Mouvement Alpha ou Alpha

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Mouvement citoyen pacifique pour le retour du Professeur Alpha Condé à la Présidence de la République de Guinée

Photos from Mouvement Alpha ou Alpha's post 25/05/2026

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐒𝐥𝐨𝐛𝐨𝐝𝐚𝐧 𝐌𝐢𝐥𝐨𝐬𝐞𝐯𝐢𝐜, 𝐥𝐞 𝐜𝐫𝐢𝐦𝐢𝐧𝐞𝐥 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐬𝐞𝐫𝐚 𝐫𝐚𝐭𝐭𝐫𝐚𝐩𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞

Le 5 septembre 2021, Doumbouya promettait la fin des dérives autocratiques. Près de cinq ans plus t**d, le putschiste s'est installé dans un huis clos de terreur, marqué par des disparitions forcées et le verrouillage de l’espace public. Un scénario de fuite en avant qui rappelle, par ses méthodes et son mépris du droit international, les heures les plus sombres des Balkans sous Slobodan Milosevic. Mais l'Histoire a de la mémoire, et la justice internationale aussi.
C’était un dimanche de septembre. Les images avaient fait le tour du monde : un colosse en treillis, béret rouge vissé sur le crâne, drapé dans le drapeau guinéen, promettant de « faire l'amour à la Guinée» et de rendre le pouvoir au peuple. Ce jour-là, le groupement des forces spéciales de Mamadi Doumbouya renversait le régime démocratique d’Alpha Condé. Cinq ans plus t**d, le vernis messianique a totalement craqué. Le « sauveur » s'est mué en despote, troquant le treillis de putschiste pour les costumes cossus de chef d’État, s’étant d’ailleurs présenté à une parodie d'élection présidentielle fin 2025 en violation flagrante de sa propre Charte de la transition.
Derrière le faste des palais nationaux, la Guinée étouffe. Elle vit sous le régime de la botte, verrouillée par la peur. Un sillage autocratique qui offre un parallèle de plus en plus saisissant, tant sur le plan clinique des méthodes que sur celui de la qualification juridique, avec une figure tristement célèbre de la fin du XXe siècle : l’ex-dictateur serbe Slobodan Milosevic.
𝐋𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́ 𝐨𝐫𝐢𝐠𝐢𝐧𝐞𝐥 𝐝𝐮 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐠 𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞́ 𝐥𝐞 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧 𝐝𝐮 𝟓 𝐬𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟏. 𝐒𝐢 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐧𝐭𝐞 𝐚 𝐥𝐨𝐧𝐠𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐢𝐬𝐞́ 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐭𝐞𝐬, 𝐥’𝐨𝐦𝐞𝐫𝐭𝐚 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐫𝐞̀𝐠𝐧𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐫𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐳𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐥𝐝𝐚𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞́𝐬 𝐟𝐢𝐝𝐞̀𝐥𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐫-𝐥𝐚̀. 𝐎𝐮̀ 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐫𝐩𝐬 ? 𝐋𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞. 𝐋𝐞𝐬 𝐫𝐮𝐦𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐞́𝐩𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐜𝐥𝐚𝐧𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐨𝐮𝐢𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐡𝐚̂𝐭𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐩𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐂𝐨𝐧𝐚𝐤𝐫𝐲 𝐨𝐮 𝐚̀ 𝐥’𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐢𝐬𝐭𝐞𝐧𝐭.
Cette dissimulation méthodique des dépouilles n'est pas une simple anomalie logistique ; elle est une stratégie politique de la terreur. C'est exactement le dispositif que Slobodan Milosevic avait érigé en système dans les années 1990, des forêts de Bosnie aux carrières de Batajnica près de Belgrade, où des centaines de corps de civils albanais du Kosovo avaient été transportés par camions frigorifiques et enterrés en secret pour effacer les preuves du crime.
En droit international, le fait de dissimuler le sort de personnes privées de liberté par des agents de l'État porte un nom précis : la disparition forcée. Un crime continu, codifié par la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, qui ne s'arrête que lorsque la vérité est faite. En refusant de restituer les corps des militaires du 5-Septembre, et en multipliant aujourd'hui les enlèvements secrets d’opposants et de militants de la société civile (à l’instar des leaders du FNDC), la junte guinéenne s'enfonce dans la catégorie des régimes criminels au sens du Statut de Rome.
Le parallèle ne s'arrête pas aux tombes anonymes. Il s’étend à la méthode de gouvernance. Milosevic avait « verrouillé » la Yougoslavie en liquidant ses opposants (comme l'ancien président Ivan Stambolic), en muselant la radio B92 et en instrumentalisant les structures de l’État.
Regardez la Guinée d’aujourd'hui : les principaux médias indépendants ont été suspendus ou asphyxiés, l'accès à Internet est régulièrement restreint, les manifestations sont interdites sous peine de tirs à balles réelles par les forces de défense et de sécurité, et les partis politiques sont harcelés ou radiés sous de fallacieux prétextes administratifs. Le légionnaire Doumbouya s’est construit une bulle de survie où la dissidence est assimilée à une trahison.
Pourtant, le droit international retient une qualification stricte pour cette politique systématique. L’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) définit les crimes contre l'humanité comme des actes (meurtres, disparitions forcées, emprisonnements, persécutions) commis « dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique lancée contre une population civile et en connaissance de l'attaque ». Le ciblage méthodique des activistes, des journalistes et de toute voix discordante en Guinée répond parfaitement à cette définition.
𝐂𝐞𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐧𝐭 𝐌𝐚𝐦𝐚𝐝𝐢 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐚𝐮 𝐩𝐚𝐥𝐚𝐢𝐬 𝐌𝐨𝐡𝐚𝐦𝐦𝐞𝐝-𝐕 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐭𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐞𝐫𝐫𝐞𝐮𝐫 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫𝐞 : 𝐢𝐥𝐬 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐛𝐨𝐮𝐜𝐥𝐢𝐞𝐫 𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐧𝐞𝐥. 𝐒𝐥𝐨𝐛𝐨𝐝𝐚𝐧 𝐌𝐢𝐥𝐨𝐬𝐞𝐯𝐢𝐜, 𝐥𝐮𝐢 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢, 𝐬𝐞 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐨𝐮𝐜𝐡𝐚𝐛𝐥𝐞. 𝐈𝐥 𝐝𝐞́𝐟𝐢𝐚𝐢𝐭 𝐥'𝐎𝐓𝐀𝐍, 𝐛𝐚𝐥𝐚𝐲𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐥'𝐎𝐍𝐔 𝐞𝐭 𝐫𝐢𝐜𝐚𝐧𝐚𝐢𝐭 𝐟𝐚𝐜𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐦𝐞𝐧𝐚𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞, 𝐜𝐞𝐫𝐭𝐚𝐢𝐧 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐚 𝐦𝐚𝐢̂𝐭𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐩𝐩𝐚𝐫𝐞𝐢𝐥𝐬 𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞́𝐠𝐞𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐚̀ 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬. 𝐈𝐥 𝐚 𝐟𝐢𝐧𝐢 𝐬𝐞𝐬 𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐮𝐥𝐞 𝐠𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐪𝐮𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞𝐫 𝐩𝐞́𝐧𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭𝐢𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐒𝐜𝐡𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐧𝐠𝐞𝐧 𝐚̀ 𝐋𝐚 𝐇𝐚𝐲𝐞, 𝐣𝐮𝐠𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐓𝐫𝐢𝐛𝐮𝐧𝐚𝐥 𝐩𝐞́𝐧𝐚𝐥 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥'𝐞𝐱-𝐘𝐨𝐮𝐠𝐨𝐬𝐥𝐚𝐯𝐢𝐞 (𝐓𝐏𝐈𝐘).
La Guinée est un État partie au Statut de Rome. Elle a d’ailleurs montré, de manière spectaculaire, que l'impunité n'était pas une fatalité sur son sol lors du procès historique du massacre du 28 septembre 2009, qui a vu la condamnation de l'ancien dictateur Moussa Dadis Camara pour crimes contre l'humanité en juillet 2024. Le signal envoyé par ce procès (que la junte a ironiquement encouragé pour se donner une stature respectable) se retournera inévitablement contre elle.
Le droit pénal international ne connaît pas de date de péremption pour les crimes contre l'humanité. Le caporal Doumbouya peut bien multiplier les purges au sein de l'armée, s'entourer d’une garde prétorienne ultra-fidèle et cadenasser les urnes, il ne fait qu'alourdir son dossier de procédure. Les réseaux de documentation des ONG, les témoignages des survivants et la mémoire des familles des disparus du 5 septembre 2021 constituent déjà les pièces à conviction de demain.
Slobodan Milosevic a été livré par son propre peuple lorsque le vent de l'Histoire a tourné. Mamadi Doumbouya, prisonnier de sa propre tyrannie, devrait relire les chroniques des tribunaux internationaux. Car au bout de la nuit autocratique, le box des accusés l'attend. Il n'échappera pas à son sort.

