Union Nationale

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12/02/2024

| Histoire de notre parti | 📝

UNION NATIONALE OU L’HISTOIRE D’UN PARCOURS DU COMBATANT

🔴 I N T R O D U C T I O N

Au moment où notre parti, l’Union Nationale, souffle sa 14e bougie, dans un contexte politique marqué par la Transition politique mise en place suite au coup d’Etat militaire du 30 août 2023, il est important de rappeler les principales étapes de son parcours, édifier les plus jeunes sur le contexte politique qui l’a sécrétée, les difficultés rencontrées et les entraves dressées sur son chemin. Grâce à la détermination de sa direction et à la résilience de ses militants, l’Union Nationale est parvenue à éviter tous les écueils externes et internes pour se présenter aujourd’hui comme un acteur majeur dans le champ politique national.

I- UN ACCOUCHEMENT AUX FORCEPS.
Née de la fusion du Mouvement Africain de Développement (MAG), du Rassemblement National des Républicains (RNR), de l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement (UGDD) et de l’apport de plusieurs personnalités éminentes, l’Union Nationale a vu le jour le 10 février 2010 à l’issue du congrès constitutif des 8 et 9 février 2010. Cet avènement s’est opéré dans un contexte politique marqué par la haine, l’adversité et le mépris.

La haine que les imposteurs et leurs suppôts vouaient à l’époque à tous ceux qui avaient osé dire non à la dévolution dynastique du pouvoir qui a permis à Ali Bongo et au système qui le soutient de s’installer à la tête de notre pays en 2009 au terme d’une élection calamiteuse sanctionnée par le massacre de centaines de gabonais qui revendiquaient leur victoire. Cette haine s'est illustrée de plusieurs manières. L'obtention de la légalisation en a été la première manifestation. En effet, alors que le Parti remplissait toutes les conditions requises par la constitution et par la loi, le ministre de l’Intérieur a refusé de lui délivrer un récépissé de légalisation. Il a fallu l’opiniâtreté de sa direction, la résistance de ses militants, et de fortes pressions internationales pour qu'Ali Bongo et son gouvernement se résignent, au bout d'un bras de fer homérique, à lui reconnaître son droit de cité.

La deuxième manifestation de la haine a été la dissolution en 2011. Sous le prétexte fallacieux de la prestation de serment de son Secrétaire Exécutif, André MBA OBAME, le vrai vainqueur de l’élection présidentielle de 2009, Ali Bongo et son gouvernement, en violation flagrante de la constitution et de loi sur les partis politiques, ont décidé de dissoudre l'Union Nationale, sans autre forme de procès. Malgré nos recours, notamment auprès la Cour Constitutionnelle qui ne s’est pas privée de nous débouter, le Pouvoir établi est resté sur sa décision inique, condamnant du même coup l’Union Nationale à quatre longues années de semi clandestinité de 2011 à 2015.
Du côté de l’opposition, très peu de voix se sont élevées pour défendre le nouveau parti face à ces différents blocages. Beaucoup d’entre eux n’ont pas vu d’un bon œil l’émergence fracassante d’une formation politique nouvelle, forte, innovante et porteuse d’une nouvelle espérance pour le pays. Dans un pays où les partis politiques se sont toujours constitués autour d’une personnalité, d’une ethnie ou d’une province, l’Union Nationale se démarquait par son idéal d’un « Gabon pour tous », par sa pratique démocratique interne et par sa constitution même.

L’Union Nationale n’est, en effet, ni l’émanation d’une seule personne, pas plus qu’elle ne s’appuie sur une ethnie ni sur une province. L’Union Nationale est l’émanation de la volonté de ses pères fondateurs qui ont décidé de mutualiser leurs forces, leurs moyens, leurs intelligences et leurs équipes, pour offrir au peuple gabonais une alternative politique crédible au régime Bongo/PDG.
Certains observateurs ont glosé sur cet attelage hétéroclite composé de fortes personnalités aux tempéraments et aux parcours divers. D’autres ont moqué le caractère collégial de sa direction, oubliant que dans la société bantoue, la collégialité est le mode traditionnel de gouvernance des affaires de la cite.

