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Une lecture utile, mais un goût de "trop peu" voici le livre de la semaine: Knesset 2026 de Myriam Shermer. C’est si rar...
28/09/2026

Une lecture utile, mais un goût de "trop peu" voici le livre de la semaine: Knesset 2026 de Myriam Shermer.

C’est si rare d’avoir des ouvrages de fond sur la politique israélienne directement rédigés ou traduits en français qu’il faut le souligner d'emblée : le livre de Myriam Shermer est une lecture incontournable pour les francophones d’Israël (qu'on soit Olim Hadashim ou là depuis des années). Et pourtant, je suis restée sur ma faim.

L'angle d'attaque est pourtant passionnant : Shermer choisit d'analyser l'échiquier politique israélien à travers la théorie des fondations morales de Jonathan Haidt. Selon cette théorie, notre morale naît de réflexes que la raison va justifier ensuite. Les réflexes reposent sur 6 valeurs fondamentales: la compassion, la justice, la liberté, la loyauté, l'autorité et le sacré. Shermer explique que la société humaine se base sur ces fondations mais que leur hierarchie peut différer selon les cultures. Et elle se propose d'analyser les partis politiques israéliens en fonction des affects qu'ils engendrent. Le livre se lit vite, il est truffé d'anecdotes savoureuses et de rappels historiques qui font qu'on ne regrette absolument pas sa lecture. Et puis il faut le dire il y avait pas mal de choses que j'ignorais. Mais il est court, et il ne fait parfois qu'effleurer le sujet. Consacrer une page entière à la traduction d'une chanson n'apporte pas toujours grand-chose à l'analyse contextuelle. On y parle beaucoup de la droite, un peu de l'histoire de la gauche et des partis arabes... et c'est à peu près tout.

Ce qui manque pour moi à l'équation est ce que j'appellerais les voix invisibles de la démographie. En tant que personne lambda, sans grande culture politique comme celle des journalistes, j'aurais aimé en savoir plus sur les populations bédouines, druzes ou chrétiennes. Quels sont leurs enjeux spécifiques ? Que nous disent les données sur leurs choix électoraux au cours des dernières décennies ? On ne peut pas résumer la complexité du paysage politique en faisant l'impasse sur ces dynamiques. Si on parle d'affect alors est ce que le vote des bédouin reflète leur façon d'avoir vécu toutes ces années sans être vraiment considérés comme faisant partie intégrante de la population? Ou est ce moi qui ne comprend pas cette tranche de la population et au fond ils ne sont guère différents de vous et moi?

Au-delà de l'aspect sécuritaire j'ai l'impression, encore une fois celle d'une citoyenne et pas une journaliste politique, qu'on passe ici à côté du prisme de l'urgence du quotidien et de ce que ça veut dire sur les élections du 27 octobre. Un rapide tour d'horizon des personnes avec qui je parle montre que je ne suis pas la seule à avoir ce problème en tête et que cela va influencer nos votes. On parle énormément du traumatisme profond du 7 octobre et des guerres successives, et c'est légitime. Mais il y a un autre traumatisme silencieux : celui des familles qui peinent de plus en plus à boucler leurs fins de mois. Réduire le vote israélien au seul prisme sécuritaire est une erreur. Israël figure aujourd'hui parmi les pays les plus chers de l'OCDE (le coût de la vie y est souvent classé au sommet du palmarès des pays développés), et le niveau du système éducatif inquiète légitimement pour l'avenir de nos enfants. Sans compter que l'actualité en a parlé récemment, entre 2023 et 2025, plus de 268 000 citoyens israéliens ont quitté le pays pour une durée d'au moins trois mois consécutifs. Les informations ne peuvent être précises mais il n'a échappé à personne que beaucoup de personnes quittent le pays. Autant de points problématiques qui vont certainement avoir une influence lors des élections. J'aurais aimé que Shermer développe ce sujet, fasse une rétrospective de ces 30 dernières années afin d'expliquer comment nous en sommes arrivés là et s'il est possible de changer la donne mais surtout comment cela va influencer les votes.