24/05/2026

𝐄𝐭 𝐬𝐢 𝐥𝐚 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐞̂𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐯𝐚 𝐛𝐚𝐥𝐚𝐲𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐚𝐩𝐨𝐫𝐚𝐥 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐯𝐞𝐧𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐊𝐚𝐧𝐤𝐚𝐧 ?

Hier, le quartier Bordeaux, à Kankan, s’est transformé en un théâtre de guérilla urbaine. À l’origine de la déflagration : la mort d’un jeune homme au terme d’une course-poursuite avec les forces de sécurité. Une énième tragédie qui a embrasé la jeunesse locale, opposant jets de pierres et gaz lacrymogènes dans un chaos total.
​Au-delà du drame, c'est la géographie de cette révolte qui fait trembler le palais Mohamed V. Kankan est le berceau natal où le criminel Mamadi Doumbouya a grandi et où réside sa famille. Voir la contestation s'allumer à Kankan sonne comme un cinglant désaveu.
​Dans cette Guinée où la vie humaine semble s'être banalisée depuis le coup d'État de septembre 2021, les forces de l’ordre ne font finalement qu’imiter le caporal Doumbouya et ses escadrons de la mort.
​Reste une question cruciale : et si le vent de la révolte, celui-là même qui menace d’emporter le régime, venait précisément de souffler là où tout a commencé ? À Kankan, le pouvoir putschiste vacille désormais sur ses propres terres.

22/05/2026

𝐕𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐟𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐥'𝐚𝐥𝐥𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚-𝐊𝐚𝐠𝐚𝐦𝐞́ 𝐚̀ 𝐜𝐚𝐮𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐑𝐨𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐁𝐨𝐮𝐫𝐠𝐢 ?