Combattue à l’extérieur par le Pouvoir établi formaté au monisme politique, et par tous ceux qui considèrent la politique comme une affaire de famille, d’ethnie et de province, ou encore comme une entreprise de captation financière, l’Union Nationale a été aussi minée de l’intérieur par des luttes intestines souvent attisées par des interférences exogènes. Elle a ainsi risqué l’implosion lorsque nombre de ses cadres ont décidé de la quitter dans le courant de l’année 2014.

Mais personne n'était dupe. La motivation inavouée de cette cabale était de freiner l'expansion d'un parti politique qui a immédiatement rencontré l'adhésion des gabonais, et qui a sérieusement ébranlé l’ordre politique national par la qualité de ses têtes d'affiches et par la pertinence de ses propositions pour le pays. Alors que le Parti se débattait de toutes ses forces pour assurer sa survie dans un environnement particulièrement hostile, le sort s'est lui aussi acharné.

La disparition prématurée et brutale de son Secrétaire Exécutif, André MBA OBAME, des suites d'une maladie, a constitué pour l'Union Nationale un traumatisme retentissant. Quelques mois avant, c'est le Vice-président Pierre Claver ZENG EBOME qui avait été arraché à l'affection des siens. Mais au lieu de l'affaiblir et de la conduire à l'obsolescence, ce double deuil a eu pour conséquence de la renforcer, grâce à la détermination de sa direction et à l'attachement de ses militants.

🔴 LE TEMPS DES INTRIGUES INTERNES.

C’est à l’occasion du 2e congrès extraordinaire des 25, 26 et 27 mars 2016 qui a consacré l’investiture du Vice-président Casimir OYE MBA à l’électron présidentielle de la même année, que l’Union Nationale a révélé sa vocation démocratique et son caractère novateur.

En effet, c’est la première fois, au Gabon, qu’un parti politique organisait une primaire ouverte pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Au terme d’un scrutin démocratique, transparent et crédible, le Vice- président Casimir OYE MBA a été désigné comme candidat de l’Union Nationale à la candidature unique de l’opposition à l’élection présidentielle de 2016.

Force est cependant de reconnaître que le candidat désigné par le Parti a été entravé par des manœuvres dilatoires internes qui ne lui ont pas permis de se déployer en temps utile sur le terrain. Parmi ces manœuvres l’on peut citer deux faits: le re**rd avec lequel a été convoqué le congrès d’investiture et le surgissement de l’idée de « Destitution-Transition -Élection » (DTE)concoctée dans des officines interlopes et selon laquelle il fallait d’abord destituer Ali Bongo, puis mettre en place une transition avant de parler de l’élection, sans que personne ne sache exactement comment allait s’organiser concrètement ce scénario surréaliste. Ces manœuvres ont été considérées par beaucoup de militants comme un sabotage. Elles ont fait perdre un temps précieux au Parti et au candidat, alors même que le candidat indépendant Jean Ping, auquel s’étaient ralliés d’anciens membres importants de l’Union Nationale, avait déjà parcouru tout le Gabon. C’est donc logiquement que ce dernier s’est imposé lors du choix du candidat unique du Front de l’opposition. En bon démocrate et convaincu de la pertinence de la stratégie unitaire, Casimir OYE MBA s’est effacé et a immédiatement rejoint l’équipe de campagne de Jean Ping.

Si la majorité des militants de l’Union Nationale ont accepté le choix porté sur Jean Ping et applaudi le patriotisme de leur candidat qui a accepté de se retirer, d’autres militants n’ont que modérément apprécié le choix porté sur un nouveau venu dans l’arène sans parti politique, alors que l’Union Nationale luttait depuis 2009, présentait un excellent candidat, sans doute le mieux préparé à l’exercice de la fonction suprême, et disposait d’un appareil politique bien installé. L’incompréhension était d’autant plus justifiée que le collège ad hoc de désignation du candidat unique était placé sous les auspices du président de l’Union Nationale.

