07/09/2022
L'Hétairie a 5 ans!! Pour l'occasion, retrouvez l'édito de notre président, Floran Vadillo.
Cinq années de travail mais l'heure n'est pas au repos!
Il y a cinq ans jour pour jour, déçus par les errances idéologiques du quinquennat Hollande, convaincus que le politique ne devait pas céder face à la technique, qu’il existe bel et bien un clivage gauche-droite sur d’innombrables sujets et qu’Emmanuel Macron représentait une aventure politique dangereuse pour ceux de gauche qui croyaient en lui, nous lancions L’Hétairie.
Personne ne nous attendait, personne ne nous a aidés (notamment d’un point de vue financier). Nous avions pour nous des convictions et de l’opiniâtreté. Nous les avons toujours. Grâce à cela, nous avons pu solliciter de nombreux contributeurs qui ont accepté de participer au débat, dans la société mais aussi au sein de nos publications puisque nous avons favorisé le plus possible le principe des opinions dissidentes. Car une approche de gauche sur un sujet n’est jamais univoque. Il existe des tendances, des sensibilités, des nuances, des oppositions. Mais la diversité est source d’union (car on n’unit jamais que ce qui est épars).
Les statistiques ne constituent jamais un bilan. Elles donnent néanmoins des indications : 108 auteurs, 13 livrets (nos formats longs), 85 notes (nos formats intermédiaires), 53 tribunes (nos formats courts). Peu de thématiques ont été oubliées. Certes, quelques-unes ont fait l’objet d’une attention soutenue, à l’instar de la défense, la sécurité, la justice, les institutions, l’économie nationale et, depuis peu, les relations internationales. Nous nous sommes voulus défricheurs sur les sujets liés au continent africain, à l’espace, au bruit. L’égalité femme-homme, la santé, l’aménagement du territoire ont bénéficié d’un intérêt soutenu et d’experts reconnus.
Ce furent 5 années de combat pour les idées de gauche ; cinq années d’adversité tant l’aventure macronienne a d’abord exercé une séduction dans de nombreux secteurs que nous sollicitions et tant la radicalité a fini, comme par réaction, par investir d’autres sphères. Mais ni la séduction, ni la radicalité ne sont bonnes conseillères lorsqu’il s’agit de penser et d’amender des politiques publiques destinées à changer la vie des gens, à changer notre rapport au monde, à changer les rapports sociaux et économiques. La complexité et la nuance sont, non des voies de renoncement, mais des conditions du succès. Il y a une voie entre tordre le réel et être tordu par lui : celle que nous empruntons avec constance, avec opiniâtreté (à nouveau). C'est l'objet de la tribune 54 jointe à cet envoi.
Un nouveau cycle s’ouvre. Nous souhaitons continuer de creuser notre sillon car nous pensons que la voix que nous portons est plus que jamais nécessaire dans le concert d’une gauche qui ne cesse de se recomposer.
Bien sûr, des changements vont intervenir. En particulier, l’équipe a changé et va continuer de changer. Car disons-le, le travail accompli est une forme d’ascèse : penser, échanger, écrire, publier, diffuser sont des activités astringentes, parfois décourageantes. Les relais médiatiques, s’ils ont été présents, traitent inégalement la matière produite. C’est le lot de tous les think tanks, sans doute accru par la faiblesse de nos moyens financiers et la volonté de ne pas voir notre agenda dicté par les effets de mode.
Comme toujours, nous avons besoin de vous ! De vos contributions intellectuelles, de vos propositions d’aide, de vos éventuelles contributions financières (déductibles à 66% de vos impôts) mais surtout de votre fidélité et de votre attention, cette ressource immatérielle à laquelle s’intéresse tant le système capitaliste. Nous savons que nous participons à la tension sur cette ressource et en sommes fiers !
Avec le sentiment du devoir accompli, de l’urgence à continuer de l’accomplir et de l’intense gratitude à votre égard, nous sommes heureux de vous proposer nos dernières publications (sur le ministère des Armées, sur le Kosovo ou encore le traitement parlementaire d’ORPEA). D’autres arrivent, vous pouvez compter sur nous.
Floran Vadillo
Président de L’Hétairie