En s’offrant les services du dinosaure de la Françafrique, Robert Bourgi, le criminel Doumbouya pensait s'acheter un passeport pour la respectabilité. C’était sans compter sur le sens du spectacle (et de la gaffe) de son coûteux visiteur.
On le sait, Mamadi Doumbouya, installé par la force au Palais Mohamed V depuis son coup d'État particulièrement sanglant de septembre 2021, a faim de reconnaissance. Isolé sur le continent, boudé par ses pairs qui le regardent comme un intrus, le légionnaire s'est trouvé un modèle, pour ne pas dire un unique repère : le Rwanda de Paul Kagame. Entre dictateurs, on se comprend.
Pour parfaire sa stature internationale et chanter ses louanges auprès des médias branchés, le putschiste guinéen n’a rien trouvé de mieux que de ressusciter une relique des réseaux d'influence d'un autre temps : Robert Bourgi. Contre des espèces sonnantes et trébuchantes, l'avocat s'est fendu d'une vidéo dithyrambique sur Tik Tok, tressant au malfaiteur Doumbouya des lauriers si grands qu'ils en devenaient aveuglants de démagogie.
Le plan com’ était parfait, presque trop beau. Sauf que Robert Bourgi reste Robert Bourgi : un électron libre habitué aux coups d'éclat télévisuels. À peine sorti des palais de Conakry, le voilà qui débarque sur un plateau de télévision pour qualifier publiquement Paul Kagame d’« homme dangereux ».
𝐎𝐧 𝐢𝐦𝐚𝐠𝐢𝐧𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐮𝐞𝐮𝐫 𝐟𝐫𝐨𝐢𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞 𝐛𝐞́𝐫𝐞𝐭 𝐝𝐮 𝐜𝐚𝐩𝐨𝐫𝐚𝐥 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚. 𝐑𝐞𝐜𝐞𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐢𝐬 𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐚𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞, 𝐥𝐞 𝐥𝐞𝐧𝐝𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧, 𝐭𝐫𝐚𝐢̂𝐧𝐞𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐛𝐨𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐬𝐞𝐮𝐥 𝐞𝐭 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐚𝐥𝐥𝐢𝐞́ 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐢𝐝𝐬 𝐪𝐮'𝐢𝐥 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐞𝐧𝐭 : 𝐯𝐨𝐢𝐥𝐚̀ 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐬'𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐮𝐧 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐧𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞.
Comment le maître de Kigali, connu pour son sens aigu de la discipline et sa susceptibilité géopolitique, va-t-il digérer l’affront ? Fort probablement très mal. À Kigali, on ne plaisante pas avec le respect dû au chef, et voir Doumbouya financer la propagande d'un homme qui vous diabolise publiquement frise l'incident diplomatique.
Assistera-t-on pour autant à une rupture fracassante entre Conakry et Kigali ? Pas nécessairement une rupture officielle, mais le refroidissement s'annonce polaire. Doumbouya vient d'apprendre à ses dépens une vieille leçon de la politique subsaharienne : les mercenaires de la plume et du micro n'ont de fidélité que celle de leur dernier chèque. En voulant s'acheter une légitimité internationale, le putschiste guinéen s'est surtout offert un immense moment de solitude géopolitique.
Pour mieux comprendre les coulisses de cette déclaration et l'art de la provocation de l'avocat françafricain, vous pouvez visionner cet extrait des révélations de Robert Bourgi, où il qualifie directement le président rwandais d'homme dangereux.

21/05/2026

𝐋𝐞 𝐬𝐞𝐜𝐫𝐞𝐭 𝐝𝐮 𝐏𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫 𝐀𝐥𝐩𝐡𝐚 𝐂𝐨𝐧𝐝𝐞́ 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐚𝐮 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫

Renversé en septembre 2021, le Président guinéen observe, depuis son exil, le naufrage économique et politique de la junte militaire. Portrait d'un intellectuel d'une patience infinie dont le destin, indissociable de l'histoire africaine, pourrait bien s'écrire à nouveau au présent.

