10/04/2026
🟥 𝐃𝐎𝐒𝐒𝐈𝐄𝐑 𝐄𝐕𝐄𝐑𝐆𝐑𝐄𝐄𝐍 — 𝐄́𝐏𝐈𝐒𝐎𝐃𝐄 𝟒
𝐋𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞𝐬 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞
Dans les épisodes précédents, nous avons montré que le contrat Evergreen engage l’État haïtien sur 𝟏𝟎 𝐚𝐧𝐬, avec une 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝟏𝟑,𝟔 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐔𝐒𝐃, une 𝐥𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝟏𝟓 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐔𝐒𝐃, une 𝐫𝐞𝐝𝐞𝐯𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝟑 % 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬, puis des prélèvements de 𝟐𝟎 % 𝐞𝐭 𝟏𝟓 % 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬 𝐚𝐝𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬.
Un tel contrat ne pouvait pas être examiné sérieusement sans une r***e juridique, budgétaire, opérationnelle et technique approfondie. D’autant plus que les lois haïtiennes imposent un cadre précis pour :
• les 𝐥𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 et les engagements pluriannuels,
• les 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭𝐬 𝐝’𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜 à effet budgétaire présent ou futur,
• les 𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞́𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧,
• et, s’il s’agit d’un montage assimilable à un partenariat public-privé, le cadre de l’Unité Centrale de Gestion des PPP (UCG/PPP) du MEF.
La vraie question est donc la suivante :
𝐋𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐧𝐞́𝐬 𝐨𝐧𝐭-𝐢𝐥𝐬 𝐫𝐞́𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞́𝐠𝐞́ 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭, 𝐨𝐮 𝐨𝐧𝐭-𝐢𝐥𝐬 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞́ 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞 𝐥𝐨𝐮𝐫𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐚𝐝𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞𝐬 ?
1️⃣ 𝐋𝐞 𝐌𝐄𝐅 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐢𝐯𝐨𝐭 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞
Dans ce contrat, 𝐥𝐞 𝐜œ𝐮𝐫 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞𝐫, 𝐟𝐢𝐬𝐜𝐚𝐥, 𝐝𝐨𝐮𝐚𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐧𝐮𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 relevait d’abord du 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐄́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬.
Pourquoi ?
Parce que ce sont ses structures qui sont directement concernées :
• 𝐥’𝐀𝐝𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐮𝐚𝐧𝐞𝐬 (𝐀𝐆𝐃) pour les flux d’importation et les recettes douanières ;
• la 𝐃𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐨̂𝐭𝐬 (𝐃𝐆𝐈) pour les effets sur les recettes fiscales ;
• et les dimensions du numérique et d’échanges des données à travers 𝐥’𝐈𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭 𝐡𝐚𝐢̈𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐬𝐭𝐚𝐭𝐢𝐬𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐝'𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 (𝐈𝐇𝐒𝐈) relevant également du MEF.
Or le contrat crée des effets directs sur :
• les importations,
• les recettes additionnelles,
• l’information économique,
• la transformation numérique publique via les échanges des données,
• et la capacité de l’État à maîtriser ses instruments de mobilisation de ressources.
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐌𝐄𝐅 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐞𝐱𝐚𝐦𝐢𝐧𝐞𝐫 𝐩𝐫𝐢𝐨𝐫𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
• 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐭𝐞𝐧𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐛𝐮𝐝𝐠𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 du contrat sur 10 ans ;
• la régularité des mécanismes de 𝟑 % 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝟐𝟎 % 𝐩𝐮𝐢𝐬 𝟏𝟓 % 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬 𝐚𝐝𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 ;
• la compatibilité de ces mécanismes avec la 𝐥𝐨𝐢 𝐬𝐮𝐫 𝐥’𝐞́𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐥’𝐞𝐱𝐞́𝐜𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 ;
• l’impact du contrat sur les ressources normalement disponibles pour :
o la sécurité comme priorité majeure,
o la lutte contre la pauvreté,
o les services sociaux,
o et l’organisation des élections ;
• le risque de 𝐝𝐞́𝐝𝐨𝐮𝐛𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐧𝐮𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 ou de marginalisation des systèmes et capacités déjà établis au sein de l’AGD et la DGI.
𝐋𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮
Le MEF aurait dû se demander si l’État était en train de :
• 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞𝐬 𝐚𝐝𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬,
𝐨𝐮 𝐚𝐮 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐫𝐞
• 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐠𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐟𝐮𝐭𝐮𝐫𝐬 𝐚̀ 𝐮𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐞́.