Quand je vois mon voisin accrocher une pancarte du "Mouvement des Économistes" sur son portail, je vois la priorité des gens lambdas comme vous et moi : retrouver un pouvoir d'achat décent et s'assurer que la société de demain ne laisse pas nos enfants sur le carreau. Le budget de la défense et la question de l'enrôlement pour tous (un vrai baril de poudre depuis le 7/10) font consensus sur leur importance, d'autres fractures restent béantes. Les transports en commun le Shabbat, le statut personnel, ou tout simplement le désir profond d'une grande partie de la population de vivre dans un État pour tous les Juifs et pas uniquement centré sur les exigences des religieux sont des sujets déterminants au moment de mettre le bulletin dans l'urne. A défaut d'avoir des analyses développées et surtout sans parti pris en français je vais continuer de m'informer en hébreu, après tout c'est la langue de notre merveilleux pays.

En résumé, un grand bravo et merci à Myriam Shermer pour cet ouvrage éclairant qui est à mettre entre toutes les mains pour poser les bases. Cela aurait mérité de creuser davantage le tissu social, économique et la diversité réelle du pays mais qui sait? Peut être qu'elle aura le temps et l'occasion de continuer à écrire des ouvrages en français pour le bien de tous.

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Gmar Hatima Tova mes amis lecteursAujourd'hui on parle du livre de Yossi Cohen, l'ancien directeur du Mossad. On y abord...
14/09/2026

Gmar Hatima Tova mes amis lecteurs

Aujourd'hui on parle du livre de Yossi Cohen, l'ancien directeur du Mossad. On y aborde certaines missions de Tsahal, sans entrer dans les détails bien sûr, on comprend mieux la direction (surtout pour les non israéliens) que prend le pays depuis sa création. J'ai aimé les descriptions de ce qui fait un bon espion à légende solide. De plus, pour moi qui m'intéresse à certains sujets comme le survivalisme, j'ai aimé trouver des conseils sur comment devenir "l'homme gris". Certains faisaient échos à ce que je savais déjà, d'autres non. Neutralité, discrétion, posture ajustée à ce que la situation demande. En tout cas vous avez ici une plongée captivante dans les coulisses du pouvoir et des services secrets israéliens. C'est un témoignage d'une densité remarquable. Les points négatifs que je me dois de pointer tout de même est que selon moi le récit souffre parfois d'une construction narrative déroutante. Je pensais que ce serait écrit de manière chronologique mais non, du coup je trouve que ça a tendance à égarer le lecteur lorsqu'on passe de récits d'opérations d'infiltration à des considérations diplomatiques ou à des souvenirs familiaux. Et, l'avalanche de noms que ce soit des responsables de services, diplomates, généraux, chefs d'État etc. alourdit par moments la lecture et m'a perdu à plusieurs reprises. Même si, cela montre bien l'étendue du réseau de Yossi Cohen et son rôle central dans la diplomatie de l'ombre israélienne.

L'un des sujets majeurs du livre, et ce n'est pas surprenant surtout si comme moi vous avez vu son interview dans Légende de Guillaume Pley, réside dans l'analyse de la menace iranienne. Cohen conclut notamment son ouvrage en revenant sur l'attaque stratégique israélienne en juin 2025. Il décrit cet événement comme un tournant décisif et une victoire tactique et stratégique majeure, démontrant la capacité proactives et dissuasives d'Israël. Je l'ai lu avec un haussement de sourcils. Pour moi, deux choses viennent nuancer cet enthousiasme: la trentaine de victimes et les trois mille et quelques personnes hospitalisées et surtout la seconde guerre enclenchée le 28 février 2026 soit moins d'un an après notre "victoire tactique".