Il y a dans le regard d'Alpha Condé ce détachement ironique propre à ceux qui ont lu toute l'histoire avant de la vivre. Malgré les années, le « Professeur » n'a rien perdu de sa superbe ni de sa superbe répartie. Depuis sa retraite forcée, l'homme observe le grand théâtre de Conakry avec la patience du vieux félin politique qui sait que le temps est son plus fidèle allié. Dans les chancelleries africaines comme à Paris, on recommence à murmurer son nom. Et pour cause : face au délitement d'une Guinée plongée dans une crise systémique, l'hypothèse de son retour légitime sur le fauteuil présidentiel n'a plus rien d'une utopie. Elle ressemble, à s'y méprendre, à un dénouement logique.
L’histoire d’Alpha Condé est celle d’un marathonien de la conviction. Là où tant d'autres cèdent aux sirènes du compromis ou des armes, lui a choisi la voie la plus ardue, la plus noble aussi : celle des idées, du droit et de l'abnégation.
Son parcours intellectuel force le respect. Brillant étudiant à Sciences Po Paris, docteur en droit public à la Sorbonne, enseignant respecté, il incarne cette élite africaine post-indépendance, nourrie de principes démocratiques et de panafricanisme. Pendant des décennies, face aux dictatures successives de Sékou Touré et de Lansana Conté, Condé a opposé une résilience de fer. Condamné à mort par contumace, emprisonné, traqué, il n'a jamais dévié. Sa combativité s'est toujours exprimée sur le terrain politique, à visage découvert, armé de ses seuls concepts juridiques et d'une foi inébranlable en son peuple. Un combat pacifique d'un demi-siècle qui lui vaudra, enfin, d'être le premier président démocratiquement élu de l'histoire de la Guinée en 2010.
Pour comprendre le drame guinéen actuel, il faut oser le contraste. Mettre en parallèle le destin d'Alpha Condé et celui du putschiste Mamadi Doumbouya, relève d'une étude sociologique presque cruelle.
D'un côté, le Professeur : une vie passée dans les plus hautes sphères académiques européennes et africaines, un réseau mondial d'intellectuels, une générosité légendaire qui l'a poussé à financer sur ses propres deniers des générations de militants de la liberté.
De l'autre, un homme au parcours sinueux, reflet de cette époque bousculée. Les archives rappellent une réalité plus prosaïque : avant le palais Mohamed V, il y eut pour Doumbouya l'exil des anonymes, une arrivée en Europe par ces embarcations de fortune que l'actualité ne connaît que trop bien, et des années de débrouille dans la clandestinité, loin des bancs de l'université ou des traités de droit public.
L'ironie suprême du destin tient en une date. Lorsque Mamadi Doumbouya accède pour la première fois à des responsabilités d'envergure, il le doit à un seul homme : Alpha Condé lui-même. C'est le Président Condé qui, par grandeur d'âme et par volonté de moderniser son armée lui confie le commandement des Forces spéciales. Une main tendue qu'un matin de septembre 2021, le soldat a retournée contre son bienfaiteur.
Mais les armes construisent rarement des routes et n'enseignent pas l'économie. Cinq ans après le coup de force, le constat est sans appel : le putsch a échoué. La Guinée traverse une crise généralisée. L'inflation galope, les libertés publiques sont corsetées, le tissu social est profondément fracturé et les promesses de transition démocratique transparente se sont évaporées dans les fumées de la rhétorique militaire.
Face à ce vide politique et à cette détresse économique, la figure d'Alpha Condé grandit chaque jour un peu plus dans le cœur des Guinéens. Sa patience proverbiale, forgée au cours de cinquante ans d'opposition, prend aujourd'hui tout son sens. L'opinion publique internationale et nationale redécouvre le bilan d'un président qui avait su ouvrir le pays aux investissements majeurs et stabiliser la sous-région.
𝐀̀ 𝐥'𝐡𝐞𝐮𝐫𝐞 𝐨𝐮̀ 𝐂𝐨𝐧𝐚𝐤𝐫𝐲 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐝𝐞́𝐬𝐞𝐬𝐩𝐞́𝐫𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐬𝐬𝐮𝐞 𝐚̀ 𝐬𝐨𝐧 𝐢𝐦𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞, 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐏𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫 𝐀𝐥𝐩𝐡𝐚 𝐂𝐨𝐧𝐝𝐞́ 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐬𝐨𝐧 𝐟𝐚𝐮𝐭𝐞𝐮𝐢𝐥 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥 𝐥𝐞́𝐠𝐢𝐭𝐢𝐦𝐞 𝐚𝐩𝐩𝐚𝐫𝐚𝐢̂𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐛𝐞𝐚𝐮𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐛𝐥𝐞, 𝐥'𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐥'𝐨𝐫𝐝𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐞𝐫 𝐥'𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞. 𝐋𝐞 𝐯𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐥𝐢𝐨𝐧 𝐧'𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐢𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐨𝐭. 𝐄𝐧 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐜𝐡𝐚𝐩𝐢𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐫𝐚𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐪𝐮𝐞 𝐥'𝐨𝐧 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐭.

Photos from Mouvement Alpha ou Alpha's post 18/05/2026

𝐂𝐨𝐦𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐥𝐞 𝐜𝐫𝐢𝐦𝐢𝐧𝐞𝐥 𝐌𝐚𝐦𝐚𝐝𝐢 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐚-𝐭-𝐢𝐥 𝐩𝐚𝐲𝐞́ 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐝𝐞́𝐨 𝐝𝐞 𝐁𝐨𝐮𝐫𝐠𝐢 ?