2️⃣ 𝐋’𝐀𝐆𝐃 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐃𝐆𝐈 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐞
Au sein des services déconcentrés du MEF, l’AGD et la DGI ne devaient pas être de simples destinataires passifs du contrat. Elles auraient dû produire leur propre analyse documentée.
𝐋’𝐀𝐆𝐃 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐞𝐱𝐚𝐦𝐢𝐧𝐞𝐫
• l’effet réel de la clause de 𝟑 % 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 ;
• les conséquences sur la chaîne de contrôle douanier ;
• l’impact sur les procédures, systèmes et performances déjà développés ;
• le risque qu’une partie des améliorations de l’administration douanière soit captée par le prestataire au lieu de renforcer durablement l’État.
𝐋𝐚 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐓𝐫𝐞́𝐬𝐨𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 (𝐃𝐆𝐓𝐂𝐏) 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐞𝐱𝐚𝐦𝐢𝐧𝐞𝐫:
• la clause de 20 % puis 15 % sur les recettes additionnelles ;
• la méthode de calcul de ces recettes ;
• les conséquences sur la souveraineté fiscale de l’État ;
• le risque de dépendance de l’administration fiscale à un opérateur extérieur.
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐞𝐬𝐭 𝐠𝐫𝐚𝐯𝐞?
Si l’AGD, la DGI et la DGTCP n’ont pas été mises au centre de la r***e technique, alors l’État a pu signer un contrat touchant directement à ses leviers de mobilisation interne sans que ses propres bras techniques aient véritablement arbitré l’intérêt national.
3️⃣ 𝐋𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐦𝐞𝐧𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐧𝐮𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐥𝐞𝐯𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐫𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐝𝐮 𝐌𝐄𝐅
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐌𝐄𝐅 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐟𝐢𝐞𝐫
• si le contrat créait des doublons avec les outils déjà en déploiement ;
• s’il remettait en cause les chantiers de transformation numérique déjà engagés ;
• s’il déplaçait hors de l’État la maîtrise de certaines données critiques donc sa souveraineté numérique;
• s’il affaiblissait les capacités internes au lieu de les consolider.
Le décret sur le PIP exige justement que les projets à incidence budgétaire soient documentés, planifiés et techniquement cohérents avec l’architecture publique existante.
𝐋𝐞 𝐫𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐥
Au lieu de moderniser l’État, le contrat peut créer :
• un effet de substitution,
• un effet de dépendance,
• et une marginalisation des cadres publics qui avaient déjà commencé à faire avancer ces dossiers.
4️⃣ 𝐋𝐞 𝐌𝐈𝐂𝐓 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐬𝐮𝐫𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞𝐫 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐚𝐜𝐭 𝐝𝐮 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐫𝐨𝐧𝐭𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥’𝐢𝐦𝐦𝐢𝐠𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
Dans cette affaire, le MICT, à travers la Direction de l’Immigration et de l’Émigration, devait concentrer son analyse sur :
• la gestion des frontières,
• les flux migratoires,
• les contrôles administratifs liés à l’entrée et à la sortie du territoire,
• et la coordination avec les autres dispositifs de contrôle.
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐌𝐈𝐂𝐓 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐞𝐱𝐚𝐦𝐢𝐧𝐞𝐫
• si le contrat brouillait les responsabilités entre immigration, douanes et sécurité ;
• si la place donnée au prestataire privé portait atteinte à la chaîne normale de commandement administratif ;
• si les fonctions liées à l’immigration restaient clairement sous contrôle de l’État ;
• si les frontières devenaient un espace de dépendance contractuelle au lieu d’un espace de souveraineté renforcée.
𝐋𝐞 𝐫𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞
Un mauvais encadrement peut faire glisser un appui technique vers une influence excessive sur des fonctions que l’État doit garder sous sa maîtrise directe.
5️⃣ 𝐋𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐞́𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞́𝐠𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐫𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞𝐬
Le MJSP devait analyser le contrat sous l’angle des fonctions régaliennes :
• contrôle,
• sécurité,
• responsabilité juridique,
• traitement des données sensibles,
• litiges et responsabilité de l’État.
Il devait se poser des questions simples
• quelles fonctions peuvent être confiées à un prestataire privé ?
• quelles fonctions doivent rester exclusivement sous autorité publique ?
