13/04/2022
👤 Portrait Inspirant d’un défenseur des droits de Humains 👤
👉 Robert BADINTER et l’abolition de la peine capitale ou l’abolition d’une justice qui tue.
Robert Badinter est un juriste et homme politique français né en 1928 à Paris qui n’a eu de cesse de se battre pour l’amélioration de la justice française et l’abolition de la peine de mort.
D’origine juive, son père est arrêté par la Gestapo lors de la rafle de la rue Sainte-Catherine à Lyon en 1943 à la suite de laquelle il meurt en déportation.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il commence des études de Droit et de Lettre à l’Université de Paris puis s’inscrit au Barreau des avocats de Paris en 1951. Il commence sa carrière comme collaborateur du député communiste Henri Torrès. Après avoir obtenu l’agrégation en droit privé, il devient maitre de conférences dans plusieurs Universités avant d’être nommé à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne en 1974 où il enseigne à l'École de droit de la Sorbonne jusqu'en 1994, date à laquelle il devient professeur émérite.
Abolitionniste affirmé, il s’inscrit ainsi dans la lignée de ces prédécesseurs, tels que Jean Jaurès et Aristide Briand et parvient à démontrer que la peine capitale n’engendre que la violence et que l’abolition, au contraire, privilégie la rédemption et la confiance en l’humain. Aussi, en parallèle de sa fonction de professeur, il continue de se battre pour l’abolition de la peine de mort et l’amélioration des conditions de détention des détenus.
Son véritable combat contre l’abolition de la peine de mort commence en 1972, lorsqu’il accepte de défendre Roger Bontems. S’il ne parvient pas à lui éviter la peine capitale, cette date marque le début d’une lutte acharnée pour l’abolition de la peine de mort et dès lors, il défend de nombreuses personnes risquant cette peine.
En 1977, sa plaidoirie contre la peine capitale lui permet d’éviter cette dernière à son client Patrick Henry qui est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. C’est le début d’une longue liste de prisonniers auxquels il évitera cette condamnation, tels que : Michel Bodin, Mohamed Yahiaoui, Michel Rousseau, Jean Portais ou encore Norbert Garceau.
En 1973, Badinter écrit un manifeste contre la peine de mort : l’Exécution, dans lequel il relate le procès de Roger Bontems condamné à la peine capitale sans qu’il est tué qui que soit mais pour avoir été complice de Claude Buffet dans le meurtre d’une infirmière et d’un gardien de la centrale de Clairvaux.
Son combat contre la peine de mort aboutit en 1981 lorsqu’il est nommé Garde des Sceaux par le Président François Mitterrand. Ainsi, il présente à l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981 le projet de loi abolissant la peine de mort dans un discours intitulé a posteriori : « pour que la justice française ne soit plus une justice qui tue ». La loi est promulguée le 10 octobre 1981.
Il devient par la suite président du Conseil constitutionnel jusqu'en 1995, date à laquelle il est élu sénateur PS des Hauts-de-Seine et ce jusqu'en 2011. Après ses activités de sénateurs, il continue son activité de juriste au sein d’un cabinet de consultations juridiques réservées aux juristes.
Ainsi, tout au long de sa riche carrière, l’abolisseur de la peine de mort n’aura eu de cesse d’améliorer la justice française et d’en faire une justice qui ne tue pas. Ainsi dans son discours pour l’abolition de la peine capitale devant l’Assemblée, l’ancien Garde des Sceaux reprend la base des propos de l’ancien plus haut magistrat de France, Maurice Aydalot, pour lequel la peine de mort est une hérésie « parce qu'aucun homme n'est totalement responsable, parce qu'aucune justice ne peut être absolument infaillible, la peine de mort est moralement inacceptable ».
Si aujourd’hui, l’œuvre de Badinter semble une évidence pour la plupart, certains restent encore sceptiques, en France et ailleurs, sur l’utilité d’une telle mesure. C’est pourquoi, ce portrait s’attache à rappeler la lutte acharnée qui a mené à l’adoption de l’abolition de la peine de mort et en quoi celle-ci s’affirme comme prérequis à toute justice
SOURCES
Robert Badinter, Wikipédia, 31 mars 2022, https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Badinter
Bioraphie de Robert Badinter, France culture, https://www.franceculture.fr/personne-robert-badinter.html
Discours de Robert Badinter : pour que la justice française ne soit plus une justice qui tue, 17 septembre 2021, Amnesty International, https://www.amnesty.fr/peine-de-mort-et-torture/actualites/17-septembre-1981-discours-de-robert-badinter
Robert Badinter : « L'abolition de la peine de mort », Assemblée nationale, https://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-discours-parlementaires/robert-badinter-17-septembre-1981