Sur un autre sujet, Cohen détaille avec lucidité la complexité des relations entre Jérusalem et Moscou. Il montre ses rapports directs avec Vladimir Poutine et leur relation, l'ouvrage clarifie notre ligne de conduite vis-à-vis du conflit et le refus de fournir des a***s à l'Ukraine. Israël doit préserver ses intérêts cruciaux en Syrie, où la Russie contrôle l'espace aérien. Pour garantir la liberté d’action de l’armée israélienne contre l’enracinement iranien et les transferts d’a***s au Hezbollah, la coordination sécuritaire avec Moscou demeure une nécessité. Donc non au transfert d'a***s par contre oui à l'aide humanitaire et médicale ainsi qu'à l'envoi d'équipements de protection non offensifs.

Au delà de ça, ses mots les plus marquants du livre sont pour moi: « Le principe fondamental que chaque citoyen israélien doit servir son pays, qu'il soit arabe, juif, bédouin ou chrétien doit être inscrit dans la loi et appliqué. » Cela fait écho à tout ce que je crois depuis des années, depuis que je suis en âge de comprendre que les citoyens de tout horizon doivent faire fonctionner leur pays. Peu importe leurs croyances, peu importe leurs origines. Cette vision que partage Cohen défend l'idée qu'un État ne peut pérenniser son modèle social et sécuritaire si une partie de sa population demeure exclue de l'effort national. Pour Cohen, l'appartenance citoyenne repose sur un équilibre strict entre droits et devoirs : il ne saurait y avoir de contrat social pérenne où certains reçoivent sans contribuer à la sécurité et à la collectivité nationale.

J'ai aussi bien accroché à son point de vue sur les hommes de pouvoir. Pour lui, un bon chef doit savoir faire preuve d'autodiscipline, reconnaître que sa vision n'est pas sacrée et accepter des concessions pour préserver l'intérêt collectif. L'exercice du commandement « ne confère pas de superpouvoirs » ni ne justifie de bénéficier de privilèges sous prétexte de la pression subie. Le pouvoir reste un service rendu à la communauté, non une condition de supériorité. Cohen prévient contre la tentation de se croire indispensable : « Ne vous dites jamais que vous êtes le seul à être en mesure de sauver la ville. Trop de confiance en soi mène à l'arrogance. » Se penser incassable ou indispensable corrompt l'âme et dégrade le moral des troupes. Bien que Cohen ne nomme pas directement monsieur Bibi la critique en filigrane apparaît évidente. En ciblant la longévité au pouvoir, le sentiment d'invulnérabilité et l'arrogance des élites, ces passages résonnent comme une remise en cause directe du style de gouvernance du Premier ministre.

Combattre pour la liberté constitue un document politique et stratégique de premier ordre. Malgré des longueurs et une structure narrative parfois décousue due à la profusion de détails et de noms, l'ouvrage de Yossi Cohen dresse un état des lieux lucide des défis d'Israël : la gestion pragmatique des grandes puissances, l'impératif d'une intégration citoyenne globale et l'exigence d'un leadership éthique, humble et conscient des limites du pouvoir.

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Ça va les lecteurs?A la recherche d'une lecture sympa et pas prise de tête pour vous détendre entre la rentrée scolaire ...
31/08/2026

Ça va les lecteurs?

A la recherche d'une lecture sympa et pas prise de tête pour vous détendre entre la rentrée scolaire et les préparatifs des fêtes ?

Je vous propose cette semaine: Les sœurs du Titanic de Patricia Falvey. Nous avons d'un côté Nora, la fille adulée, l’enfant chérie par sa mère qui la rend calculatrice afin de la faire sortir de son trou irlandais. Quitte à écraser Delia, la seconde fille de la famille traitée comme une moins que rien mais heureusement aimée par son père, un fermier taiseux.

Une doit devenir gouvernante/se faire épouser par le père veuf, l'autre doit devenir bonne pour une famille de New York. Mais ça, c'était avant le naufrage de leur bateau un 14 avril 1912. Nora compte parmi les nombreuses victimes tandis que Delia s'en sort. La gouvernante de la maison pour laquelle elle devait travailler ne lui inspirant pas du tout confiance, à la descente du Carpathia elle décide d'endosser l'identité de sa sœur décédée. En une fraction de seconde elle choisit de changer son destin. Beaucoup d'aventures vous attendent dans ce roman mais également des faits historiques intéressants et de la romance.

