14/10/2026
[Brèves gauloises] Une amphore de Lipari à Amboise (Indre-et-Loire) 🏺
À l'occasion de la saison scientifique et culturelle gauloise de l'Inrap, des archéologues racontent des fouilles et des objets de l'âge du Fer qui les ont marqués. Aujourd'hui, une amphore de Lipari découverte dans l’oppidum d’Amboise.
L'oppidum des Châtelliers, à Amboise, occupé massivement à partir du deuxième quart du Ier siècle av. J.-C., livre quelques exemplaires d’amphores de Lipari.
Provenant de l’île éponyme, au large de la Sicile, ces récipients transportaient de l’alun, un sulfate d’aluminium employé sans discontinuité pour la pharmacopée et dans le cadre d'activités artisanales. De nombreuses sources antiques, médiévales et modernes témoignent de la permanence de ces usages. Connu pour ses qualités antiseptiques, hémostatiques et astringentes, l’alun était principalement utilisé pour soigner les affections des yeux. En tannerie, l’alun était employé dans l’assouplissement et la teinture du cuir. En teinturerie, l’alun liquide servait à mordancer la laine, c'est-à-dire traiter la fibre de laine à l'aide afin de permettre à la teinture végétale ou animale de se fixer solidement et durablement sur le tissu. Enfin, dans le cadre de la métallurgie, les utilisations de ce sel d’aluminium étaient multiples : de la purification de l’or, à l’élaboration de patines en passant par la soudure du fer et le blanchiment de l’argent.
Les occurrences précoces d’amphores à alun en Gaule Celtique sont particulièrement rares. Avec plus de 13 individus documentés, l’oppidum d’Amboise est de loin le site gaulois le plus riche en amphores de Lipari. Bien qu’aucun exemplaire ne soit issu d’un contexte d’utilisation, la présence de ces amphores constitue un marqueur indirect des activités artisanales susceptibles d’avoir été pratiquées sur le site.
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📷 © N. Holzem, Inrap