14/10/2026
𝑷𝒂𝒄𝒕𝒆 𝒍𝒊𝒏𝒈𝒖𝒊𝒔𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆 : 𝒖𝒏 𝒄𝒂𝒑 𝒇𝒓𝒂𝒏𝒄𝒉𝒊 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒍𝒂 𝒄𝒓𝒆́𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒍’𝑰𝒏𝒔𝒕𝒊𝒕𝒖 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒌 𝒅𝒖 𝒌𝒓𝒆́𝒐𝒍 𝒓𝒆́𝒚𝒐𝒏𝒆́ / 𝑰𝒏𝒔𝒕𝒊𝒕𝒖𝒕 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒄 𝒅𝒖 𝒄𝒓𝒆́𝒐𝒍𝒆 𝒓𝒆́𝒖𝒏𝒊𝒐𝒏𝒏𝒂𝒊𝒔
Le comité de pilotage et scientifique du Pacte linguistique entre l’État et les collectivités territoriales de La Réunion s’est réuni à l’Hôtel de Région ce mardi 13 octobre 2026.
La séance, présidée par le Préfet représenté par Frédéric Sautron, sous-préfet à la cohésion sociale et à la jeunesse, a débuté par les prises de parole de la conseillère régionale Patricia Profil, la conseillère départementale Richela Chambi, et le délégué général à la langue française et aux langues de France par intérim au ministère de la Culture Paul Petit, en présence de la directrice des affaires culturelles Marie Jo Lo Thong, et du président du Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement (CCEE) Roger Ramchetty.
✨ 𝐋𝐚 𝐜𝐫𝐞́𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐩𝐨𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐟 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐨𝐫𝐝𝐨𝐧𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐜𝐫𝐞́𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐈𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜 𝐝𝐮 𝐜𝐫𝐞́𝐨𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐮𝐧𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬 𝐚 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐚𝐜𝐭𝐞́𝐞. 𝐏𝐥𝐚𝐜𝐞́ 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑𝐞́𝐠𝐢𝐨𝐧 𝐑𝐞́𝐮𝐧𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐦𝐩𝐥𝐨𝐲𝐞𝐮𝐫, 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭, 𝐢𝐥 𝐬𝐞𝐫𝐚 𝐚𝐟𝐟𝐞𝐜𝐭𝐞́ 𝐚𝐮 𝐂𝐂𝐄𝐄 𝐞𝐭 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐬𝐞𝐫𝐚 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐥𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐏𝐚𝐜𝐭𝐞. 𝐋𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐫𝐮𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐫𝐞́𝐯𝐮 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐛𝐮𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟕.
🤝 Les partenaires ont également approuvé la reconduction du Pacte linguistique pour trois ans.
Trois interventions sont ensuite venues éclairer les travaux du comité.
🔹 𝐿𝑎 𝑙𝑎𝑛𝑔𝑢𝑒 𝑎𝑢 𝑐œ𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑙
Jérôme Gardody, directeur de l’IAE Réunion, et Mylène Lebon-Eyquem, doyenne de l’UFR Lettres et sciences humaines à l’Université de La Réunion, ont présenté les résultats de leur recherche « KozPRO Réunion ». La diversité des pratiques langagières au travail est une réalité qui mobilise des compétences à la fois linguistiques et d’adaptation. Il s’agit de la reconnaître et l’accompagner par la formation pour en faire une ressource majeure pour la qualité du service aux usagers, avec des enjeux culturels et patrimoniaux.
🔹 𝐾𝑟𝑒́𝑜𝑙, 𝑘𝑜𝑠𝑎 𝑠𝑎 ?
Pierre-Henri Aho, directeur de la Bibliothèque départementale de La Réunion, et Francky Lauret, directeur du département créole de l’Université de La Réunion, ont invité l’assemblée à tester leurs connaissances sur les langues créoles – dont il existe près d’une centaine dans le monde, avant d’éclairer l’état des connaissances. Les premiers écrits en créole réunionnais figurent dans des textes juridiques dès le 18e siècle et, depuis les années 1970, le créole n’a cessé d’être présent dans des ouvrages et revues, partiellement ou totalement en créole. La langue créole est une langue vivante et riche de son patrimoine oral et écrit, et dispose de nombreux outils : grammaires, lexiques, dictionnaires…
🔹 « 𝑀𝑜𝑣𝑒́ 𝑆𝑎𝑛 », 𝑜𝑝𝑒́𝑟𝑎 𝑒𝑛 𝑐𝑟𝑒́𝑜𝑙𝑒
Pour clore cette matinée dense, la création était à l’honneur avec Timothée Varon, baryton, issu du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon et de l’Académie de l’Opéra national de Paris. Il a transporté l’hémicycle avec la capsule vidéo de son projet « 𝑀𝑜𝑣𝑒́ 𝑆𝑎𝑛, 𝑜𝑝𝑒́𝑟𝑎 𝑎𝑟𝑐ℎ𝑖𝑝𝑒𝑙 ». Né de l’envie de chanter en créole réunionnais avec la technique lyrique, le projet propose un opéra contemporain populaire à la croisée des musiques classiques et créoles. Le texte est confié à l’auteur Jean d’Amérique (Haïti), la mise en scène à la dramaturge Béatrice Bienville (Guadeloupe) et la musique originale au compositeur Ryan Harrison (Louisiane). Sur scène, il réunit un quintette à cordes, deux percussionnistes traditionnels (Réunion et Brésil), une pianiste (Réunion), un baryton, et la rappeuse Casey (Martinique). Ce travail développé en résidence à la Villa Albertine (Nouvelle-Orléans), la Cité internationale de la langue française (Villers-Cotterêts), et La Cité des Arts (Réunion) a été présenté à l’Institut de France, avec en perspective l’Opéra Bastille en 2027.
Le Pacte linguistique est un moteur pour la promotion du créole réunionnais dans toutes les sphères de la vie. Car la langue créole réunionnais est l’expression de notre identité plurielle, nourrie par l’histoire du peuplement du territoire. Langue de la transmission pratiquée dans le cercle familial, amical, et dans la vie publique, elle est la langue de la compréhension mutuelle. On ne peut faire l’impasse sur cette réalité dans le service rendu aux habitants. Il en va de l’accès aux droits : celui de pratiquer et vivre la langue de son choix, et plus largement, de l’accès aux droits dans tous les domaines.
Avec
Le Préfet de La Réunion
La Région Réunion
Le Département de La Réunion
Le CCEE de La Réunion
Le Ministère de la Culture