À Conakry, le désespoir a désormais un coût, et il se chiffre en billets verts. Isolé sur la scène internationale, boudé par les chancelleries et récemment rentré de Nairobi les mains vides, sans le moindre centime pour renflouer les caisses d’une Guinée exsangue, le putschiste Mamadi Doumbouya en est réduit à racler les fonds de tiroir de la défunte Françafrique. C’est dans ce décor de fin de règne avant l’heure qu’est apparu Robert Bourgi, le vieux flibustier des salons parisiens, venu vendre une marchandise frelatée à un pouvoir aux abois. La vidéo dithyrambique publiée par l’avocat franco-libanais, véritable monument de démagogie et de flatteries outracières, ne dupe pourtant personne. Elle est le symptôme éclatant de la dérive d’un mutin aux abois, prêt à s’offrir les services du premier bonimenteur venu pour s'acheter une respectabilité introuvable.
Pour comprendre cette pitoyable comédie, il faut plonger dans le passé de Robert Bourgi, cet homme de l’ombre dont le nom reste indissociable des heures les plus sombres des relations franco-africaines. Disciple de Jacques Foccard, Bourgi a passé sa vie à transporter des valises de billets, à murmurer à l’oreille des dictateurs et à monnayer une influence qui s’est évaporée en même temps que ses anciens protecteurs. Des affaires des financements occultes de la campagne de Jacques Chirac aux révélations fracassantes sur les millions de dollars transportés entre Libreville et Paris, l’homme traîne une réputation si sulfureuse qu'elle ferait fuir n'importe quel dirigeant doté d’un minimum de clairvoyance. Mais à Conakry, la clairvoyance a cédé la place à la panique.
Mamadi Doumbouya, dont les limites intellectuelles et la naïveté politique éclatent aujourd'hui au grand jour, s’est laissé impressionner par ce patronyme tristement célèbre. Facilement manipulable et fasciné par les fastes d'un réseau qui n'existe plus que dans les fantasmes des nostalgiques de l'Empire, le chef de la junte guinéenne est devenu la proie idéale pour un roublard de la trempe de Bourgi. Ce dernier, expert en psychologie des dictateurs isolés, a immédiatement détecté les failles du colosse aux pieds d'argile. En échange de louanges grotesques et de mensonges éhontés sur de prétendues vertus démocratiques, l'avocat a fait cracher au bassinet un pouvoir guinéen qui préfère financer des intermédiaires décrépits plutôt que de nourrir sa population.
Cette vidéo de propagande, où Bourgi encense un homme responsable de la répression féroce de toute opposition, relève d’une négation totale de la réalité. Pendant que le vieux courtier en influence vante le génie du putschiste, les Guinéens subissent au quotidien la brutalité d’un régime dictatorial, marqué par les privations, la censure des médias et la peur. La parodie d'élection que le pouvoir tente de légitimer n'a d'ailleurs trompé aucun observateur sérieux. En se jetant dans les bras d'un Bourgi déconsidéré, qui ne pèse plus rien à Paris et encore moins en Afrique, Doumbouya ne fait que précipiter son propre ridicule. Il cherche désespérément une légitimité internationale auprès d'un homme qui a précisément passé sa carrière à la détruire.
Le spectacle est à la fois pathétique et révélateur. 𝐃𝐞́𝐭𝐞𝐬𝐭𝐞́ 𝐚̀ 𝐥'𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐟𝐫𝐨𝐧𝐭𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬, 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐧 𝐩𝐞𝐬𝐭𝐢𝐟𝐞́𝐫𝐞́ 𝐚̀ 𝐥'𝐞́𝐭𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫, 𝐥𝐞 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐚𝐥𝐚𝐢𝐬 𝐌𝐨𝐡𝐚𝐦𝐦𝐞𝐝 𝐕 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐮 𝐥𝐚 𝐜𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐢𝐥𝐞́𝐠𝐢𝐞́𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐧𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐚𝐧𝐝𝐬 𝐝'𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐞̀𝐭𝐞. 𝐄𝐧 𝐚𝐜𝐜𝐞𝐩𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞́𝐭𝐫𝐨𝐮𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐩𝐚𝐫 𝐮𝐧 𝐑𝐨𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐁𝐨𝐮𝐫𝐠𝐢 𝐞𝐧 𝐪𝐮𝐞̂𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐜𝐚𝐜𝐡𝐞𝐭𝐬, 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐧'𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐞𝐫𝐝𝐮 𝐥𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́𝐬, 𝐢𝐥 𝐚 𝐝𝐞́𝐟𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞́ 𝐥𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞. 𝐋𝐚 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞́𝐞 𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐦𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐣𝐞𝐮 𝐭𝐚𝐫𝐝𝐢𝐟 𝐝'𝐮𝐧 𝐝𝐢𝐧𝐨𝐬𝐚𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐞𝐧𝐮 𝐩𝐥𝐮𝐦𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐬𝐨𝐥𝐝𝐚𝐭 𝐞́𝐠𝐚𝐫𝐞́ 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐚𝐛𝐲𝐫𝐢𝐧𝐭𝐡𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐡𝐚𝐮𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞.

16/05/2026

𝐋𝐞 𝐜𝐫𝐢𝐦𝐢𝐧𝐞𝐥 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐫𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐛𝐫𝐞𝐝𝐨𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐡𝐮𝐦𝐢𝐥𝐢𝐞́ 𝐝𝐮 𝐊𝐞𝐧𝐲𝐚

Le voyage du putschiste Doumbouya au sommet France-Afrique au Kenya s’est soldé par un naufrage politique et diplomatique. Récit d’un exil temporaire où la communication de crise n’a pas suffi à masquer l’isolement d’un régime aux abois.