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Dans La fille unique, le dernier roman du regretté Avraham B. Yehoshua, nous suivons Rachele Luzzato, une jeune fille de...
23/08/2026

Dans La fille unique, le dernier roman du regretté Avraham B. Yehoshua, nous suivons Rachele Luzzato, une jeune fille de douze ans vivant dans le nord de l’Italie. À l'aube de sa Bat-Mitzvah, son monde vacille lorsqu'elle apprend que son père est atteint d'une tumeur au cerveau (ce qu'il décrit comme supplément de cerveau). Issue d'une famille mixte, un père juif attaché à ses racines et une mère issue d'une lignée catholique laïque Rachele se retrouve tiraillée de toutes parts. Et ce sont ses interrogations qui font avancer le récit. Le conflit culmine avec une ironie que vous saurez apprécier : ses professeurs la choisissent pour incarner la Vierge Marie dans la pièce de Noël de l'école, un rôle que son père refuse catégoriquement de la voir jouer malgré les supplications de sa fille.

Sous ses airs de chronique familiale intimiste, le roman déploie une réflexion brillante sur la fluidité de l'identité et le poids de la transmission. Yehoshua y explore le tiraillement constant entre tradition et modernité, judaïsme et christianisme, ferveur et laïcité. Rachele, véritable réceptacle des angoisses et des espoirs de sa famille (entre nous j'ai adoré la grand mère athée), navigue sur le fil ténu du passage à l'âge adulte. La maladie du père agit ici comme un catalyseur tragique : face à l'imminence de la perte, la quête identitaire de la jeune fille n'est plus une simple crise d'adolescence, mais une nécessité absolue pour comprendre de quel héritage complexe elle est le produit et qui elle est vraiment, vers quoi elle se dirige.

Lue cet été 2026, l'histoire de cette jeune fille résonne comme une métaphore frappante des fractures qui traversent actuellement le pays. Alors que la société israélienne peine à panser ses traumatismes récents et se déchire violemment sur sa propre définition coincée entre ferveur religieuse et vision séculière, tribalisme et démocratie, le microcosme de la famille Luzzato offre une leçon de nuances. Yehoshua, qui a passé sa vie à interroger le sionisme et la diaspora, rappelle à travers Rachele que les identités multiples ne sont pas obligées de s'entretuer. De la même manière que cette enfant doit tisser ensemble ses contradictions profondes pour faire face à la tragédie, Israël est aujourd'hui au pied du mur, contraint de trouver une synthèse viable entre ses courants antagonistes pour espérer forger un avenir commun.

Qu'en pensez-vous ? Avez vous d'autres recommandations sur le sujet?

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Entre les grosses chaleurs, les enfants à la maison et les « Mamaaaaan j'ai faim » toutes les 12 minutes, que diriez-vou...
10/08/2026

Entre les grosses chaleurs, les enfants à la maison et les « Mamaaaaan j'ai faim » toutes les 12 minutes, que diriez-vous d’une petite nouvelle ? Pas besoin de prévoir trois jours de congé pour la lire : quelques pages, une petite pause au calme et hop… vous voilà ailleurs.

Et ça tombe bien, j’en ai quelques-unes à vous proposer dans la bibliothèque.

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Comment ça va les lecteurs? Comment se passe votre été? Nous sommes rentrés de France et avons comme d’habitude rempli l...
03/08/2026

Comment ça va les lecteurs? Comment se passe votre été?

Nous sommes rentrés de France et avons comme d’habitude rempli les valises de livres, bandes dessinées et magazines. On a quand même pu glisser une tondeuse et nos vêtements! Certains préfèrent acheter du bon fromage et des gâteaux et d’autres, comme nous, ont des passions différentes. Il est possible qu’une trancheuse à pain ait également trouvé place dans nos valises..