🔴 LA MONTEE DES TENSIONS INTERNES ET LA RUPTURE

Mais c’est lors du congrès ordinaire des 5 et 6 décembre 2020, puis du Congrès extraordinaire du 13 novembre 2021 que les tensions demeurées jusque-là latentes ont éclaté au grand jour. Ces assises ont révélé de profondes divergences dans la compréhension de l’esprit des statuts du Parti entre les deux factions qui aspiraient à le diriger. La volonté manifeste du président sortant d’imposer coûte que coûte un membre de sa famille, s’est heurtée à l’opposition de la majorité des membres du Bureau National (BN) et des militants, qui avaient encore en mémoire le traumatisme de 2009, lorsque Ali Bongo a succédé au président Omar Bongo dans des conditions dynastiques. C’est donc dans un climat de guerre civile que se sont déroulés les travaux de ce congrès dont l’objet était le renouvellement des organes dirigeants du Parti. Mais les désaccords se sont révélés d’une ampleur telle qu’il a fallu différer l’élection du président à un congrès d’investiture extraordinaire convoqué le 13 novembre 2021.

Le Parti était désormais divisé en deux factions antagoniques et irréconciliables, entre les partisans de Paul Marie Goundjout, Secrétaire Exécutif adjoint sortant, et ceux de Paulette MISSAMBO, Vice-présidente sortante. Il faut rappeler, pour l’histoire, que c’est lors de la campagne des primaires internes de ce processus de désignation que Marie Agnès KOUMBA, présidente du Mouvement des Femmes du Parti et le Vice-président Casimir OYE MBA ont trouvé la mort, de retour de la tournée de l’équipe de campagne, les 14 et 16 septembre 2021. La perte concomitante de deux membres aussi importants a porté un coup sévère à l’Union Nationale. Casimir OYE MBA incarnait les valeurs fondatrices du Parti par sa sagesse, sa rigueur intellectuelle et son intégrité morale. Marie Agnès KOUMBA personnifiait l’engagement, la détermination et la résilience. Dans la nuit du 17 au 18 juin 2022, le Parti a déploré le décès de son trésorier général Raymond NDOMBA NGOYE.

Lorsque s’est finalement ouvert le congrès du 13 novembre 2021, la rupture était déjà consommée. Les tensions observées lors des assises des 5 et 6 décembre 2020 entre les partisans des deux prétendants à la présidence du Parti avaient atteint un point de non-retour. Il a fallu toute la vigilance des congressistes et le tact du Bureau du congrès pour que la primaire se déroule sans trop de dégâts et consacre l’élection de Paulette MISSAMBO. Mais, contre toute attente, alors que les urnes avaient rendu un verdict indiscutable et que le perdant avait reconnu sa défaite et félicité la gagnante, les perdants se sont illustrés par des actes de défiance et d’indiscipline caractérisés, se permettant même de contester l’autorité et la légitimité de la présidente démocratiquement élue. Toute entente étant devenue impossible, les récalcitrants ont été purement et simplement radiés du Parti, conformément aux dispositions de l’articles 6, alinéas.3 et 8 de ses statuts.

🔴 LES GRANDS TRAVAUX DE Paulette MISSAMBO

Dès son entrée en fonction, à la faveur de la rentrée politique du Parti le 27 novembre 2023, Paulette MISSAMBO a décliné son agenda de travail en l’articulant autour de trois (3) axes prioritaires:

• Amplifier l’implantation du Parti;
• Donner plus de responsabilités aux organes locaux du Parti;
• Promouvoir l’unité de l’opposition véritable dans la perspective des élections générales de 2023.