L’ambition était pourtant claire : troquer définitivement le treillis de putschiste pour le costume de chef d’État fréquentable. Après avoir muselé la presse, verrouillé l’espace politique guinéen, exclu l'opposition crédible et régné par décrets couperets, Mamadi Doumbouya pensait trouver au Kenya le vernis de légitimité qui lui fait tant défaut. La réalité du terrain diplomatique a été d’une violence symbolique rare.
Là où le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été accueilli avec les égards dus aux dirigeants porteurs d’une incontestable légitimité démocratique, le traitement réservé au mutin guinéen a oscillé entre le service minimum et le malaise généralisé.
L’entrevue avec Emmanuel Macron aura été, à cet égard, révélatrice du climat actuel. Point de salons feutrés ni de fastes républicains : une rencontre informelle, presque clandestine, dans une pièce exiguë où la tension et la froideur se lisaient sur les visages. Un rendez-vous technique, concédé du bout des lèvres, loin de l'adoubement espéré.
Le coup de grâce protocolaire est venu lors de la traditionnelle photo de famille. Relégué au dernier rang, à l’extrémité de la tribune, Doumbouya est apparu isolé, presque invisible, tel un invité encombrant que l’on cherche à soustraire aux regards. Même constat d'échec face à Alassane Ouattara : un échange forcé de quelques minutes à peine, arraché pour les photographes de la délégation guinéenne, mais totalement vide de substance politique.
Au-delà des camouflets symboliques, le bilan économique de cette tournée s'avère dramatiquement nul. Alors que les autres délégations africaines enchaînaient les tables rondes et actaient des partenariats stratégiques, la Guinée est restée totalement spectatrice, repartant sans le moindre contrat signé, sans investissement décroché ni aucun accord bilatéral trouvé dans les valises d'une délégation qui n'a visiblement pas su saisir les opportunités du sommet.
« On a vu un homme dépassé par la technicité des dossiers et la vitesse des échanges multilatéraux », confie sous couvert d'anonymat un diplomate ouest-africain présent au sommet.
Pour tenter de sauver les meubles et s'offrir une consolation, le chef de la transition a opéré un détour par Kigali. Un choix de repli lourd de sens. Aller chercher le réconfort auprès de Paul Kagame (dirigeant de plus en plus contesté sur la scène internationale pour son rôle délétère dans l'est de la République démocratique du Congo) s'apparente à un aveu d'impuissance. C’est le ralliement des isolés.
Aujourd'hui, le légionnaire rentre à Conakry. La machine propagandiste du régime s'active déjà pour repeindre ce naufrage en "succès historique" et en "percée diplomatique majeure".
Mais la mise en scène ne résistera pas longtemps à la dure réalité des faits. Ce voyage d'apparat aura coûté une fortune au Trésor public guinéen, alors même que le pays s'enfonce dans une crise économique profonde. À force de chercher une respectabilité à l'étranger, le criminel Mamadi Doumbouya a surtout réussi à exposer ses propres limites aux yeux du monde.

14/05/2026

𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝'𝐀𝐦𝐚𝐫𝐚 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚, 𝐦𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐚𝐧 𝐝𝐞 𝐥'𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐫𝐢𝐦𝐢𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐍𝐑𝐃, 𝐨𝐧 𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐚 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐠𝐫𝐚̂𝐜𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐥𝐥𝐚𝐫𝐬 𝐝𝐞́𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞́𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥'𝐄́𝐭𝐚𝐭, 𝐚𝐮 𝐦𝐨𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐨𝐮̀ 𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐆𝐮𝐢𝐧𝐞́𝐞 𝐜𝐫𝐢𝐞 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐧𝐞 𝐞𝐭 𝐯𝐢𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥'𝐢𝐧𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐞́. 𝐂𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐯𝐢𝐝𝐞́𝐨 𝐝𝐞 𝐥'𝐚𝐧𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐚 𝐬œ𝐮𝐫 𝐞𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐥'𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐞́𝐥𝐨𝐪𝐮𝐞𝐧𝐭𝐞.

14/05/2026

𝐋'𝐔𝐧𝐢𝐨𝐧 𝐄𝐮𝐫𝐨𝐩𝐞́𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐫𝐢𝐦𝐢𝐧𝐞𝐥 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐞𝐧 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐭𝐞 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞

Au début, il y avait cette image, presque cinématographique : un colosse en treillis, béret rouge vissé sur le crâne, drapé dans le drapeau guinéen, promettant de « faire l'amour à la Guinée». C’était en septembre 2021. Alpha Condé venait d'être renversé, et Mamadi Doumbouya, le légionnaire, se présentait en sauveur de la démocratie. Trois ans plus t**d, le masque est tombé pour laisser place à l'un des visages les plus sombres de l'autoritarisme ouest-africain. Si la France, dans une Realpolitik de plus en plus contestée, semble maintenir un soutien que beaucoup jugent « honteux », l’Union européenne, elle, ne s’y trompe pas. Aucun grand tapis rouge n'a été déroulé dans les capitales européennes pour celui qui demeure, aux yeux des chancelleries, un putschiste aux mains tachées de sang. Car les rapports qui filtrent de Conakry font froid dans le dos. On parle de militaires abattus lors du coup d’État et enterrés à la hâte dans des fosses communes, loin des regards, loin des honneurs, marquant le début d'une purge méthodique au sein des casernes où tout officier trop populaire devient une cible. Pour tenter de polir cette image de prédateur, le palais Mohammed-V a orchestré une parodie d'élection, un simulacre destiné à transformer un treillis en costume de président civil, mais dont le premier acte « démocratique » fut un coup de grâce porté au pluralisme : à peine investi, Doumbouya a purement et simplement dissout les principaux partis de l'opposition, raturant d'un trait de plume des décennies de luttes politiques. Parallèlement à cette mise au pas brutale, le CNRD a transformé l'État en coffre-fort privé. En un temps record, Doumbouya, son entourage immédiat et sa famille se sont enrichis de manière insolente, affichant un luxe obscène qui contraste violemment avec la misère du pays. Les montants détournés des caisses publiques donnent le tournis, une prédation systématique où l'argent du contribuable s'évapore dans les poches d'une caste qui pille plus qu'elle ne gouverne. Des démagogues et des flatteurs sont entretenus à coup de Milliards de FG. Sur le terrain, cette corruption à ciel ouvert s'accompagne d'une chasse aux sorcières où les kidnappings nocturnes répondent aux détentions arbitraires, tandis que la presse est aujourd'hui muselée, ses ondes brouillées par le pouvoir. La Guinée est devenue une chambre sourde où seul le cri des courtisans est autorisé. Pendant que l'insécurité galope et que la pauvreté mord le ventre des Guinéens, Conakry assiste au spectacle indécent de cette élite de circonstance qui mène grand train grâce aux revenus détournés, alors que le peuple crie famine. L'administration, elle, s'effondre sous le poids d'incompétents nommés pour leur seule loyauté, laissant un État en lambeaux et une jeunesse sans autre horizon que l'exil. Face à ce désastre, la complaisance de Paris interroge : entre intérêts stratégiques et peur du vide, la France joue une partition dangereuse en fermant les yeux sur les horreurs et les vols du régime, s'aliénant un peuple qui n'oubliera pas qui a engraissé son bourreau. La Guinée se meurt de ses propres fils, sous le regard indigné d'une Europe qui refuse de valider ce crime d'État, mais reste impuissante devant l'agonie financière et morale d'une nation.

