21/10/2026
COMMUNIQUÉ du Pr. Albert ONDO OSSA
(À lire ci-dessous)
Hommage à Pierre et Maryvonne KOMBILA
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Ils ne sont pas nombreux ceux qui sont restés fidèles à leur amour de jeunesse, malgré les turbulences et un environnement particulièrement hostile. Combien de couples binationaux n’ont-ils pas été détruits une fois rentrés au pays ? Un grand nombre d’entre eux, sinon la majorité, n’ont pas tenu, créant et laissant derrière eux rancœur et désolation.
Combien de personnes sont restées fidèles à leur engagement de jeunesse, à leur militantisme étudiant ? Je n’en connais pas des masses ! Combien d’anciens militants de la FEANF et de l’AGEG sont restés fidèles à leurs vœux de devenir « techniquement compétents et politiquement bien formés » en vue de mieux s’intégrer aux masses et se mettre résolument au service du peuple ? Combien d’entre eux ont pratiqué leur intégration grâce à un travail assidu et sérieux. Contrairement à de nombreux pervertis, tous les deux (Pierre et Maryvonne), vous êtes restés fidèles et accrochés à l’Université et à votre travail de médecins.
Combien de fraters connus et reconnus sont-ils restés droits dans leurs bottes en pratiquant avec sérénité, humanisme et abnégation le rite écossais, combien d’entre eux se sont abstenus de se lancer dans l’affairisme ambiant, jetant leurs convictions et leurs engagements dans les poubelles de l’histoire ?
Combien d’hommes politiques ont gardé leurs convictions et ne se sont pas perdus voire fourvoyés dans le macrocosme gabonais ? Combien de compatriotes qui, une fois rentrés au gouvernement des BONGO, en sont sortis relativement propres ?
Pierre et Maryvonne, vous avez mené le bon combat ! Vous n’étiez pas des saints dans notre environnement pourri et pollué, mais personne ne peut vous retirer le bénéfice du doute ! En cela et pour cela, vous laissez une marque indélébile. Le premier, Pierre a su montrer le chemin (il est le premier agrégé Gabonais des Facultés) et Maryvonne lui a emboité le pas, devenant à ce jour l’un des chercheurs les plus féconds que le Gabon n’ait jamais connus. Vous avez, tous deux, tracé la route en formant tant de cardiologues, de parasitologues et mycologues. Certains d’entre eux sont, à votre image, aujourd’hui des formateurs. Vous laissez derrière vous des générations d’infirmiers, de praticiens de la santé, de médecins, de Professeurs de Facultés qui, sans vous, n’auraient jamais existé, ni fait carrière et, encore moins, à l’Université.
Pierre et Maryvonne, par votre parcours, vous administrez une véritable leçon de vie :
- à de nombreux médecins qui ont jeté aux orties leur serment d’Hippocrate pour conduire prématurément à la mort tant de pestiférés du « Système BONGO-PDG » ;
- à de nombreux fraters qui ont mis de côté le rite écossais pour se livrer à des pratiques démoniaques et se lancer dans un affairisme honteux ;
- à de nombreux lutteurs de la première heure qui, véreux devenus, ont pris pour prétexte la défense de « leur petit bout de pain », pour tenter de justifier leur indolence et leur capitulation ;
- à de nombreux universitaires qui, souvent pour des broutilles, ont mis leur savoir et leurs connaissances au service du vice et transformé l’Université (le temple de la connaissance et du savoir), en zone de perversité par des pratiques répréhensibles (trafic de diplômes, falsification des procès-verbaux d’examens, harcèlement se***ls, centre d’initiations macabres). Ils ont délibérément accepté de courber l’échine, eux qui étaient censés éclairer la société, pour devenir des chantres et des relais impénitents d’un pouvoir inique, exécrable et mafieux) ;
- à de nombreux sectaires qui, pour cacher leur médiocrité, se sont réfugiés dans un tribalisme grossier et viscéral. Originaires de Maobi dans la Nyanga, Pierre - et naturellement Maryvonne - sont restés Gabonais de toutes les provinces, de tous les coins, de toutes les communautés et de toutes les ethnies de notre pays. De plus, Maryvonne, une Française de souche, pur-sang, a aimé son terroir (Moabi) et son pays (le Gabon). Elle y est enterrée ;
- à de nombreux indélicats qui, pour tenter de justifier leurs pratiques mafieuses, ont opté pour devise un « gabonicisme » puant et ravageur : « On va encore faire comment » !
- à de nombreux retraités qui, loin de pratiquer leur métier jusqu’au bout, trouver une activité noble et salutaire, ont préféré attendre les subsides et les miettes du pouvoir en place. Nombreux d’entre eux, toute honte bue, se sont terrés dans un silence complice et coupable devant les coupures incessantes des fournitures d’eau et d’électricité, les déguerpissements de Gabonais, devant les arrestations arbitraires de tant d’innocents. A l’opposé je vous ai vus, tous les deux, à la tâche jusqu’au dernier moment dans votre clinique, montrant qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour tenter de sauver des vies humaines !
Pierre et Maryvonne, au nom de la jeunesse Gabonaise, au nom de tous ceux que vous avez marqués et inspirés, au nom de tous ceux qui ont trouvé auprès de vous une raison de vivre et d’espérer, je vous dis merci ! Merci également, en ce qui me concerne, pour la collaboration que nous avons eue tout ce temps, merci Pierre parce que tu as pu et su supporter mes caprices, mes coups de gueules et même mes errements. Je me rappelle bien le jour où j’ai claqué la porte de l’Union Sacrée pour la Patrie (USP). Tu es venu à la maison ce jour-là me demander de ne pas abandonner la lutte car la victoire, as-tu martelé, je la verrais de mes yeux et qu’elle m’appartient ! Tu y es revenu avec la même fougue quelques années plus t**d, au moment où les imposteurs se sont emparés du pouvoir, m’apporter ton soutien sincère et me dire de tenir bon et de ne pas lâcher prise. Chaque fois que je passais à votre domicile, souvent en début de soirée, Maryvonne, mon amie, n’était jamais loin ! Elle donnait toujours son avis et nous laissait tous les deux.
Pierre, cher aîné, je ne verserai aucune larme, pas plus que j’en ai versé lorsque Pierre AMOUGHE MBA est parti, ni lorsque mon amie Maryvonne nous a quittés. Vos départs, prématurés à mon sens, vers la maison commune et vers Le Père qui nous attend tous, me réconforte et me donne simplement le courage nécessaire pour continuer la lutte, en vue de mettre fin au système inique qui détruit notre beau pays depuis plus de soixante ans, « le système BONGO-PDG » et ce faisant à sa branche la plus abjecte, l’UDB.
Adieu Pierre et Maryvonne !
Hasta la Victoria siempre !
Paris, le 21 octobre 2026 !
A2O