15/05/2024
𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗾𝘂'𝘂𝗻 𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁 𝗮𝗶𝗺𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗹𝗶𝘃𝗿𝗲𝘀 ?
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Comment faire pour qu'un enfant aime les livres ?
Comment faire pour qu'il ne les abandonne pas lorsque surgit l'adolescence ? Comment faire pour qu'il accepte de leur offrir du temps à l'heure où les écrans récréatifs captivent si aisément son attention ? À l'évidence, comme le rappelle la citation précédente de Konrad Liessmann, il n'y a pas de solution miracle ; mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de solution du tout. C'est en tout cas ce que montre, de manière rassurante, un grand nombre d'études scientifiques. Pour sa plus grande part, la lecture est un héritage social dont la transmission n'a rien d'aléatoire et repose sur trois piliers fondamentaux.
Au premier niveau, il faut valoriser la lecture, c'est-à dire la présenter comme une activité cruciale et distinctive, sur le thème "nous, nous sommes une famille de lecteurs ; ce n'est pas le cas de toutes les familles, mais ici la lecture, c'est important, c'est l'une des choses qui nous définit". L'objectif, c'est que l'enfant intègre précocement cette réalité à son identité, jusqu'à ce qu'il se perçoive et se présente lui-même comme un lecteur. Beaucoup, de nos jours, se voient 𝘨𝘢𝘮𝘦𝘳𝘴 (joueurs de jeux vidéo) et affichent un fort sentiment d'appartenance communautaire. L'idée est ici d'amener l'enfant à se sentir 𝘳𝘦𝘢𝘥𝘦𝘳 (lecteur de livres) et à en être fier. Cette intériorisation, quand elle s'opère, accroît durablement la motivation à lire, le volume de lecture et, au final, les capacités de compréhension.
Naturellement, pour en arriver là, les discours parentaux sont essentiels. Il faut encourager l'enfant, le féliciter quand il lit, souligner encore et encore les générosités de la lecture, en insistant sur le fait qu'elle nous grandit, nous éclaire, nous rend intelligents, nous aide à comprendre le monde, les autres et nous-mêmes, etc. Mais, évidemment, pour primordiales qu'elles soient, ces démonstrations verbales ne suffisent pas. Il faut également que l'enfant perçoive des signes d'engagement plus concrets. Il sera difficile, par exemple, de lui expliquer qu'il est important de lire si l'on passe soi-même le plus clair de son temps collé à son smartphone, une série Netflix ou une console de jeux.
L'enfant apprend aussi en regardant le comportement des adultes qui l'entourent. Il aura ainsi plus de chances de lire et de se construire une identité de lecteur si ses parents le sont eux-mêmes, s'ils lui lisent fréquemment des histoires, s'ils l'emmènent régulièrement dans les librairies et bibliothèques, s'ils pensent réellement que lire est capital, et si le foyer abrite un grand nombre d'ouvrages. En pratique, tous ces paramètres sont bien sûr fortement liés les uns aux autres.
Les parents qui aiment lire ont tendance à valoriser plus fortement cette activité chez leurs enfants, à les emmener plus volontiers dans les librairies et les bibliothèques, à leur offrir plus de livres et à posséder eux-mêmes une vaste bibliothèque. Au fond, ce que montrent ces données, c'est que les lecteurs ne sortent pas de nulle part. Ils sont le fruit d'un environnement favorable, à la fois encourageant, incitatif et positif.
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𝘔𝘪𝘤𝘩𝘦𝘭 𝘋𝘦𝘴𝘮𝘶𝘳𝘨𝘦𝘵, 𝘧𝘢𝘪𝘵𝘦𝘴-𝘭𝘦𝘴 𝘭𝘪𝘳𝘦 ! (𝘌́𝘥𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘚𝘦𝘶𝘪𝘭), 𝘱𝘢𝘨𝘦𝘴 334 - 335.