Du coup, que puis-je vous proposer pour cette semaine? Je voulais commencer par les mémoires politiques de Yossi Cohen (l’ancien directeur du Mossad) mais à vrai dire je prends mon temps pour le lire et analyser la moindre phrase. On va donc parler cette semaine du livre Une rencontre peu orthodoxe de Naomi Ragen. On suit l'itinéraire de Lola Howard, une jeune femme moderne et diplômée de Manhattan dont la vie parfaitement orchestrée vole en éclats à la suite d'un drame personnel. En quête de repères et de sens spirituel, Lola prend la décision radicale de se tourner vers la religion de ses ancêtres et d'intégrer le quartier ultra-orthodoxe de Boro Park à Brooklyn, où elle adopte le prénom de Leah. Son chemin croise alors celui de Yaakov Lehman, un érudit de la Torah récemment veuf qui croule sous le chagrin et la charge de ses cinq enfants. En venant en aide à ce foyer déstabilisé, Leah apporte de la douceur et de l'ordre dans le quotidien de la famille, tissant progressivement un lien profond et pudique avec Yaakov, tout en naviguant dans un monde aux règles strictes et codifiées.

Soyons francs, Ragen continue d’explorer les thèmes si chers à son cœur donc pas de grande surprise ici. Cependant, le chemin qu’elle emprunte est comme à chaque fois porteur de leçons et permet à tout à chacun de se poser des questions sur son propre parcours de vie. Le roman explore en profondeur le thème de la quête d'identité religieuse et la transition complexe vers une vie d'observance stricte. Pour Leah, troquer l'indépendance de la vie séculière contre les traditions millénaires de l'orthodoxie n'est pas une soumission comme sa mère tend à lui faire croire mais une démarche personnelle volontaire pour trouver une stabilité spirituelle et un sens de la communauté qui lui manquaient. Est ce que son chemin de vie aurait été différent si elle avait eu une enfance mais surtout une famille différente? Sans doute, en tout cas c’est ce que j’ai compris de ma lecture. J’ai vraiment eu l’impression que si elle s'était sentie comme tout le monde (au lieu d’être élevée par une mère célibataire trop permissive) alors elle aurait été plus heureuse, plus posée et stable et moins à la recherche d’un cadre, de limites et de protections (physique et mentale).

On pourrait donc reprocher à l’auteure le fait que son personnage Leah soit comme toujours dans les romans de Ragen assez catégorique quant à sa vision du monde. Cela dit il faut le préciser, au fur et à mesure du livre Leah remet en question ses à priori sur les deux univers (orthodoxe et séculier) et sa vision du monde religieux évolue pour être moins paradisiaque et par conséquent plus réaliste. Ragen met en lumière le tiraillement intérieur entre le désir d'émancipation personnelle et l'aspiration à un cadre moral solide (la peur que les femmes ressentent quand elles marchent seules dans la rue est à plusieurs reprises bien décrite) tout en interrogeant la place de la femme, la beauté des rituels familiaux et la rigueur de la foi face aux épreuves de l'existence. Comme je vous ai dit, on reste dans les thèmes chers à Ragen. À travers le parcours de son héroïne, l'autrice aborde également avec lucidité le regard souvent critique et méfiant porté sur les ba'alei teshouva (בעלי תשובה). Considérée comme une étrangère au passé potentiellement suspect par certains membres du quartier et par la famille de Yaakov, Leah doit faire face à des obstacles subtils mais bien réels lors de son intégration et dans ses recherches de shidduhim (שידוכים) illustrant le fossé qui existe parfois entre la théorie religieuse et le poids des conventions sociales.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans le livre est qu’au-delà de la démarche spirituelle, le récit aborde à demi-mot des failles psychologiques dévastatrices que le poids des traditions rend parfois taboues. Il évoque la détresse profonde qui peut s'installer après une naissance, ces moments où la fatigue extrême se mue en un épuisement total, voire en un rejet involontaire du quotidien. Lorsque l'accablement devient inexprimable au point de mener au drame irréparable, il laisse derrière lui des proches démunis, rongés par le chagrin et par l'impuissance de n'avoir pas su ou pu tendre la main à temps. C’est un sujet amené dans le livre de manière pudique et qui sait éviter les pièges du jugement, on comprend tout à fait les actions des personnages même si on les regrette. Dans une communauté où l'apparence de la perfection familiale est essentielle, admettre la maladie mentale ou une faiblesse psychologique est perçu comme une menace. Les familles touchées se retrouvent prises au piège entre la douleur de la perte et la crainte du qu'en-dira-t-on. La peur d'être marginalisé pousse souvent au silence, car le moindre manquement ou scandale apparent risque d'entacher durablement la réputation de toute une lignée sauf que cela peut avoir de graves conséquences sur la famille et même parfois sur les générations à venir.

