27/02/2026
𝐕𝐢𝐬𝐢𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐆𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐒𝐜𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐮 𝐓𝐫𝐢𝐛𝐮𝐧𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐱𝐢𝐧𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐢𝐦𝐩𝐮𝐥𝐬𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐲𝐧𝐚𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞
Le 𝐆𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐒𝐜𝐞𝐚𝐮𝐱, 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐃𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐇𝐨𝐦𝐦𝐞, 𝐈𝐛𝐫𝐚𝐡𝐢𝐦𝐚 𝐒𝐨𝐫𝐲 𝐈𝐈 𝐓𝐨𝐮𝐧𝐤𝐚𝐫𝐚, a effectué, ce mercredi 25 février 2026, une visite de prise de contact au Tribunal de Première Instance de Dixinn, juridiction qu’il a dirigée durant plusieurs années.
Accompagné d’une importante délégation composée de membres de son cabinet ainsi que du Procureur général près la Cour d’Appel de Conakry, le Ministre a été chaleureusement accueilli par les responsables de la juridiction, à leur tête le Président du tribunal, 𝗔𝗯𝗼𝘂𝗯𝗮𝗰𝗮𝗿 𝗧𝗵𝗶𝗮𝗺, et le Procureur de la République, 𝗘𝗹 𝗛𝗮𝗱𝗷 𝗦𝗶𝗱𝗶𝗸𝗶 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮, entourés des magistrats, greffiers et auxiliaires de justice.
Prenant la parole au nom du parquet, le Procureur de la République 𝗘𝗹 𝗛𝗮𝗱𝗷 𝗦𝗶𝗱𝗶𝗸𝗶 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮 a dressé un tableau détaillé du fonctionnement du parquet. Couvrant les communes de Dixinn, Ratoma, Lambanyi et Sonfonia, .
Le Procureur a également souligné la mise en place d’un système de rotation entre les quatre substituts, dont une femme, chargés d’examiner les procédures transmises par les 39 organes de police judiciaire placés sous leur direction. Des contrôles réguliers des mesures de garde à vue sont effectués conformément à l’article 55 du Code de procédure pénale, afin de prévenir toute rétention arbitraire.
À cela s’ajoutent les opérations de ratissage menées sous la coordination du Procureur général, ainsi que la célérité imprimée par les juges d’instruction dans le traitement des dossiers. Toutefois, les moyens demeurent limités : les 17 gardes pénitentiaires, dont l’effectif est jugé insuffisant, assurent un travail soutenu pour garantir la tenue de six audiences correctionnelles et deux audiences criminelles par semaine, ainsi que l’escorte des inculpés.
Le parquet intervient également dans la supervision de l’état civil, conformément à la loi d’octobre 2023, à travers des réunions de coordination avec les autorités locales et la désignation d’un substitut chargé du suivi de cette matière.
Dans son allocution, le 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗻𝗮𝗹, 𝗔𝗯𝗼𝘂𝗯𝗮𝗰𝗮𝗿 𝗧𝗵𝗶𝗮𝗺, a insisté sur le lien particulier unissant le Ministre à la juridiction de Dixinn : «𝑉𝘰𝑢𝘴 𝘯’𝘦̂𝑡𝘦𝑠 𝑝𝘢𝑠 𝑢𝘯 𝘩𝑜̂𝘵𝑒 𝑑𝘦 𝘱𝑎𝘴𝑠𝘢𝑔𝘦, 𝑣𝘰𝑢𝘴 𝘦̂𝑡𝘦𝑠 𝑢𝘯 𝘮𝑒𝘮𝑏𝘳𝑒 𝑎̀ 𝑝𝘢𝑟𝘵 𝘦𝑛𝘵𝑖𝘦̀𝑟𝘦 𝘥𝑒 𝑐𝘦𝑡𝘵𝑒 𝑚𝘢𝑖𝘴𝑜𝘯 », a-t-il déclaré, rappelant le rôle joué par le Ministre dans le rayonnement de cette juridiction au-delà des frontières nationales.
Au-delà de l’hommage, le magistrat a évoqué les difficultés matérielles persistantes. Le tribunal manque parfois de l’essentiel et demeure confronté à l’insuffisance de ses infrastructures. L’achèvement et l’équipement d’un bâtiment moderne et fonctionnel figurent parmi les priorités exprimées, afin d’offrir un cadre à la hauteur de la mission judiciaire.
Dans un discours franc et sans détour, le Garde des Sceaux a reconnu les difficultés structurelles qui affectent la juridiction. Il a notamment pointé 𝘭𝘦𝘴 𝘳𝘦𝘵𝘢𝘳𝘥𝘴 𝘱𝘳𝘦́𝘰𝘤𝘤𝘶𝘱𝘢𝘯𝘵𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘵𝘳𝘢𝘪𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘥𝘰𝘴𝘴𝘪𝘦𝘳𝘴, 𝘭𝘢 𝘮𝘶𝘭𝘵𝘪𝘱𝘭𝘪𝘤𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘴 𝘳𝘦𝘯𝘷𝘰𝘪𝘴, 𝘭’𝘢𝘶𝘥𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘥𝘰𝘴𝘴𝘪𝘦𝘳𝘴 𝘯𝘰𝘯 𝘱𝘳𝘦̂𝘵𝘴, 𝘭𝘢 𝘳𝘦́𝘥𝘢𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘵𝘢𝘳𝘥𝘪𝘷𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘥𝘦́𝘤𝘪𝘴𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘦𝘵 𝘭’𝘢𝘤𝘤𝘶𝘮𝘶𝘭𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘴 𝘱𝘳𝘰𝘤𝘦́𝘥𝘶𝘳𝘦𝘴.
Pour le Ministre, ces dysfonctionnements ont des conséquences lourdes. En matière pénale, ils contribuent à l’augmentation du nombre de détenus en attente de jugement, à l’allongement des détentions provisoires et au surpeuplement carcéral, avec des répercussions sanitaires et sociales préoccupantes. En matière civile, ils fragilisent la sécurité juridique et érodent la confiance des justiciables.
« 𝘜𝑛𝘦 𝘫𝑢𝘴𝑡𝘪𝑐𝘦 𝘲𝑢𝘪 𝘵𝑎𝘳𝑑𝘦 𝘤𝑜𝘮𝑝𝘳𝑜𝘮𝑒𝘵 𝘭𝑒𝘴 𝘥𝑟𝘰𝑖𝘵𝑠…», a-t-il martelé, rappelant que l’indépendance du siège ne saurait exclure la discipline, l’organisation et le respect des délais. Il a insisté sur la responsabilité partagée de chaque maillon de la chaîne pénale (magistrats du siège, parquet, greffe et administration pénitentiaire) dans la bonne administration de la justice.
Cette visite au Tribunal de première instance de Dixinn aura été à la fois un moment de retrouvailles et un exercice de vérité. Entre reconnaissance du travail accompli dans des conditions difficiles et exigence d’une réforme organisationnelle plus rigoureuse, le message du Ministre est clair : la modernisation de la justice guinéenne passe autant par l’amélioration des infrastructures que par une discipline accrue dans le traitement des dossiers.
À Dixinn, juridiction stratégique du pays, l’enjeu est de taille : restaurer la célérité, renforcer la confiance des citoyens et faire de cette institution un véritable pilier de l’État de droit en Guinée.
𝑺𝒆𝒓𝒗𝒊𝒄𝒆 𝑪𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏𝒊𝒄𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝑹𝒆𝒍𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝑷𝒖𝒃𝒍𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 / 𝑴𝑱𝑫𝑯