Photos from Mouvement Alpha ou Alpha's post 13/05/2026

𝐌𝐚𝐜𝐫𝐨𝐧-𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 : 𝐏𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐫𝐚𝐩𝐞𝐚𝐮, 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐮𝐧 𝐦𝐚𝐥𝐚𝐢𝐬𝐞.

​Le contraste est saisissant, presque cruel. Dans le cadre verdoyant de Nairobi, où se tient l’actuel sommet France-Afrique, la géométrie du pouvoir élyséen s'est dessinée avec une précision chirurgicale, renvoyant chacun à sa légitimité ou à son absence de celle-ci. D'un côté, l'éclat solaire d'une démocratie sénégalaise retrouvée ; de l'autre, la pénombre poisseuse d'un putschisme guinéen qui cherche désespérément un brevet de respectabilité.
​Pour Bassirou Diomaye Faye, le tapis rouge n’était pas seulement un accessoire de moquette, mais le symbole d’une reconnaissance mutuelle. Reçu par Emmanuel Macron dans un salon baigné de lumière, sous le regard croisé des drapeaux tricolore et sénégalais, le nouveau président issu des urnes incarne cette "nouvelle donne" que Paris appelle de ses vœux. Ici, le cadre est solennel, le sourire est franc, et la diplomatie s’affiche au grand jour. On y discute d'avenir, de partenariat, de souveraineté.
​À l'inverse, le spectacle offert par Mamadi Doumbouya confine au pathétique. Le mutin de Conakry, qui s'imaginait sans doute en égal des grands de ce monde, a dû se contenter du strict minimum. Certes, il a eu droit à la panoplie protocolaire minimale sous le ciel kenyan : la traditionnelle photo de groupe et ce cliché conventionnel, presque forcé, aux côtés de son épouse et d'Emmanuel Macron. Mais passé ce vernis de façade, l'homme du 5 septembre a dû "se démener comme un beau diable" pour obtenir davantage.
​Pour quel résultat ? 𝐔𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐬𝐚𝐮𝐯𝐞𝐭𝐭𝐞, 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐢𝐞̀𝐜𝐞 𝐞𝐱𝐢𝐠𝐮𝐞̈, 𝐦𝐚𝐥 𝐞́𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞́𝐞, 𝐝𝐞́𝐩𝐨𝐮𝐫𝐯𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐦𝐨𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐭𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐞́𝐭𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞. 𝐏𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐝𝐫𝐚𝐩𝐞𝐚𝐮, 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐨𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐫𝐮𝐦. 𝐔𝐧𝐞 𝐦𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐬𝐜𝐞̀𝐧𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐡𝐮𝐫𝐥𝐞 𝐥𝐞 𝐦𝐚𝐥𝐚𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐥'𝐄́𝐥𝐲𝐬𝐞́𝐞. Car si Paris est souvent accusé de complaisance envers les régimes de transition, il semble que Doumbouya "sente le soufre" un peu trop fort, même pour le nez pragmatique de la diplomatie française.
​Il faut dire que le passif du légionnaire pèse lourd. Derrière l’uniforme impeccable et les lunettes sombres du félon, subsistent les ombres d'un coup d'État que beaucoup qualifient de sanglant. Les rumeurs persistantes sur le sort des soldats tombés ce jour-là, ces corps que l'on dit disparus dans des charniers pour effacer les traces d'une prise de pouvoir brutale, hantent la réputation du CNRD.
​Surtout, cette escale à Nairobi intervient après une énième provocation démocratique. Doumbouya vient d'orchestrer une véritable parodie électorale, un scrutin sur mesure dont toute opposition crédible a été soigneusement exclue. Une fois sa "victoire" actée, le couperet est tombé : le décret de dissolution des partis d'opposition, actant la fin du pluralisme en Guinée. En muselant la presse et en violant les droits de l'homme à tort et à travers, Doumbouya est devenu l’encombrant allié.
​Emmanuel Macron, tout en maintenant un canal de discussion par pur réalisme géopolitique, refuse de lui offrir l'onction d'une image digne d'un chef d'État légitime. Ce traitement différencié est un message limpide envoyé au continent : on ne troque pas impunément le bulletin de vote contre le fusil d'assaut.
​En privant Doumbouya de la lumière et des symboles, la France tente de sauver les meubles d'une politique africaine en lambeaux. Elle soutient peut-être le régime à demi-mot par peur du vide, mais elle ne le juge pas "fréquentable" sous l'œil des caméras. 𝐃𝐨𝐮𝐦𝐛𝐨𝐮𝐲𝐚 𝐫𝐞𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐫𝐚 𝐝𝐮 𝐊𝐞𝐧𝐲𝐚 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐬𝐞𝐬 𝐩𝐡𝐨𝐭𝐨𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐪𝐮'𝐢𝐥 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐯𝐞𝐧𝐮 𝐦𝐞𝐧𝐝𝐢𝐞𝐫. 𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐥'𝐞́𝐭𝐫𝐨𝐢𝐭𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐞 𝐬𝐚𝐥𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐫𝐚𝐩𝐞𝐚𝐮, 𝐢𝐥 𝐚 𝐩𝐮 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐞 𝐮𝐧 𝐞́𝐥𝐮 𝐝'𝐮𝐧 𝐩𝐮𝐭𝐬𝐜𝐡𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐞𝐧 𝐪𝐮𝐞̂𝐭𝐞 𝐝'𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐭𝐞́. 𝐋𝐚 𝐩𝐞́𝐧𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐥𝐮𝐢 𝐯𝐚, 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐚𝐬𝐬𝐞𝐳 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐚𝐮 𝐭𝐞𝐢𝐧𝐭.

