28/09/2026
SÉNATORIALES : LE VOTE MUNICIPAL N’EST PAS ANODIN
On parle beaucoup des élections municipales comme d’une élection qui concerne avant tout la vie quotidienne : les écoles, les routes, la propreté, l’urbanisme, les associations ou encore les services publics.
Mais le vote municipal a aussi des conséquences au niveau national.
Pourquoi ? Parce que les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Ils sont élus au suffrage universel indirect par les « grands électeurs », dont environ 95 % sont issus des conseils municipaux. Le Sénat compte 348 sénateurs, élus pour six ans et renouvelés par moitié tous les trois ans. Avec l’Assemblée nationale, ils votent les lois, contrôlent l’action du Gouvernement et représentent les collectivités territoriales. (Sénat)
Autrement dit : le choix fait lors des municipales contribue aussi, indirectement, à déterminer la couleur politique du Sénat.
Le résultat du 27 septembre dans le Vaucluse l’illustre parfaitement : les grands électeurs ont élu deux sénateurs LR, Jean-Baptiste Blanc et Dominique Santoni, et un sénateur RN, Thierry D’Aigremont. Pour la première fois, le RN obtient ainsi un siège de sénateur dans notre département.
Cela doit nous amener à regarder les élections municipales avec attention.
Lorsque nous choisissons une équipe municipale et un maire, nous ne choisissons pas seulement la gestion de notre commune pour les six années à venir. Nous contribuons également, indirectement, à la composition du collège électoral qui désignera les sénateurs.
C’est donc une dimension supplémentaire du vote municipal qu’il ne faut pas négliger.
Et que représente aujourd’hui LR ?
Il est également utile de replacer les forces politiques dans leur poids électoral national.
À l’élection présidentielle de 2022, la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, avait obtenu 4,78 % des suffrages au premier tour, soit moins de 5 %.
Cela ne signifie évidemment pas que les sénateurs LR seraient « illégitimes » : ils sont élus conformément aux règles constitutionnelles, par le collège des grands électeurs. Mais cela rappelle que la représentation politique au Sénat ne correspond pas mécaniquement aux résultats de l’élection présidentielle ou au vote direct des Français.
Le Sénat répond à une logique différente, fondée notamment sur la représentation des territoires et des collectivités locales.
Enfin, lorsqu’on évoque le bilan économique de la droite et de LR, il faut éviter les raccourcis. La dégradation des finances publiques françaises ne peut pas être attribuée à un seul parti : elle est le résultat de politiques conduites par plusieurs gouvernements et majorités au fil des années. Le constat, lui, est incontestable : la dette publique française a fortement augmenté sur le long terme.
C’est pourquoi avant chaque scrutin, il est important de regarder non seulement les promesses locales, mais aussi les conséquences politiques indirectes du choix que nous faisons.
Sorgues Agora