La démocratie directe est un régime politique dans lequel les citoyens exercent directement le pouvoir.
Appliquée au seul secteur économique, la démocratie directe est souvent appelée autogestion. Une formule anarchiste du début du XIXe siècle1 « prophétisait » ainsi : « S'il y a vote, ce n'est pas une démocratie ! ». L’unanimité2 ou le consensus3 sont souvent préférés aux votes pour définir la démocratie directe4. Pour Brutus Mandal5, la démocratie directe est la pratique du débat et de la décision
collective au sein d'un groupe humain réuni en assemblée. Les choix qui engagent l'ensemble de la communauté y sont faits en toute transparence et sans médiation hiérarchique avec révocabilité des mandataires éventuels. D'autres anarchistes, comme Errico Malatesta, considèrent le vote comme nécessaire. Les trois sources de la démocratie directe sont :
l’histoire qui donne des exemples de sociétés ou de groupes sociaux organisés en démocratie directe, tout particulièrement Athènes au VIe siècle avant J.-C. (les représentants athéniens étaient tirés au sort dans la boulè) ;
la philosophie : certains philosophes, dont Jean-Jacques Rousseau, n'envisagent de démocratie que directe, fondant leurs réflexions en particulier sur les droits naturels des êtres humains et le pacte social qui les lie ;
la politique, tout particulièrement une critique de la démocratie représentative montrant que ce système qui caractérise les États démocratiques modernes apparus depuis le XVIIIe siècle présente de nombreux défauts et qu'en réalité le peuple souverain y est dépossédé de son pouvoir. La démocratie directe apparaît alors comme une alternative aux systèmes existants. De nombreux pays possèdent des mécanismes (référendum, assemblées locales, initiative populaire) qui relèvent de la démocratie directe ou semi-directe.