S’agissant du premier axe, le Parti a lancé une vaste campagne d’adhésions à travers tout le territoire national qui s’est traduite par des adhésions massives de nouveaux militants dans toutes les localités et par la création de nouvelles coordinations. S’agissant du 2e axe, des responsabilités accrues ont été conférées aux organes locaux, notamment aux coordinations provinciales qui ont été invitées à prendre des initiatives et à régler les affaires de leurs circonscriptions sur place. S’agissant enfin du troisième axe, la présidente de l’Union Nationale est à l’origine de toutes les initiatives qui ont conduit à la création de la Plateforme « Alternance 2023 » dont elle a été, du reste, la première présidente. Depuis son appel à l’unité de l’opposition du 27 novembre 2023, Paulette MISSAMBO n’a eu de cesse de multiplier les initiatives unitaires. Qu’il s’agisse de la mise en place de la Plateforme, du mémorandum pour la transparence électorale signé par tous les partis de la Plateforme le 31 mai 2022, de la mise en œuvre de la candidature consensuelle de la Plateforme, ou dans un autre registre des journées citoyennes organisées par l’Union Nationale le 24 juin 2022 pour sortir la CNSS et la CNAMGS de la crise, la présidente de l’Union Nationale a été à l’avant -garde de la lutte.

C’est tout naturellement qu’elle a été plébiscitée pour porter l’étendard du Pati à l’élection présidentielle de 2023 lors du congrès extraordinaire du 20 mai 2023 à Oyem. Ces assises décentralisées, qui ont constitué une innovation politique majeure, ont rassemblé les délégués des 9 provinces du pays. Outre une organisation intellectuelle et matérielle irréprochable, ce déplacement à Oyem nous a permis d’apprécier, une fois de plus, l’hospitalité légendaire de nos compatriotes du Grand Nord qui n’ont ménagé aucun effort pour accueillir dignement et fraternellement leurs compagnons venus des autres provinces. L’on peut affirmer sans risque de se tromper qu’au moment du choix du candidat consensuel de la Plateforme « Alternance 2023 », Paulette MISSAMBO apparaissait à beaucoup d’observateurs comme l’une des mieux placées pour battre Ali Bongo dans les urnes. Mais comme en 2016, la candidate de l’Union Nationale a dû s’effacer au profit d’Albert Ondo Ossa qui a par la suite gagné l’élection présidentielle de 2023, avant que les militaires n’interrompent la tentative de passage en force qu’Ali Bongo et son gouvernement s’apprêtaient à perpétrer.

Aujourd’hui madame Paulette MISSAMBO préside le Sénat de Transition, la deuxième institution politique du pays. De nombreux cadres du Parti siègent dans les deux chambres du parlement. Certains d’entre eux occupent des postes de direction dans la Haute Administration. La seule fausse note est la quasi absence des militants de l’Union Nationale dans les délégations municipales et départementales spéciales mises en place par les autorités de Transition, et où l’ancien parti au pouvoir s’est vu octroyer 24 délégations sur 25.

🔴 CONCLUSION

Au regard de tout ce qui précède, il n'est pas exagéré de dire que l'Union Nationale a franchi, les uns après les autres, tous les obstacles qui ont été dressés sur son parcours depuis sa création, qu’ils fussent le fait de forces extérieures ou internes.
L'Union Nationale tire cette résilience de ce qu'elle n'est pas qu'un parti politique, mais aussi une culture, une philosophie, un État d'esprit, une profession de foi. En plaçant le Gabon au-dessus de tous et de chacun, ce parti est né d'une ambition, celle d'impliquer tous les enfants du pays dans le seul combat qui vaille: la libération et le redressement du Gabon.

L'Union Nationale tire ensuite sa résilience de sa modernité, de sa constante exigence démocratique et du respect qu'elle voue à sa base.
Moderne dans sa constitution, démocratique dans son fonctionnement et respectueuse de ses instances représentatives, l'Union Nationale est enfin le premier parti politique au Gabon à organiser des primaires libres, transparentes et démocratiques pour désigner ses organes dirigeants et ses candidats à la présidence de la République.
À l'écoute du peuple gabonais, l'Union Nationale a été le premier parti à soutenir très clairement l'idée d'une candidature unique de l'opposition qui a permis la victoire de Jean Ping dans les urnes en 2016, c’est encore sa présidente Paulette MISAMBO qui a été la principale instigatrice de la dynamique unitaire qui a débouché sur la Plateforme « Alternance 2023 », de laquelle est sorti le vrai vainqueur de l’élection présidentielle d’août 2023.



Texte 📝: Emmanuel NTOUTOUME NDONG

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