28/10/2026
Magie de l'écriture manuelle, qui laisse au cerveau le temps de poser le mot juste, de voir de façon authentique se refléter sa pensée, l'écriture étant reconnue comme le reflet de son âme. Ni Arial, ni Calibri, ni toute autre police ne parviendront jamais à cette conjugaison magique.
Ce matin, dans le train, un homme, plutôt jeune, noircissait des carnets dans le sens inverse de la marche. C'est un détail, peut-être
Il avait à côté de lui ses stylos, son gobelet de café (du moins je suppose que c'était du café, peut-être du thé ou un chocolat ou de l'eau simplement) et ses lunettes également
Derrière la vitre du train, le paysage était flou alors que les lettres, même de loin, étaient nettes
Il m'a intrigué, tellement que j'ai failli me lever pour lui demander non pas ce qu'il écrivait mais si je pouvais le photographier en train d'écrire
Parfois, en l'observant de mon siège, il levait la tête et semblait réfléchir
Etait-ce un roman ? Un journal ? Un essai ? En tout cas, j'ai trouvé ces pages noircies tellement belles que je devais les garder en souvenir
Puis dans le petit carré qui me permettait de prendre la photo sans être vu, est apparue sa main, cerise sur la photo
Le train est arrivé à Bourges, je ne suis pas allé le voir
Il a mis un bonnet sur sa tête, rangé ses carnets, il est descendu, a disparu comme disparaissent mes voisins de train chaque matin
Il me reste ces lignes, si belles, cette écriture comme des vagues, ce paysage flou comme un tableau
Un rien de mystère qui donne à ces carnets cette épaisseur énigmatique et cette magie indépassable de l'écriture