27/09/2026
Un ouvrier a fini par le dire à voix haute : si on doit sacrifier un jour quelque part, que ce soit un jour d'allocation pour celui qui ne travaille pas, pas un jour férié pour celui qui se lève tous les matins.
L'idée est simple, presque enfantine, et c'est justement ce qui dérange. On explique aux salariés de 35h, de 40h, parfois plus, qu'un jour de repos doit sauter pour "l'effort national". Ce même effort n'a jamais été demandé à ceux qui touchent une allocation sans jamais avoir posé un pied dans une entreprise.
Le jour férié, c'est le jour où celui qui a trimé toute l'année souffle enfin. Le jour d'allocation, c'est un jour payé sans qu'aucune heure n'ait été travaillée en face. Mettre les deux sur la même balance, et choisir de faire sauter celui du travailleur plutôt que celui de l'inactif, ce n'est pas de l'équilibre budgétaire. C'est un choix.
Un ouvrier vient de rappeler une évidence que personne, en haut, n'osait formuler : l'effort se prend là où il y a déjà de l'effort, jamais là où il n'y en a pas. Tant qu'on continuera à demander plus à ceux qui donnent déjà tout, et rien à ceux qui ne donnent rien, le mot "effort national" restera une formule vide pour la moitié du pays.
L'ouvrier, lui, a fait le calcul en une phrase. Ceux qui gouvernent mettent des mois à ne pas le faire.