• qui répond en cas de dommage, d’abus, d’erreur ou de défaillance ?
• quelles garanties protègent l’État sur les données et sur les responsabilités ?
Si ce ministère n’a pas conduit une analyse serrée, le contrat peut avoir laissé un flou juridique là où l’État aurait dû sécuriser ses prérogatives.
6️⃣ 𝐋𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐃𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐮̂𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐞́𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞
Le Ministère de la Défense devait, lui, se concentrer sur :
• la dépendance opérationnelle,
• la maîtrise des outils stratégiques,
• la maintenance,
• la continuité de fonctionnement,
• et la capacité future de l’État à reprendre la main.
Il aurait dû demander
• qui contrôle réellement les outils utilisés ?
• qui détient la compétence de maintenance ?
• quel est le coût de sortie ou de remplacement ?
• existe-t-il un plan de transfert de capacités vers l’État ?
Car un contrat de ce type peut facilement devenir, non pas un soutien transitoire, mais une dépendance structurelle.
7️⃣ 𝐋𝐞 𝐌𝐄𝐅 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐜𝐥𝐚𝐫𝐢𝐟𝐢𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐱𝐚𝐜𝐭 𝐝𝐮 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭 𝐚𝐮 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝 𝐝𝐮 𝐜𝐚𝐝𝐫𝐞 𝐏𝐏𝐏
L’UCG/PPP, cette unité placée au sein du MEF, doit être l’interlocuteur public privilégié en matière de négociation et de gestion des partenariats public-privé, dans un cadre stratégique, technique, administratif et financier organisé.
Donc, avant signature, une question devait être tranchée
Le contrat Evergreen relevait-il d’un marché public classique, d’une concession, d’un PPP, ou d’un montage hybride ?
Cette clarification est fondamentale, car elle détermine :
• la procédure applicable,
• les contrôles requis,
• les analyses de soutenabilité,
• et l’organe du MEF compétent pour piloter l’examen.
Si cette qualification n’a pas été clairement faite, l’État a pu s’engager lourdement sans mobiliser le bon cadre juridique et technique.
8️⃣ 𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮̂ 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞
𝐀𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞, 𝐢𝐥 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐟𝐚𝐥𝐥𝐮 𝐮𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐯𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐞́𝐞, 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐚𝐮 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐮𝐦 :
a) Une note de légalité
Compatibilité avec :
• la loi de finances,
• le PIP/SNIP,
• la loi sur les marchés publics et concessions,
• et le cadre PPP/UCG.
b) Une note de soutenabilité
Impact sur :
• le budget,
• les recettes,
• les marges de manœuvre de l’État,
• et les autres priorités nationales.
c) Une note de cohérence institutionnelle
Effets sur :
• l’AGD,
• la DGI,
• l’IHSI,
• l’Immigration,
• les chaînes de contrôle,
• et les capacités déjà existantes dans l’État.
d) Une note de souveraineté
Le contrat :
• renforce-t-il l’État ?
• ou organise-t-il une dépendance durable à un acteur privé ?
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
Si ces analyses n’ont pas été faites sérieusement, les conséquences ne sont pas abstraites.
Cela signifie potentiellement :
• moins de moyens pour la lutte contre l’insécurité ;
• moins de ressources pour combattre la pauvreté ;
• moins de marges pour les services publics ;
• moins de capacité pour organiser des élections crédibles.
Autrement dit :
un contrat mal examiné juridiquement et techniquement peut devenir un coût social direct pour la population haïtienne.
🔴 𝐋𝐚 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧
𝐋𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐧𝐞́𝐬 𝐨𝐧𝐭-𝐢𝐥𝐬 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞́𝐠𝐞́ :
• la légalité du contrat,
• la soutenabilité financière,
• la souveraineté de l’État,
• les capacités de l’AGD, de la DGI, de l’IHSI et de l’Immigration,
• et l’intérêt général ?
Ou bien ont-ils laissé passer un montage qui engage le pays sans garanties suffisantes?
📌 𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐄́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟓 :
Nous verrons pourquoi l’examen de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif soulève lui aussi de sérieuses interrogations.
Suivez ce dossier.
Quand les ressources d’un État fragile sont engagées pour dix ans,
la rigueur juridique et technique n’est pas un luxe. C’est une obligation.
🇭🇹 Ayiti pap peri. N ap chanje sa.

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