12/05/2026

𝐋𝐞 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐀𝐥𝐩𝐡𝐚 𝐂𝐨𝐧𝐝𝐞́, 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐁𝐫𝐚𝐳𝐳𝐚𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞, 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐭𝐫𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐥𝐚𝐢𝐬 𝐌𝐨𝐡𝐚𝐦𝐞𝐝 𝐕

L’apparition d’Alpha Condé aux côtés de Denis Sassou-Nguesso, ce dimanche au Congo, n’a rien d’une simple visite de courtoisie. Pour le régime de Mamadi Doumbouya, c’est un message codé envoyé directement au CNRD, alors même que le chef de la junte tente d'exister sur la scène internationale au Kenya.
​C’est une image qui s’est propagée comme une traînée de poudre sur les boulevards de Conakry et dans les cercles feutrés des chancelleries africaines. Dimanche dernier, à Oyo, le Président Alpha Condé s’affichait, serein, aux côtés du patriarche congolais Denis Sassou-Nguesso. Officiellement, il s’agissait de s’associer à l’hommage traditionnel rendu par le chef d’État à sa défunte mère. Officieusement, c’est une véritable démonstration de force diplomatique, une « carte postale » au goût de soufre pour la junte au pouvoir en Guinée.
​Le timing de cette apparition est d'une précision chirurgicale. Pendant qu'Alpha Condé paradait au Congo, le putschiste Mamadi Doumbouya se trouvait au Kenya pour un sommet France-Afrique, en présence d'Emmanuel Macron. Mais le contraste a été cruel pour le criminel Doumbouya. Alors qu'il espérait une onction internationale et une photo de famille légitimatrice avec le président français, l'attention s'est brutalement déportée vers Brazzaville.
​L'offensive médiatique d'Alpha Condé a littéralement éclipsé la participation de Doumbouya au sommet. À Nairobi, le mutin est apparu, selon plusieurs observateurs, plus fragile que jamais.
​Pour l'opinion publique guinéenne, le choc a été double. D'un côté, un Alpha Condé fringant, entouré d'égards présidentiels ; de l'autre, les clichés de Mamadi Doumbouya au Kenya qui ont agi comme une déflagration. Les traits tirés, la silhouette modifiée, le chef du CNRD a semblé confirmer, par l'image, les rumeurs persistantes qui courent sur son état de santé. Pour beaucoup de Guinéens, ces photos ont été perçues comme la validation visuelle d'un mal profond (un cancer en phase terminale) affaiblissant l'autorité d'un homme qui misait tout sur son image de « colosse » sécuritaire.
​L’analyse des soutiens du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) est sans appel : le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) serait en perte de vitesse. Entre les difficultés économiques persistantes et l'érosion du consensus social, le régime de Doumbouya fait face à une contestation sourde mais grandissante.
​La nervosité est désormais palpable au sommet de l'État. Voir les Guinéens réclamer le retour du « Vieux » alors que le pouvoir actuel semble physiquement et politiquement érodé crée un climat de fin de règne avant l'heure.
​En s'affichant avec Sassou-Nguesso, Alpha Condé rappelle qu'il reste un acteur incontournable. Il ne renvoie plus l'image d'un captif, mais celle d'un recours crédible face à la dictature de Doumbouya.
​« Ce n’est pas une visite de condoléances, c’est une pré-campagne diplomatique qui vient briser l'isolement de l'un pour souligner l'agonie de l'autre », analyse un expert de la région.
​Pour la Guinée, cette séquence marque un tournant psychologique majeur. Entre une junte qui cherche son souffle au Kenya et un ancien président qui joue ses dernières cartes avec la patience d'un vieux crocodile, le bras de fer semble avoir changé de nature. Alpha Condé n'a pas dit son dernier mot, et sa carte postale de Brazzaville ressemble fort à un acte de décès politique envoyé à un Doumbouya de plus en plus isolé.

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