12/05/2016
L’ONU : un « gouvernement » mondial décevant !
Mettre l’homme à l’abri de la crainte et du besoin, tel était la fausse ambition qui servit la création de l’institution élitiste marquant la désunion et l’injustice.
Digne héritière de la SDN avec ses tares et limites, l’idée des nations unies semble être le projet unique du président Roosevelt, lequel s’associa les vainqueurs de la 2nde guerre mondiale pour rendre la vie d’après guerre meilleure.
De ces deux objectifs, l’un tarde toujours à voir le jour et constitue l’enjeu du siècle présent : mettre l’homme à l’abri du besoin afin de vaincre le sous-développement, la maladie et la pauvreté. Sur ce chantier, aucun effort n’a été consenti par l’institution universaliste qui a gagné le pari de l’adhésion. L’ECOSOC qui périclite dans toutes ses missions, pourtant clairement définies au chapitre X de la charte. Les études réalisées montrent l’urgence de création d’un Conseil de sécurité économique et social pour pallier à ce besoin. La pauvreté est en croissance et on assiste à une explosion de conflits et crises dans le monde.
C’est bien dans sa mission de sécurité que l’échec a été le plus flagrant !
Que de guerres orchestrées sous sa bannière ! Que de guerres organisées sous son silence ! Que de chaos engendrés par son action !
Les missions de maintien de la paix, qui ne figurent d’ailleurs pas dans la charte des nations unies, ont presque toutes été désastreuses surtout sur le sol africain. En effet, depuis 1992, date de la première OMP en Somalie, près d’une vingtaine d’opérations se sont déroulées sans interruption et les résultats sont décevants.
D’abord en Somalie, terre d’accueil de l’Onusom I et des deux opérations qui l’ont suivi, rien n’a été réglé, la reconstruction politique a échoué et la guerre civile se poursuit de plus belle aujourd’hui encore avec des mouvements humains plaçant les Somaliens à la troisième place des peuples comptant le plus de réfugiés.
Les missions de maintien de la paix se sont succédé en échec : Mozambique, Rwanda, Libéria, Angola, Centrafrique, RDC, Erythrée & Ethiopie, Burundi, Soudan, Cote d’Ivoire, Darfour et Tchad. Dix neuf opérations, avec une seule réussite et ce fut le cas de la Sierra Léone.
Au Rwanda, c’est le massacre de plus de 800.000 personnes qui s’est déroulé devant les forces onusiennes et sous la complicité de puissances étrangères.
Malgré toute la rigueur qui entoure la charte, des guerres se sont déclenchées en dehors des circuits prévus. Au nom des « guerres justes » et de « répression du terrorisme », l’URSS a envahit la Hongrie puis la Tchécoslovaquie et l’Afghanistan dans un contexte de guerre froide. Mais c’est le premier bailleur et créateur de l’institution, les USA, qui bafouera le plus les mécanismes d’abord en Cuba, puis au Nicaragua, Gr***de et Panama et dernièrement l’Afghanistan et l’Iraq. Le cas de ce dernier en 2003, a montré la faiblesse du Conseil de sécurité et la voie de contournement malgré son refus, qui sera ultérieurement emprunté par la France dans le dossier Libyen.
L’intervention armée afin de punir ou destituer des régimes qui ne jouent plus le jeu, est devenue courante et ne touche que des pays à ressources stratégiques. Cela porte atteinte à deux principes fondamentaux du droit international public qu’est le respect de la souveraineté des états et le principe de non-ingérence.
L’insécurité semble dans ce siècle provenir de ceux qui étaient censés nous sécuriser car les états disposant de véto lancent des guerres mensongères en manipulant l’opinion internationale pour les rendre légitimes et nous prouvent que l’ONU a failli à sa mission principale qui était de mettre l’humanité à l’abri des guerres.
Le chantier des droits de l’homme est plus décevant encore. La défunte commission qui est très vite devenue sous le coup des critiques en 2006 le Conseil des droits de l’homme, avec ses 47 membres, compte les plus grands violateurs des droits de l’homme comme membre permanent. Nous pouvons y citer la Chine, l’Arabie Saoudite, les USA, pour ne citer que ceux là. Devenir juge et partie, tel est la recette miracle qui met à l’abri ces pays violateurs par la motion de « non action », des pactes de solidarité interne et des silences négociés. La Cour Internationale de Justice (CIJ) ayant été très peu sollicitée depuis sa création, est éclipsée par des cours « négrophobes » qui ne s’intéressent qu’aux dirigeants des pays pauvres.