J’ai trouvé que ce sujet, dont j’ai essayé de vous parler sans vous gâcher la surprise du livre, a été correctement abordé et j'espère qu'il trouvera écho chez les lecteurs car il s'agit d'un drame qui touche beaucoup de femmes. Pour résumer, l'intrigue du roman est prévisible mais la psychologie des personnages est parfaitement maîtrisée et fait la part belle à une sensible évolution au fil des pages.

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Des centaines de livres, des milliers d'heures d'évasion.Chaque étagère raconte une histoire, chaque livre est une porte...
22/06/2026

Des centaines de livres, des milliers d'heures d'évasion.

Chaque étagère raconte une histoire, chaque livre est une porte ouverte vers un nouvel univers.

Le principe de Lire en Israël est simple. Réunir des lecteurs francophones de tous horizons pour partager nos découvertes, nos avis et notre passion commune. Une bibliothèque prend vie lorsqu'elle est partagée.

Je vous rappelle qu'au delà du lien social qui se crée à chaque rencontre vous trouverez ici du bon café, une atmosphère calme et surtout de superbes découvertes littéraires. J'en profite également pour vous rappeler que je suis disponible pour vos relectures de manuscrits (alpha et bêta lecture) et pour de bons conseils d'apprentissage lecture pour vos enfants.

Votre bibliothèque préférée est fermée du 22 juin au 16 juillet. L'occasion de faire chauffer la carte bleue et de revenir avec une tonne de livres. Le record à battre (et qui donne encore chaud au mari) est 90.

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Coup de projecteur sur: La rivière des Indiens de Jeffrey Lent. C'est un de ces romans qui donnent l'impression de lire ...
16/06/2026

Coup de projecteur sur: La rivière des Indiens de Jeffrey Lent.

C'est un de ces romans qui donnent l'impression de lire un grand classique américain oublié. Je n'en ai personnellement jamais entendu parler et suis tombée par hasard au gré de mes pérégrinations littéraires à Paris. À mi-chemin entre le roman historique, la fresque familiale, le western et la tragédie humaine, Lent nous entraîne dans une région sauvage du nord du New Hampshire, à la frontière du Canada, dans les années 1830. À cette époque, Indian Stream est une sorte de no man's land où se croisent trappeurs, fermiers, contrebandiers, marginaux et hommes cherchant à fuir leur passé. Le héros, Blood, est un homme taciturne et cabossé par la vie. Convaincu d'être responsable de la disparition de sa femme et de ses enfants, il abandonne tout pour tenter de recommencer ailleurs. Il arrive à Indian Stream accompagné de Sally, une adolescente qu'il a gagnée lors d'une partie de cartes dans des circonstances pour le moins douteuses. Pourtant, contrairement à ce que l'on pourrait croire au départ, leur relation ne se résume pas à ce point de départ choquant. Lent prend le temps de montrer comment deux êtres blessés, rejetés par la société, essaient de se construire une forme de famille au milieu d'un monde brutal.

Le livre aborde les thèmes de la rédemption, de la mémoire et de la reconstruction. Tous les personnages portent leurs blessures. Aucun n'est totalement innocent, aucun n'est totalement coupable. Chaque personnage avance dans une zone grise où les choix sont rarement simples. La relation entre Blood et Sally constitue l'un des aspects les plus intéressants du roman. Ce qui aurait pu n'être qu'une intrigue secondaire devient progressivement une réflexion sur la liberté, la dignité et la possibilité de se réinventer. Sally refuse constamment le rôle que les autres veulent lui imposer.

