09/09/2026
𝗩𝗶𝘃𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗮𝘂 𝗖œ𝘂𝗿 : 𝟮𝟳 𝗺𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗶𝘀𝘁𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝟮𝟴 𝗱𝗲́𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗻𝘁
« Nous refusons de servir de caution démocratique »
Six mois après les élections municipales, l'équipe Viviers au Cœur a pris collectivement une décision grave et exceptionnelle : 27 des 28 membres de notre liste démissionnent, qu'ils soient aujourd'hui élus au conseil municipal ou suivants de liste.
Une seule de nos élues continuera donc à siéger au conseil municipal.
Cette décision n'est ni un mouvement d'humeur, ni un renoncement, ni le signe d'un quelconque délitement de notre équipe. Elle est au contraire une décision collective, réfléchie et pleinement assumée, face à un constat que nous partageons aujourd'hui : nous ne voulons plus, par notre seule présence, donner l'apparence d'un fonctionnement démocratique et pluraliste lorsque la place de l'opposition n'est, dans les faits, pas respectée.
Nous avions pourtant fait le choix de donner sa chance au dialogue
Au lendemain de l'élection municipale, malgré une fin de campagne marquée par des attaques d'une violence que nous avions publiquement dénoncée, nous avions décidé de siéger.
687 Vivaroises et Vivarois, soit 41,09 % des suffrages exprimés, nous avaient accordé leur confiance. Nous considérions qu'il était de notre responsabilité de porter leur voix au sein du conseil municipal.
Nous avions aussi fait un choix : celui de donner du temps au temps.
Nous espérions qu'une fois la campagne électorale terminée, les tensions pourraient s'apaiser, que les comportements évolueraient et qu'un fonctionnement respectueux de chacun pourrait s'installer. Nous nous étions donnés jusqu'à l'été pour en juger.
Nous avons aujourd'hui notre réponse.
Six mois plus t**d, rien n'a changé
Dès la séance d'installation du conseil municipal, le ton était donné lorsque la maire a empêché Dominique HALLYNCK d'aller au terme de son intervention.
Depuis, conseil après conseil, nous constatons la même manière de fonctionner : les débats sont esquivés, nos interrogations dérangent, nos interventions sont minimisées et notre rôle d'élus d'opposition est progressivement réduit à celui de simples spectateurs.
Mais le problème dépasse aussi les seules séances du conseil municipal.
Des représentants associatifs peuvent ainsi être invités à participer à des réunions de travail ou à des présentations de projets concernant l'avenir de la commune, sans que les élus de l'opposition soient eux-mêmes conviés.
Comment peut-on revendiquer une démarche de concertation et, dans le même temps, considérer que les élus représentant plus de 40 % des suffrages exprimés n'ont pas leur place autour de la table ?
Nous constatons également une volonté d'installer une frontière entre majorité et opposition, jusque dans les relations entre élus.
Nous ne demandons aucun privilège. Nous ne demandons pas davantage de droits que les autres.
Nous demandons simplement à être considérés pour ce que nous sommes : des représentants élus des Vivaroises et des Vivarois.
Gagner une élection ne donne pas tous les droits
La démocratie locale ne consiste pas à organiser une élection tous les six ans puis à considérer que ceux qui l'ont perdue doivent se taire jusqu'à la suivante.
Gagner une élection donne le droit et la responsabilité de gouverner.
Cela ne donne pas le droit d'ignorer ceux qui n'ont pas voté pour vous, ni d'effacer les élus qu'ils ont choisis pour les représenter.
Une opposition n'est pas un élément de décor destiné à permettre à une majorité de revendiquer le bon fonctionnement de la démocratie locale. Elle doit pouvoir questionner, débattre, proposer, contester et participer à la vie municipale.
Lorsque ces conditions ne sont plus réunies, vient un moment où continuer à siéger revient à accepter de jouer un rôle que nous refusons.
Nous refusons aujourd'hui de servir de caution démocratique à Martine Mattei.
27 démissions, une sentinelle : une seule décision collective
Notre décision prend donc une forme particulièrement forte : 27 des 28 membres de la liste Viviers au Cœur démissionnent.
Les élus concernés quittent le conseil municipal et les suivants de liste renoncent également à y entrer.
Mais nous avons également décidé collectivement de maintenir une présence au sein du conseil municipal.
Une de nos élues continuera ainsi à siéger. Elle sera notre sentinelle au conseil municipal : pour exercer un droit de regard sur les décisions prises, poser les questions qui doivent l'être, alerter lorsque cela sera nécessaire et permettre aux Vivaroises et aux Vivarois de continuer à savoir ce qui se décide en leur nom.
Ces deux dimensions relèvent d'un seul et même choix collectif.
D'un côté, 27 démissions pour poser un acte politique suffisamment fort pour que personne ne puisse faire semblant de ne pas entendre ce que nous dénonçons.
De l'autre, une présence maintenue au conseil municipal, afin que notre voix et celle de nos électeurs ne puissent pas en être totalement effacées.
Nous quittons nos sièges, pas le débat public
Notre engagement pour Viviers n'a jamais dépendu d'un siège autour de la table du conseil municipal.
Nous continuerons à suivre les dossiers, à informer les habitants, à questionner publiquement les décisions de la municipalité, à faire des propositions et à défendre la vision de Viviers que nous avons portée pendant la campagne.
Nous continuerons surtout à être présents auprès des 687 Vivaroises et Vivarois qui nous ont accordé leur confiance.
Nous savons que certains pourront tenter de présenter ces démissions comme un abandon. C'est exactement l'inverse.
Nous avons essayé de siéger. Nous avons essayé de dialoguer. Nous avons laissé du temps à une autre manière de fonctionner pour s'installer. Elle n'est pas venue. Nous en tirons aujourd'hui les conséquences.
27 démissions sur 28 : notre geste est sans ambiguïté.
Nous refusons de servir de caution démocratique à un fonctionnement que nous contestons. Mais nous refusons tout autant de disparaître de la vie publique vivaroise.
Nous quittons nos sièges, pas nos convictions.
Nous quittons nos sièges, pas nos électeurs.
Nous quittons nos sièges, pas Viviers.