« Toute organisation n’a plus sa raison d’être si elle ne remplit plus les causes qui avaient suscités sa création » cette sentence pointe du doigt l’ONU dans son incapacité structurelle et sa faillite sans équivoque !
La réforme de l’ONU ne semble pas possible pour des raisons politiques et financières, des acquis de quelques puissances tels que le véto mais surtout une civilisation occidentale qui se croit supérieure avec ses piètres principes qu’elle croit universels. Ce serait plutôt l’absence de consensus mondial qui est son véritable problème et ceci semble irréformable.
Une ONU au rythme des grands contributeurs de son budget, qui n’a pas d’armée propre, et prise en otage par quelques pays. Elle subit la rude concurrence des organisations régionales plus performantes et mieux outillés pour régler des conflits ; c’est le cas de l’OTAN et des forces de l’UE.
Une ONU responsable de tout ce qui se passe actuellement en Palestine comme massacres et tensions par ses deux résolutions injustes en 1948. Une ONU, grande spectatrice, avouant presque son incompétence dans la crise syrienne, qui a, et on le sait tous, des origines extérieures. Une ONU qui est devenue, dans ce monde de manipulation, l’instrument des plus grands états terroristes (USA, Israël, Russie).
Eclaboussée par de multiples scandales allant de corruption et de détournements à des exactions de casques bleus, relever les défis actuels de développements et de protection de l’environnement est une occasion en or pour l’ONU de se réhabiliter. Mais l’ONU semble incapable de rendre la vie meilleure sur tous les fronts avec des espoirs anéantis et des rêves brisés.
Les 19 OMP déployées sur le sol africain depuis 1992, ont mobilisé plus de 15 milliards de dollars. Ce montant pouvait régler les problèmes de malnutrition, de l’accès à l’eau potable et des maladies infantiles endémiques qui gangrènent le continent depuis les cirques d’indépendance. Une Afrique qui ne pèse pas lourd dans le forum onusien avec ses 53 états et qui a manifestement mis en évidence l’échec de l’ONU dans les crises récentes de la Cote d’Ivoire.
Dans ce forum d’inégalité marqué par la dictature du « club des 5 », les pays africains et particulièrement le Sénégal ont le devoir de se prendre en charge au niveau régional et de se retirer de cette vrai fausse union. Cette Organisation incompétente, tant loué dans les mémoires de David Rockfeller membre des sociétés secrètes américaines, comme étant leurs projets d’un gouvernement mondial, n’a réussi depuis sa création en 1945 que d’un seul exploit : La création de l’état d’Israël qui semblait être en réalité sa mission officieuse.
Devant ces faits et la situation complexe et évolutive de l’insécurité qui est devenu un phénomène mondial, le continent africain doit prendre son destin en main et assumer dans la dignité et la lucidité la sécurité de ses fils et filles. L’Afrique demeure le continent qui abrite le plus d’opérations de maintien de la paix mais aussi détient le record en nombre des résolutions du Conseil de Sécurité sur les questions de paix et de sécurité internationales. Les enjeux économiques de ce siècle, poussent quelques pays occidentaux à vouloir transférer le
terrorisme en Afrique afin d’en justifier leur présence militaire et consolider par effets dominos les privilèges de leurs multinationales sur les ressources et le marché africain.
Oser se retirer de cette mascarade mondialisée est un acte fort qui manque certainement à nos dirigeants pantins des occidentaux. Les conflits et crises sur le continent africain pris en charge par des forces occidentales unilatérales constituent une honte et un échec de nos pays pour la construction de l’union africaine.
L’Afrique ne jouera pas les seconds rôles dans ce siècle et il urge de mettre un terme, voire se retirer de toute organisation à rapports inter-états inégaux (FMI, CPI, BM, ONU, etc.) qui freine ou retarde la marche vers la prospérité du berceau de l’humanité.
Cheikh Oumar Diagne
Secrétaire Général RV