En clair un roman que je ne peux que vous conseiller. J'en profite pour annoncer la fermeture de votre bibliothèque préférée du 22 juin au 16 juillet. L'occasion de faire chauffer la carte bleue et de revenir avec une tonne de livres (va t-on battre le record de l'an dernier et les 90 livres??).

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Cette semaine, un véritable scandale a secoué la sphère littéraire en ligne. Un roman classé en dark romance, autoédité ...
26/02/2026

Cette semaine, un véritable scandale a secoué la sphère littéraire en ligne. Un roman classé en dark romance, autoédité et vendu sur Amazon, a été signalé pour contenir des scènes relevant de la pédophilie. Sans exagérer, j'ai été traumatisée des extraits que j'ai lu. Ce n'était pas du sadisme, ni de la curiosité malsaine mais une volonté de comprendre et d'analyser par moi même la situation avant de m'en mêler et je vous avoue qu'il m'a fallu un long moment pour me remettre des scènes abjectes décrites. Je ne donnerais pas ici le nom de l'auteure ni celui du livre, ils sont facilement trouvables sur Internet, je refuse tout simplement de lui faire une quelconque publicité.

Ce roman, dont le premier tome est paru en juin 2023 suivi d’un second volume en 2024, ne datait donc pas d’hier. Mais il a fallu que Noémie Conte, créatrice de contenu littéraire suivie par plus de 35 000 abonnés, attire l’attention du public sur les passages problématiques pour que la controverse explose. En partageant des extraits dénonçant la sexualisation de violences pédocriminelles et d’inceste présentées comme éléments romantiques, elle a provoqué une réaction en chaîne sur Instagram, TikTok et X. Une pétition lancée sur Change.org a circulé avec une rapidité exceptionnelle, rassemblant en quelques jours plus de 60 000 signatures, dont la mienne, demandant le retrait immédiat du tome 2 de la série ainsi que le livre regroupant l'intégrale des plateformes de vente.
Face à la pression, Amazon a annoncé le retrait du livre de sa boutique en ligne après examen du contenu, tout en rappelant qu’il possède des règles strictes en matière de contenu et qu’il enquête sur les titres signalés. La Haute-Commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a également saisi la justice et la plateforme de signalement PHAROS pour infraction au code pénal, considérant que certains extraits relèvent de l’apologie de la pédophilie et de la pédocriminalité.

La virulence des réactions s’explique en partie par le fait que le roman n’était pas simplement une publication confidentielle : il était numéro 1 des ventes Kindle dans sa catégorie, surpassant d’autres titres beaucoup plus connus, malgré une note globale extrêmement basse (1,2/5) et des avis très négatifs. Ce classement a contribué à rendre le livre visible auprès d’un public plus large, notamment des lecteurs curieux du sous-genre dark romance, parfois très jeunes sans que l’algorithme n’alerte sur la nature réellement problématique de certains passages.

C’est une victoire. Mais c’est aussi un signal d’alarme. La dark romance est un genre qui explore des relations toxiques, des dynamiques de pouvoir, des zones d’ombre. C’est un genre adulte, parfois dérangeant, souvent controversé. Mais il existe une différence fondamentale entre explorer des relations complexes entre adultes consentants… et mettre en scène des actes pédophiles. Même dans un cadre fictionnel, certains contenus peuvent relever du pénal. En France, la diffusion de contenus à caractère pédopornographique est strictement interdite par la loi, qu’il s’agisse d’images ou de représentations textuelles. Le fait qu’un texte soit présenté comme “fiction” ne le place pas au-dessus des lois ni au-dessus de la responsabilité morale.

Le plus inquiétant dans cette affaire ? L’ouvrage ne comportait qu’un unique avertissement en préface. Un simple paragraphe. Pas de mise en garde visible sur la plateforme. Pas de catégorisation claire permettant au lecteur de comprendre la nature exacte du contenu. Autrement dit : un lecteur pouvait tomber dessus sans réellement savoir. Lire sans se renseigner comporte un vrai risque, ne le minimiser pas. Aujourd’hui, avec l’autoédition et la facilité de mise en ligne, n’importe quel texte peut se retrouver accessible en quelques clics. Cela a du bon : diversité, liberté d’expression, nouvelles voix. Mais cela implique aussi une responsabilité accrue du lecteur.

