31/10/2026
📜 Secret d'Archives d'octobre
Les témoins silencieux de notre histoire
En bois, en pierre, en fer ou en fonte, de taille et de forme différentes, modestes ou monumentales, les croix de chemin que l’on rencontre dans nos campagnes sont les témoins de la dévotion et de la foi ancrée dans les populations de nos vallées.
Souvent dressées le long des routes ou à l’intersection de deux chemins, à l’entrée d’un hameau ou au sommet d’une colline, leur architecture évolue au fil des siècles.
Elles servent de repère et guident les voyageurs, protègent des mauvaises rencontres. Elles peuvent être commémoratives, érigées en souvenir d’une épidémie comme la peste ou dressées pour remercier d’un vœu accompli, ou encore pour se remémorer un événement marquant. Processionnelles, elles signalent un lieu de pause pour prier (pour les rogations, par exemple, ou le vendredi saint). Elles délimitent les entrées de villages ou de villes et jouent alors le rôle de bornes. A proximité des champs cultivés, elles protègent des fléaux qui peuvent endommager les récoltes.
De tout temps, elles ont suscité beaucoup d’intérêt et elles continuent à captiver les amoureux du patrimoine. Véritables chefs-d’œuvre, elles sont des marqueurs du paysage, souvent ignorées du visiteur pressé ; ce sont des éléments du patrimoine fragile, abîmés par les années ou envahis par la végétation ou encore vandalisés.
La région de Remiremont en compte plus de 300, le Val-d’Ajol en compte 145 dont 3 sont classées. Vagney et Bellefontaine en recensent également un nombre important. Il y a quelques années, un travail de restauration et de préservation des croix a été mené par l’association des Amis de Remiremont et des sites des Hautes-Vosges que présidait Marie-Louise Jacotey.
Aujourd’hui encore, ces croix forment un patrimoine qui bénéficie d’une protection active de la part d’associations de bénévoles. Elles offrent un moment de pause aux randonneurs et font l’objet de sentiers thématiques imaginés par l’Office de Tourisme et le Club Vosgien. Toujours vecteurs de mémoire, elles continuent à témoigner du savoir-faire des tailleurs de pierre de la vallée et sont la mémoire des hommes et des femmes qui ont façonné notre territoire.
Les croix de Remiremont
La croix de Révillon (à Saint-Etienne-lès-Remiremont)
Œuvre qui date de 1530, c’est la plus ancienne croix de la vallée. Elle est sculptée en grès des Vosges. Son fût porte six statues et le croisillon en porte deux. Elle représente le Christ en croix entouré de la Vierge, de sainte Barbe, de saint Sébastien, d’un évêque, de Marie-Madeleine et d’un moine agenouillé.
La croix du faubourg d’Alsace
Aujourd’hui quasi invisible dans son environnement, elle semble s’effacer au milieu du mobilier urbain.
La croix extérieure de la chapelle de la Madeleine
Taillée en grès des Vosges, elle se dresse devant l’entrée de l’édifice et rappelle l’emplacement de l’ancien cimetière de la léproserie. La base de la croix est celle d’origine, la date « 1661 » est gravée sur le socle. La croix, par contre, n’est pas celle d’origine, car elle a été endommagée à plusieurs reprises et donc déplacée dans le parc du musée Friry après 1986.
La croix processionnelle du Saint-Mont
Elle a été trouvée dans les archives du Saint-Mont en 1790. Il s’agit d’un crucifix en bois recouvert de laiton et fixé sur une estrade en bois. Elle daterait du XIIe siècle. Elle fait partie de l’inventaire du musée Friry.
La croix à proximité du cimetière chemin des Israélites
Cette jolie croix de style néogothique est sécurisée par une grille. On ignore si elle occupe son emplacement originel et si son fût (en grès blanc) et son socle (en grès plus foncé) proviennent de monuments différents. Le fût est orné d’une guirlande de feuilles. Son socle porte des inscriptions gravées partiellement recouvertes de lichen, mais il est malgré tout possible de décrypter la quasi-totalité de ces caractères. Voici ce qui est inscrit : « Cette croix a été bénie en février 1813 par Félicien Gérard, curé de Remiremont »
L’imposante croix du Calvaire
C’est l’œuvre du sculpteur Edmé Bouchardon et des fonderies Brochon. Elle est érigée en 1858 sur une plateforme en granit. Elle représente le Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean. Ce monument a été offert par Charles David, bienfaiteur de la ville et de l’hôpital. Une inscription historique, en partie effacée en 1872, rappelait la visite de Napoléon III sur ce site en 1856. Ce calvaire offre un magnifique point de vue sur la ville et le Saint-Mont, et c’est aussi le point de départ de jolies promenades.
La croix dans la cour du musée Charles de Bruyères
Il s’agit d’une lanterne des morts, du XIIIe siècle, en grès vosgien. A l'origine, cette croix se trouvait sur une hauteur à proximité de Saint-Nabord, sur le chemin des Chavannes. Il s'agit d'une lanterne de cimetière. Le sommet portait une lampe à huile, symbole de la Résurrection. Elle a été restaurée dans les années 1990 par un sculpteur local.