles, afin de permettre aux parents de continuer à travailler. Le « Quoiqu’il en coûte » ne devrait-il pas rendre à nos collèges la part qui leur est due dans leur contribution à maintenir le fonctionnement de notre économie ?
Par ailleurs, du fait de sa situation géographique, le collège Charlemagne est directement mis en concurrence avec deux établissements privés d’importance dont nous découvrons par articles de presse (Le Monde, Le Parisien) qu’ils disposent de meilleures dotations publiques à effectifs égaux, et qui ne prévoient pas, eux, de fermetures de classes en 2023, bien au contraire.
Par ce vote contre, nous demandons donc :
• Le maintien de la Dotation Horaire Globale afin de permettre un fonctionnement normal du collège et un rattrapage nécessaire à la hauteur des heures non assurées ces dernières années.
• L’égalité de traitement vis-à-vis des établissements privés afin de disposer des mêmes moyens alors que les exigences de service public ne sont pas les mêmes, à savoir l’accueil de tous les élèves sans distinction ni sélection.
• La prise en compte des efforts faits durant la période de COVID, et de tous ceux que les établissements vont devoir fournir, pour accompagner les élèves particulièrement fragilisés durant cette période.
Par cette motion, l’ensemble de la communauté éducative réaffirme d’abord son attachement au service public pour tous et toutes.
C’est avant tout une motion de confiance pour que soient pris en considération les efforts de l’établissement pour assurer la mixité sociale et scolaire et la réussite pour tous nos élèves.