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Vérifier les recommandations d’âge.
Demander l’avis de bibliothécaires ou de libraires.

Ce ne sont pas des formalités inutiles. Ce sont des garde-fous. Un livre comme celui-ci aurait pu faire énormément de dégâts. Entre de mauvaises mains, il peut nourrir des fantasmes dangereux. Entre les mains d’un mineur, il peut provoquer choc, confusion, banalisation de l’inacceptable. Et nous savons tous qu’un simple avertissement en préface n’arrête pas un adolescent curieux. Internet ne filtre pas. Les algorithmes ne protègent pas nos enfants. C’est à nous d’être vigilants. Nos lectures, mais surtout celles de nos enfants. Nous avons la liberté de lire ce que nous voulons. Mais cette liberté s’accompagne d’un devoir de discernement. Et ce devoir est encore plus fort lorsqu’il s’agit de nos enfants. Peu importe leur âge. Un enfant de 10 ans n’a pas la maturité d’un adolescent de 15 ans. Un adolescent de 15 ans n’a pas le recul d’un adulte. Ce qui est supportable pour l’un peut être profondément perturbant pour l’autre. S’intéresser à ce qu’ils lisent ne veut pas dire censurer. Cela veut dire accompagner. Discuter. Expliquer. Orienter vers des ouvrages adaptés à leur âge, à leur sensibilité et à leur maturité.

La lecture est une richesse immense. Elle construit l’esprit critique, l’empathie, l’imaginaire. Mais mal encadrée, elle peut aussi exposer à des contenus inadaptés. Nous ne pouvons pas déléguer cette vigilance aux plateformes. C’est aussi pour cette raison que j’ai entièrement mis à jour la liste des ouvrages disponibles sur le site.

Genres précisés.
Mots-clés clarifiés.
Thématiques sensibles indiquées de manière explicite.

L’objectif est simple : offrir un maximum de transparence aux lecteurs. Que chacun puisse choisir en connaissance de cause. Que les parents puissent repérer facilement les contenus adaptés (ou non) à leurs enfants. Vous trouverez de nombreux ouvrages classés jeunesse, n'hésitez pas à me contacter pour plus de renseignements. Vous ne trouverez pas chez moi de dark romance ou autres sous genres de cette thématique, ce ne sont pas les genres de lectures qui m'attirent par contre oui, il y a de la romance (en mode Bisounours mais romance tout de même) avec des scènes de sexe explicites. Dans la catégorie mots clés vous verrez le terme sexe lorsque c'est le cas. Je vous ai mis des captures écran de la page d'accueil du site, vous devez ensuite cliquer sur Liste des livres et vous trouverez la liste complète des ouvrages disponibles. Comme toujours je suis disponible pour parler de vos choix, vos hésitations et tenter de vous conseiller au mieux.

Lire doit rester un plaisir. Un espace de découverte, d’évasion, d’apprentissage. Pas un terrain miné.

Je continuerai à partager des livres, des coups de cœur, des réflexions et aussi à alerter quand cela me semblera nécessaire. Parce que la littérature est une liberté précieuse. Et que toute liberté mérite d’être protégée avec intelligence.

Je vous rappelle le concept de ma bibliothèque qui se situe à Gan Yavne.
Tarif:
5 shekels pour 1 roman (emprunt de 3 semaines)
Caution de 75 shekels par livre emprunté
Pénalité de re**rd: 1 shekel par jour.

Bonne lecture! Et surtout shabbat shalom.

https://johannabou.wixsite.com/lirenisrael

́raire

Address

Gan Yavne

Opening Hours

Monday 14:00 - 21:00
Tuesday 14:00 - 21:00
Wednesday 14:00 - 21:00
Thursday 14:00 - 21:00
Sunday 14:00 - 21:00

Telephone

+972526623286

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